NERFS CÉRÉBRAUX
Au nombre de deux paires, comme les nerfs du cervelet , les nerfs cérébraux sont désignés par les noms propres d'optique et d'olfactif.
Plusieurs points d'analogie existent entre ces deux paires de nerfs ; ce qui est appliquable à lune , comme définition générale, peut également s'appliquer à l'autre.
Et si l'on devait , en partant du sens du mot lobe olfactif, séparer sa description de celle des cordons nerveux , on pourrait s'appuyer de raisons semblables pour en séparer également le nerf optique , et le présenter aussi comme un lobe particulier.
En effet , les raisons sur lesquelles on s'est fondé pour contester à l'olfactif la qualité de nerf et le présenter comme un lobe cérébral sont : qu'il contient à la fois dans sa composition de la substance grise et de la substance blanche , et que chez un grand nombre de mammifères le cylindre qu'il représente , pouvant acquérir un volume considérable, est creusé par un prolongement du ventricule latéral.
Il y a, dans le nerf optique comme dans l'olfactif, association de substance grise et de substance blanche , quoique la première de ces substances s'y trouve en proportion moindre que dans l'olfactif.
La substance grise du nerf optique , prolongée à la partie supérieure de ce cordon nerveux jusqu'au voisinage du trou par lequel il s'engage dans l'orbite , s'étale du côté du noyau cérébnd
en une membrane divergente qui s'anastomose d un coté à Vautre, sur la ligne médiane, dans ce que Ton appelle la lame grise. Un enfoncement anguleux du ventricule plonge entre cette racine grise du nerf optique et son chiasma. Il y a donc aussi pénétration d'un appendice ventriculaire dans la base de l'optique.
De sorte que les raisons qui seraient bonnes pour justifier le nom de lobe olfactif seraient également favorables pour autoriser à nommer lobe optique le nerf de la vision.
Je ne veux pas nier, d'ailleurs , qu'à côté de ces analogies entre l'optique et l'olfactif , on ne puisse signaler des diflFérences tranchées, telles, par exemple, que la présence, à l'extrémité ethmoïdale de l'olfactif, d'un corps bulbeux, duquel se détachent les filets nerveux qui vont donner à la membrane pîtuitaire son aptitude olfactive. Mais, ces différences , on les rencontre de rolEftCtif à l'optique , comme de chacun de ces deux ner£s à l'aooastique au trijumeau.
Elles sont propres à justifier une proposition de Gall , développée de la manière la plus puissante par M. de Blainville, que chaque nerf des sensations spéciales a quelque chose de spécial dans sa structure ; mais elles ne peuvent faire que l'olfactif ne soit pas aux mêmes titres que l'optique un nerf, c'est-à-dire un conducteur intermédiaire à un organe de sensation spéciale et à l'encéphale.
Quant aux caractères anatomiques qui distinguent Toptique et l'olfiEictif de tous les autres nerfs , nous ne les regarderons pas comme des preuves que l'optique et l'olfactif ne sont pas des nerfs , nous les signalerons comme des caractères distinctifs des nerfs cérébraux.
En conséquence , nous définirons les nerfs cérébraux des appendices cylindroïdes de matière nerveuse grise et blanche jrair tachés à la fois à la substance du cerveau et aux prolongements cérébraux du faisceau postérieur de la moelle, et prolongés, l'un dans le globe de l'œil , l'autre dans la membrane pituitaire.
La terminaison de l'un de ces nerfs dans Toeil , les ramifications de l'autre dans la membrane pituitaire, diffèrent beaucoup
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des ramification^ périphériques des nerfs ordinaires. Ces différences dans les ramifications périphériques des nerfs cérébraux s*ajoutent aux différences signalées dans leurs portions extracrâniennes pour justifier la proposition de Gall ; elles ne sauraient infirmer la nature de nerfs spéciaux, que nous reconnaissons dans l'optique et l'olfactif.
Ces deux nerf$ ont , à quelques égards , de l'analogie avec les deux nerfs cérébelleux. Nous avons exposé comment ces derniers commimiquent avec les parois du quatrième ventricule ; et nous voyons déjà, par les considérations précédentes , qu'il en est de même par rapport aux nerfs cérébraux. La base de l'un d*eax^ l'optique , est toujours pénétrée par un prolongement du ;^oisième .ventricule , ce sont les racines grises antérieures qui iofment sur la ligne médiane la clôture de ce ventricule. Quant ,)i l'olfactif, qui semble chez l'hoptime adulte plus étn^iger ,f([ix cavités ventriculaires , nous ferons voir qu'un prplongemqi^ jpfttable de ses .racii)es.§e confond avec la cloison depii-trajp^pe^eDte, indépendamment d'auti;es connexions, reconnues par .l^ucoqp d'anatomistes , avec divers éléments du cercle fibreux. 4^ rori|tce ventriculaire. D'ailleurs, l'olfactif de Thomme lui-même a éjé creusé aune époque de la vie fœtale, d'un prolongement du ventricule latéral. Ce prolongement est semblable à celui qui, chç? beaucoup de mammifères, persiste dans l'état adulte.
0&IGI|9ES .nu ^EUF OPTIQUE.
Le nerf optique, le premier des nerf^ cérébraux. du côté du pédoncule cérébral , se rattache par des prolongements radiculaires , internes et supérieurs , à l'arête médiane du faisceau postérieur de la moelle [voy. pi. 18, fig. 1, X, G\, qui semble se porter directement dans la partie supérieure de ce nerf.
Par un prolongement radiculaire externe considérable, connu sous le nom de tractus optique , le nerf optique se rattache aux
ORIGINE» DBS NERFS. 511
iiibereiiles qnadrijumcaux, mais surtout au cotylédon ventriculaire de la couche optique , rattaché lui-même , comme nous l'avons dit ailleurs, au faisceau postérieur de la moelle. Le tractus optique se prolonge dans la coqoe superficielle de ce cotylédon , et forme ainsi la suqface de la région correspondante du ventricule.
Noos sonMoes convaincu , par de nombreuses dissections , que 4oote la sui&ce fibreuse du cotylédon ventriculaire de Ja «mche optique est rattachée au tractus optique , qu'elle forme , {MUT conséquent , en parlant le langage figuré en usage , la -racine prinsipide du tractus , et par suite du nerf optique.
Ohez le moi^ton , la membrane fibreuse rayonnante , d'un Mftne ai^nté , par laquelle le traotus optique se prolonge à la flUfftce du cotylédon ventriculaire de la couche optique , aboutit A wi isûoeau saillant situé sur la limite antérieure de la paire Mtëriaore des tubercules quadrijumeaux ; et ce faisceau, sur lequd concourent les fibres de la couche superficielle de la couqhe optique, va s'attacher à l'arêle médiane du faisceau posténei^r de la moelle , derrière la glande piné^le. Nous avons dit ailleurs quelles sont chez l'homme les connexions de la couche superficielle de la couche optique avec le faisceau postérieur.
C'est au passage du tractus optique dans la coque superficielle de la couche du même nom que se rencontre le corpus geniculatum extemum. Une branche du tractus optique interne, et j^térieure à celle qui par le corpus geniculatum extemum communique avec la couche opti(]Uc , se porte dans le corpus geniculatum externum , et, par ce corps, communique avec les tubercules quadrijumeaux , surtout avec le postérieur; l'antérieur se rattache à la coque superficielle de la couche optique , ce qui ne l'empêche pas de recevoir aussi directement quelques émanations du tractus optique. Ainsi , le tractus optique , racine fibreuse .principale du nerf optique , s'épanouit a la surface ventriculaire de la couche optique , à la surface des tubercules quadrijumeaux, et, par l'intermédiaire de ces différentes parties , se rattache à
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Tarête médiane du faisceau postérieur, comme nous l'avons exposé en traitant de la structure de la partie foudamentale do noyau cérébral.
Nous avons aussi parlé , dans un autre lieu , d'une petite membrane nerveuse émanée du tractus optique au niveau du crochet de la tubérosité temporale de la circonvolution de l'ourlet (voy. pi. 18, fig. 2, Y), Nous avons comparé cette membrane émise par le nerf optique à une membrane semblable dépendante des racines de l'auditif, et par laquelle le nerf de Taudition communique avec un lobule voisin du cervelet. L'expansion au moyen de laquelle le nerf auditif tapisse le ventricule cérébelleux, ne montre-t-elle pas aussi une analogie bien frappante avec celle par laquelle le tractus optique forme la surface de la couche optique et des tubercules quadrijumeaux ! Disons , pour résomet ce qui se rapporte aux relations du tractus optique , radae blandit principale du nerf de la vision , que la surface de la coudie optique, celle des tubercules quadrijumeaux, procèdent de ce tractus; que la bandelette demi-circulaire reçoit aussi des fibres qui en dépendent ; enfin , que le tractus optique est en communication avec la tubérosité temporale de la circonvolution de l'ourlet, par une petite expansion membraneuse blanche qui se continue avec la couche blanche superficielle de la membrane corticale. Cette petite émanation membraneuse du tractus optique communique également avec le corps frangé (1).
Les racines grises du nerf optique occupent la partie supérieure de la commissure que les tractus optiques formen^en venant s'unir d'un côté à l'autre sur la ligne médiane. C'est au niveau de cette ligne que le plus grand nombre de ces racines grises se rencontrent. Les unes, se portant en arrière dans la masse du tuber cinereum , vont se fixer sur le faisceau qui , des
(1) M. Serres a décrit cette petite membrane de communication da tractas optique avec la tubérosité tempurale , comme une valvule du fond de la région temporale àur ventricule, {f^qy. Serres, Anatomie comparée du cerveau dans les ifuatre classes dtt animaux verlébivs , t ii, p. 465.)
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ëininences mamillaires se porte dans le pilier antérieur de la iroûte, et sur Tarête médiane du faisceau postérieur.
L'antre fraction des racines grises de l'optique est située audessus et au-devant du chiasma. Réunies dans la lame grise , 08 sont ces racines grises antérieures qui laissent entre elles et la substance fibreuse du chiasma, un intervalle creux qui fait partie du troisième ventricule.
Les racines grises postérieures ont été signalées par plusieurs auteurs.
Quant aux antérieures, c'estàVicq-d'Azyr, si je ne me trompe, qu'il faut rapporter l'honneur de les avoir, le premier, décrites et figurées. On les voit dans la planche XXI de son grand ouvrage; voici ce qu'il en dit dans l'explication de cette planche. «Je les ai appelées dans les Mémoires de l'Académie des sciences, année 1781 , lame grise de la jonction des nerfs optiques (la
cloison pulpeuse du troisième ventricule) Cette lame grise
et molle s'étend des environs de la commissure antérieure vers
les nerfs optiques Elle est composée de stries qui se dirigent
obliquement de bas en haut : les stries les plus externes se dirigent en dehors. La portion de cette lame qui adhère aux nerfs optiques a de la consistance , et on y remarque des filets trèsdistincts, qui se confondent avec le tissu de ces nerfs, dont on doit les regarder comme une origine particxdière . Cette membrane est très-déliée : elle est demi-transparente. On aperçoit une cavité au travers de son tissu , et lorsque cette lame est rompue on voit entre la commissure antérieure et les nerfs optiques une ouverture qui mène au troisième ventricule. »» (Vicq-d' Azyr , Traité d'anatomie, in-folio, page 72.)
Ces racines grises des nerfs optiques ont été négligées par tous les anatomistes depuis Vicq-d*Azyr. — Nous les avons mentionnées maintes fois déjà, en parlant du quadrilatère perforé derrière la diagonale blanche, duquel elles forment une région grise plus large en dedans q\i'en dehors; nous en avons parlé également en traitant du cercle fibreux de l'orifice ventriculaire. Nous avons vu ces racines se fixer sur les origines des faisceaux de ce T. I. 53
cercle qu'on appelle piliers antérieurs de la voûte. Enfin nous les avons fait figurer (pi. 6 en a à). L'on voit d^ns cette figure leur prolongement aminci à la face supérieure du nerf 9ptiqU€ luimême.
Si nous ajoutons qu'une couche blanche mince, qu'on peut suivre dans les parties blanches du nerf optique, revêt, du coté de l'espace perforé, la surface de ces racines grises, et se prolonge, au dehors de l'espace perforé, dans la couche superficielle des ci^ convolutions, nous aurons terminé ce que nous croyons utile d'exposer par rapport à ces racines grises.
Ajoutons , pour terminer la description des racines de l'optique, que des parties adhérentes du tractus optique se détachent en grand nombre, de petites lames fibreuses d'une couleur jaunâtre, dont les unes se rendent au, cotylédon extraventriculaire de la couche optique, tandis que d autres, trave][S^t les fiusceaux de la région fasciculée du pédoncule , vont , au-dessus de cette région, s*unir à cette petite amande de couleur jaunâtre que nous avons signalée en décrivant la région supérieure de l'éventail fibreux qui succède à la région fi^sciçulée i\x, ti;onçon pédo^ culaire.