‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 46 sur 127 · STRUCTURE DU SYSTÈME NERVEUX CÉR&RO -SPINAL · texte numérisé non relu

STRUCTURE DU SYSTÈME NERVEUX CÉR&RO -SPINAL

La simple considération des formes du système cérébro-spinal nous a fait connaître un tout constitué par l'assemblage d'an grand nombre de parties se faisant suite les unes aux autres. Les noms divers donnés à toutes ces parties tendent naturellement i les isoler dans l'esprit, et peuvent détourner quelquefois de sentir assez fortement l'unité de l'ensemble qu'elles composent.

Dans l'étude de la structure à laquelle nous devons actuellement nous livrer, nous serons forcés encore de fractionner ce système nerveux, et même d'isoler, dans chacune de ses régions principales, les différents éléments qui la composent.

Ce travail est indispensable, mais il ne porterait pas les fruits qu'on doit en attendre, si l'on n'avait le soin de montrer comment toutes ces parties dissociées par l'analyse anatomique, tendent partout à s-? centraliser, comme le voulait Tuniié du moi humain, dont elles sont l'instrument le plus noble.

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Quelques observations préliminaires pourront servir à faire comprendre cette tendance remarquable.

La matière fibreuse blanche, qui forme une si grande partie du système nerveux, est disposée dans sa tige racbidicnne d*une manière analogue au ligneux d'un arbre dans son tronc. (.es grandes branches au moyen desquelles cette tige rachidienne se prolonge au sein des renflements encéphaliques font suite aux couches fibreuses disposées ej\ faisceaux longitudinaux dans la moelle épinière

La continuité de ces parties fibreuses surajoutées les unes aux autres est facile à démontrer dans tous les grands départements da système.

Quant à la matière grise, la tige rachidienne en contient une sorte d*axe dans toute sa longueur. Cette matière grise intérieure de la moelle épinière devient extérieure sur les bords du calamus. et va bientôt se combiner avec les parties voisines de la coQche corticale du cervelet. Mais ce ne sont que de minces émanations de cette substance intrinsèque de la moelle qui s'unissent ainsi à la couche corticale 4^ feuillets cérébelleux. La plus grande partie se prolonge sur le plancher du quatrième ventricule jusqu'à Tinfundibulum; et tandis que dans ce trajet elle communique successivement avec la matière grise du corps rhomboïJal des tubercules quadrijumeaux, des couches optiques et enfin du corps strié, elle se prolonge aussi jusqu'au quadrilatère perforé, sur les bords duquel elle rencontre la couche corticale du cerveau.

Ainsi, dans toute la longueur du système cérébro- spinal, on voit régner une traînée de matière grise occupant à peu près Taxe de ce système, comme dans un végétal arborescent la substance médullaire occupe Taxe du tronc de ce végétal. Et dans deux points remarquables situés l'un à la base du cervelet, l'autre à la base. du cerveau, cette matière grise de l'axe du système anive au contact de la couche grise qui enveloppe les renflements encéphaliques.

11 y a donc continuité entre la matière grise de Taxe de la

modle, celle de Taxe des renflements encéphaliques, et celle de la couchecorlicalede ces renflenncnts,commeilyacontinuité entre les parties fibreuses qui forment le corps et l'extérieur de la moelle, et celle qui forme l'intérieur des renflements encéphaliques.

Ce premier résultat est facile à saisir : ce n'est pas tout encore.

Si l'on écarte l'une de l'autre sur la ligne médiane les deux moitiés, dont la réunion constitue le système cérébro-spinal, on | trouve, comme moyen d'union dans toute leur longueur, une commissure d'une résistance très forte pour son peu de volume. Cette commissure existe sans interruption depuis l'extrémité effilée du renflement lombaire jusqu'au niveau de cette partie de la base du cerveau, que nous avons désignée sous le nom de quadrilatère perforé.

Les parties fibreuses de la moelle qui forment à la fi)is sa surface et une partie considérable de son corps, la matière grise de l'axe de la moelle se rattachent partout à la longue coaimissare dont nous venons de parler. L'examen de la moelle allongée, de la protubérance, du tronçon pédonculaire du cerveau donnent des résultats analogues, c'est-à-dire que toutes les parties qui composent ces régions se rattachent à la commissure d'union de leurs deux moitiés. Dans le cervelet et dans le cerveau la matière grise corticale de la surface, continue à celle de l'axe de la moelle, se combine avec lea extrémités périphériques terminales de la matière blanche fibreuse, dont nous connaissons la continuité avec celle de la moelle épinière, et là encore, cette matière fibreuse, si on la considère dans sa marche convergente des circonvolutions aux pédoncules, aboutit à des masses intérieures de substance grise rattachées à la commissure générale. Le corps rhomboïdal dans le cervelet, les couches optiques et les corps striés dans le cerveau sont les principaux moyens d'union des parties périphériques avec la commissure qui règne sans inte^ ruption depuis l'extrémité lombaire de la moelle jusqu'au quadrilatère perforé du cerveau.

De ces considérations il résulte que, dans toute l'étendue du système cérébro-spinal, la matière grise, soit qu'elle occupe Taxe

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de la moelle épinière, soit qu'elle se replie à la surface des lames du cervelet ou des circonvolulions du cerveau, est continue à dle-mêine ; que la matière fibreuse est également continue à ellemême dans toute l'étendue du système nerveux encéphalo-rachidien ; enfin que les deux substances doivent toujours et partout se rattacher Tune à Tamtre et correspondre, par quelques parties centripètes, avec la commissure étendue sans interruption d'une extrémité à l'autre du système.

Ces considérations générales établies, nous allons procéder à l'élude attentive de chacune des régions du système cérébro-spinal. Nous aurons soin, dans cette partie de notre travail, d'insister sur la démonstration des faits les plus propres à justifier les données qui précèdent. Ces données sont déduites de dissections attentives. H nous a paru favorable de les poser comme préliminaires, afin d'éviter un inconvénient trop commun dans des travaux de ce genre, celui de considérer à part Tun de l'autre chacun des grands fragments du système dominateur de l'économie, et de s'éloigner d'autant plus du sentiment nécessaire de son unité qu'on s'arrête davantage aux particularités de structure do chacune de ses régions; la considération minutieuse de ces particularités doit, au contraire, conduire à la démonstration de l'unité de l'ensemble.

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