‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 76 sur 127 · DU NERF AUDITIF · texte numérisé non relu

DU NERF AUDITIF

Il n'y a pas dans toute l'étendue du système nerveux cérébro-spinal un seul nerf qui se détache plus directement du feissceau postérieur que le nerf auditif. C'est donc à juste titre que nous le décrivons comme tel. Ses communications àvéc le oer-

velet sont en même temps si comidérables qu'elles jastifient la qnalificafion de nerf cérébelleux que nous lui avons donnée.

Ce nerf, comme l'indique le nom de portion molle de Ï9 septième paire que lui ont donné beaucoup d'anatomistes , est d'une si faible consistance, qu'il est impossible de bien étudier ses prolongements dans le faisceau posté^rieur et dans le cervelet si l'on n'a recours à des moyens artificiels d'augmenter sa consistance. Il faut l'étudier sur des organes parfaitement sains, soigneusement dépouillés de^ leurs membranes et long-temps suspendus dans l'alcool.

Lorsque toutes ces précautions ont été prises , on petrf rèeonnaître avec facilité que le nerf auditif, composé de plusieurs &isceaux nerveux juxtaposés, s unit par sa surface avec la couche de fibres obliques que nous avons vue se prolonger du coq)S restiforme sur les côtés de la protubérance (votj. pi. 2, fig. 3, Q )• C'est de sa surface aussi que se détache cette membrane nerveuse qui va former la doublure immédiate de la couche corticale de cet organe {coy. pi. 4, fig. 3, Oh], On reconnaît encore de la manière la plus évidente, en séparant dans le tronçtwi total de ce nerf un faisceau supérieur antérieur plus petit d'un autre faisceau plus volumineux , qui forme sa partie inférieure postérieure , qu'une membrane nerveuse , faisant suite à cette partie inférieure du nerf auditif, se porte à la surface du ventricule cérébelleux qu'elle tapisse dans toute son étendue. C'est de cette membrane que se détache la lame nerveuse qui unit au nerf auditif le petit lobule suspendu au-dessus de lui; à cette membrane émanée du nerf auditif se rattache encore la lame nerveuse grisâtre élevée de chaque côté du calamus scriptorius; enfin, le corps de ce faisceau principal du nerf auditif s'implante directement, et avec autant de force que la composition de sa substance le permet, k toute la surface externe du corps restiforme, et semble être la simple continuation réfléchie des couches fibreuses superficielles de ce f?iisceau. Entre le corps restiforme et le faisceau qui so sépare de l'olive s'insinuent d'autres prolonj^nents du nt»rf aurlitif. Us ij^agncnt dans cet en-

droit la substance grise du corps restiforine et se dirigent à travers cette substance grise vers l'arête nnédiane du faisceau postérieur; d'autres couches fibreuses très -fines, et malgré cela très-faciles à démontrer, se détachent encore du faisceau principal du nerf auditif pour se porter dans les anneaux transverses de la protubérance près de son bord postérieur. Rapprochés de Ijeurs congénères sur la ligne médiane, ces &isceaux du nerf auditif semblent lui constituer une commissure dans Tépaissear du pont de Varole.

Le plus petit faisceau du nerf auditif donne lieu à des considérations analogues. Il s'étale en une membrane horizontale qui plonge directement à la rencontre du bord externe du Qorps restiforme, auquel il s'unit. Ce prolongement membrauiforme du petit faisceau du nerf auditif s'étale en arrière du corps restiforme et s'ajoute à la doublure membraneuse que le faisceau principal a déjà fournie pour tapisser le ventricule cérébelleux. En avant se développe un prolongen^ent commissural qui s'ajoute dans la protubérance au prolongement commissural du principal faisceau du nerf auditif; ainsi la membrane nerveuse étalée à la surface des parois du ventricule cérébelleux se continue avec le nerf auditif. Les tractus blancs, les tractus gris remarqués à la surface du plancher du ventricule cérébelleux et signalés comme des racines de Tauditif ou comme un ganglion de ce nerf , ne sont que des faisceaux plus foits parmi ceux qui du nerf auditif se portent à la membrane nerveuse pariétale du ventricule , au petit lobule annexé à Vauditif , au voile médullaire tendu de ce lobule à léminence vermiforme. Tous les tractus visibles à la surface du plancher du ventricule cérébelleux , et qui se rendent en divergeant du nerf auditif à l'arête médiane du faisceau postérieur, ne sont pas les seuls faisceaux fibreux divergents des racines du nerf auditif; on peut toujours , par une dissection convenable sur des organes bien préparas, en reconnaître d'autres qui marchent des nerfs auditifs dans la direction de l'aqueduc de Sylvius, soit à la surface du plancher ventriculaire , soit en suivant

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les deux lignes antérieures de la losange que 6gare ce plancher , soit enfin à cette partie de la voûte ventriculaire que forme le processus cerebelli ad testes , et qui , s unissant tôt ou tard à larête médiane du faisceau postérieur ou aux parties voisines de cette arête dans les parois de laqueduc de Sylvius, marchent avec les prolongements de cette arête médiane du faisceau postérieur dans la direction du quadrilatère perforé du cerveau {voy. pi. 18, fig. 1 , -+- Q, G, L),

Parmi les émanations membraneuses du nerf auditif auxquelles appartiennent les fibres divergentes de ce nerf vers Tarete médiane du faisceau postérieur, on en voit plusieurs qui s'engagent dans la profondeur du noyau gris central du cervelet auquel on a donné le nom de corps rhomboïdal.

Telles sont les observations principales qu'on peut faire en étudiant ce qu'on appelle les racines du nerf auditif. Directement implanté sur le côté externe du corps restiforme , il produit de sa surface une toile membraneuse , blanche , fibreuse, très-fine, qui se prolonge du nerf auditif, du trijumeau et du ruban fibreux oblique , que nous avons décrit comme une branche superficielle du corps restiforme , sous la couche corticale du cervelet , et forme la doublure immédiate de cette couche corticale.

Une autre membrane nerveuse, émanée également du nerf auditif et continue à la précédente , tapisse toute l'étendue des parois du ventricule cérébelleux. D'autres émanations de ce nerf, ou mieux d'autres régions de cette expansion membraneuse, s'élèvent sur les bords du calamus, se combinent avec le voile médullaire , s'unissent au lobule adjacent du cervelet , se portent dans le corps rhomboïdal. Les faisceaux les plus caractérisés dans cette toile de substance nerveuse divergent du nerf auditif vers l'arête médiane du faisceau postérieur, tant à la surface du plancher ventriculaire du cervelet que dans le prolongement antérieur de ce ventricule , qu'on nomme l'aqueduc de Sylvius. D'autres émanations du nerf auditif se détachent en dedans et en avant ; confondus avec les arceaux de la protubérance, ils semblent con-

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stiluer la commissure du nerf auditif d'un côté avec celui de Vautre.

Si Ton se reporte maintenant à la comparaison établie dans une autre partie de ce volume entre le ventricule céfébellenx et le vestibule véntriculaire du cerveau , entré le nerf auditif et te nerf optique, on sèîjtira mieux, jfe l'espère, lanâlogie que ]'« tâché d'éîtprimer erttre ces deux régions des cavités ventri» laires.

R y aurait certainement beaucotfp dé' choses encore à dire sur lesj cohîiexiohs radiculàîres du nerf afuditif avec le corps restifôhné, le cervelet, âon Ventricule et la: protubérance; je me bornerai à ces données , qui mfe' semblent exprimer ce qu'il y a de plus essentiel, et justifier pleinement le double titre de nerf d« ftiisce^û postérieur et xlo nerf cérébelleux , sous lequel nous aT^ons présenté lé nerf auditif.

Dt t^ERP TfCtSVVtEÂV.

( Voy. pi. 2, fig. 1 et fig. 3; voy, également pi. 13, fig. 2.)

Nous ne parlons ici que de la grosse portion de ce nerf. Nous ne reviendrons plus sur la toile ner^veuse blanche que le trijumeau produit en commun âVec l'auditif et la partie superficiellf du corps restiforme.

Nous dirons seulement que le corps de ce nerf se porte obliquement en arrière et en dedans à la rencontife du bord externe dn corps restiforme, revêtu par une partie considérable du pédoncule externe dû cervelet ; que, du bord postérieur deoe prolongement radiculaire de ce nerf, se détache une membrane nen*eu« qtfî se poftedans le no;J'àu cérébèlleu*, et enfin que du bord antérieur de ce même tronc radiculaire se pbl-tent dans les arceaux de la protubérance des expansions fibreuses semblables à celles que nous avons considérées comme des commissures dans le nerf auditif.

Ces caractères principaux exposas relativement aux origines ; aux prolongements radiculaires du trijumeau, nous ajouterons qu'assez souvent nous avons pu suivre des tractus blancs transvéràes qui se distinguent à la surface du plancher ventriculaire du cervelet jusque dans le tronc radiculaire principal du trijumeau.

Lorsqu'on examine, en regard Tun de l'autre, le trijumeau et l'auditif, par rapport à leur mode de combinaison avec le faisceau restiforme, on voit que la plus grosse fraction de l'auditif naît des parties les plus superficielles de ce faisceau ; la plus petite, de parties un peu plus profondes; lé trijumeau, de parties plus profondes encore : c'est après avoir produit ces deux faisceaux de Tdiiditif et le gros tronc radiculaire du trijumeau , que le corps rédtifotme s'élève et s'épanouit dànâ les parties profondes du cervelet , comme nous l'avons exposé en traitant de la structure iè cet organe.

Ce que nous aVons dit sur les connexions avec leâ parois ventriculaires du cervelet d'émanations de l'auditif , sur la combinaîëôn de céà émanations de l'auditif avec la face ventriculaire du processus ad testes , qui lui-même se combine avec l'expansion du corps restiforme [voy. pi. 18, fig. 1, Q, Q^ -+-), démontre que, quelque part qu'on les considère , les émanations radiculaires de l'atiditif et du trijumeau se rattachent au corps restiforme ou à des dépendances de ce corps. Leurs productions, confondues avec la protubérance et présentées comme des commissures de ces nerfs, fcnt seules exception.

Ce serait sortir du plan de cet ouvrage que de poursuivre l'auditif et le trijumeau hors du crâne. C'est surtout de leurs prolongements dans l'intérieur de l'axe nerveux que nous devions nous occuper. Nous dirons cependant , à propos du trijumeau , que le renflement connu sous le nom de ganglion de Gasser, et assimilé aux ganglions spinaux des nerfs du faisceau postérieur, nous semble différer essentiellement des véritables ganglions spinaux. Pour ce qui est de l'auditif, nous croyons aussi que l'un des tractus qui l'unissent à l'arête médiane du faisceau postérieur, et que éa couleur grise a fitit nommer le ruban gris , ne saurait être lé-

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gitirnement assimilé à un ganglion spinal. Nous considérons le ruban gris comme une partie de la substance grise du faisceau postérieur , étalée à la surface du ventricule cérébelleux et concourant à former les racines de l'auditif. Les véritables ganglions de Tauditif et du trijumeau sont pour nous les hémisphères cérébelleux et les éminences vermiformes.

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