‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 19 sur 127 · DB LA MOELLE BMUIERB · texte numérisé non relu

DB LA MOELLE BMUIERB

cerveau devenaient successivement le tronc» let branches, les rameaux, les feuilles et les fleurs.

On retrouve quelque chose de cette image du système nerveux dans le langage de Reil, qui nomme roicéphaleoneeffloresceDoe de la moelle.

M. Oken, considérant tout animal comme composé de dan cônes juxta^posés base à base, et plaçant au niveau de la moelle allongée le contact des deux cônes, reproduit à peo près b même pensée en la généralisant davantage. Mais ce qu'il tnwn dans l'animal envisagé dans son ensemble, il le retrouve dam le système ner%'eux en particulier et se rattache ainsi à la comparaison de Fracassati, sentie déjà par Willis et Malpighi et, bien des siècles avant ces anatomistes, par Flistonicus et Praxa* goras, que Galien s'efibrça de réfuter.

L'importance que Gall attachait à démontrer que la modb épinière ne procède pas du cerveau , mais qu'au contraire «loi* ci procède de la moelle , porterait à croire qu'il avait en partie le sentiment exprimé par les auteurs cités précédemment. Cependant , ses efforts pour établir que la moelle épinière résalte de la juxta-position de ganglions accouplés par paires comme ceux des chenilles , et que le cerveau lui-même n'est qu'on as^ semblage de ganglions attachés au sommet de la moelle, conduisaient à une conception assez différente.

Il y avait sans doute quel(|ue chose de spécieux dans tous ces aperçus, mais il manquait à tous d'être assez nettement sentii pour permettre de donner une formule rigoureuse au lieu d'une comparaison plus ou moins poétique.

Nous devons à M. de Blainville des vues beaucoup plus ar* rètées. Publiées d'abord dans le mémoire que nous avons fut connaître , développées ensuite chaque année dans les diffêrents cours de ce professeur, elles ont acquis par cette suite de travaux toute la précision désirable , et me paraissent destinées à recevoir de plus en plus, dans leurs parties principales, la sanction du monde savant.

Suivant M. de Blainville , la partie fondamentale du syatème

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nerveux se compose de deux cônes juxta-posés base à base. Leur réunion forme Taxe du système nerveux cérébro-spinal. Cet axe est la moelle épinière , en admettant qu elle se prolonge jusque dans les lobes olfactifs; et alors l'un des deux cônes qui la constituent occupe le rachis proprement dit; l'autre, les parties besilaires du crftne, se prolongeant jusqu'à la lame criblée de Téthmoïde. C'est dans les renflements voisins du trou occipital que ces deux oônes se réunissent.

Autour de cet axe central naissent, dans sa partie rachidienne, les nerfs rachidiens proprement dits. Ces nerfs , quelles que aoioit les particularités de leur origine, affectent dans leur eoarse extérieure au rachis une direction générale de dedans en dehors, et en bas chez l'homme, ou en arrière chez les ani^ maux ; au contraire, tes nerfs qui naissent de la partie céphalique de la moelle sont tous dirigés d'arrière en avant et en dehors. Les lobes olfactifs n'étant pas compris parmi ces nerfs, leur légère convergence vers la ligne médiane n'est pas une infraction i la règle précédente.

De plus , M. de Blainville distingue , en rapport- avec l'axe nerveux que forme la moelle épinière, deux onlres de ganglions : les premiers, qu'il appelle avec appareil extérieur, sont les ganglions des nerfs spinaux , situés toujours sur les racines postérieures. Les prolongations extra-spinales des nerfs qui tien- Bent à ces ganglions srjnt leurs appareils extérieurs.

Les seconds ganglions , que M. de Blainville appelle sans appareil extérieur, sont les t^nfletnents encéphaliques connus sous le nom de cervelet, tubercules quadrijumeaux. cerveau, et lobes oMactifs.

On verra dans la suite de ce travail que tous ces ganglions uns appareil extérieur de M. de Blainville tiennent , comme les ganglion! des nerfs spinaux eux-mêmes , par deux ordres de racines distinctes, à la région correspondante de Taxe nerveux. En oQtre il résulte de recherches qu'on trouvera développées dans k partie de ce travail qui traite des origines des nerfs , que les nerfi olfactif) optique, celui de la cinquième paire et le nerf

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acoustique, tous nerfs sen^oriaux, n'ont pas seulement leuN origines dans l'axe nerveux proprement dit.

Les deux premiers procèdent indubitablement , en grande partie, du cerverfu lui-même. Le nom denerfi ciTcbraux peot donc leur être à bon droit appliqué.

Pour ce qui est des deux autres , Tacoustique et le nerf de II cinquième paire, il est facile de démontrer qu'ils procèdent ci partie du cervelet et peuvent , d'après C'-tte circonstance, être regardés comme des nerfs cérébelleux. En admettant cette origine des nerfs olfactif et optique dans le cerveau , du nerf dek cimiuième paire et de l'acoustique dans le cervelet , le cervelet et le cerveau n'auraient pus besoin d'être distingués des antici ganglions par les noms de ganglions sans appareil extérieur. Oi seraient, au même titre que les ganglions des nerfs spinaux, des ganglions avec appareil extérieur, puisqu'ils sont développée comme eux sur des nerfs. Un autre point d'analogie doit êtft noté. Les nerfs cérébraux et cérébelleux, sensoriaux par exoellence, ne tiennent pas seulement au cerveau et au cervelet; ib tiennent aussi, sans aucun doute, les uns à la partie céphaliquede la moelle autour de laquelle est appliqué le cerveau, les autres! la région de cette moelle qu'on appelle moelle allongée , régioa de la protubérance, au-dessus de laquelle se renfle le cervelet C'est encore tout à fait ce qui a lieu pour les racines sensoriales de la moelle ; ces racines , surmontées d'un ganglion , vont se fixer à la substance de la moelle épinière. Dans leurs rapports avec la moelle épinière , les racines sensoriales des nerfs spinaux et les ganglions qui les surmontent offrent donc toutes les conditions qu'on retrouve dans les rapports des quatre nerfs i riaux céphaliques avec le cervelet et le cerveau considérés ( leurs ganglions, d'une part, et, d'une autre part, avec la régm crânienne de l'axe nerveux considérée comme prolongation Hr recte de la moelle épinière. La circonstance de la fusion des deos ganglions du nerf olfactif et du nerf optique en un seul , TUmisphère cérébral ; aussi bien que la fusion des deux ganglions de chaque côté des nerfs acoustique et de la cinquième paire en m

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seul ganglion général , Thémisphère cérébelleux , n'est pas sans inalogie dans la moelle épiniëre.

On voit, en effet, les ganglions des racines seosoriales de la région lombaire augmenter ou diminuer de nombre dans les vertébrés , suivant Técartement des racines qu'ils surmontent. Quand celles de ces racines qui sont destinées à sortir par le nême trou de conjugaison sont assez rapprochées les unes des uitres à leurs origines , un seul ganglion les recouvre : c'est ce (p*on voit chez l'homme. Dans le cheval , au contraire , où les vertèbres lombaires sont très-grandes , et où , par suite , toutes les racines qui doivent sortir par le même trou de conjugaisoa not très-distantes les unes des autres, elles ont plusieurs ganglions distincts.

On pourrait ajouter que la fusion des deux ganglions qui compoMDt chaque hémisphère cérébral et chaque hémisphère céré- Uleux en un seul, n'est pas tellement complète, qu on ne recon- ) encore dans ces masses deux éléments primitif , ainsi que le verrons plus tard. La même remarque est applicable à diaque moitié du cervelet.

Fartant donc de cette idée que le système nerveux cérébroqpinal se compose d'un axe central , partie fondamentale sur laq/kàle sont fixées des racines nerveuses de différents ordres , les ndnes sensoriales étant toujours surmontées de ganglions qui , dans le crâne , acquièrent assez de développement pour former ees masses énormes qu on appelle cervelet et cerveau , nous au- •noB à examiner à part. Taxe central et les diverses parties attachées ou appliquées à sa surfÎEUïe.

Mais cette étude , telle que nous l'indiquons , ne saurait être aiNHdée de prime abord sans nécessiter la destruction des organes qoi enveloppent la région encéphalique de l'axe central. Or, dans tt ouvrage qui doit être mis à la portée des hommes les moins fxpérimentés dans les matières anatomiques, l'étude des organes dans leur ensemble , la description exacte de leurs formes a trop d*inportance pour être sacrifiée ; c'est donc un devoir de s'occuper avant tout de ee» fonnea. Nous commencerons naturellement T.1. 9

ISO DIKA «bELLB iImIIIIBIUI.

par la région la plus simple, c'esi-à-dîre celle qui oocope T^ine;

nous passerons ensuite aux masses enoéphaliques.

MOELLE ÉPINIÈRB, PROPREMENT DITE PARTIS SPINALE DE l'axe nerveux.

Etendue depuis la deuxième ou troisième vertèbre lomUie jusqu'à la région la plus élevée du canal vertébral , appliquée le long de la paroi antérieure de cette cavité , la moelle ^imère est retenue dans cette situation , en haut par sa continuité avee les masses encéphaliques , en bas et sur les cotés par des lie» membraneux spéciaux et par la série nombreuse des netb qui, de sa substance , se portent aux organes extérieurs. ïaofoiiis très-infiirieure en diamètre à la cavité qu'elle occupe , la tàaék lainière présente, dans ses diflFérentes régions, des inégalités de volume cprrespondantes en général aux différences de grandevr du canal vertébral lui-même.

L^extrémité lombaire , d abord fusifbrme , se renfle presque immédiatement d'une manière très-prononcée. Au-dessus d'elle, la région dorsale se trouve très-réduite dans tous ses diamètres, jusqu'au voisinage de la région cervicale ^ où se manifeste un 'élargissement très^senstble. I^ milieu de la région oeirvicale se resserre encore un peu ; enfin , au haut de cette régicm , existe le plus grand développement en tous sens du cordon radiidîpn. Ainsi , trois renflements principaux existent dans la longueur de la moelle épinière, deux extrêmes et un moyen. L'extrême infi^ rieur a été nommé renflement lombaire, à cause de la région quV occupe ; ou crural , parce que les nerfs cruraux sont insérés à si surfttce. Pour des raisons semblables, l'intermédiaire est dit ron* ilement cervical ou brachial ; enfin, le renflement terminal supé* rieur est appelé moelle allongée, bulbe rachidien, suivant qu'oa le regarde comme le prolongement de la moelle dans les partie tntra-céphaiiques , ou qu'on veuille désigner seidement «i ibrmt

poiis suivantes, jusqu'à la moelle allongée/ donnent, pai* leur ope, une sorte d'ellipse à grand diamètre transversal ; la moelJe

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bulboîde, ou même qu'on- ait été conduit Remployer ce terme par l'idée d une certaine analogie avec les racines bulbeuses. Cps divers renflements et les intervalles resserrés qui les séparent offrent des variations nombreuses dans leurs formes.

L'extrémité lombaire offre dans sA partie la plus renflée presque autant d'étendue d'avant en arrière que de droite à gaucho ; la région dorsale , la plus mince de toutes , a l)eaucoup plus d'étendue de droite à gauche que d'avant en arrière. Il en est de même dans le renflement cervical ou brachial et dans la région œrvicale elle-même. Quant au renflement désigné par le nom de moelle allongée ou bulbe rachidien , qui termine en haut cette région , sa largeur surpasse encore un peu son diamètre antéropostérieur. La coupe du renflement lombaire représente , par sa drconCérence , une sorte de quadrilatère à angles arrondis. Les

I^O|ISf

coDpe,

allongée donne, comme le renflement lombaire, un quac|rilatëre à angles arrondis, dont les cotés sont d'ailleurs toujours très-accidentés. Ces remarques suffisent pour démontrer que le nom çle cylindre spinal ou rachidien, qu'on donne quelquefois à la moelle épinière , ne doit pas être pris dans son sens rigoureux.

Composée de deux parties parfaitement symétriques, la moelle épinière présente à considérer, sur la ligne médiane en avant, un àllon, ou mieux une scissure assez profonde, qui règne dans toute sa longueur. Naturellement béante à son entrée , cette scissur^ antérieure est toujours facile à voir. On démontre égalemçnj; l'existence d'une scissure médiane postérieure , toujours assez fad'.e à produire chez l'homme , mais fort différente de l'antérieure , en ce que c'est tout au plus si Ton voit à la surfacç de la moelle une ligne médiane qui marque son entrée. Au fond de ees icissores » on trouve une couche de substance nerveuse blaîndie, liant Tune à l'autre chaque moitié die la moelle ; cette coucne a très-peu de volume par rapport aux parties qu'elle fait communiquer, et si l'on ne faisait attention qu'au peu d'épaisseur de cette commissure , on pourrait être tenté, au lieu de regarder la

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moelle épinière coronid un seul organe composé de deux moitiés symétriques , de voir en elle deux organes symétriques mis en relation intime par une traverse de substance nerveuse. Toutefois , cette vue ne serait pas exacte , car il existe entre ces deox commissures une partie véritablement centrale, un axe véritable auquel se rattachent toutes les divisions de chaque moitié de la moelle. Quoi qu'il en soit , on considère séparément , dans la moelle épinière , ses deux sillons ou scissures , et , sur chacune de ses moitiés , trois faces que séparent Tune de Tautre deux rangées d'implantations nerveuses.

L'entrée du sillon médian antérieur, ou mieux de la scissure antérieure , très-visible sur toute la longueur de la moelle épinière , est marquée par une gouttière superficielle. Pour bien voir la profondeur et les parois de cette scissure , il £Eiut écarter assez profondément deux surfaces de substance nerveuse qui se regardent sans se toucher dans toute son étendue. Ces deux surfaces ou parois blanches , parfaitement planes et lisses , s'étendent en longueur depuis l'extrémité inférieure de la modle épinière , où elles finissent en pointe , jusqu'à son extrémité supérieure , où , diminuant graduellement de largeur, elles aboutissent enfin à la surface d'un entrelacement de faisceaux nerveux fort important , visible à la partie antérieure de la modie. En avant , c'est-â-dire le long de la gouttière d'enti^ée de la scissure antérieure , ces deux parois se continuent , par une convexité sensible , avec la surface extérieure de la moelle épinière. En arrière, c'est-à-dire au fond de la scissure, existe de chaque coté, dans toute sa longueur, un enfoncement qui, partant à angle droit du bord postérieur de ces surfaces, pénètre un peu à droite et à gauche en dehors de la ligne médiane , et laisse ainsi la &cilité da découvrir au fond de la scissure largement ouverte la sur&ce transversale de la commissure qui passe d'une m^ûtié à l'autre de la moelle épmière.

Cette commissure est formée par une couche de substance blanche crevée, dans toute sa longueur, de petites fentes transversales très-nombreuses, très-rapprochées les unes des autres ,

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