‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 24 sur 127 · ÉT0DE EXTÉRIEURE DU CERVEAU · texte numérisé non relu

ÉT0DE EXTÉRIEURE DU CERVEAU

Cette scissure de la face interne semble encore un prolongement de la scissure de Sylvius. Elle forme la limite postérieure d'un groupe de circonvolutions dont la figure est celle d'un quadrilatère (voy. pi. 8, fig.l, EE H P). La limite antérieure de ce même groupe quadrilatère est déterminée par une anfractuosité toujours très-profonde , et qui se porte obliquement du voisinage du bord postérieur du corps calleux , au bord supérieur de la face interne de l'hémisphère qu'elle entaille toujours assez profondément.

Cette anfractuosité antérieure au groupe quadrilatère , que la scissure postérieure limite en arrière , surpasse tellement le plus grand nombre des anfractuosités ordinaires de la face interne du cerveau , que nous croyons favorable de la désigner par le nom de scissure antérieure de la face interne de Thémisphère. Tout ce qui reste de circonvolutions au-devant de cette scissure antérieure forme un groupe en croissant. Ce qui reste de circonyolur tions en arrière de la scissure postérieure figure un groupe triangulaire j de sorte que la face interne de l'hémisphère se trouve découpée dans sa totalité , par ces deux scissures , en trois groupes de circonvolutions ; un moyen quadrilatère , intermédiaire aux deux scissures; un antérieur en croissant, situé au-devant de la scissure antérieure ; un postérieur, triangulaire, situé derrière la scissure postérieure.

Au-dessous du corps calleux apparaissent des parties qui n'appartiennent plus aux régions extérieures du cerveau , et ne doivent pas être examinées ici.

Si nous disons actuellement que Textrémité antérieure de chaque hémisphère plus mousse , plus obtuse que l'extrémité postérieure , descend moins bas que cette dernière , nous aurons terminé l'exposition sommaire par laquelle nous avons dû préluda à une étude plus approfondie de l'organe.

Passons maintenant à des déterminations plus circonstanciées, et cherchons d'abord à bien connaître la scissure de Sylvius dont nous n'avons fait jusqu'ici qu'indiquer la place.

Cette fente qui partage transversalement en deux régions parfaitement distinctes la face inférieure du cerveau , se prolonge obliquement en arrière et en haut sur la face externe, et présente on prolongement analogue sur la face interne , doit maintenant fixer noire attention.

Si Ton écarte avec précaution et le plus largement possible en même temps les bords de cette scissure , on découvre des dispositions d'une extrême importance , qu'il était impossible de soupçonner dans Télat clos de la scissure.

On voit d'abord, dans la région externe ( voy, pi. 10, fig, 1), que les parties rapprochées bord à bord sur toute la longueur de l'entrée de cette ouverture , se décomposent en trois parois d'inégale grandeur , espèces de lèvres qui , s'éloignant les unes des autres par leurs bords adhérents , et se rapprochant par leurs bords libres, circonscrivent et recouvrent une éminence assez considérable sur la surface de laquelle elles sont rabattues comme les lèvres d'une bouche fermée le sont sur les arcades dentaires. n y a donc à étudier dans cette région de la scissure de Sylvius ses parois latérales ou ses lèvres , et l'éminence centrale qu'elles recouvrent.

Les parois latérales on lèvres de la partie externe de la scissure de Sylvius, n'ont pas reçu de nom particulier. L'éminence qu'elles recouvrent a été soigneusement étudiée par Reil sous le nom d'insula.

Les trois parois ou lèvres de la région externe de la scissure .de Sylvius représentent chacune un quadrilatère. Dans toutes ces parois , un des bords du quadrilatère est adhérent au contour de Tinsula ; le bord opposé est libre à l'entrée de la scissure. Dans la paroi moyenne, le bord antérieur est son moyen d'union avec la paroi antérieure , et son bord postérieur s'unit à la paroi postérieure ; et ces deux bords d'union de la paroi moyenne avec les deux autres, se trouvent dans le sommet du sinus d'un angle T. 1. 12

que forment les parois antérieure et postérieure rapprochées de la moyenne , comme les deux valves d'une charnière oblique qui serait presque feriuée. Il faut , d'ailleurs , pour bien comprendre les rapports de ces parois entre elles et avec Téminence de l'insula qu'elles recouvrent, remarquer soigneusement la direction et les dimensions différentes de chacune d'elles.

La supérieure, dirigée d^avant en arrière avec une légère convexité en haut, convexité plus prononcée à son bonT adhérent qu'à son bord libre, n'a guère moins de longueur que le doigt médius et le tiers environ de large {voy, pi. 6, y y 9, et pi. 7, fig. 1, EEE.eifl, 10, fig. 1 , ^ e). Sa direction approche de celle d'm arc de cercle concentrique à la grande courbe supérieure de I*hémisphère.

La paroi antérieure , inférieure , la plus petite de toutes (wy. pi. 6, E E\ et pi. 10, fig. 1, E' F, et pi. 7, fig. 1, £r F), libre par un de ses boixis, adhérente par le bord opposé autour del'iftsula, forme charnière, par un troisième bord, avec la paroi supérieure au bord antérieur de laquelle elle s*unit. Son quatrième bord , situé en dedans, se perd dans le bord libre de la région inférieure de la scissure. A peu près carrée, cette paroi antérienre n'a guère de côté que la longueur d'une phalange digitale. La direction de son bord adhérent et de son bord libre est dans le sens du bord externe de la région orbilaire de la base du cerveau. Le bord libre de cette paroi antérieure semble donc former le bord externe du triangle orbitaire du cerveau , comme le bord libre de la paroi supérieure formerait le bord externe de la convexité de l'hémisphère , dont la grande courbe supérieure forme le bord interne.

La paroi postérieure inférieure , d'une grandeur un peu moindre que la supérieure , mais beaucoup plus grande que l'antérieure, a presque la longueur de l'index {voy. pi. 10, fig. 1, E, et pi. 7, fig. 1, jE"' jE""). Son bord libre forme en entier le hoid inférieur de la scissure ; son bord adhérent est beaucoup moifli grand que celui-ci et confine en bas et en arrière à l'éminence de Vinsula. Le bord qui lui est commun avec la paroi supérieure» oor-

iCIMUlB DB SYLVIU9. 170

respond au tommet du sinus d*un angle trèd-aigu que cotte paroi fiirme par sa réunion avec la supérieure. Le lK)rd opposé se trouve libre à la partie postérieure de la région basilaire de la scissure, et décrit presqu'un demi-cercle par son développement. La direction do grand bord de cette paroi postérieure inférieure de la région externe de la scissure de Sylvius, est à peu prèi parallëlc au bord externe de la zone cérébello-temporale de la base du cerveau ; il pcétente en conséquence une légère convexité en bas, mais il est beauoDup moins étendu que lui ; dans la même proportion de rédaction , que les bords libres des deux autres parois présentent dana leurs rapports, l'un avec la grande courbe supérieure de rhémisphëre , l'autre avec le bord interne de la région orbitairo de la base du cerveau. De ces proportions constantes qui existent entre la lèvre antérieure de la scîssure de Sylvius et le bord interne du triangle wbitaire , entre la lèvre supérieure de la scissure et la grande courbe qui suit la limite interne de In convexité de rbémisphère , enfin entre la lèvre inférieure postérieure do laaassarede Bylvius et le bord externe de la zone cérébellotemporale» il résulte que les grandes surfaces de Thémisphère coniprises entre la scissure de Sylvius d'un côté , et le bord interne du triangle orbitaire , la grande courbe supérieure de Thénsphère et , enfin , le bord externe de la zone cérébello-temporale, de Vautre coté, représentent une espèce de croissant à deux brisures» dont les lèvres de la scissure de Sylvius forment les p tits boids, tandis que le grand bord est formé par la ligne interne du triangle orbitaire , la grande courbe supérieure de l'hémiipbère et le coté externe de la zone cérébello-temporale. Nous anraos occasion de revenir sur cette comparaison . Nous la croyons très-utile pour faciliter l'intelligence de la conformation du cer- Vffti « et pour permettre de comprendre les règles d'après lestpMm les cûfionvolutions sont développées à sa surface. Au resta, toutes ces parois de la région externe de la scissure de Sylnns sont fermées par les brisures d'une seule ligne circonvolutîonnaire, que ce n'est pas le lieu d'examiner ici comm'e cireonvoleCioii. Des angles que forment entre elles les trois parois ,

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le postérieur est très-aigu , Tantérieur presque droit. Ces deux angles sont fermés; l'inférieur seul est ouvert, et conduit ils partie basilaire de la scissure de Sylvius.

Dans toutes ces parois , le bord libre, plus ou moins festonné, est d'une étendue très-supérieure à celle du bord adhérent. C'est dans les limites de ces bords adhérents que s*élève VéatinatOB que nous avons désignée sous le nom d*insula.

Insula. — Circonscrite par une sorte de triangle scalène dont les angles sont émoussés , Tinsula forme une éminence bombée, qui regarde en dehors et un peu en bas (toy, pi. 6 , F, etpl. 7.fi^'. 1, ce, fig. 2, CCCCCC, et pi. 10. fig. 1,C C,etpl.2, fig. 1, CF).

Les tMRS bords du triangle dans lequel est inscrite cette émi- Bence sont proportionnels dans leur grandeur aux trois parois qui leur correspondent. Le supérieur est donc le plus grand, le posléfîeur inférieur vient ensuite, et lantérieur inférieur est de beaucoup le plus petit. Quant à la forme de l'éminenoe eile-mêne, elle rappelle par sa convexité celle d'une coquille bi-valve , et la disposition remarquable de tous les replis circonvolutionnairesde sa surface ajoute à cette ressemblance. En effet , tous ces replis partent de l'angle inférieur comme d'un centre , pour rayonner en s'élargissant vers le bord opposé k cet angle qui est le boni supérieur ou grand bord de Tinsula (voy. pi. 7, fig. 2).

Son bord antérieur est le même que le bord adhérent de la pa* roi antérieure inférieure. Le supérieur, vers lequel concourent les terminaisons élargies des replis circonvolutionnaires de sa surface , correspond au bord adhérent de la paroi supérieure , et le bord postérieur inférieur au bord adhérent de la paroi postérieure inférieure.

Les angles postérieur et antérieur de la circohscription de Tin* sula n*ont rien de remarquable que d'être émoussés. Quant i l'angle interne du triangle, vers lequel concourent les sommets de ces petites circonvolutions, il est blanchâtre, uni, fortement concave d'avant en arrière et convexe de droite à gauche, et, tandis qu* il correspond en dehors aux circonvolutioiis de Tinsala, il se

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termine en bas et en dedans sur le bord externe d'un3 surface blanchâtre quadrilatère qui forme le fond de la partie basilaire de la sdasare de Sylvius {voy. pi. 6, A, a a*' a'"). C'est donc sur le oontour de l'angle rentrant correspondant aux sommets des circonvolutions de rinsula que s'opère le passage de la partie externe et de la partie interne inférieure ou basilaire de la scissure de Sylvius.

ESPACE ou QUADRILATERE PERFORé.

Le quadrilatère perforé se trouve situé dans la partie profonde et centrale de la région basilaire de la scissure de Sylvius {vojf. pi. 6, A], comme Tinsula, qui lui est attachée, se trouve située dans la partie profonde et centrale de la région externe de oette même scissure.

C'est un espace sut generis^ auquel on voit se rendre avec de nombreux vaisseaux qui le pénètrent, les deux seuls nerfs fixés i la surface du cerveau. Ces nerfs le cernent, l'encadrent par quelques-unes de leurs racines, le tapissent et le pénètrent d'é- Butnatiims de leur propre substance.

Les circonvolutions de Tinsula réunies par leurs sommets sur la marge corticale de ce quadrilatère, semblent en procéder comme d'un centre. D'autres circonvolutions très-importantes naissent de son contour. EnGn les lignes circonvolutionnaires qui s'en trouvent le plus éloignées , se rattachent à celles dont il semble le lieu d'origine, dans des directions telles, qu'on peut sans beaucoup d'eflForts démontrer leur tendance vers ce q-adrilatère, malgré les barrières qui les en séparent.

Une région criblée de vaisseaux , à laquelle s^unissent le nerf olfactif et le nerf optique, de laquelle semblent rayonner, comme d'un centre, tous lei replis circonvolutionnaires de la surface d i cerveau, ne saurait être une pnrtie insignifiante de l'encéphale.

Nous devons l'étudier avec <t'àulant plus de soin, qu'en général les anatomistes en ont parlé très -légèrement.

182 quadrilatÈhk perfore.

L^e^'f ace perforé de la n^gion basilaire de la sdasure de 6yW vius a chez l'homme, la figure d'un quadrilatère alkmgé, obiiqot' ment situé au-dessous du lieu d'insertien de la région faMflOilée du pédoncule, dans la substanc-edu cerveau. Le tractus optiqve, attaché au bord postérieur du quadrilatère , le aépare do eells région du pédoncule. Les limites précises de Taire du quadrih* tère perforé sont , le tractus optique en arrière , en avant um marge circonvolutionnaire taillée en biseau et sur lat)uelle s'étendent la racine interne et la racine externe du nerf olfactif, en même temps que des radicules intermédiaires du même nerf plongent dans les parties voisines du quadrilatère lui-même {roy, pi. 6 et pi. 9). Sa limite interne est, antérieurement, une arête émoussée sur laquelle s'unissent la face interne et la i^ gion basilaire de l'hémisphère , postérieurement une émonatioi grise qui procède du nerf optique au-dessus de son cbiosHii (roy. pi. 6, a a']. Cette émanation de matière grise» striée dt fibrilles blanches, s'étale en divergeant du chiasma à ]a partie interne du quadrilatère, et se prolonge par un angle trèooigt, dans l'intervalle du tractus optique et d'une eouclie blanche iîs» gonalement étendue d'un angle à l'autre de i'espaoe perfcré. Cette émanation grise du chiasma, dans laquelle on ne saufiit méconnaître une racine grise antérieure du -nerf optique analogue à la racine grise antérieure de l'olfactif, est unie à sa oongénèm sur la ligne médiane par une lame grise d'une ténuité extiémeflf. On ne peut écarter les nerfs optiques du cerveau sans rompre cette petite lame. La limite externe du quadrilatère est iormét par la souche d'une grosse circonvolution qui s'on détadM â angle droit.

(1) Celle raciue antérieure grisée csi gcuéralement iocooiMie, eUe • clé MfMiéc par Vicq-tl'A7,yr et fifuircc liaos les fig. 3 el 4 de ta pi. XXI. Vicq-d'Asyr t'eipHae à son r(;aril en cc% lernics : « KUe eti composée de «iries qui se dirÎQent oMiqneHieni de lias en haut; les !iiri''ft les plus externes se conioument en dehors; la pcMtioM de cette Idiuc (b laine cnse) f|iii adhère aux nerfs optiques • de la oooabtanca, «I oa| reni.uque des filets très-distincts qui se confondent atec le tissa de ces nerf» dont ou doit les rrfj.udci roinmc une ori{;ine partirulièfe. t Vicq-d'Axyr, pa{;e 7S de sna gr.ind MiiM.y.r

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Chez l'homme, on voit toujours la racine externe de l'olfactif se rendre à la bage de cette souche circonvolutionnaire en avant, tandis qu en arrière une émanation du tractus optique 8*unit à cette même souche circonvolutionnaire. Ainsi le tractus optique en arrière, en avant une marge circonvolutionnaire combinée avec les racines du nerf olfactif; en dedans la racine grise des nerfs optiques, en dehors une souche circonvolutionnaire à laquelle se rendent une racine de lolfactif et une lame émanée de 1 optique, telles sont les limites significatives du quadrilatère perforé.

De la nnoitié postérieure de son côté externe à l'extrémité antérieure de son côté interne, la surface du quadrilatère est traversée, par une couche blanchâtre plus large en dehors qu'en dedans (ooy. pi. 6, a) ; au-devant et en arrière de cette couche blanchâtre, on remarque une couleur plus grise. Celle qui occnpe l'intervalle anguleux de la couche blanchâtre et du tractus optique appartient à ce que nous avons désigné comme la racine grise antérieure du nerf optique, et procède en très-grande partie du chiasma, en plus faible proportion du tractus optique lui-même. Entre la marge antérieure du quadrilatère et la couche blanchâtre qui le traverse diagonalement de dehors en dedans, on remarque également une surface grisâtre, moins foncée que celle qui tient au tractus optique, et plus large en dehors qu'en dedans {voy, pi. 6. a"). De nombreuses émanations radiculaires de lolfactif pénètrent cette surface grise antérieure. Cette mcrae surface grise antérieure et la couche blanche diagonale sont crevées d'un grand nombre de trous vasculaires distribués avec une assez grande régularité.

Alignés sur des lignes parallèles à la direction du bord antérieur (lu quadrilatère, ils forment plusieurs rangs assez régulièrement espacés. Dans chacun de ces rangs, le diamètre des trous augmente de dedans en dehors. Ceux qui occupent la diagonale blanche figurent des ovales dont le grand diamètre est transversal comme cette couche elle-même. Ceux qui occupent l'espace gris antérieur à cette iliagonale rpprt'sonteiit dosovales moins allongés,

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