XIV PREFACE
accepter. II faut, comme on l'a dit souvent, une époque de maturité pour chaque progrès; et, dans toutes les branches de nos connaissances , les questions les plus difficiles sont celles pour lesquelles cette époque arrive le plus tard. Les progrès de l'anatomie du système nerveux devaient donc être retardés plus que ceux d'aucune autre partie de Tanatomie. C'est surtout pour les régions crânio-spinales du système nerveux que cette vérité est sensible , et c'est spécialement à l'étude de ces régions qu'est consacré le premier volume de ce traité.
Il eût été rationnel, en principe, de joindre la description des cordons nerveux eux-mêmes à celle des espèces de centres auxquels ils se rendent ou desquels ils procèdent. En suivant ce plan il fallait réunir à un assez grand nombre de vues nouvelles sur l'organisation de l'encéphale et de la moelle épinière une description des nerfs qui n'eût pas différé de celles qu'on trouve dans plusieurs bons traités de névrologie. Il était dès lors plus convenable de se borner à l'anatomie des parties les moins connues , et de renvoyer pour les autres aux écrits déjà existants. Mais, tout en laissant décote Tétude des cordons nerveux, il était impossible de négliger l'examen de leurs connexions avec les masses crânio-spinales. Ces connexions, qu'on est dans l'usage d'appeler origines ou racines des nerfs , établissent le passage des masses centrales aux cordons périphériques , et deviennent ainsi , depuis les lumineuses découvertes des modernes sur les propriétés distinctes des divers ordres de nerfs, un moyen puissant d'éclairer les unes par les autres les fonctions de ces nerfs , et celles des régions particulières des masses centrales avec lesquelles ils se combinent.
Il était donc indispensable do poursuivre avec soin les connexions des nerfs avec les organes enc(^pha!o-rachidiens , si l'on voulait tirer des études anatomiques des données profitables à la physiologie.
EFACE. XV
Une autre partie bien différente demandait aussi d'assez longs développements, c'est celle qui traite de Tenveloppe osseuse crânio-spinale. Deux raisons principales ont motivé la grande attention donnée à ce sujet.
D*abord, la théorie qu'a popularisée le génie de Gall et que ses sectateurs continuent de professer sous le nom de phrénologie , n*est pas une conception indifférente qu'on puisse traiter légèrement , soit qu'on l'adopte , soit qu'on la repousse.
Elle impose comme devoir à tous ceux qui s'occupent sérieusement de l'étude du cerveau de chercher à se rendre un compte exact des rapports de cet organe avec son enveloppe osseuse; et peut-être ces rapports n'ont-ils jamais été parfaitement compris !
Une raison d'un autre ordre ressort d'une observation dont l'utilité d'application est beaucoup plus frappante que celle de la crânioscopie proprement dite , je ne parle pas de la physiologie du cerveau. Il existe en France un nombre considérable d'individus qui, par suite de pratiques vicieuses à l'action desquelles ils ont été soumis dès la plus tendre enfance , présentent des déformations artificielles du crâne qu'on avait pu croire reléguées chez des peuples sauvages. Les inconvénients les plus graves résultent souvent de ces déformations ; il était dès lors impérieux de les faire conndtre avec tout le soin possible. Dès que l'attention du monde médical sera suffisamment éveillée sur ce point, la destruction du mal que l'ignorance et la routine infligent encore journellement à des milliers d'enfants sera certaine : et la perspective d'un pareil avantage est bien faite pour stimuler tous ceux qui éprouvent de vrais sentiments de sympathie pour leurs semblables.
Ainsi, l'anatomie minutieuse, superficielle et profonde du système nerveux cérébro-spinal de l'homme dans l'état adulte; l'étude des connexions avec les masses centrales de ce système des nerfs qui s'y rendert ou en partent pour assurer l'exercice des
XVI PAEPACE.
fonctions de sensibilité ou de locomotion; la considération attentive de toutes les enveloppes de ce système, et particulièrement de l'enveloppe osseuse , tels seront les sujets traités dans oeTolunie.
Ils conduiront naturellement à la physiologie et à la pathologie , dont Tanatoroie sera toujours la première base.
Dans le cours d'un travail pour lequel de nombreux matériaux anatomiques ont été nécessaires, j*ai été secondé par pinsieurs confrères auxquels je sens le besoin d'exprimer mes sentiments de reconnaissance.
M. le professeur Biandin , alors qu'il était chef des travaux anatomiques, m'a toujours aidé avec le plus généreux empressement.
Mon excellent ami le docteur Hodgkin de Londres a trouvé moyen de me seconder malgré la distance qui nous sépare.
M. Baron père, médecin de l'hôpital des Enfants-Trouvés, n'a pas manqué une occasion de me communiquer les richesses anatomiques de son hôpital .
Les chirurgiens en chef du Val-de-Grâce , MM. Bégin et Baudens ; MM. les professeurs Desruelles et Lacauchie , m*ont aidé de la mapière la plus obligeante (1).
A M. de Blainville je dois plus qu'à personne. Tant que je l'ai pu, je me suis nourri des leçons de ce professeur , et ^lajours il m'a été permis de lui soumettre tous les détails de mes recherches; je ne saurais exprimer ce que j'ai trouvé d'avantagei dans ces communications intimes. Si mon travail a quelque valeur, j'en suis, pour beaucoup, redevable à la bonté paternelle de ce savant.
Mes vœux les plus ardents seraient comblés si mon œuTfe était trouvée digne de l'école de ce grand maître!
(I) J'ai iroavé dans h s éiliuurit, MM. Fortin, Mus>ou. Ici di>|M>siiions les |ilii« hvorahles; ils u'uiit nculc (tevaiii uut iiii Mcriflcc |K»ur (|iic \en |>laiiclics (|iii coni|iotent latUt ptttsenl être rtrcalén avec le |ilu» (»nm<l »oiu |iar «leux ctccikui» ar listes, MM. Ik'au et Bit u, que je rciucrcio cordiulemeui de leur cuuscicueicHse aji|»licaliou :« rc long iravjiil.