GLANDE PINÉALE. — CORPS PITUITAIRE
Noos n'avons rien dit encore de la structure de ces deux corps rattachés au tronçon pédonculaire sur la ligne médiane : l'un surmontant la limite antérieure des tubercules quadrijumeaux , l'autre surmonté par le tuber cinereum, les éminences mamillaires , rinfundibulum dont la substance se confond avec lui.
Quand on regarde comparativement ces deux corps et les parties voisines du tronçon pédonculaire, on trouve quelque ressemblance dans l'effet qu'ils produisent par leurs rapports avec les parties adjacentes {voy. pi. 1, fig. 1 et fig. 2). L'ensemble des éminences mamillaires et du tuber cinereum figurent en bas avec le corps pituitaire quelque chose d'analogue à ce que figurent en haut les tubercules quadrijumeaux et la glande pinéale. Cette dernière est excavée dans sa base d'un enfoncement qui fait partie de la cavité ventriculaire et surmonte l'orifice cérébral de l'aqueduc de Sylvius; le corps pituitaire occupe justement le fond de l'infundibulum et se trouve ainsi par en bas à l'extrémité de l'aqueduc de Sylvius comme la glande pinéale s'y rencontre en haut. La glande pinéale est rattachée aux parties voisines de l'axe nerveux par des tractus fibreux blancs qu'on appelle ses piliers. Le corps pituitaire n'est uni qu'à la matière grise de Tinfundibulum.
Les piliers de la glande pinéale s'épanouissent dans la base* de cette partie, composée par conséquent d'un mélange de matière fibreuse blanche et de la matière gris-rougeâtre grenue , habituellement calculeuse , qui caractérise la glande* pinéale.
On distingue mieux encore dans le corps pituitaire deux compositions distinctes l'une de l'autre pour chacun des noyaux dont il est formé.
L'un de ces noyaux , combiné avec le sommet de l'infundibulum, est plus mou , plus humide , plus transparent que le noyau principal qui embrasse le précédent dans une excavation de sa partie supérieure , et se renfle en tous sens en dehors de cette
400 QRIGlNEt^ DES IVKftFi.
excavation , prenant une texture tenace à laquelle ajoute encore plus de solidité la membrane fibreuse qui Tenveloppe.
On trouve très-souvent dans la glande pinéale, dès le moment de la naissance , de petites concrétions calcaires ; le corps pitnitaire n'est pas sujet à présenter les mêmes productions.
Ce que le corps pituitaire présente de plus frappant à Tobservateur. c'est sa situation à la partie centrale de la base du crâni dans une loge tapissée pir la dure-mère , protégée -par des re» plis marginaux de cette membrane. Le corps pituitaire est par sa situation et par la structure des parois de sa loge la partie de l'encéphale la moins accessible aux blessures. Un organe que U . nature a placé dans de semblables conditions doit être par cela seul un organe d'une grande importance (1).
Nous appellerons origines des nerfs les prolongements eentripètes au moyen desquels ces cordons s'unissent à Taxe nerveax, réser\'ant le nom de racines aux émanations qui, des nerfs, plongent dans la substance de l'axe nerveux lui-même.
Les nerfs se dégagent symétriquement à droite et à gauche de chaque moitié de Taxe nerveux : d'où leur division en paires.
Moins on a connu la structure du système nerveux cérébio- • spinal, moins on a pu déterminer avec exactitude les origines véritables des nerfs ; et , de toute nécessité, on a dû les classer d'abord d'après leur correspondance avec le crâne ou le rachis, leor séparation de l'encéphale ou de la moelle épinière.
C'est d'après ces sortes de considérations qu'ont été établies les divisions des nerfs en nerfs cérébraux et nerfe de la moék épinière, en nerfs crâniens et nerfs spinaux, distingués d^ailknil en nerfs de la première paire, de la seconde, de la troisième, etc.
(l) J'»i fait d'as8cz iiombrcasct obiervatioiit »ur réiat de ce corps, lrèf*soaTeal il lu'u i)»ru nidlade.
OaiGINEë DES NëHFS. 491
Les vues précoces de Galien sur les propriétés diverses dont il avait compris que les nerfs étaient doués ne suffisaient pas pour li)i permettre une classification de ces organes d'après leur af« fectation à la sensibilité ou au mouvement; et , quoiqu'il eût vu la sensibilité exclusivement atteinte par une lésion des nerfs de la moelle , il ne connaissait comme nerfs distincts de sensibilité et de mouvement que quelques nerfs de la tête. Galien devait donc se borner à consulter le lieu d'origine et l'ordre de séparation des nerfs; et il admit sur ces données sept paires de nerfs cérébraux, trente paires spinales.
Depuis Galien jusqu'à nos jours tous les anatomistes ont continué de classer les nerfs en cérébraux et spinaux , distingués en première paire, deuxième paire, etc. D'ailleurs les uns prenaient pour première paire crânienne l'olfactif ; d'autres, ne voulant pas reconnaître un nerf dans l'olfactif, le désignaient sous le nom d*éminence olfactive, de caroncule mamillaire, etre^rdaient Toptique comme la première paire de nerfs.
Quelles que fussent ces divergences, quelle que fût d'ailleurs 1^ manière de composer les paires de nerfs, qu'on fît, comme Willis , de l'auditif et du facial réunis une seule paire, ou qu'avec Sœmmerring on en fît deux, c'était toujours l'ordre numérique qui présidait à la classification.
En même temps, par la force des choses, on ne pouvait s'empêcher de rechercher des qualifications plus significatives qu'un nom de nombre , et Ton donnait à un nerf un nom propre quand sa destination et ses usages étaient évidents. C'est ainsi que furent nommés les olfactifs, les optiques, les auditifs, lesoculo-moteurs. Mais ces noms propres, dictes par la nature pour un petit nombre de nerfs , ne pouvaient être imités pour le plus grand aooibre dont la distribution a lieu dans les mêmes organes , la iMtiou les muscles. Et d'ailleurs un nom propre, bon pour chaque paire de nerfs en particulier, ne ferait pas cesser l'indication de grouper sans les confondre tous les nerfs analogues. Aussi de nombreuses tentatives ont-elles été faites pour satisfaire à ce besoin du sujet.
492 ORIGINES DES NBRPS.
Willis, dont la classification numérique a été très-long-tcmps adoptée , ne s*était pas borné à faire Ténumération des paires de nerfs dans Tordre suivant lequel ils se séparent des masses cérébro-spinales. « On est dans Tusage , dit-il , de diviser ou de distinguer les nerfs de plusieurs façons relatives i des considérations variées , suivant qu'ils sont mous ou durs , simples i leurs origines ou multi-radiculés; suivant qu'ils servent exclusivement au sentiment ou au mouvement, ou bien à la fois à l'un eti l'autre. D'ailleurs on les distingue ordinairement en ce que certains nerfs qui doivent naître dans le crâne procèdent de la moelle allongée (1) , tandis que d'autres , destinés à sortir des trous du rachis, dérivent de la moelle épiniëre. A toutes ces divisions , dit Willis, nous croyons convenable de joindre une antre différence fondée sur une cause d'un autre ordre : c'est que quelques nerfs, rattachés au cerveau, directement à son service, influencent seulement des actes volontaires ; tandis que d'autres, satellites du cervelet , gouvernés par cet organe , n'ont presque i remplir que des fonctions involontaires (2). >*
Ce qu'il y a de théorie purement physiologique dans la classification de Willis reparaît dans la célèbre classification de Ch. Bell , mais Tanatomie s'y montre plus avancée.
Sans parler du cervelet et du cerveau comme point de départ des nerfs, Ch. Bell distingue dans l'axe nerveux trois faisceaux ou colonnes , donnant chacun naissahce à des nerfs particuliers. Il fait des nerfs de la colonne postérieure des nerfs de sensibilité, de ceux de la colonne antérieure des nerfs de mouvement volontaire ; enfin il appelle nerfs respiratoires ceux que produit li
(1) WiUit conduisait la moeUe alloagëc jusqu'aux corps striés.
(*2) Nervorum divisio, sivc disiiactio, propter varios eorum respectas, oiuliipki adhiheri solct : nerope quod sint molles aut duri in origine, smgularet aut mumcnàt quod sensni tantuni aut motui, vcl simul utri^ue JaculUiti iosenriaot, Cvtemai v«%» distinguuntur, quod nervi alii intra cranium oriiindi, e meduUa obluogau pruu JaM ; alîique, ex vertcbrarum intcrnodiis exeuntes, a medulla spinili derÎTaoïnr. His ioaa» per, quamdam aliam di>criminis raiioiicin nohis subjungere yisum erat : oenipe qoW nrrri quidam, tanquam cerebri clientelae et servilia , actus solunsmodù sponlaneos eiequuntnr; alii autcm, adminisiri et satellites cereMU, circa functionis fere lanum mi«lunUtnce cxercil'a vcrscntur.
colonne latérale, bornée, suivant lui, aux régions supérieures de Taxe nerveux.
Tout le monde sait la fortune de cette théorie de Ch. Bell : controversée pendant quelques années , elle est généralement acceptée aujourd'hui dans ses parties fondamentales ; les fonctions distinctes des nerfs qui naissent de la colonne postérieure et de ceux qui sortent de la colonne antérieure ne peuvent être révoquées en doute.
Et ce qu'il nous importe ici de bien faire ressortir, c'est que les données de l'anatomie dans cette théorie célèbre de Ch. Bell, préparée par les travaux antérieurs de son compatriote Alexander Walker, sont tout à fait d'accord avec celles de la physiologie expérimentale qu'elle a inspirée. C'est parce que Walker avait vu les nerfs spinaux se séparer , avant de s'unir à la moelle , en cordons postérieurs et en cordons antérieurs , qu'il eut ridée d'attribuer des propriétés distinctes aux parties antérieures et aux parties postérieures de ces nerfs , et par suite aux faisceaux antérieurs et aux faisceaux postérieurs de la moelle. Walker s'était trompé dans ses attributions spéciales; mais il ne s'était pas trompé dans sa conjecture première, que les éléments séparés d'une paire de nerfs spinaux devaient avoir des fonctions différentes.
Il est acquis à la science aujourd'hui que tous les nerfs qui naissent d'une même colonne de Taxe nerveux ont des fonctions analogues.
Par conséquent , la seule manière convenable de classer les nerfs est de rapprocher les uns des autres tous ceux qui naissent d'une même colonne, d'un même grand faisceau de l'axe nerveux.
Nous devons *donc maintenant parcourir dans toute sa longueur chacun des grands faisceaux que nous avons distingués dans le systèmç nerveux cérébro-spinal, et mettre dans une même classe tous les nerfs dont les racines sortent de ce faisceau, ou le pénètrent.
Nous avons poursuivi trois faisceaux distincts depuis l'extrémité du renflement lombaire de la moelle jusque dans la sub-
494 ORiGtifiBS DES ntktn.
stance intrinsëque des renflements encéphaliques. Achacon de ces faisceaux correspond une série de nerfs obliques en sens inverse pour l'extrémité céphalique et pour l'extrémité pelvienne de la moelle. Chacune de ces séries de nerfs alignés sur la longtieor de chaque faisceau sera une classe distincte. Nous aurons donc :
1*> Les nerfs du faisceau postérieur ;
2° Les nerfs du faisceau antérieur ;
3** Les nerfs du faisceau moyen.
PREMlàfiE CLASSE DE NERFS. NEAFS DU FAISCEAU POBTÉBIBUR.
Tous ces nerfs ont des caractères communs ; quelques-uns -ont en outre des caractères spéciaux.
Un caractère commun à tous ces tierfs est de se rattacher an faisceau postérieur de Taxe nerveux.
Un autre caractère commun de ces nerfs est de se combiner avec des masses grises nommées ganglions, et qui doivent être distinguées, comme les nerfs eux-mêmes, en gangHonà commuDd et en ganglions spéciaux.
Les nerfs et les ganglions communs du faisceau postérieur sont tous ceux qui se rattachent exclusivement â la fraction du faisceau postérieur qui appartient à la moelle épifiière proprement dite.
Les nerfs spéciaux du faisceau postérieur sont ceux qui , se rattachant aux prolongements intra-crftniens du faisceau postérieur, sont surmontés par des ganglions spécialisés.
Ces ganglions spécialisés sont le cervelet et le cerveau ; par conséquent ces nerfs spéciaux du faisceau postérieur Sont des nerfc cérébelleux et des nerfs cérébraux. Leurs noms propres sont l'auditif et le trijumeau pour les cérébelleux , f optique et l'olfactif pour les Cérébraux.
Tels sont les caractères généraux et différenciels des nerfs dé la première classe.
Les nerfs de la seconde classe , c'est-à-dire ceux qui naissent du faisceau antérieur de l'axe nerveux, ont des caractères communs, quelque part qu'on les considère.
oniGlNES DES NEftFS. 495
Ces caractères communs sont de plonger partout par leurs racines dans l'épaisseur du faisceau antérieur de l'axe nerveux.
Un autre caractère commun à tous ces nerfs est de n'avoir sur leur trajet, quelque part qu'on les considère , aucun ganglion en propre.
Leurs caractères différenciels sont que les uns , tous ceux quî naissent du faisceau antérieur dans la longueur de la moelle épiiiière proprement dite , s'unissent aux nerfs communs de la première classe, un peu au delà du ganglion propre à ces derniers , et qu'après cette union les prolongements extra-spinaux de ces deux espèces de nerfs sont réunis sous un même névrilème.
Tandis que les autres, tous ceux qui naissent de la partie crânienne du faisceau antérieur , ne s'unissent jamais d'une manière aussi intime avec leurs analogues du faisceau postérieur : ce qui n'empêche pas que ces nerfs spéciaux de la colonne antérieure ne correspondent aussi aux nerfs spéciaux de la colonne postérieure, comme nous essaierons de l'expliquer bientôt.
Quant aux nerfs du faisceau latéral, on peut aussi les distinguer en deux genres. Les uns naissent directement du faisceau latéral, et tous ces nerfs, directement nj's du faisceau latéral dans ses parties supérieures , remontent dans la direction du crâne, s'onissant les uns aux autres pour constituer un cordon nerveux nnique à sa sortie de la cavité crânio-spinale , et connu sous le nom de spinal ou accessoire de Willis.
Le second genre des nerfs (lui se rattachent au faisceau latéral est formé par deux petits nerfs , dont l'un , accolé au nerf trijumeau, naît d'une partie du pédoncule antérieur du cervelet qui se porte au faisceau latéral ou moyen du tronçon pédonculaire. L'aotré est encore tin très-petit nerf, le pathétique, qui naît du fiaisceau que les tubercules quadrijnmeaux envoient au faisceau latéral dans la région de l'olive.
On peut voir, par cet aperçu , qu'il existe entre les nerfs de la première classe et ceux de la seconde et de la troisième une assez grande analogie.
Les ner£s communs de la première ^ et ceux de la seconde
classe , se confondent avant de sortir de l*épine (1). Les nerfs spéciaux de chacune de ces classes restent isolés dans leur trajet extra-crânien.
Mais on ne peut s'empêcher de reconnaître , malgré cet isolement des nerfs spéciaux de la première et delà seconde classe, et Ion doit joindre à ces derniers les nerfs de la troisième classe, une certaine parenté de paire à paire , les uns se rendant à un organe des sens pour le douer de sa sensibilité spéciale , les autres se rendant à des muscles dont l'action assiste celle de lorgane sensorial.
Ainsi, l'auditif, le nerf de la cinquième paire , l'optique, se rendent à des organes des sens ; le facial, le massétérin, les oculomoteurs, déterminent les mouvements relatifs aux fonctions de l'ouïe , du goût , de la vue.
Ces beaux rapports ont été développés d'une manière admirable par M. de Blain ville, dans son cours de Tannée 1842, au Jardin-des-Plantes.
J'ajouterai que , parmi les nerfs spéciaux du faisceau postérieur, les deux nerfs spéciaux cérébelleux et Tun des deux nerfa cérébraux , en d'autres termes , le nerf auditif, celui de la cinquième paire, dont une branche est gustative , et l'optique , nerli de sensibilité spéciale, étant assistés dans leurs fonctions sensoriales par les nerfs spéciaux du faisceau antérieur qui vont aux muscles de ces organes de la sensibilité , il m'a paru que lolfactif demandait aussi un correspondant dans les faisceaux qui produisent les nerfs musculaires ; ce correspondant se trouve dans le nerf spinal, dont l'action est indispensable au sens de l'odorat.
( l) Ces nerfs présentent cotre eux des différencet de volante qii*U est alile de omdaîire. M. le professeur Blandiu a mesuré coniparaiivenieot le volume des nerfs <{«i naissent du faisceau antérieur. Voici les résultats auxquels il est arrivé. «An dos, et surtout vers la partie moyenne de cette région , les deux racines des nerfs rad»diens offrent sensiblement le même volume. Au col , les racines poaiéricnret ont aa volume double de celui des aniérieurcs. Aux lombes et dans la région sacrée, les racines postérieures sont plus grosses que Ic.h antérieures, comme au col; mais elles oe reni|>ortent sur elles que d'un tiers seulement.» (Blandin, AnaUnmie dctcryMÀH, i. ii,p. 648.)
Développer cette idée dans un traité d'anatomie serait sortir de mon sujet, j'y reviendrai lorscjue je traiterai des fonctions.
Telle sera donc la base de nos divisions principales des nerfs.
Noos ferons une classe de ceux du faisceau postérieur, divisés en nerfs communs et nerfs spéciaux ;
Une classe divisée de la même manière dans les ner& du fiusoeau antérieur ;
Une classe également subdivisée des nerfs du faisceau latéral.
Dans le plus grand nombre des cas, rien n'est plus facile que de déterminer i quelle classe appartient un nerf, et s^il est un nerf commun ou un nerf spécial de cette classe.
Pour quelques-uns , la chose n*est pas aussi facile. Ainsi , le nerf facial , considéré long- temps comme une portion de la paire à laquelle appartient l'auditif, semble naître du faisceau postérieur , mais il est certain qu'il procède du faisceau antérieur, et peut-être aussi en partie du faisceau latéral. L'anatomie des animaux démontre ce fait d'une manière péremptoire , Ton peut aussi par des dissections délicates en acquérir la certitude chez Thonmie.
n se pourrait encore que les nerfs qui naissent du faisceau postérieur dans la région du bulbe rachidien ne fussent pas amplement des nerfs de la première classe , mais se trouvassent composés, dès le moment de leur séparation de la surface de Taxe nerveux , de racines issues directement du faisceau postérieur et de filets issus de l'antérieur, et appliqués de chaque côté, comme des demi- ceintures à la surface du bulbe, où leur présence détermine ce qu'on a appelé les fibres ardformes de Rolando.
Enûn , il se pourrait encore que dans le renflement lombaire de la moelle , les nerfs du faisceau antérieur fussent entremêlés de nerfs venus du faisceau latéral. J'ai cru bien souvent reconnaître dans cette région des filets nerveux issus du faisceau latéral , et bientôt confondus , entremêlés avec ceux du faisceau antérieur.
Mais y je l'avoue, je n'ai pas encore assez approfondi cette question pour être en mesure de la résoudre avec certitude. T. 1. 32
4Sê OlUOIfVES fiES NBIIiS.
Quod qu'il en soit de ces difficultés de détail relativement à Un petit nombre de nerfs , nous allons procéder à la descriptioo de leurs extrémités radiculaires. Nous parlerons d'abord, d'une ananiàre .sommaice , des nerfs communs de -toutes les daaBeB, ce ne sera qu a roccasiqn des nerfs spéciaux de chaque olaaae que nous 4HrBoecon6 une descidption paeticulière pour obacun d'aux.
Dans chaque classe de nerfs, nous étudierons d'abord «eux qii se séparent de 4a moelle épinière.
Voua passefons ensrate à ceux du bulbe rachidien , puîs i •oenx du cervelet, à ceux du cerveau, ou des régicms pédonoulaires de ces deux^organes.
Nous isirerroos , ^ms xsbacune de ^^es régions , la modicité des nerfs dans la snoême proportion que cdie du aegment de Taie nerveux auquel il appartient.
PREMd^RE DIVISION DfiS NERFS DE IJL PREMtkilE CLASSE. -^ NBRFB COMMUNS DU FAISCEAU POSTÉRIEUR QUI RE DETACHENT DE LA MOELLE.
Ces nerfs , dans -la manière ordinaire de les compter, «ont an nombre de trente et un . On-ne détermine pas ce nombre en comptant combien de nerfe se détachent isolément de la moelle épinière ; c'est sur la quantité de cordons nerveux réunis à chaque trou de conjugaison quHt est fixé. Il n*y a sans doute aucun inconvénient à nombrer de cette manière îles cordons nerveux composés qui sortent par les trous de conjugaison du canal vertébral; mais si Ton considère comme des nerfs distincts tous les cordons séparés , allant isolément depuis la moelle épinière jusqu'aux trous de conjugaison où ils se réunissent dans un ganglion commun , le nombre en est de beaucoup supérieur. Il s'élève certainement à plus de cent.
Ces ner& si nombreux du faisceau postérieur ^se séparent de chaque côlé de la moelle épinière , dans tootetla longueur de 1^
ORIGINES DES NEflFS. 499
ligne qu'on appelle ligne d'origines des racines postérieures.
Contigus les uns aux autres dans le renflement lombaire , plus espacés dans les régions supérieures de la moelle, ils ne prennent pas partout la même direction pour sortir du rachîs. Ceux du renflement lombaire descendent juxtaposés les uns aux autres dans chaque moitié de Taxe nerveux. L'intervalle qui sépare ceux de droite et ceux de gauche , large au milieu de la face postérieure du renflement lombaire , se rétrécit et finit en pointe vers la pointe de la moelle , se rétrécit sans| jamais venir à se toucher dans la région dorsale de la moelle , s'élargit de nouveau dans le renflenient branchial pour .se rétrécir encore dans la région ceryicale, où jamais il n'arrive au degré d'étroitesse qu'on observe dans la région dorsale.
Enfin , le plus grand écartement de ces nerfs d'un coté à l'autre existe au niveau du bulbe rachiclien. Tous les nerfs issus du renflement lombaire descendent ; les nerfs du faisceau postérieur ^e rapprochent de ceux de l'antérieur dans les régions décliy^ du canal vertébral que ne pénètre pas la moelle; c'e^t à cette masse de cordons nerveux tombant au-dessous du renflement lombaire qu'on a donné le nom de queue de cheval.
Avant de sortir du rachis , ces nerfs se réunissent dans un ganglion, quelquefois dans deux, pour chaque trou de conjugaison, pour chaque trou du sacrum.
Au-dessus du renflement lombaire, la disposition des ner& que nous étudions devient difiiérente.
En regard de chaque trou de conjugaison , cinq ou six de ces nerfs convergent vers ce trou, y rencontrent un ganglion avec lequel ils se combinent. Ils représentent donc du ganglion à la moelle les rayons d'un éventail ouvert.
Une fois unis aux ganglions , ces nerfs mêlent les fibres qui les composent avec la substance grise du ganglion, duquel procède en dehors le cordon nerveux destiné à sortir du rachis.
Dans leur trajet de la moelle aux trous de conjugaison, les nerfs du faisceau postérieur échangent de place en place des branches de communication.
Sur toute la longueur de la ligne d'origine des racines nerveuses, les nerfs qui nous occupent se combinent avec les parties fibreuses blanches superficielles du faisceau postérieur, qui forment la limite postérieure de ces racines ; d'autres racines de cçs nerfs plongent dans la substance grise visible sur toute la longueur de ces origines , et s'y laissent voir par transparence i une certaine profondeur. Les moelles épinières de nouveau-nés sont les plus favorables pour ces observations.
Que deviennent ces racines prolongées dans la substance grise! on n'a pu le déterminer encore d'une manière rigoureuse. Nous verrons que les nerfs cérébelleux et les nerfs cérébraux, qui sont tous des norfs du faisceau postérieur , propagent plusieurs de leurs racines jusqu'aux surfaces ventriculaires voisines; Ton serait donc fondé, par cela seul , à supposer une destination analogue pour quelques unes des racines des nerfs qui se séparent du &isceaa postérieur de la moelle épinière ; mais jusqu'ici , aucune observation directe n'a pu démontrer leur continuité avec les parois du ventricule de la moelle. Indépendamment de cette raison d'analogie, la disposition que nous avons signalée dans les fibres de la substance grise du faisceau postérieur (voy. pi. 1 , fig. 4), porte à croire que ces racines nerveuses convergent sur l'axe central du faisceau postérieur qui fait partie des parois du ventricule de la moelle. Sans regarder comme certain ce qui n'est encore que probable, sans prendre comme des réalités les hypothèses proposées par quelques anatomistes pour mieux comprendre les actions de ces nerfs du faisceau postérieur , bornons-nous à enregistrer ce que démontre clairement l'observation , savoir : que les nerfs du faisceau postérieur de la moelle épinière plongent , par quelquesunes de leurs racines, dans la substance grise du faisceau postérieur, et s'unissent par d'autres racines avec la substance blanche fibreuse du même faisceau.
Étudiés dans la région de l'axe nerveux qu'on nomme bulbe rachidien , les nerfs du faisceau postérieur se groupent en deux cordons distincts , d'une grande importance , auxquels on a donné des noms propres. L'un de ces cordons nerveux est le pneamo-
gastrique, c'est le plus rapproché de la moelle ëpinière ; 1 autre est le glosso-pharyngien , plus voisin de la protubérance.
Les nerfs du faisceau postérieur du bulbe rachidien , dont la réanion constitue le pneumo-gastrique , naissent au nombre de dix à douze sur Tespace élargi en losange allongée , qui termine en baut la ligne d'origine des nerfs du faisceau postérieur de la moelle. De leurs différents points d origine ces filets nerveux convergent en haut, en avant et en dehors dans la direction du trou déchiré postérieur; dans ce trou , ils se confondent avec un ganglion analogue à ceux que nous avons signalés dans les trous de conjugaison du rachis.
L origine à la surface de la moelle des petits nerfs qui conatitaent par leur réunion le pneumo-gastrique n est pas aussi simple que Torigine des nerfs qui naissent du faisceau postérieur de la moelle épiniëre.
Sœmmering a suivi quelques-unes de leurs racines à la face postérieur du bulbe; l'on peut d'ailleurs constater la réunion avec les racines du pneumo-gastrique de plusieurs des fibres ardformes de Rolando qui contournent le bulbe , de ses régions antérieure et latérale à la postérieure.
Nous en dirons autant du glosso-pharyngien, qui naît des cotés du bulbe un peu plus haut que le pneumo-gastrique, sur la limite antérieure du faisceau restiforme. J'ai vu souvent plusieurs des tractus fibreux , dits fibres arciformes de Rolando , s'unir aux racines des nerfs dont la réunion constitue le glossopharyngien.
n y a là certainement des difficultés qui n ont pas encore été résolues d'une manière satisfaisante , relativement aux racines du pneumo-gastrique et du glosso-pharyngien. Ces fibres arciformes qui s'unissent au pneumo-gastrique et au glosso-phalyngien seraient-elles un moyen de rattacher ces nerfs au faisceau latéral et à l'antérieur? seraient-elles plutôt un rudiment de la disposition que présentent certains des anneaux fibreux de la protubérance qui , joignant le nerf auditif d'un côté à celui de l'autre côté, lui constituent une commissure? J'inclinerais
502 [origines àes nerfs.
plus vers cette opinion que vers la précédente. Quoi qpi'il en soit, ces nerfs rassemblés en deux petits faisceaux de Tolume inégal se portent dans le trou déchiré postérieur, au-dessus duquel ils se réunissent dans un renflement ganglionaîre.
Andersh et M. le professeur Blandin ont vu le glôsso-pharyngien et le pneumo-gastrique communiquer par un ou deax filets grêles avant leur passage dans le trou déchiré postérieur.
Ici se terminent les nerfs communia du faisceau postérieur. l,es remarques que nous avonâ faîtes sur le pheumo-gastriqué et le glôsso-pharyngien suffisent pour distinguer ces ner& qiri naissent des côtés du bulbe rachidien des simples nerfe que produit le faisceau postérieur de la moelle épinière. Les noms propres qu'ils ont reçus éteuent déjà un suffisant indice de léai im^portance.
NBRFS CÉRÉBELLEUX.
Les nerfs qu'il nous reste à examiner comme naissant dans la partie crânienne du faisceau postérieur, ont maintenant droit à toute notre attention , chacun d'eux mérite une description particulière. Nous commencerons par les nerfs cérébelleux qui se présentent les premiers au-dessus du nerf glosso-pharyngien ; et de ces nerfs cérébelleux, qui sont au nombre de deux, l'auditif et le trijumeau, nous étudierons d'abord l'auditif, parce qufl se présente le premier dans la direction ascerdante que nous suivons.