‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 10 sur 127 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

ANAÏOMIE.

Des idées générales très-justes sur les propriétés principales du système nerveux ont été le partage de l'antiquité savante.

Démocrite disséquait le cerveau pour y chercher le siège de la folie. Plusieurs passages d'Hippocrate et d'Aristote contiennent l'expression formelle que l'encéphale est le siège de l'intelligence. Arétée invoquait l' entre-croisement des nerfs dans la moelle épinière pour expliquer l'influence croisée du cerveau sur les mouvements volontaires, et Galien distinguait les nerfs en ceux du mouvement et ceux de la sensibilité.

A côté de ces vues , que les travaux des siècles n'ont fait que confirmer, se trouvent beaucoup d'hypothèses qui n'ont pas eu le même sort.

Ainsi , Je cerveau a été pris pour une glande , parce qu'on lui ittribuait la sécrétion de certaines humeurs.

On l'a comparé à la moelle des os , parce qu'il est comme elle x>ntenu dans une enveloppe osseuse.

2 RiÈCiMBiifcÉÉS ttiST6iti<juts.

Cependant , les nerfs considérés comme une production du cerveau furent long-temps confondus sous le même nom commun vfupov avec les tendons et les liganrients.

Praxagoras et Plistonicus distinguèrent les nerfs des autres organes blancs; ils les supposèrent continus aux artères.

De plus , observant dans les animaux inférieurs la petitesse du cerveau relativement à la moelle spinale, ils avancèrent, contrairement à l'opinion généralement admise de leur temps, que le cerveau est un appendice de la moelle rachidienne. Galien combattit cette opinion , et , rangeant le cerveau parmi les viscères, il continua à le regarder comme le principe de la moelle épinière et des nerfs. Du reste, il avait sur ses usages, par rapport à l'intelligiBncej des idées très-arrêtées. On voit, en effet, dans plusieurs passages de ses ouvrages, que nonseulement il regardait le cerveau comme l'organe de la pensée, mais qu'il allait même jusqu'à décrire les formes de tête les plus favorables aux opérations de l'esprit et celles qui Tétaient le moins.

Il connut et décrivit mieux que ses prédécesseurs les différentes parties du système nerveux ; distingua les nerfs en ceux du mouvement volontaire et ceux du sentiment , et chit trouver (ians la fermeté des uns el dans la mollesse des autres là raison de la différence de leurs fonctions.

Quant au cerveau lui-même , Galien le disséquait jJar des coupes dont le but principal éttiit de montrer les ventriculteè. Oè grand homme attachait aux cavités de l'organe plus d'iitipor* iahce qu'à l'organe lui-même.

La science du système nerveux , telle que Tavait laissée Grtilîen , ne subit pas d'impbrlàntd changementis pendant plusBéors siècles. On retrouve dans les docteurs scolastiques ses iàêéé en anatomie et en physiologie. Albert le grand , au liv. 8 De àhimâf traité 1", chap. 4, toirt. m, édit. de Lyon, 1651 -, dit positivement que l'organe de l'imagination est le cerveau letin* àîque aussi les formes de crâne qu'il croit les plus âiTorables aux diverses facultés de l'esprit^

RECHEIIGIIE8 HISTORIQUES. 8

Après l'époque dite de la renaissance , Gaspar Bartholin, un des premiers, se fit remarquer par des vues indépendarttes de Tàutorité de Gralien , mais qui pourtant se trouvaient déjà confsignées dans ses ouvrages. Il remarque, par exemple * à propos des rapports du cerveau et de la moelle épinière : - Que si quel-J » qu'un pensait qu'il faut commencer par le cerveau à cause » qu'on dit qu'il est l'origine de la moelle de Tépine, noué lui f répondrions que notre opinion est que la moelle « en tant n qu'elle est dans le crâne et dans l'épine» doit être plutôt ap-^ n pelée le principe du cerveau , et que le cerveau même , divisé » en deux parties, est oomme une double apophyse ou produc- *> tion de la moelle. Ce qui se remarque plus claireitient en Ta* f natomie des poissons qui ont la tête et la queue de la moelle » bien plus grosses , et la production de la moelle ou le eérv^au » fort petit, n

Du reste I sa matiière de disséquer Torgàne n*eat Hmi de progressif.

Jusqu'à Varole , on avait toujours coupé par tranches horizontales, de haut en bas, le cerveau laissé sur la base du crâne ; cet anatomiste , considérant aussi le cerveau comme un appendice de la moelle et concevant l'importance de montrer la prolongation de celle-ci dans la masse cérébrale » imagina d'extraire complètement lenoéphale de la boîte osseuse ^ de le renverser et d'en commencer l'examen par en bas.

Il trouvait , à ce procédé , l'avantage de faire vwr toutes les parties basilaires du cerveau et ses connexions avec le reste du système nerveux.

Ain» , poursuivant les fibres de la moelle «tllongée a^deÉSeus de cet antieau de fibres transveiBales qu'oH ft nomtnë depuië pdnt de Varole, il montrait leur œntinuité avec dédies des ^oneiiles cérébraux et du cerveau lui-même. Plus tard , SylVius pm^Hisa de disséquer un hémisphère de haut en bas suivant llictbitude ancienne , et l'autre de bas en haut à la manière de Vtth)le \ il décrivit d'ailleurs avec assez de soin la scissure qui sépare m bas le lobe antérieur du lobe moyeni pour mériter qu'on d»n-

4 RECHERCHES niSTORIQUES.

nât son nom à cette fente nommé? depuis scissure de Sylvius.

Ces modifications heureuses furent bientôt suivies de travaux d'une telle valeur, qu'on doft encore de nos jours les mettre au rang des meilleurs ouvrages qu'ait fait naître l'étude du système nerveux. Ces travaux sont ceux de Willis et ceux de Malpighi.

Willis , dont le nom reste attaché à une classification trèsconnue des nerfs , a certainement donné dans ses différents écrits sur le cerveau les preuves les plus remarquables de son rare mérite comme anatomiste. Non content de répéter les pratiques généralement usitées de son temps, il imagina une méthode entièrement nouvelle de disséquer l'encéphale; voici comment il s'exprime à cet égard :

« Pour pratiquer convenablement l'anatomie du cerveau on m ne doit pas se livrer aux coupes vulgaires , mais après avoir *•» placé Torgane de manière que son limbe postérieur soit tourné M du côté de l'anatomiste , il faut débarrasser, autant que pos- N sible, en arrachant ou disséquant les membranes, ce limbe de » ses connexions avec le cervelet et la moelle allongée. Alors on * verra que la substance du cerveau n'est en aucune manière > unie à ces corps, mais en est tout à fait libre et indépendante 'n par elle-même, et se trouve seulement fixée avec elles, d'une 'n manière superficielle, par les membranes. De plus, si l'on inf* cline en avant cette poupe du cerveau ainsi dégagée des par- » ties voisines , les jambes de la moelle allongée senmt tout à •• fait à découvert et complètement séparées du cerveau et du *•• cervelet (si ce n'est à leur extrémité où ces deux corps lui sont V» attachés); en élevant ainsi le limbe postérieur du cerveau, on M voit ce qu'on appelle les trois ventricules confondus en un » même espace ou simple vide résultant de la disposition corn- •» pliquée de l'organe.

f. Suivant Willis, le cerveau n'est uni qu'^ avant à la moelle •» allongée par les corps striés qui sont comme les sommets de » cette moelle. La partie nommée voûte n'est qu'une espèce de m corde ou ligament qui , née antérieurement à Tendroit où le

n cerveau est attaché à la moelle , se porte de là au limbe pos- » teneur auquel elle est unie par deux prolongements en ma- » nière de bras étendus , retenant ainsi toute la masse cérébrale •» dans sa forme arrondie , et s opposant à son développement n suivant une surface plane (1). >•

Willis passe ensuite à la description particulière de chaque région. Pour mieux voir celles qui sont renfermées dans Tintérieur de l'organe, il conseille, après avoir mis le cerveau dans la position indiquée , de pratiquer d'arrière en avant une section horizontale en dehors des épiphyses ou prolongements de la moelle (le§ couches optiques et les corps striés) , de diviser les racines postérieures de la voûte , et alors le limbe postérieur peut être tout à fait élevé , puis renversé en avant, de manière que Tassemblage arrondi de Torgane se trouve développé et étendu suivant une surface plane.

Une autre préparation , imaginée par le même auteur, dans kl même intention , c'est-à-dire pour montrer les parties qui forment les surfaces des ventricules , consiste à diviser en long sur la ligne médiane le corps calleux et la voûte, et à écarter en* suite l'un de l'autre les deux hémisphères qu'on renverse en dehors. Mais tout en décrivant soigneusement les ventricules, Willis combat par une critique judicieuse les théories qui donnaient une importance imaginaire à ces réceptacles de fluide aqueux , et fait les réflexions les plus propres à ramener l'attention des anatomistes sur la substance cérébrale elle-même à laquelle il rattache toutes les actions nerveuses.

Ne s'arrêtant pas à l'examen des formes de chaque partie , Willis s'applique à en pénétrer la structure intime. Il distingue, dans plusieurs endroits , des tractus médullaires , espèce de nerfs intrinsèques destinés au trajet des esprits animaux.

Les corps striés sont , à ses yeux , les sommets de la moelle allongée. Le cerveau fixé à ces corps , en avant , se recourbe de là en haut , puis en arrière et en bas , et se trouve maintenu dans

(0 Willis opéra. Log., i6Si , (om. i, p. 354

s RCCHBRCnes historiques.

cistt^ position recourbée par la voûte à laquelle il donne les Sanctions d un ligament. Il regarde le corps calleux ooinme formé du rapprochement sur la ligne médiane de tout les tractas médullaires des anfmctuosités du cerveau. Les corps striés renferment des stries médullaires ascendantes et descendantes, lesquelles sont des canaux ou conduits destinés à la transmission des esprits animaux, du corps calleux dans la moelle, et de celle-ci dans le eorps calleux.

Il décrit ensuite les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux; il considère ces derniers comme formant une région particulière distincte du cerveau , du cervelet et de la moelle allongée. Il observe seulement des tractus de communication destinés à unir l'action de ces différentes parties.

Cet auteur considérait la substance corticale comme destinée à séparer du sang les esprits animaux. La substance médullaire ik)nt il cherche a suivre partout les tractus, les stries, les fibres, recevait les esprits animaux récemment séparés, les élaborait et les transmettait par le moyen de la moelle spinale aux diiiérentes parties suivant leurs besoins.

D'ailleurs le cerveau , proprement dit, siège de la raison, loi paraissait diriger les mouvements volontaires; le cervelet, au contraire , présider aux mouvements involontaires des organes contenus dans le thorax, Tabdomen.

Telles sont les idées principales contenues dans les écrits de Willis. Et plusieurs de ces idées, pour être bien entendues, même avec le secours des figures fort bonnes destinées à les faire connaître, demandent une certaine force d'étude et beaucoup d^habitude de Tencéphale. Il est remarquable, en eflbt, que plusieurs auteurs qui ont traité du cerveau depuis Willis ont pu , même en reproduisant ses figures , les critiquer comme tout à {ait imaginaires , alors seulement quUls n'étaient pas en état de les comprendre et de constater leur parfaite concordance avec la nature.

Le travail de Willis , qui joignait à une conception ingénieuse de la disposition du cerveau, des vues d'ensemble d'un grand mé-

rite, fut bientôt suivi d un des meilleurs traita qui ait jamais paru sur la composition intime des masses nerveuses encéphaliques. La conquête du microscope était faite , Malpighi sut le premier l'appliquer avec un véritable succès à l'étude du cerveau. Mais il ne se borna pas à des observations microseo-^ piques.

Adoptant à peu près les opinions de Willis , par rapport à la conformation générale de Tencéphale , il s'en éloigna sur d'autres points.

Dans son premier écrit, il reproche, à la plupart des anator mistes, de s être trop arrêtés à la surface cérébrale, d*en avoir décrit avec un soin minutieux les plus petites particularités, et d'avoir négligé d'en pénétrer la structure et la composition intimes. Il remarque que Piccolomini s'occupa le premier de recherches sur ce point, et découvrit une différence , une véritable séparation dans les parties qui composent la masse encéphalir que; qu'il réserva le nom de cerveau proprement dit à la substance corticale extérieure, laissant celui de moelle à la substance intérieure , blanche et plus solide. Piccolomini parvint même, suivant Malpighi , à séparer avec une dextérité admirable sur des cerveaux frais ces partiies différentes de consistance et de couleur.

Partant donc de cette idée , que le cerveau forme à l'extérieur de la masse encéphalique une sorte d'écorce grisâtre renfermant une substance médullaire, Malpighi expose ses propres recherches et les résultats de ses observations microscopiques.

Il remarque que la substance corticale n'occupe pas seulement l'extérieur du cerveau , mais se trouve aussi dans son intérieur rassemblée en masses particulières; qu'on la rencontre à Tintérieur de la moelle , dans laquelle il admet l'existence d'un sinus.

Considérée à l'extérieur du cerveau , la sulistance grise représente par sa disposition des circonvolutions intestinales ; voici la raison qu'en donne Malpighi.

La substance médullaire renflée en dehors des ventricules , pour constituer la masse des hémisphères, produit des appendices

extérieurs d*une disposition analogue à celle du mésentère dépouillé dos intestins. La substance grise, enveloppant uniformément les contours sinueux de ces appendices, imite la forme des circonvolutions intestinales. Dans le cervelet, les productions médullaires affectent la disposition de lames superposées concentric^ues ; la substance grise qui enveloppe ces lames représente des arcs de cercle,

Dans son premier écrit , Malpighi dit peu de choses de cette substance œrticale; constatant seulement ses différences avec la blanche , il pense que s'il fallait chercher dans le cerveau une partie parenchymateuse qui soutînt les vaisâeaux propagés dans 1 organe, la chair de Técorce, coriicis caro, réunirait les conditions désirables.

Quant à la substance blanche , il regarde comme constant , qu'elle est entièrement formée de fibrilles arrondies , légèrement déprimées , semblables aux filaments dont est composée la masse des testicules. Ces fibres sont tellement évidentes dans les ventricules cérébraux des poissons , que , regardées contre le jour, elles représentent un peigne d'ivoire ou l'assemblage des tuyaux parallèles qui forment les orgues d'église.

La même structure se remarque dans les animaux des classes supérieures, qu'on ait fait cuire ou non leur cerveau ; elle est surtout évidente en arrière de la moelle allongée. Sur les côtés de cette même région de la moelle, on voit les fibres blanches prolongées au milieu d'une substance grise abondante. Le corps calleux présente la même structure , car les corps fibreux , qui forment par leur trame le couvercle des ventricules , se terminent enfin par des extrémités comme découpées ou des prolongements onduleux plongés et implantés , comme le chevelu des racines d'une plante, dans la substance corticale qui semb!e leur tenir lieu de sol nourricier : •• Nam Jibrosa corpora. quibtis ventricvfo' n rvm iestxido conteritur^ fandein desimtnt veluii laciniatis fim- »» briis , seu prodiictionibus in gyrum ductis , qiia immerguntur f fit imp1an(an1u7\ non secvs ac copiosœ planfarnm radiées in cor^ » tice , qu€B soli seu terne vicem gerere videfur, »

La progression des parties fibreuses qui constituent la masse des hémisphères n'est pas facile à découvrir : les cavités tortueuses des ventricules , les amas de substance grise qu'ils contiennent , sont des raisons qui , jointes au grand nombre et à la fragilité des fibres, rendent cet examen très-difficile. Voici pourtant leur marche la plus probable , d après ce qu'on peut voir dans les animaux.

» Du tronc de la moelle spinale encore contenue dans le crâne " (c'est-à-dire de la moelle allongée) semblent provenir, comme •» d'un faisceau principal, toutes les fibres dispersées dans le cer- • veau et le cervelet. En effet, s'éloignant de la moelle par quatre » troncs principaux , ces fibres se portent dans diverses directions, -jusqu'à ce que, par leurs terminaisons rameuses, elles arrivent " à l'écorce.

» La structure fibreuse existe dans toutes les parties du »cer\-eau, même dans le septum lucidum et les hippocam- » pes , H etc.

Malpighi partage l'opinion des anciens , rappelée et soutenue par Gaspar Bartholin , que le cerveau est un appendice de la moelle, ou du moins, que le tronc nerveux de cette moelle, propage par des trajets sinueux ses racines jusque dans la substance corticale du cerveau ; tandis que, d'un autre côté, elle étend ses branches, c'est-à-dire les nerfs, dans toutes les parties du corps. Telles sont les opinions principales contenues dans le premier écrit de Malpighi adressé à Charles Fracassa ti. Celui-ci, dans sa réponse, entre dans de longs détails sur les idées de Willis, qu'il essaie de réfuter, principalement celles qui ont rapport aux fonctions du cervelet : il démontre que cet organe naît de la moelle épinière tout aussi bien que le cerveau lui-même. L'origine du cervelet a lieu , suivant lui, par un processus assez fort , situé à la partie postérieure de l'organe , le troisième processus de Willis. Il regarde les deux autres processMs médullaires, celui de la protubérance, et celui qui se dirige vers les testes, comme des prolongations réfléchies du premier.

Fracassati partage d'ailleurs tout à fait la manière de voir de

10 i(i3CiiEiicm&s msiT^BiQu^s.

Malpighi sur les rapports réciproques du cerveau et de la moelle spinale. Voici comment il s'exprime à cet égard :

" On peut comparer la moelle spinale à une jeune branche qui, » séparée du tronc qui lui a donné naissance, et légèrement fendue »» par son extrémité, serait plantée en terre : bientôt elle produira n des racines et s'élèvera en arbre. C'est de la même manière que w se développent à l'extrémité crânienne de la moelle, le cerveau *> et le cervelet : leur substance corticale représente un terrain M fertile dans lequel se propagent les faisceaux fibreux semblables f à des racines abondantes.

p Cette opinion que la moelle doit être placée avant le cerveau p et le cervelet trouve encore dans cette observation un argument •t puissant : l'embryon du poulet, encore peu avancé, manifeste »» des contractions s'il est irrité avec une pointe d'aiguille, quoiw qu'à cette époque la place du cerveau soit remplie par une f lymphe, non encore fixée en matière nerveuse (1). "

Dans la suite de sa lettre , Fracassati rass(?mbie une multitude de raisons pour prouver que le cerveau est un instrument pneumatique. Ses spéculations à cet égard , devenant étrangères à l'anatomie, ne doivent pas nous occuper.

Malpighi paraît de nouveau sur la scène : il n'avait avancé, dans son premier écrit , que des conjectures sur la nature de la substance corticale ; il se trouve conduit par ses observations microscopiques à n*y voir qu'un amas de petits corps glanduleux, arrondis, enveloppés à l'extérieur par la pie-mère et les vaisseaux sanguins: ces glandules produisent chacune à l'intérieur une fibre blanche nerveuse ; l'assemblage de ces fibres multipliées constitue la substance blanche. Il considère d'ailleurs ces fibres blanches comme les vaisseaux excréteurs des glandules de la substance grise , et compare cette dernière à un champ ou à un pot à fleurs dans lesquels les arbres et les plantes poussent des racines et desquels ils tirent leur nourriture.

Malpighi ne considère pas seulement la moelle épin^^ odmme

(i) Biblioibè<|oe de Mapget.

BECHERCnES IIISTORIQIES. 11

in faisceau nervoux qui produit le cerveau et le cervelet dans la substance grise desquels aboutissent les fibres blanches , il croit aïoore que les nerfs q\d se séparent du pont de Varoh^ remontent ions le cervelet, el tirent enfin leur origine de la substance grise; st comme cette substance abonde dans la moelle spinale, qu'en liviaant les renflements que cette moelle forme à divers endroits 9n observe la continuation des fibres nerveuses , il en conclut iju'on doit nécessairement considérer les nerfs comme tirant partout leur origine de la substance grise.

Bténon, qui* écrivit peu de temps après, n'apprécia pas à leur juste valeur les travaux de Willis et ceux de Malpighi; dans un discours remarquable sur 1 anatomie du cerveau (1), il cherche à prouver qu'on ne connaît pas la substance de cet organe , qu'on sait moins encore une bonne méthode de le disséquer ; toutefois , il indique comme préférable celle qui consiste à suivre les fibres nerveuses sans les diviser. On doit à Sténon une observation qui fait trop d'honneur à son auteur pour que je la passe sous silence. C'est d'avoir signalé ce fait important , que Teau amassée en abondance dans les ventricules , chez les hydrocéphales, efface, en distendant le cerveau, les circonvolutbns de sa surface (2).

Raymond Vieussens vient à son tour fournir le tribut de ses reC'berches sur Tanatomie du cerveau. On retrouve dans ses écrits la plupart des dernières idées de Malpighi sur la nature des deux substances. Il a soigneusement étudié la structure de la protubérance annulaire. \J\\q de ses figures, quoiciue grossière, montre les fibres des pédoncules du cerveau faisant suite dans rintérieur de cette protubérance aux fibres des pyramides antérieures de la moelle.

La préparation nommée centre ovale de Vieussens, était destinée par cet auteur, à montrer les prolongements du corps calleux dans les hémisphères, et le départ des fibres cérébrales des

(i) Ce discours est public dans la Biblioilièquc anntomii|iic de Manget. (s) BiMiotbèqiie •natomique de M^Ofjct.

hémisphères dans les pédoncules du cerveau , et par suite dans la moelle. Ce centre ovale n'était pas la simple surface ovalaire produite par des coupes horizontales pratiquées au niveau du corps calleux ; le centre ovale de Vieussens était formé par la masse blanche tout entière des hémisphères.

Je ne parlerai pas du rôle assigné par Vieussens à chaque partie de son centre ovale dans l'exercice des facultés principales de l'esprit. Tout ce qu'il a dit à cet égard n'appartient plus i notre sujet , et serait bon tout au plus à prouver que l'idée de déterminer dans le cerveau le siège distinct de chacune des facultés principales de l'esprit n'était pas entièrement oubliée depuis Galien , Albert le Grand et bien d'autres qui l'avaient formellement exposée dans leurs ouvrages.

L'exposition anatomique du système nerveux de Haller est, saîis contredit , un des plus beaux et des plus savants ouvrages qui ait jamais été publié sur le système nerveux. Toutes les opinions y trouvent place et y sont discutées. Haller présente des faits nombreux d'anatomie des animaux , il donne la mesure des proportions du cerveau avec les autres parties du système chez l'homme et les brutes, enfin des expériences précises assignent rigoureusement plusieurs fonctions des nerfe. Le traité de Haller est plein de choses excellentes, mais ce grand homme avait embrassé un champ trop vaste pour s'occuper spécialement des détails de l'organisation cérébrale; aussi, malgré l'immense mérite de son ouvrage, n'a-t-il pas, sous ce rapport, fait faire de nouveaux progrès à la science.

J'aurais peu de choses à dire sur l'ouvrage de Tarin s'il n'était propre à démontrer le peu d'influence que les meilleurs travaux antérieurs à son époque avaient exercée sur le monde des anatpmistes. Tarin rassemble dans ses Adversaria Anaio^ mica le plus grand nombre des figures publiées sur l'anatomie du cerveau , et mesure leur importance relative par le* détails qu'ils fournissent sur les ventricules; les dessins qu^il'piihlie luimtMne ont surtout pour objet de bien montrer ces cavités; la préoccupation de Tarin pour les ventricules l'eaipêche de com-

prendre les figures de Willis ; et , faute de les entendre , il les suppose imaginaires.

Tarin , cependant, a eu le mérite de fixer l'attention sur deux minces projections de substance grise qui s'élèvent de chaque côté du bec de la plume à écrire, il les nomma, frcenula nova; on leur a conservé le nom de valvule de Tarin.

On doit à Malacame une description très-bonne de la protubérance annulaire. Il a noté avec beaucoup de soin le passage qui , de la partie postérieure de la moelle allongée, conduit les fluides dans les cavités cérébrales. « Haller, « dit-il, « avait déjà ■ trë&-bien observé qu'on trouve soiivent un peu d'eau sur les n côtés du quatrième ventricule ; j'ai observé de pins , dit Mala- » came, qu'il s'en trouve aussi autour de la moelle spinale, en- » tre la pie-mère et Tarachnoïde. Quand Haller dit que cette » eau éprouve une très-grande difficulté à repasser dans le ven- » tricule , il fait très-bien , il en trouve la raison dans la pesan- » teur propre de l'eau ; mais si quelqu'un s'imaginait que ce n passage est interdit à la sérosité par la valvule de Vieussens, » il conjecturerait mal , car plusieurs fois sur des cerveaux en- » tiers j'ai fait voir à mes élèves ce passage tout à fait libre ; j'ai » vu la pie-mère unie à l'arachnoïde à peu de lignes de distance » de la face inférieure postérieure du cervelet , voisine de la » moelle allongée et spinale , former une membrane épaisse , »• rouge, tuméfiée par beaucoup de saniequi ondulait au-dessous » Cette membrane était assez résistante pour .supporter, sans «e » rompre, une pression assez forte du doigt et du manche du » scalpel. Par l'effet de cette pression , on voyait la sanie monter » par l'aqueduc de Sylvius et remplir le troisième ventricule. »» Cotunni, célèbre compatriote de Malacame, a signalé aussi avec soin cette particularité relative à la sérosité extérieure à la moelle et a son passage par le quatrième ventricule dans les cavités du tsrveau.

Mais un des principaux mérites de Malacame est d'avoir étudié avec le plus grand soin les origines des nerfs.

L'ouvrage de Vicq-d'Azyr sur l'anatomie du cerveau offre

14 RBCHERCHI» HISTORIQUES.

l'exemple d'un grand soin et d'un grand luxe consacré à ht pti* blicalion d'une œuvre aiiatoiniqae. 11 eût sans doute rendu plus de services à la science , si la méthode employée par cet auteur, la méthode exclusive des coupes, pouVait suffire à dévoiler les mystères d'une organisation aussi délicate que celle du système nerveux. Malgré les inconvénients de cette méthode i Viaj d'Azir'a surpassé en clarté et en exactitude le plus grand ncJinbre de ses devanciers. La magnificence de ses planches, la multitude des détails qu'elles représentent , l'attention minutieuse qu'il apporte à rendre fidèlement les proportions, la forme des parties , les efforts employés par cet auteur pour montrer les connexions et les directions des faisceaux fibreux , méritent toute notre reconnaissance.

Sœmmering a fait une attention partiailière aux diveises nuances qu'offrent les àul)stances cérébrales, il distingue une portion cendrée , une blanche , une intermédiaire jaunâtre , et enfin la portion noire.

Quant à la structure du cerveau proprement dite , il n'ajoute rien aux travaux de ses prédécesseurs; il avance cette idée que s'il fallait déterminer le lieu particulier où aboutissent les sensations et d où partent les volitions , il n'y aurait pas d'inVhiisemblance à fixer le siège du sensortttm commune dans le fluide des ventricules. La raison cju'il donne en faveur de cette opinion , raison dont on a souvent abusé depuis , est qu'cHi a observé la lésion de chaijue partie solide sans trouble notable dans Tensemble des fonctions , et que par conséquent le siège du sensorium ne peut être dans une partie solide. Influencé par cette conjecture , il cherche a prouver que les racines des nerfs m troutent dans les ventricules.

Sœmmering est peut-être l'anatomiste qui a le phis insisté sur cette observation , que de tous les animaux , l'homme est oelui dont le cerveau est le plus volumineux comparativitnent bxlX nerfs et à la moelle épinière.

Telles sont les idées qui m'ont paru les plus remarquables dans les principaux écrits publiés sur l'anatomie du système nerveux

HECfrERChKS HllitOIllQrESl. 15

jusqu'aux travaux si célèbres des Reil , des Gall et des Spuneheim , qu'on peut , à juste titre , regarder comme les promoteurs de l'ardeur dont cette étude est, depuis eux, devenue l'objet.'

Suivant Reil , il existe dans le cerveau comme dans le cristallin des parties qu'on ne peut distinguer si elles ne sont coagulées; il faut donc, avant de faire l'anatomie du cerveau, le soumettre à l'action de substances propres à augmenter sa consistance. Le procédé employé de préférence par Reil est l'immersion prolongée dans ralcool. Quand on a obtenu l'effet qu'on attend de ce réactif, on transporte le cerveau dans une solution d'alcali pur ou carbonate. On peut simplement mêler cet alcali avec l'alcool. L'alcali noircit la matière grise, et rend ainsi les deux substances plus faciles à distinguer l'une de l'autre.

Ces avertissements donnés , Reil procède à la description des différentes pnrties de Téncéphale , en commençant par le cervelet ; il examine cet organe dans la série des animaux vertébrés, et démontre ce fait , qui tient une belle place dans les progrès dé l'anatomie du système nerveux, que dans sa forme élémentaire le cervelet cbhsisle seulement en une partie médiane , le ver ou éihinfence vermiforme, sur les côtés duquel sont ajoutés successivement, dans les degrés ascendants de l'échelle, des masses ou hémisphères qui , de plus en plus développés , ont acquis dans les animaux Supérieurs, surtout chez l'homme , un volume assez iconsidérable pour que la partie élémentaire, le processus verraiforme, ne semble plus que la commissure des masses latérales, leô hémisphères.

DaM chaque hémisphère du cervelet humain , Reil distingue un centré du noyau médullaire formé de la réunion de trois pédoncules oH faisceaux blancs. Le premier de ces faisceaux vient de la partife postérieure de la moelle épinière ; le deuxième , plus considérable que les deux autres appartenant exclusivement au cervelet, embrasse circulairement la moelle allongée, et forme la protubérance annulaire; le troisième se rend des tubercules quadrijumeauxau cervelet. Ces pédoncules, suivant Reil, composent dans l'intérieur de chaque hémisphère Un noyau m.édullaire

uni à celui du côté opposé à travers i'éminence vermiforme par un prolongement analogue au corps calleux.

Le noyau médullaire du cervelet renferme dans son centre le corps ciliaire; il est enveloppé à sa circonférence d'un plan lamineux articulé avec les parties médullaires ou fibreuses des lobes, des lobules et de leurs subdivisions. Lies lobes du cervelet» à chacun desquels Reil assigne un nom particulier, sont aussi constants dans leurs divisions principales que les pédoncules cérébelleux , que les origines des nerfs ; quant aux subdivisions, elles n'ont rien d'uniforme.

Ces lobes et lobules sont formés intérieurement de parties blanches médullaires ou fibreuses ; à l'extérieur, d'une substance grise qui enveloppe la blanche. Parmi les fil)res de celle-ci , les extérieures suivent parallèlement les replis de la substance grise et rendent sissez facile le déplissement des lobes et lobules en une masse continue, tandis que les fibres intérieures convergent vers le noyau médullaire avec lequel elles s'articulent.

Le cerveau , proprement dit , est formé , selon Reil , de la réunion de deux portions, l'une verticale, Tautre horizontale; la première composée de parties continues aux pyramides, la seconde du corps calleux et de la voûte.

La portion horizontale avec les circonvolutions des hémisphères et leur substance grise, semble à Reil constituer les éléments essentiels du cerveau , le reste lui paraît seulement destiné à établir des communications avec des parties éloignées.

La portion verticale, partant des pyramides antérieures de la moelle allongée, traverse la protubérance annulaire, gagne le pédoncule cérébral; deux autres faisceaux de la moelle allongée passent au-dessus de la protubérance annulaire , forment le plancher du quatrième ventricule, et se réunissent dans le pédoncule aux faisceaux pyramidaux.

Le pédoncule ainsi formé des pyramides antérieures et de deux autres faisceaux , gagne bientôt les couches optiques et les corps striés, s'épanouit dans ces masses pour former ce que Reil appelle le cône fibreux; les fibres de ce cône fibreux vont, dans

RECnERCHES UISTORIQliES. 17

toutes les directions , aux circonvolutions cérébrales. Telle est la portion verticale de Reil.

La portion horizontale est , ainsi qu*il a été dit , composée du corps calleux et de la voûte : ce qui se présente à découvert de ces parties est facile à observer; il n'en est pas de même de leurs prolongements dans la substance des hémisphères. Reil observe qa*à Tendroit où les fibres de cette portion horizontale rencontrent celles de la verticale, il existe un entrelacement inextricable; cependant il suit quelques fibres du corps calleux dans les circonvolutions antérieures, d'autres dans les postérieures : il pense d'ailleurs qu un certain nombre s'anastomose avec les fibres da cône fibreux

Rèil insiste fortement sur la structure fibreuse de la substance blanche ; quant à la grise , il remarque qu'on en rencontre partout où naissent des nerfs et il pense , en conséquence , que les nerfs naissent de la substance grise , et il indique les amas particuliers de cette substance où se trouvent , suivant lui , l'origine particulière de chaque paire.

n règne dans toutes les parties du beau travail de Reil une candeur qu'on ne saurait assez louer. Cet auteur avance avec assurance ce qu'il croit avoir bien vu ; il signale , avec empresse-^ ment, les points qu'il n'a pu éclaircir d'une manière satisfaisante, et invite à de nouvelles recherches pour les élucider.

Ses planches méritent aussi les plus grands éloges pour l'exac* litudedes proportions des parties, et la fidélité avec laquelle elles représentent les observations de leur auteur.

J'ai extrait les idées de Reil d'une traduction de son travail sur le cerveau que le professeur Mayo , de Londres , a donnée à ses compatriotes. M. Mayo s'est efforcé lui-même, dans plusieurs planches qui lui appartiennent, de rendi'e avec plus de àarté les idées de Reil , qu'il croit plus avancées que tout ce (p'on a dit depuis sur le même objet.

Quelque temps après la publication des recherches de Reil , Gûll et Spurzheim commencèrent à faire connaître leurs vues sur le système nerveux; un premier écrit imprimé en 1809 rendit

18 IlEfJIERCHES IIISTOAIQUES.

publiques leurs principales opinions sur la structure du système nerveux en général et du cerveau en particulier. Leur grand ouvrage publié dix ans plus tard fit connaître , dans toute son étendue , leur système anatomique.

Ces auteurs ayant jugé nécessaire à Tintelligence et à l'appui de leurs opinions sur l'axe nerveux de les faire précéder de oonsidérations sur le système du grand sympathique et sur les états primordiaux de Tencéphale dans Téchelle animale, je stiivimile même ordre dans l'analyse de*Ieur travail.

Embrassant d'un coup d'œil l'ensemble du règne animal, Gall et Spurzheim observent que les premiers appareils ne^ veux qu'on rencontre dans les animaux inférieurs consistent en amas particuliers de substance gélatineuse d'où naissent des filets nerveux qui se répandent dans toutes les parties du corps.

•« Ces systèmes nerveux des entrailles des animaux d'un ordre n inférieur sont le type des systèmes des mêmes parties ^t des » mêmes fonctions dans les animaux d'une organisation plus éle- >* vée ; et comme les fonctions des entrailles se continuent dans n les animaux supérieurs , nous devons retmuver dans leurs ai- ** trailles et dans leurs vaisseaux les systèmes nerveux des en* n trailles et des vaisseaux des animaux inférieurs.

** £n effet, ces systèmes sont les plexus nerveux du bas-vai« tt tre et de la poitrine et la série plus ou moins interrompue des n ganglions du nerf sympathique (Ij. »

Comme ces appareils nerveux existent chez certains animaux sans moelle épinière et sans cerveau , il ne faut pas , comme l'ont fait la plupart des anatomistes anciens , les considérer chez les animaux supérieurs copime prenant naissance de la moelle épinière et des ner& dits cérébraux , mais croire avec Winslow» Cuvier, Sœmmering, et surtout Bichat, que le grand sympathique est un système nerveux à part de la moelle épinière et du cerveau , et que les branches nerveuses établies de l'un à l'autre éb ces systèmes différents sont des moyens de connexion , de oom-

(0 GaU ei8|H]rtbeim, Reclierchet sur le systime nerTcax en (éii^ral et tnr celui da cenreau eu particulier. Paris, 1809.

RECHERCHES HIgTORIQUES* 19

munication , mais non d'origine. Ces auteurs admettent aussi avec Bichat que le grand sympathique n'est pas un seul nerf, mais qu'il existe en lui autant de systèmes particuliers, exerçant chacun des fondions différentes, qu'il y a d'origines différentes de nerfs , c'est-à-dire de ganglions.

Observant , en outre , que dans les classes inférieures des animaux on trouve deux substances du système* nerveux , la substance gélatineuse grisâtre et les filets nerveux; que dans les amas particuliers de la substance grisâtre on voit distinctement Tes filets nerveux prendre naissance , que cette substance forme des amas d'autant plus considérables , que les nerfs qui en sortent sont plus forts et plus nombreux , que toujours enfin elle se trouve où Ion voit naître des filets nerveux , ces auteurs concluent que les filets nerveux sont originairement produits dans cette substance et qu'ils en sont nourris : c'est pourquoi ils l'appellent la substance originaire , la substance matrice ou nourricière des nerfs.

Ces considérations établies, Gall et Spurzheim procèdent à l'étude de la moelle épinière ♦ ou , suivant eux , des systèmes nerveux de la colonne vertébrale.

Ils ne reconnaissent dans ces deux systèmes que les deux substances dont il vient d'être question , et insistent beaucoup sur la uature fibreuse de la blanche; et il n'est pas inutile peut-être de prévenir aujourd'hui qu'à l'époque où Gall et Spurzheim publiaient ces idées, l'anatomie du système nerveux était tombée assez bas pour que leurs assertions sur la nature fibreuse de la substance blanche pussent sembler une nouveauté au plus grand nombre des anatomistes.

La moelle épinière n'est pas, suivant Gall et Spurzheim, une prolongation .ou continuation de la substance du cerveau; elle existe indépendamment de cet organe , et résulte de la juxtaposition d'un certain nombre de ganglions.

Pour se faire une idée de cette structure , il faut la considérer dans sa forme élémentaire ; c'est dans les vers et les chenilles que nos auteurs dierdient cette forme. « Dans ces animaux, » dl'<

sent-ils , « on trouve autant d'origines particulières de nerfs ou w de ganglions que le corps de l'animal a d'anneaux ou de scgn ments différents , et de même autant d'amas de substance grise ft qui forment chacun un ganglion d'où sortent les nerfs destinés w aux différentes parties des segments. Tous ces nœuds ou gan- » glions sont comme les ganglions des viscères , unis entre eux » par des branches nerveuses. Il en résulte un coixlon nerveux n garni de nœuds qui s'étend d'une extrémité à l'autre.

I» Les systèmes nerveux de la moelle épinièredes poissons, des n amphibies et des oiseaux sont organisés d'après les lois que n nous venons d'exposer, il n'y a aucune différenca essentielle ; n seulement les ganglions sont ordinairement plus rapprochés, m de sorte qu'en les considérant rapidement ils semblent ne for- • mer partout qu'un cordon à peu près également gros , et ne se I» renfler en nœuds distincts que dans les endroits où naissent n des nerfs plus forts, par exemple les nerfs des extrémités.

» Mais lorsqu'on examine la chose avec plus d^attention , on n voit clairement que dans l'intervalle d'une paire de nerfs à une p autre, il y a toujours, alternativement, des rétrécissements et

n des renflements plus ou moins sensibles

n Ces renflements sont dus à des amas de substance grise plaît ces là pour donner naissance aux nerfs qui se détachent des

it renflements

n La nature a suivi exactement la même marche dans les sys- » tèmes nerveux de la colonne vertébrale des animaux mammin fbres et de l'homme, chez lesquels les renflements sont aussi m rangés très-près les uns des autres , et moins sensibles que chez n les insectes y mais cependant toujours visibles. *t

Gall et Spurzheim parlent ensuite des formes extérieures de la moelle , et enfin du canal gui , suivant eux , règne dans toute la longueur de chacune de ses moitiés.

Dans le système anatomique de Gall et de Spurzheim . l'idée que la moelle épinière est un assemblage de ganglions superposés plus forts aux endroits où naissent plus de nerfs, ou des ner£i plus volumineux y conduit à celle qui fait considérer le cerveau

HECmRCHES HISTORIQUES. 91

lui-même comme l'assemblage d'un grand nombre de ganglions ou d'organes distincts, ayant chacun en particulier leurs fonctions spéciales; il n'est don^ pas sans importance d'examiner en passant sur quoi repose cette idée fondamentale que la simple inspection de la moelle épinière n'eût jamais révélée, sans doute, à Tobservateur le plus attentif. Elle repose, comme le font remarquer soigneusement ces anutoraistes , sur l'analogie supposée de la moelle épinière des animaux vertébrés avec le système nerveux de la chenille et des vers. Il est bien certain que chez la chenille et les vers, le système nerveux résulte de l'assemblage d'un certain nombre de ganglions rassemblés par paires placées à quelque distance les unes des autres , et réunies par des filets de communication.

Mais ce système nerveux de la chenille peut-il être considéré comme l'appareil analogue à la moelle épinière des vertébrés, comme son élément le plus simplet

Si , cojnme le disent Gall et Spurzheim , les premiers appareils nerveux qu'on rencontre dans les animaux inférieurs sont les analogues des plexus nerveux du bas- ventre et de la poitrine , et de la série plus ou moins interrompue des ganglions du grand sympathique dans les animaux supérieurs ; que sera le système nerveux unique de la chenille ? ce sera l'analogue des plexus nerveux du bas-ventre et de la poitrine , et de la série plus ou moins interrompue du grand sympathique , et dès lors les ganglions distincts de la chenille, les nerfs qui en partent et qui joignent d'autres ganglions ne prouveront rien pour le système nerveux de la moelle épinière des animaux vertébrés , et il restera permis de ne voir de moelle épinière que chez les animaux qui offrent une colonne épinière. Mais , sans insister davantage sur la difficulté d'admettre leurs principes , je vais suivre ces auteurs daîis le reste de leur travail.

De la moelle épinière ils passent à l'étude des nerfs dits cérébraux, s'appliquent à prouver que cette dénomination n'est pas rigoureuse , en ce qu'il n'est pas démontré qu'ils naissent du cerveau.

%% RBCHBliCHBS niSTOKIQlJEg.

Hb cherchent à fixer l'origine de chaque paire de nerfs à l'endroit où ses premiers filets naissent , toujours , suivant eux , de la substance grise, et poursuivant leur i^ée sur la multiplicité des orgs^es nerveux et sur Torigine constante de la substance fibreuse , dans la matière grise, ils posent en principe que chaque nerf des sens a son origine distincte dans un amas particulier de substance grise.

Parvenus au cervelet et au cerveau , composés comme teus les autres systèmes nerveux de substance grise destinée à engendrer les fibres de la blanche , ils expliquent ainsi la formation de ces deux masses nerveuses.

Le cervelet ,' la première et la plus essentielle partie de la masse encéphalique, a sa première origine visible dans la substance grise placée dans l'intérieur du grand renflement supérieur de la moelle spinale.

Des deux côtés de ce renflement, un faisceau fibreux très-fort chez l'homme, et connu sous le nom de corps restiforme, procès- 9US cerebelli ad meduUam oblmigatam, forme cette racine; t% faisceau monte dans Tintéricur de chaque hémisphère du cervelet, y rencontre un amas de substance grise (le corps ciliaire ou rhomboïdal) avec lequel il forme un tissu assez ferme, de manière qu'il devient impossible de poursuivre la direction des filaments nerveux. La substance grise que contient ce corps est , de même que toute celle des autres systèmes nerveux , un appareil préparatoire destiné à renforcer les filaments nerveux qui y entrent, par de nouveaux filets qui s'y engendrent; en un mot, c'est le véritable ganglion du cervelet. En effet , plusieurs nouveaux faisceaux nerveux y prennent naissance et, continuant leur cours » s'y ramifient en branches , en divisions et en subdivisions multipliées. Les filets nerveux de toutes ces divisions et subdivisions sont recouverts de substance grise à leur extrémité périphérique.

La partie médiane du cervelet , formée par un des faisceaux principaux qui sortent du ganglion, est considérée par nos auteurs comme la partie essentielle, primitive, fondamentale du cervdel,

RCCHERCnCS HISTORIQUES. U

sur les côtés de laquelle s'ajoutent . dans les degrés ascendants de Téchelle animale , les hémisphères du cervelet.

Outre les filets nerveux divergents (ceux qui viennent de la moelle épinière et du ganglion rhomboïdal), Gall et Spurzheira voient encorç un autre ordre de fibres sortant de la substance grise de la surface et se portant vers le bord externe antérieur, où ils fonnent une couche fibreuse large , épaisse , appelée pont de Varole, protubérance annulaire, et qui n'est autre chose que la réunion des filaments nerveux , rentrants ou convergents ; en un mot , la commissure du cervelet.

Quant au cerveau proprement dit , ils établissent que cet organe consiste en plusieurs divisions dont les fonctions sont totalement différentes; plusieurs faisceaux primitifs concourent, par leur développement , à le former. « Tous ces faisceaux sont cora-

■ posés graduellement de fibres produites dans la substance grise

■ du grand renflement. On doit donc les considérer comme les » premiers rudiments ou du moins le commencement visible du • cerveau. Ces faisceaux sont les pyramides antérieures et pos- » térieures, les faisceaux qui sortent immédiatement deâ corps » olivaires , les faisceaux nerveux longitudinaux qui aident à >• former en partie la quatrième cavité ventriculaire , et encore » quelques autres qui sont cachés dans Tintérieur du grand ren- » flement. »

Parmi ces faisceaux , les pyramides s'entre-croisent à leur origine, les autres ne s'entre-croisent pas. Ces divers faisceaux renforcés dans la protubérance annulaire, que ces anatomistes regardent comme un ganglion , renforcés dans le pédoncule cérébral , le sont encore dans la couche opticiue et le corps strié , derniers appareils de renforcement, d'où tous les faisceaux, divergeant en manière de flammes, s'épanouissent en couches et forment les droonvolutions. Les circonvolutions ne sont donc que le perfectionnement de tous les appareils précédents.

Outre les faisceaux divergents épanouis dans les circonvolutions, Gall etSpurzheim font naître dans la sul)stance grise qui les enveloppe de nouveaux filets nerveux (appareils de réunion ,

S4 IIFXnERCIIES IIISTORIQITES.

commissures, masses rentrantes ou convergente^) qui s'entrecroisent avec les précédents, viennent, de chaque côté, se réunir sur la ligne médiane pour former le corps calleux , la voûte , les commissures antérieure et postérieure, et laissent entre eux et les précédents, après leur entre-aoisement , des cavités appelées ventricules.

Après avoir ainsi conçu la formation générale du cerveau, ces auteurs s'appliquent à faire entendre la structure des circonvolutions; chaque circonvolution, suivant eux, est composée ! l*des fibres nerveuses très-fines rentrantes ou convergentes , 2^ des fibres des faisceaux divergents , 3** de l'enveloppe extérieure de substance grise.

Voici d'ailleurs comment ils expliquent leur formation.

** Dès que les faisceaux nerveux sortants et divergents se sont »» entre-croisés au bord externe des grandes cavités avec les filets n rentrants, en y formant le tissu dont nous avons parlé, ils* n s'écartent toujours davantage les uns des autres, se prolongent » et forment , comme tous les autres systèmes nerveux , une n expansion fibreuse. Les fibres de chaqife faisceau n*ont pas •• toutes la même longueur; un grand nombre, et surtout celles n qui sont situées du même côté , se terminent immédiatement f» au delà dés parois extérieures des cavités ; les autres continuent » à se prolonger, mais à dea distances inégales, les unes à côté I» des autres : celles qui sont situées en dedans s'étendent le plus n loin. C'est ainsi que se forment à l'extérieur les prolongements " de chaque faisceau et de deux en deux faisceaux des intervalles, . f* enfoncements ou sinuosités.

"Toutes ces fibres sont recouvertes à leur extrémité périphérique •• de substance grise qui doit affecter la forme de l'expansion ner- » veuse périphérique. Lorsque Ion coupe perpendiculairement et » en travers un de ces prolongements , on voit que la substance f» blanche fibreuse est plus large à la base des circonvolutions, et » devient toujours plus étroite en allant vers la partie supérieure. •• Cela vient de ce que les fibres neigeuses de chaque côté se per*

BE€HEIICBES HISTORIQUESi 25

• (lent dans la substance grise, tandis que celles du milieu se •• prolongent seules jusqu'à rextrémilé.

•• Les fibres de chaque prolongement ou de chaque cii convoi u- •• tien forment deux couches particulières qui se touchent dans » la ligne médiane, et sont légèrement agglutinées Tune contre

• Tautre par le moyen d'un névrilème muqueux ou d'un tissu

• cellulaire très-fin. •

Par conséquent , chaque circonvolution ou prolongement consiste en deux couches fibreuses recouvertes entièrement d'une épaisseur presque égale de substance grise. Les deux couches fibreuses formées par les faisceaux ascendants et divergents sont accompagnées aussi par les fibres qui sortent de la substance grise.

C'est sur cet arrangement qu'est fondée la possibilité de séparer l'une de l'autre les deux couches de fibres sans les endommager, et d'étendre en une surface ou de déployer chaque circonvolution ou duplicature.

A ces considérations Gall et Spurzheim ajoutent leurs remarques sur le déploiement des circonvolutions dans les cas d'hydrocéphale, et ils pensent que ce n'est qu'avec leurs idées qu'on peut sninement expliquer ce phénomène.

Je n'insisterai pas davantage sur l'exposition de leur doctrine anatoniique ; je ferai remarquer seulement que, dans tout ce qu'ils ont écrit sur la structure du cerveau , on voit dominer cette idée , que, pour acquérir des connaissances précises sur l'anatomie du système nerveux et du cerveau , il faut s'élever peu à peu des animaux les plus simples jusqu'aux plus composés ; contempler les gradations de structure de ce noble système, depuis les rudiments de son existence chez l'embrycm humain, jusqu'à son plus grand perfectionnement chez l'homme adulte. Mais cette l>elle marche, ils ont eu l'honneur d'en sentir et d'en indiquer les avantages : ce n'était pas à eux qu'il était ix^servé de la suivre dans toute son étendue.

A ces anatomistes appartient, sans doute, le mérite d'avoir appelé puissamment l'attention de leurs contemporains vers

f d RGCHBR€HES HISTORIQUIIS.

Tétude du système le plus important de l'économie. Ce n'est pas seulement par leurs écrits qu'ils ont propagé cette ardeur générale; i's ont été, en personne, dans la plupart des contrées éclairées de l'Europe, enseigner l'anatomie du cerveau : TAIlemagne, la France et l'Angleterre les ont vus successivement accomplir leur mission scientifique ; et l'un d'eux était réservé à mourir en Amérique , où l'avait conduit son zèle toujours ardent pour la propagation de ses doctrines.

Il y aurait de l'aveuglement , de l'ingratitude, à contester les services qu'ils ont rendus; mais, s'il est permis de faire la part de la critique après celle des éloges, on peut leur adresser le re> proche de s'être approprié les idées d'an grand nombre de savants des siècles passés, sans rendre à leurs auteurs un juste hommage de reconnaissance. Et , pour ne parler que d'un seul de ces hommes sacrifiés dont les vues générales sur l'organisation du système nerveux se rapprochent tant de celles de Gall , dont les idées sur les deux substances semblent le texte même qu'ont traduit les auteurs allemands; Malpighi, dont ils ont reproduit toutes les plus heureuses idées , n'obtient d'eux que cette mention si fautive : Malpighi n'a vu dans le cerveau qu'un amas informe d'intestins.

Malgré ces torts, l'influence des publications et des cours de Gall et Spurzheima puissamment contribué aux progrès de l'anatomie du système nerveux ; et , quel que doive être le sort de beaucoup de leurs opinions, il n'en reste pas moins vrai qu'on doit rapporter aux principes féconds qu'ils proclamèrent, à l'immense intérêt qu'ils surent inspirer pour l'étude à laquelle fut dévouée leur vie tout entière, l'ardeur des modernes pour la science du système le plus élevé de l'organisme.

Nous allons voir, par suite de cette ardeur universelle , les conceptions générales grandir et se perfectionner, les travaux spéciaux d'anatomie acquérir plus de rigueur, la physiologie réaliser des conquêtes rêvées depuis l'antiquité mais sans aucun succès jusqu'à nos jours; la pathologie, enfin, entrer dans une voie nouvelle, et déterminer le siège et l'étiologie véritable de mala-

hecvbhohes historiques. 17

dies assez nombreuses dont la symptomatologie seule était connue , dont la thérapeutique ne pouvait être jusque-là qu'aveugle et timide, empirique ou nulle.

Parmi les conceptions générales sur le système nerveux postérieures aux travaux de Gall, la plus complote et la plus remarquable est certainement celle de M. de Blainville.

Ce savant , qui par son génie et sa loyauté fait tant d'honneur à la France, loin de croire utile à sa gloire de comimencér, comme tant d'autres, par des attaques passionnées contre Gall , se plaît à proclamer qu'il s'est inspiré des travaux de ce puissant génie.

C'est après avoir fait connaître ses idées dans ses cours , dès l'année 1814, que M. de Blainville en a publié , en 1821, un résumé tellement concis, qu'il est impossible de l'analyser sans l'affaiblir; aussi doit-on recourir à l'orignal pour en mesurer toute la valeur, et ne considérer l'extrait suivant que comme un fragment essentiel dans l'ordre de nos études.

Suivant M. de Blainville, le système nerveux, auquel on peut donner le nom de système animal , de système excitant , doit être considéré comme subdivisé en autant de grandes parties qu'il y a de grandes fonctions dans l'animal , en sorte qu'il peut être défini : un plus ou moinsi grand nombre damas ou de centres de substance nerveuse plus ou moins pulpeux , pour lesquels on peut généraliser le nom de ganglions , de chacun desquels partent deux ordres de filaments de longueur, grosseur et structure différentes, les uns excentriques ou centrifuges ou sortants, allant se perdre dans l'organe qu'ils doivent animer, ce qui forme la vie paiticulière; les autres centripètes ou rentrants, en se joignant à de semblables filets provenant d'autres ganglions ou en se terminant à une masse centrale , établissent la vie générale, les sympathies et les rapports.

Passant ensuite à la structure du système nerveux, M. de Blainville l'examine successivement d une manière générale dans les ganglions et dans les nerfs. Puis , il signale plusieurs parties de plus en plus distinctes dans les animaux supérieurs.

La première, à laquelle il donne le nom de partie centrale,

est ce que Ton désigne sous le nom d'encéphale, de cerveau, de moelle épinière.

La deuxième, qu'il nomme ganglion'aire, peut être. subdivisée en deux sections suivant que les ganglions appartiennent aux organes des sens spéciaux ou à Torgane sensitif général et à la locomotion.

La troisième partie du système nerveux appartient à Tcnveloppe rentrée pour former le c^nal digestif. On peut la nommer viscérale.

La quatrième , enfin , résulte des moyens de communication établis entre la partie viscérale et les précédentes ; on lui donne ordinairement le nom de grand sympathique.

Les deux parties les plus fixes du système nerveux , considéré dune manière générale, semblent, à M. de Blainville, la viscérale et la ganglionaire ; dont les deux autres ne sont pour ainsi dire qu'un développement , qu'une extension , la sympathique de la viscérale et la centrale de la ganglionaire.

La partie centrale est toujours formée de deux parties latérales similaires, réunies par des commissures.

La partie centrale du système nerveux , formée de ses deux parties rigoureusement similaires , est composée de deux substances : l'une giise, l'autre blanche.

Le mode d'union et de rapprochement de ces deux parties similaires donne lieu à des considérations plus ou moins importantes. Celles (jui le sont davantage se tirent des commissures,

La principale est évidemment, pour M. de Blainville, celle qu'il nomme de continuité , c'est c^ll.e qui réunit les deux substances grises fondamenlales qui , ainsi , peuvent être considérées comme n'en formant qu'une. En effet, elle existe dans presque toute la longueur du système central; elle est évidemment formée par la substance grise elle-même qui se continue d'un côté à l'autre : on la voit très-bien dans toute l'étendue de la moelle épinière, elle n'est pas moins évidente au pont de Varole; c'est elle qui réunit les deux couches optiques , et la plus

grande partie de la substance grise qui ferme le quatrième ventricule lui appartient.

Les autres commissures de la partie centrale sont toujours superficielles et appartiennent à la substance blanche; aussi, peutêtre, n'est-ce pour ainsi dire qu'une sorte d'entre-croisement. Il paraît qu'elles n existent pas dans toute la longueur des cordons , et que leur étendue est proportionnelle à leur écartement. L'une est supérieure, postérieure ou mieux dorsale; elle occupe ce qu'on appelle le sillon longitudinal supérieur de la moelle, et c'est elle qui forme ce qu'on doit nommer le ventrwiile médian prolongé; elle cesse à l'endroit du cervelet ou à la pointe de la plume à écrire : la valvule de Yieussens lui appartient. Il en est peut-être de même de la couche transverse sur laquelle s'appuient les tubercules quadrijumeaux; il se pourrait même faire que l'on, mit dans la même catégorie la commissure postérieure , le corps calleux et la commissure antérieure.

Quant à la commissure antérieure, inférieure ou ventrale, elle est beaucoup moins étendue. En effet, elle ne commence réellement que vers les pyramides ; et encore ai-je trouvé bien peu d'animaux où elle soit évidente. Peut être aussi faut-il mettre dans cette catégorie le pont de Varole.

Tels sont les éléments nécessaires pour bien entendre la disposition des deux portions du système tierveux central dans les vertèbres et dans la tète.

Dans les vertèbres, le sillon médian inférieur existe dans toute la longueur; il est très-profond et va jusqu'à la face inférieure de la commissure de continuité : c'est par lui que pénètre le système vasculaire qui forme une sorte de mésentère. A droite et à gauche de ce sillon est un faisceau de fibres blanches longitudinales qui , par sa saillie , produit en dehors une trace de sillon dans lequel se voit la série des filets de communication avec les ganglions vertébraux.

Le sillon médian supérieur n'est aussi qu'un sillon fort peu profond; il existe dans toute l'étendue de la moelle, jusqu'à la pointe dtt bec de plume ; en cherchant à l'augmenter on rompt

30 recheuchbs historiques.

la coramfssurc blanche supérieure et l'on arrive dans un véritable canal qui se trouve formé par cette commissure, les faisceaux de la moelle et la face supérieure de la commissure grise; c'est, comme il vient d'être dit, la continuation de ce qu'on nomme troisième et quatrième ventricule, A droite et à gauche du sillon postérieur superficiel existe , comme inférieurement, un faisceau de fibres blanches longitudinales, dont la saillie produit en dehors un faux sillon pour la série des filets supérieurs de communication avec les ganglions; et , comme ces faux sillons dtipérieun et inférieurs correspondent exactement à la partie la plus sortie de la substance grise , il en résulte que l'on peut quelquefois partager la moelle épinière en six cordons, trois de chaque côté.

Vers les vertèbres céphaliques , les deux moitiés de la partie centrale commencent par se séparer, d'abord seulement à la face donwle, et elles se déjettent de plus en plus à droite et à^uche, d'où résultent la plume à écrire et le quatrième ventricule qui s'élargit à mesure qu'on se porte en avant ; mais bientôt l'écartement a également lieu à la partie inférieure , et il en résuite les pédoncules du cerveau , dont la plus grande partie va ou vient des hémisphères, tandis que le reste se continue pour former le lobe olfactif. Mais , par cette disposition de la substance blanche qui a passé presque tout entière en dessous, il s'en est suivi que la substance grise a été mise presque entièrement à découvert en-dessus, et c'est ce qui a produit la disposition particulière des couches optiques des tubercules géniculés externes et internes , et même de la substance grise qui bouche le troisième ventricule, dont les éminences mamillaires ne sont qu'un développement.

Si l'on retrouve dans la partie centrale céphalique la mèroe disposition de la substance grise que dans le canal vertébral , on y voit aussi les faisceaux longitudinaux : l'inférieur, continué dans ce qu'on nomme pyramide, passe sur le pont de Varole, reste long-temps distinct du pédoncule et va se terminer dans le lobe antérieur du cerveau ou dans le lobe olfactif; le supérieur superficiel se continue sous le nom de prolongement des tubercules, se joint au cei*velet et va au côté externe des corps gémeulés in-

ternes se perdre aussi dans l'hémisphère. Quant au faisceau profond , on peut le suivre jusque dans le corps mamillaire où il commence par passer dans les couches optiques; il faut aussi r^arder comme lui appartenant , les faisceaux qu'on nomme les rênes de la glande pinéale et qui s'épanouissent sur les couches optiques : ils viennent , en effet , se réunir en avant au pilier an^ térieur de la voûte qui est également né dans le corps mamillaire, et que nous verrons former une commissure longitudinale du gan* glion des facultés intellectuelles.

Tous ces faisceaux blancs sont pour nous des commissures longitudinales.

Du système nervevx ganglionaîre .

Nous avons dit plus haut ce que nous entendons par là ; nous avons également dit quelque chose de la division que nous établissons dans cette partie du système nerveux , suivant que les ganglions sont avec ou sans appareil extérieur.

On arrive mieux à concevoir ce que nous entendons par là en se rappelant ce que nous disons des appareils des sens. Dans chacun deux , le système nerveux qui l'anime est avec lappareil dans un rapport inverse : c'est-à-dire que le premier devient de plus en plus prédominant sur le second, à mesure que la propriété des corps par laquelle il doit nous les faire apercevoir est pour ainsi dire de moins en moins corporelle ; en sorte que lors* que le système nerveux doit nous faire apeixsevoir des sensations de rapports ou qui ne sont plus immédiates , alors il n'y a plus eu d'appareil extérieur et le système nerveux est resté seul mais avec un développement considérable.

Telle est la raison physiologique de notre division des gan« glions.

Dans la section des ganglions sans appareil extérieur se rangent et s'étudient successivement les masses olfactives, les hémisphères proprement dits, les tubercules quadrijumeaux et le cervelet.

Les masses olfactives sont ce qu'on nomme ordinairement nerfs

32 RECHERCHES HlSTORlQtE8.

olfactifs, fort à tort ; ce sont de véritables lobes cérébraux plus ou moins séparés des véritables hémisphères : ils sont composés de substance grise de périphérie et de substance blanche qui tapisse quelquefois un prolongement dt»» ventricules; je regarde le faisceau de fibres blanches venant des pédoncules et passant sous les corps striés, comme la terminaison du faisceau longitudinal inférieur dans ces lobes, ou mieux, leur moyen de cominanication avec la partie centrale. Je pense que la commissure antérieure leur appartient presque en totalité, et qu'elle est leur commissure transverse.

Le second ganglion , sans appareil extérieur, est situé à h partie supérieure de la partie centrale ; il est quelquefois presque confondu avec le précédent : ce sontJe^ hémisphères proprement dits; en les considérant sous le rapport de la structure , on voit qu'ils sont formés d'une couche de substance grise de périphérie doublée par la substance blanche, et formant, pour ainsi dire, une sorte de vésicule dont l'intérieur serait rempli par des fibres blanches plus oti moins évidentes. Une partie de ces fibres , en se portant transversalement et au-dessus de la partie centrale d'un ganglion à l'autre, forme leur commissure transverse ou le carps calleux; et l'autre partie, située en dessous et dirigée d'avant en arrière, fait une des commissures longitudinales sous le nom de pédoncule du cerveau. L'autre commissure longitudinale ou la supérieure est produite par ce qu'on nomme la voàie à froti piliers, (jui est réellement formée par deux faisceaux bien symétriques : ils naissent en avant et au-dessous de l'extrémité antérieure du lobe moyen , se portent sous le corps calleux en se rapprochant l'un de l'autre ; enfin ils se terminent dans la substance grise centrale, relevée en mamelon sous le noméà pilier antérieur de la voûte.

A l'endroit où les fibres de la commissure transverse et celles de la commissure longitudinale inférieure se séparent en sortant du ganglion , il y a une sorte d'entre croisement en X qui forme un raphé assez étendu.

Ce ganglion pouvant être considéré comme une sorte de mem-

RËCHEttCUËS IIISTOBIQLES. 33

brane, on conçoit comment, pouvant avoir une étendue plus ou moins considérable et souvent beaucoup plus grande que la ca« vite cérébrale , elle a dû se plisser d'une manière plus ou moin3 régulière et former ce qu'on nomme des circonvohiUons, Leur nombre, leur profondeur, leur régularité symétrique d*aataiit plus grande qu'on s'éloigne davantage de l'homme , conduisent à des considérations importantes. La fixité de leur origine ou de la manière dont elles naissent les unes des autres et apparaissent pourra conduire à les désigner sous des dénominations particulières ; je regarde comme appartenant à ces circonvolutions le corps strié dans lequel les fibres blanches du pédoncule naissent, dans ma manière de voir, mais où il n'en nait certainement pas pour aller aux hémisphères : le sepium lucidum qui n'est qu'un diveriicvlum de ce corps strié ou mieux de la circonvolu* tion interne et antérieure du lobe antérieur, se prolongeant plus ou moins de chaque côté de l'espèce de cloison formée par le rapprochement des deux faisceaux de la voûte ; les pieds d*Hippocampe et Yei'got de coq ne sont encore que des saillies de cir« oonvolutions.

Quoique je conçoive ainsi le ganglion des sensations de rapports, je ne crois pas qu'il soit réellement possible de le déplisser sans rupture ; parce que les fibres de commissure longitudinale sont pour ainsi dire taillées de différentes longueurs, et que celles qui vont à des points de la périphérie rentrés en circonvolutions ne peuvent s'étendre pour égaler celles qui vont à des points de la périphérie restés à leur place.

Les tubercules quadrijumeaux sont aussi , suivant moi , des ganglions sans appareil extérieur et non pas ceux de la vision. D'abord je n'ai jamais pu en voir sortir les nerfs optiques, et Iq développement de ceux-ci n'est pas en rapport avec celui de ces ganglions. Aucun des arguments apportés dans ces derniers temps pour les faire considérer comme ganglions de la vision ne me parait concluant; et bien mieux, je soutiendrais plus aisément lopinion ancienne qui faisait sortir les nerfs optiques des couches de ce nom.

84 REcncRcnÊs ifi^oniQUEs.

Cèft tubercules sont encore situés au-dessus de là partie centrale; ils sont bien pairs . bien symétriques. Etudiés dans leur forme , on voit qu'ils sont un peu creux en dessous, comme les hémisphères le sont eux-mêmes , d où il résulte même ce qu'on nomme leUr ventricule. Ils ont évidemment une commissure tran»verse qui est même asse2 épaisse , un faisceau d origine de la Jmrtie centrale, et enfin des faisceaux de commissure longituditlële antérieure et postérieure.

Le dernier ganglion que je range dans cette section est le ce^ velet , qui est encore situé au-dessus de la partie centrale , toujours en arrière des tubercules quadrijumeaux. On y a distingué, avec juste raison , la partie médiane ou fondamentale des parties latérales. Le faisceau d origine, connu sous le nom de pédoncvh du cervelet, n'est qu'une sorte de diverticulum de la partie centrale , et le corps, dentelé appartient à sa substance grise dont il n'est que la continuité; il faut regarder comme commissure tran»verse le pont dô Varole, et comme commissure longitudinale les faisceaux qu'on nomme prolongement vers la moelle ou prolongement vers les tubercules quadrijumeaux , en faisant Tobser^ vation qu'une partie de ce dernier faisceau passe au delà , se détourne en dehors des corps genouillés extérieurs, pour se confondre avec le faisceau sortant du ganglion des sensations médiates.

Je nomme ^on^/f on* avec appareil extérieur, ceux desquels il part des nerfs ou filets sortants qui vont se rendre dans un organe des sens plus ou moins spécialisé. 11^ sont plus ou moins immé-* diatement appliqués contre la partie centrale et toujours en rap* port, par ce qu'on. nomme leurs filets d'origine, avec sa substance grise. Ils offrent encore cette différence avec ceux sans appareil extérieur, qu'ils sont toujours sans commissure transverse.

Ils peuvent être phis ou moins renfermés dans la cavité form^ par la série des vertèbres , et ils sont en aussi grand nombre qu'il y a de ces vertèbres complètes ; enfin ils sont proportionnels au développement des appendices qui s'y ajoutent , etc. , ou de la modification de l'enveloppe extérieure à laquelle les filets se rendent.

EECBEECHES HISTORIQUES. 35

Je les étudie en marchant d avant en arrière , et en faisant Dbserver que leur direction est d'arrière en avant pour les ganglions céphaliques et même pour une partie de ceux du cou , et qu'au contraire elle est d avant en arrière pour tous les autres , de manière à former, pour ainsi dire , deux queues de cheval.

Le premier ganglion est Tolfactif , il appartient à la première vertèbre céphalique ; il est, quoique distinct, immédiatement appliqué contre la masse olfactive elle-même. Tous les filets qui en naissent vont immédiatement à la membrane pituitaire : quant aux deux ou trois gros filets que M. Jacobson pense se distribuer à lorgane auquel on donne son nom , nous verrons plus loin que ce sont des filets du grand sympathique.

Le ganglion de la seconde vertèbre céphalique ou sphénoïdale antérieure est celui de la vision ; ici nous commençons à apercevoir deux origines aux nerfs qui appartiennent à cette vertèbre , Tune supérieure et l'autre inférieure : nous la retrouverons dans le reste du système ganglionaire ; nous trouverons aussi que tout le système nerveux de cette vertèbre ne se perd pas en entier dans l'organe spécialisé de sensation , mais qu'une partie va aux muscles de cet organe et même jusqu'à la peau environnante.

Les filets d'origine supérieure sont le nerf optique lui-même, dont le ganglion particulier me paraît être formé par les tubercules géniculés plus que par tout autre ; et le nerf pathétique ou la quatrième paire : ceux d'origine inférieure sont le nerf moteur oculaire commun et le moteur oculaire externe , qui naissent au côté externe du faisceau longitudinal inférieur de la moelle.

Je considère comme* formant la troisième paire de nerfs cérébraux ceux qui sortent par la troisième vertèbre ou sphénoïdale postérieure; elle a aussi une double origine. L'inférieure est la cinquième paire des anatomistes de l'homme , dont le ganglion me semble être le corps olivaire ; et la supérieure est le nerf auditif : portion dure et portion molle, ayant quelquefois aussi une sorte de petit renflement qui appartient au corps olivaire ; ce qui est connu sous le nom de ruban yris. Je ne suivrai pas , comme on le peosc bien , ici la distribution de cette paire de nerfs , mais

je ferai observer qu'une partie passe à la vertèbre antécédente sous le nom d^ophfhalmique, et qu'il s'établit en dehors des anastomoses assez nombreuses entre ses dernières divisions principales; enfin que Tune d'elles appartient à l'organe de l'audition, comme, dans la paire antécédente, une partie s'était entièrement distribuée à Torgane de la vision.

La quatrième paire de nerfs cérébraux a évidemment beaucoup plus de ressemblance avec les nerfs vertébraux proprement dits; aussi naît-elle bien évidemment de la moelle épinière elle-même; elle appartient à la quatrième vertèbre cérébrale , à l'occipitale. Son origine supérieure est formée par la série de filets qui composent le pneumo-gastrique ou la huitième paire , en y comprenant le glosso-pharyngien ; et l'inférieure Test par ce qu'on nomme le nerf hypoglosse^ et même par l'accessoire de Willis. Je regarde comme le ganglion de cette paire de nerfs ce qu'on nomme ganglion cei^ical supérieur, qui, suivant moi , n'appartient pas au grand sympathique véritable , et qui est l'analogue d'un ganglion intervertébral.

Cette paire de nerfs appartient évidemment , et presque en entier, à l'enveloppe extérieure rentrée et modifiée pour former la première partie de l'appareil digestif et Tappareil respiratoire; aussi , sous le rapport de sa structure, est-elle, pour ainsi dire, intermédiaire aux nerfs de la vie animale et à ceux de la vie organique.

C'est à la correspondance de la communication de ces deux dernières paires de nerfs avec la partie centrale qu'est dû ce qu'on nomme le bulbe supérieur de la moelle épinière, comme le renflement de cette moelle vers les nerfs des membres antérieurs et des postérieurs correspond au développement de ceux-ci.

Tous les autres ganglions de cette partie du système nerveux sont connus sous le nom Ae ganglions vertébraux; ils sont tous situés plus ou moins profondément dans l'intervalle des vertèbres qu'on nomme trous de cory'ugaisons : plus ou moins développés suivant la partie centrale avec laquelle ils sont en rapport , ils

EECnsnEECRCS HISTORIQUES. 37

offrent cela de remarquable, qu'ifs ont toujours deux ordres de filets de communicalion avec cette partie centrale , des supérieurs ou postérieurs qui se perdent d'une manière manifeste dans le ganglion , et des antérieurs qui semblent avoir avec lui une connexion moins intime. Ces filets de communication sont d'autant plus longs que le ganglion intervertébral est plus éloigné de la partie centrale ; c'est là ce qui forme la queue de cheval : leur communication avec sa substance grise , dans la ligne où elle est plus rapprochée de la circonférence, au côté externe des faisceaux blancs superficiels , produit l'espèce de sillons latéraux de cette moelle dont nous avons parlé.

Chacun de ces ganglions fournit d'abord en avant et en arrière les filets de communication avec les ganglions aTitérieur et postérieur , puis , de sa pointe , le filet de communication avec le grand sympathique ; et enfin le plus gros cordon nerveux qui en sort se subdivise en deux parties, l'une postérieure, qui va aux muscles vertébraux , et l'autre antérieure : le faisceau antérieur communique constamment avec la paire suivante par un filet plus ou moins gros qu'il lui envoie , puis se subdivise lui-même en deux parties, dont l'une appartient au bord antérieur et l'autre au bord postérieur de chaque articulation du corps , ce qui produit les intercostaux quand il y a des côtes. Ordinairement chaque faisceau antérieur se distribue à une articulation distincte ; mais , quand il y a des appendices complexes ou des membres , les faisceaux antérieurs de plusieurs paires se réunissent , s'a* nastomosent et produisent ainsi ce qu'on nomme plexus cervicaux ou 9€Lcrès superficiels et profonds , d'où sortent ensuite les diffé* rents nerfs des membres. Nous n'en suivrons pas la distribution à leurs différentes parties ; mais nous ferons remarquer qu'elle est d'une fixité tout-à-fait singulière.

M. de Blainville passe ensuite aux autres parties du système nerveux. Je ne puis mieux Wre que de renvoyer à son mémoire qu'il faudrait transcrire en entier, si Ton voulait ne rien perdre de ce qu'il contient d^important. J'ai cru devoir, après avoir reproduit ses divisions générales , me borner à présenter les con-

9(t %Ec«Bi^pHE« HisT^momp.

iâdéi^tions refotivea nu sujet de mon propre ouvrage ; j'ai doue transcrit ce qu'il a dit du système nerve^ux cérébro-spinal , la simple analyse d'un travail aussi serr^ m'ayant paru presque impossible.

Toutes le^ parties du système nerveux trouvent place dans ce tableau si plein de M. de Blain ville ; les caractères distinetib de chacune d'elles sont signalés en même temps qu'on découvre loi connexions nfiultipliées et d'ordres divers à Taide desquelles tant de fragments ne font pourtant qu'un tout. Mais les rôles ne aapt pas les mêmes pour chacui^e des fractions qui concourent & oon* stituer cet ensemble , Tordre de leur subordination est signalé et prépare a comprendre la dégradation sériale.

Cette dégradation sériale ou , si Ion vçut procéder en sens inverse, la complication successive du système nerveux ne devait toutefois pas être étudiée seulement dans les animaux ; il foUait aussi la chercher dans l'homme lui-même, en Tobservant depuis SjBS premiers rudiments dans l'embryon jusqu'à l'entier dévek^* pement de l'adulte*

Déjà Goethe et le professeur Oken avaient senti l'unité du plai^ do la création et s'étaient efforcés de prouver que l'homme, étudié depuis le moipent de sa formation jusqu'à son développer ment parfait, parcourt successivement les divers degrés de oom'' position qu op observe dans la série des animaux. Si ces rapports admirables étaient réels pour les êtres considérés dans leur en** semble, on pouvait espérer de démontrer les mêmes analogies ei)trele système nerveux des diverses classes d'animaux et les degrés successifs de complication du système nerveux de rbonuoe. )l était réservé à Tiedeman de travailler à fournir la preuve de ces merveilleuses concordances.

Suivant Tiedeman , il n'y a que deux routes qui puissent OOB^ 4uire à la connaissance de la structure du cerveau , l'anatomie coinparée, l'anatomie du fœtus; ces deux routes , il les suit et, rapprochant les faits qu'il reiKïontre sur chacune d'elles , il en déduit la confirmation d'une des lois les plus belles' qu'aient réyélées les f^un^tes des Sf^va^^, savoir : que la systèuie nerveiix

RECHERCnES lUSTOaiQUES. 8V

de l'homme passe par plusieurs degrés de complication successifs avant d atteindre son développement parfait, et que chacun de ces degrés rappelle Tétat permanent du même système dans les différentes classes de la série animale.

Cette découverte généralisée établit que le système nerveux de tous les animaux vertébrés est à peu près le même dans ses rudiments; mais, en se développant, il s*arrête dans les classes inférieures à des degrés qu'il franchit dans les classes plus éle*^ vées. Les poissons et les reptiles fournissent les exemples de li^ composition la plus simple ; les oiseaux , les mammifères s*âèvent successivement au-dessus d eux , et enfin l'homme couronne œ majestueux édifice. Son système nerveux, semblable aux plus simples dans son principe , parcourt successivement les de-* grés divers de composition de chacune des grandes classes de U série animale , et ne s'arrête qu'après les avoir surpassées.

Telle est la conséquence principale , la déduction la plus graot diose des travaux de Tiedeman; mais ce n'est pas la seule sur laquelle nous devions nous arrêter, toutes les parties de son oeu-v vre sont importantes. Il i^ra facile de le voir en traçant l'histoire du développement du système nerveux cérébro-spinal , à chaque instant il faudra citer Tiedeman.

Plusieurs années {^près la publication du beau travail de ce professeur M, Serres fit paraître à son tour un traité de Tanatomie comparée du cerveau , dans lequel on retrouve toutes les idées fondamentales contenues dans l'œuvre de Tiedeman, M. Serres , par cette publication , n'a pas seulement rendu le service de populariser en France des découvertes dans lesquelles l'Allemagne nous avait précédés, il y a joint beaucoup d'observations et d'opinions qui lui sont propres et sur lesquelles nous au** rons occasion de revenir eu parlant du développement des organes.

Au nombre des progrès les plus remarquables faits par les modernes dans la science du système nerveux , il faut signaler oeux qui ont conduit à la connaissance des fonctions propres aux divers ordres de racines nerveuses qui naissent de la moelle épinière.

40 RKCHEnCTlRS niSTOniQLES.

La première formule bien nette , relativement aux propriéti^ distinctes de ces racines , est due à un anatomiste d'Edimbourg, Alexander Walker.

Dès Tannée 1809, ce savant, auquel doit remonter comme i sa source la théorie dominante aujourd'hui *sur cette grande question , déduisit formellement de ses études anatomiques la conclusion que les racines postérieures servaient au mouvement et les antérieures au sentiment. Une semblable proposition ne pouvait passer inaperçue.

Un compatriote de Walker, Charles Bell , entreprit, bientôt après, l'étude des divers faisceaux de la moelle épiniëre et des racines nerveuses qui s'y insèrent; il distingua trois faisceaux dans la moelle, un antérieur et un postérieur qui régnent i un et l'antre dans toute l'étendue du cordon rachidien , et de plus un troisième faisceau, latéral, intermédiaire aux précédents, mais n'existant suivant lui que dans les parties supérieures de la moelle. Voulant déterminer les fonctions des racines nerveuses distinctes, unies à chacun de ces faisceaux , il fut conduit à conclure de ses expériences que les racines et les faisceaux postérieurs appartiennent au sentiment , les racines et les faisceaux antérieurs an mouvement , et que le faisceau latéral et ses nerfs est aflècté aux fonctions respiratoires. Il s'éloignait ainsi des données fournies par Walker, faisant des racines que celui-ci considérait comme motrices des racines sensoriales, et vice versây de celles que Walker avait crues sensoriales, des racines motrices; mais ce progrès ne pouvait retirer à Walker l'honneur d'avoir le premier attribué des propriétés distinctes aux deux ordres de racines. Dix ans plus tard , les idées de Charles Bell , soumises à la vérification de nombreuses expériences par M. Magendie, semblaient n'être que partiellement vraies. Ce physiologiste célèbre croyait, en effet , provoquer des preuves de sensibilité par l'irritation des iracines antérieures dont il démontrait clairement la propriété excitatrice des mouvements ; il croyait aussi , tout en démontrant la sensibilité des racines postérieures, faire voir qu'elles jouissaient d'un certain degré d'influence sur la contraction des muscles.

REGHGRCHCS H1ST01I1QIT.S. 41

Il n'y avait alors de différence que du plus au moins dans les propriétés sentitives et locomotrices qui étaient affectées aux racines antérieures et aux postérieures : mais , il faut le dire , cette obscurité dans les résultats de l'expérimentation tenait à l'imperfection des procédés mis en œuvre ; et des expériences instituées plus heureusement par Muller sur des grenouilles , mais surtout les expériences beaucoup plus probantes de M. Longet sur des chiens , ont enfin démontré de la manière la plus claire que les racines postérieures sont exclusivement sensitives et les antérieures exclusivement locomotrices.

Depuis long-temps mes propres idées étaient arrêtées à cet égard, comme le démontre Tarticle encéphale du Dictionnaire de médecine et de chirttrgie pratique . Il n*en est pas moins vrai que les expériences parfaitement instituées par M. Longet, ont le mérite d'avoir plus que tous les autres travaux donné le caractère de certitude à ces faits d une si grande importance.

Quant aux controverses élevées entre les savants qui ont concouru à la découverte des propriétés distinctes des racines qui naissent de la moelle épinière , elles peuvent être facilement résolues par les documents et les dates publiées par Walker, et par un travail plus récent du professeur Longet , auquel revient l'honneur d'avoir démontré plus clairement que personne, les fonctions propres aux deux ordres de racines des nerfs spinaux. Il est impossible de douter qu'en 1809 Walker avait écrit et publié que les racines antérieures des nerfs spinaux sont destinées au sentiment, les postérieures au mouvement.

Les idées inverses , émises ensuite par Charles Bell , et les expéri» nces de M. Magendie, ont eu le mérite sans contredit de présenter une opinion plus vraie que celle de Walker; il n'en reste pas moins évident, par l'enchaînement de ces travaux successifs, que les données de Walker ont été les premières, et devaient naturellement conduire à des recherches directes sur les racines auxquelles il faisait jouer un rôle si remarquable. Ces documents suffisent sans doute pour établir l'enchaînement historique du progrès important que je me plais à signaler, libre

L etnde de' b disposition mai^riellc , or{»aiiiqiic , de la partie centrale du tpi^flir nerveux on de la moelle r|iiiiière et du cerveau de riioinme, à louiet les époques «A l'anatomic a clé ciil(i>c'c d'une manière un peu piofoiide a dû nécessairement attirer les investigations de<i anaton)i»tes les plus célèbres, ronime nous rap|>reod l'Iiistoirede la aeienre*, depuis l'école d'Alexandrie jusqu'à MM. Gall et SpunelieiiD, qui, dauftctt derniers temps, ont donné une iiupuUiou et une direction toute nouvelle à ce yenre de recherches. Dans ceué p:irtie de l'organisation, ce ne |>ouvait être d'uue anatoaie chirurgicale qu'd pouvait éire question; car jusqu'ici le histouri hardi de nos ploi célèlires chirurgiens n'a pas encore essaye de porter son action aar des pania auMÎ délicates et d'une influcuce aussi imminente sur la continuai ion de la vie. Cétaitdonc uneanatomie j>lus élevée, une anatomic physiulofjiqnc et plus ou moins spécalaii»e qui devait guider le sral|)el : il fallait voir s'il serait possible non pas de résoudre des questions inabordables pour l'esprit humain, comme le siège de rème, so« asode d'action et de rap|M)rts i.vcc son siibsiratum matériel; mais d'analyser, de reco— aine les parties qui ct.iient plus particulièrement en relation avec telles facultés de l'ia^ telligence, ou bien avec celle de ht sensibilité et de lalocomolilité en général.

l^s moyens qui ont été employée pour résoudre, on an moins éclairer les gnadfs questions d'une difficnhé dont ou ne se doute peut-être pAs encore asaes, ont été différents suivant la manière dont on les envisageait et suivant les |»rogrès de la biologie ou de la science de la vie.

Le premier qui se présentât, et qui a en effet été suivi par la plupart des anaïamisles, était d'étudier l'organe en lui-même dans l'esiièce humaine en cUt de santé et dans son plus grand étii de développement. Mais il ne fallait cependant |>as se borner, comme on le faisait presque généralement avant MM. Gall et Spnndieim, à ne faire autre chose que d'en examiner la superficie, la forme, la pro|»ortion des parties, saai pénétrer autrement dans son intérieur que par des coupes en différents sens vsrticjl ou horizontal; c'esi-à-ilire qu'il ne fallait pas faire pour le cerveau, la nMelle é|iinière, ce qu'on faisait pour les autres organes , une simple anatomie chirurgicale ici presque insignifiante , puisqu'on n'avait presque jam.iis aucune o|iération à esécnicr sur eux.

Un second moyen , dont on conçoit l'influence dans un degré supérieur pour la connaissance du siège mystérieux de nos facultés les plus élevées, s'est préseatë lorsi|ue, par nécessité ou avec une intention réelle, on a pu établir la comparaison da système cérébro-spioa! de l'homme avec celui des animaux les plus rapprochés de lui. Quoiqu'on se bornât égaleinrul il l'examen suprrficicl de l'organe, à la pro|>ortion de ses parties et à Kiir fitrme, ou fut nccessairemcnt conduit à essayer d'as»igncr des fonctions spéci;iles au moins à quelques-unes de ces parties, en en jugeant |iar la rtlatiou des (pi.iliiés d'iuieliigeuce dont était doué tel animal, avec le développcmeat tic tflle ou telle partie du kysième nerveux. Ou commit nécessairement des cireurs, nuis ou put entrevoir la po:i>il>ilite d'arrivei |'ar ce moyen à quelques résultats crr* tains aprèa un plus ou moins grand nombre d'e»sjis infructueux.

Mais bientôt s'offrit au biologiste un iroi»ième moyen qui doit avoir une importance d'une bien plus gr.tude valeur dans l'anaiomie physiologique du cerveau, et qui consiste à étutlier soigueus. ment la concordance des altérations )atlK>lo|;iques plus »a moins lentes de cette partie centrale et esseniiclle du système nerveux avec celles des fonctions d'intellect, 'de M'M>ibilité spéciale on générale et de locomoiililé , sis

EECUERGHES HISTORIQUES. 45

d'essayer fie remonter des fonctions mu crganes , puinriuM t tait im|)Ossil)le de conclnrc de ceux-ci à celln-Ià. Mais, |>niir rrgiilariser l'cniploi do re moyen, il fallait, romuie on le conçoit hien, une rigoureuse drteruiiuaiion de 1 elai normal on régulier de l'organe, des limites de variations dont il est susceptible en gêucral et dans ses difKrreutes parties , saivant les âges, les seses, les tempéraments et uicme les variétés, et cela non-senlement dans sa forme , nais encore dans sa structure intime. En sorte qu'il bllait rereoir an perfectionnement du premier moyen .

Gela était encore pliu nécessaire pour régulariser l'emploi d'un quatrième moyen bien plus difficile , on cdai des altérations cxpérimciiialcs en général plus ou moins subites, moyeu encore bien plus fallacieus ici que dans tout autre point de la physiologie. Aussi voyons-nons les opinions les plus couiradictoires admises par les physiologistes expérimentateurs. En effet, en considérant que dans l'encéphale les parties ne sont jamais limitées, circonscrites d'une manière un peu complète, que le bistouri dans la lésion ou l'ablatiou de ces parties ne voit jamais ce qu'il touche, que l'action est immédiate, brusque, subite, et que par conséquent le trouble qui se manifeste dans ranimai vivant éunt complexe ne peut traduire d'une manière un {len certaine la lésion , on conçoit combien ce moyen de parvenir à la connaissance réelle des foncuous du centre nerveux est d'une difHrilc application , quelque habiles et quelque exercées que soient les mains qui l'emploient.

Ces observations peuvent encore s'appliquer, du moins jusqu'il un certain point, au moyeu qui emploie les expériences sur le système nerveux à l'aide de substances médicamenteuses introduites d'nne manière quelconque dans l'économie. On voit bien qn'lk la suite de cet emploi, tel phénomène se produit, telle ou telle altération dans telle ou telle Êiculté se montre ; mais d'abord souvent le plicnomvne est complexe , et ensuite il n'est pas possible (on an moins cela est fort rare) de remonter à l'organe matériel qui a été lésé, et par conséquent de connaître les fondions spéciales de chaque partie du système nerveux .

Quant an moyen qui consiste à étudier le système nerveux dans les dé>eIoppemcnts surrcssifs qu'il éprouve depuis le mouicnt où il conunence à être |<(*rceptil>le à nos sens, jusqu'à son complet ilcvriopprmrnt , et par suite \vs chan(;euu-iii> <|u'il reçoit à mesure que faninial parvenu à son summum descend vers la mort séuilr, en analysant la marche concordante dans l'arcroissenient ou le driroissenicnl des facultés intellectuelles, de sensibilité et de locomoiilité , il est évidcnmieut plu:* solide, pins aisé, puisqu'il est anatomique ; mais il est dan5 une relation nécessaire avec l'état du premier.

Enfin je dois parler en dernier lieu d'un cinquième moyen ou des moyens métaphysiques , parce que c'est en effet celui qui a été le dernier employé , puisque c'est évidemment lui qui a conduit MM. Gall et Spnrsheim à leur manière d'envisager la disposition anatomique du système nerveux cérébro-spinal. En effet, on conçoit très-bien qoe Ton puisse àpriori analyser toutes les fonctions de l'intelligence, de la sensibilité, de la locomotililé , les systématiser et chercher ensuite dans l'organisation une disposition concordante. C'est cette direction nouvelle qui a tiré \c\ analomistes de l'ornière profonde dans laquelle ils étaient avant les travaux de MM. Gall et Spurxiieim ; et qtund même ils n'auraient fait que cela , bien plus , quand même tous les points de lenr anaionûe du cerveau seraient successivement contestés ^ complètement réfutés, il leur resterait la gloire d'avoir trouvé un nouveau moteur, et par conséquent à eux

46 nECHEnCHES historiques.

devra tnojntin remonter, comme h la source , tout ce t{ue l'on Fera détonnait de boa sur ce sujet.

D'aprèi cette analyse prcHminaire des moyens que fesprit Immalo peul employer pour arriver à concevoir quelque diosr dans la physiologie dû ceirveau , Il ett ëvideal que le principal , le plus iniport.int, celui tans lequel tout let autret pédieraieoi par la base et seraient sans aucune ecrtliude, est rauatomle midu(leti»«, ttiperScklIe ci profonde du cerveau de l'Iionime dans I état adulte ou parfkil tt dahi IVlAI dé saMé. Sans ce point de départ tout est précaire, c'est la règle , la norme sur laquelle tootlc reste devra être mesuré. Comment dire en effet que tel symptôme maladif oa tiba cwrtfjtpond à telle altération de développement ou de tissu , de telle partie du eerreii, si l'état normal de cette partie n'est pax rigoureusement connu» et, bléfe ploa, si ronaa tait pas de quelles limites dé variation! cette partie est susceptible? PtMirra-C-l» d^ montrer la marche de l.i dégradation animale pour ce système si iMportaifl de Torianisme, si le point de départ n'est pas exactement établi. CommenI peut-oo coodare sur l'usage d'une de ses parties par des espériencet faites sur dei animaux dans les* qtiels il n*e«t pas certain que cette partie eilste? Ainsi, nous ne craignoot pat de le dire , malgré les Iravaiix plus on moins importants , plus ou moins conacieocieai qai ont été publiés dans cet derniers temps par des anatomisles de toutes let naliootdc rEurcpe, le système nerveux cérébro-sipinal est un champ où il y a, non pat à gtaner, mais ï récolter U pleines mains. Mais, pour cela, il faut fiiire porter estentietlemeat ks recherches sur l'espèce humaine , parce que c'est chez elle seule que noua poavaas analyser les fonctions qui lui sont départies , elle seule ou h peu près, éprouvant des altérations, des maladies du cerveau, dont les effets peuvent être appréciés par coopa» hiisoo.

C'est donc déjà un heureux présage pour le travail de M. Foville de voir que aet recherches snr Ir cerveau ont été commencées sur le ceneau de Hiomme adulte et saia; mais, pour les apprécier à leur juste valeur, qu'il nous soit permis, avant d'en bire l'attalyse à l'Acadcmie, de lui ex]H)ser eu peu de mots l'état où la si*ieuce est parvenue.

Nous ne remonterons pas au delà des travaux de MM. Gall et Spurzheim , parce que cela ne nous serait d'aucune utilité en ce moment, et que d'ailleurs cette analyse historique a déjà été faite souvent méuie avec toute cette rigoureuse équité qui tead plus à (léfMui'Ier un inventeur vivant qu'à enrichir celui qui l'avait précédé.

On se rappelle sans doute que M.M. G.ill etSpurzhcim admettent que la moelle vertébrale est formée de gan{;lious ou de reufleraents de substance grise qu'ils nonaMat matrice des nerf», eu au»»i grand nombre que de vertèbres principales, et que cet ganglions donnent naissance aux nerfs vertébraux dont la grosseur leur est proportionnelle. Ainsi pour le rcnHemcut bulboide supérieur de la moelle est un de cet ganglions donnant naissance U tous les nerfs sensoriaux, Bin^i qu'à deux faisceaux quivoat former le snpérieor (corps rcstifornie) , le cervelet ; et l'inférieur ( les pyramides), le cerveau. Mais pour c« la ces fiisceaux s'accroissent de nouvelles fibres qui naissent daat la substance grise constituant le corps dentelé pour le cervelet, et snccesslvement la substance noire de Soemnieriiig des pédoncules , les couches optiques et les corps Nrics pour le cerveau proprement dit. Cc«t ce qu'ds nomment des {janglions de renforce* ment. Les nerfs nombreux qui ronsiitueut aussi les |>édoncules, et qu'ils regardent comme aussi spéciaux pcTur chaque partie des hémisphères que les nerfs propres à chaque appareil sensorial extérieur, vont en effet se rendre à la face interne de la

RECaERCOES HlSTOIUQUEg. 49

missiirc de la pariic centrale cUc-mème analogue U ce qui existe dans le prolongejuenl rackidicn lui-même.

Le deuxirmc )tlji) ou moyen, le plus coni^idcrable des trois, place immédiatement aa-<le»sous du premier, est celui des liémisplières; moulant d'abord parallèlement au pl.in du C(»q)S calleus , auquel il est adossé d.ins la première partie de son trajet, il l'abandonne à l'endroit où cclui-ci se recourbe en dedans, suit une direction à peu près verticale et va gagner le point le plus élevé des liéoiisphères dans toute sa longueur, se prolongeant en dedans et en dehors, en avant et en arrière, sous la substance corticale, qu'il doidl)le dans toutes ses circonvolutions.

Enfin le troisième pluu le plus inférieur a la même étendue que le deuxième, quoiqu'il soit moins é|>ais; mais sa direction est tout à fait opposée. Il descend, en effet, en dehors du noyau inférieur du eorpt strié correspondant, se contourne inférieuremen t et remonte juxta-posé à celui du côté opposé , de manière à former la cloison des ventricules ou le septum lucidnm , entre le corps calleux en dessus et la vo&le à tix>ifl pâlien en dessous. Toutes les fibres de ce plan n'entrent cependant pas dans U composition du septum, une partie se porte en arrière pour former d'une part une expansion particulière pour le lobe temporal des hémisphères, et de l'autre gagner kl corne d'Ammon et se continuer avec les corps frangés dans la voûte, communiquant de cette manière avec la cloison.

Dans cette manière d'envisager l'anatomie du cerveau, il est évident qu'en faisant une coupe verticale perpendiculaire à son axe, au niveau de la suture fronto*pariélale, on obtiendra une figure qui ressemblera beaucoup à celle que produit une pareille coBpe de la moelle épinière, surtout dans sa partie la plus élevée ou dans le renflelicnt bnlboïde supérieur. On peut voir, en effet, dans l'une et dans l'autre une masse de sobstance grise partagée en deux par l'origine des nerfs dans la moelle , et par ceUe dtt faisceau du pédoncule qui va à l'hémisphère pour le cerveau. Ou y trouve ^plement une commissiu-e blanche formée dans le cerveau par le corps calleux; enfin on peut regarder comme .inaloguc du septum lucitum la double lame que Ton remarque au fond de l'écartement des deux cordons de la moelle.

Cette disposition anatoniique est mcnic bien plus visible , quand on emploie le système nerveux d'uu enfant pour ce c.eure de recherche. En effet, les trois plans qui terminent le pédoncule ne sont pour ainsi dire alors que superposés. 11 semble qu'il y ait Boe prolongation de tissu cellulaire entre eux , tant leur séparation est iicile.

De cette manière d'envisager la disposition anatomiquc du cerveau , M. Foville est conduit à confinner ce que la pathologie a démontré, savoir, que les lésions des faeoltés intellectuelles sont constamment concordantes avec celé de la substance grise des circonvolutions; tandis que les maladies dans lesquelles les mouvements sont lésés se trouvent en rapport avec des altérations dans les corps striés et les couches optiques, c'est-;'i-dire dans les parties centrales, ce qui établit une analogie réelle avec la Boefle épinière.

M. Foville en conclut aussi qu'on doit regarder comme une véritable altération pathologique une disposition qu'il a rencontrée fréquemment , et qui consiste en ce que les trois plans terminaux du pédoncule du cerveau sont tellement adhérents qu'il est impossible d'en produire la séparation. U fait même l'observation que cette altération a pu csiÉler dans beaucoup de cas de maladie de l'encéphale , où les médecins , & T. I. 4

48 RECUEIiCUEâ IIISTORIQLËS.

S|Hii7.1iciiii. Sitivanl M. UoliiiiJo les Iiciiiisplicres sont coii)|>o!ic:i cIcKbrcs nombreux», f|iii, sorties tic leurs pëildiiculcsi, s'élèvent, .sVrartcnt en travernaiit une partie dr U tiiliKtaiice («liseqni enn>iiliie ]cs rorps «trirs. Klles se disperseiit en |uirtie ilaiitU puI|M: nicdiilliire, fornient le (-nr|>s ralleu\, l.i voûte k trois piliers, le scptiuu ladilum dii«iucl part de ions côics rvxiMiisinti excessivement mince qui recouvre la saillie des corps striés dans les ventricides, tandis qit'nne ikiriie de ers Hbres, relouroaot en arrière, forme les deux piliers jMïstéricurs (*e la voûte, les cornes tfAïunion et la qoeoc des corps cannelés.

D'après cela il lui semhie qu'il n'y a ni corps striés, ni même de couches opfii{acs proprement dites; mais que ces proéminences sont formées |Mir renirelaccment et le passage, i* des Khrcs supérieures des pédoncules du cerveau, a* de celles qui semblent venir des bémisplières et avoir de5 relations avec les tubercules quadrijumeaui, et enfin 3<> de celles qui se portent transversalement, remontent et sepanouissmt comine une membrane sur les cuucbes optiques avec une direction de dedans en dehors, se rassemblent ensuite eu un cordon arroudi qui contourne les pédoaculet,et ▼ont, après s'être eutre-croi.^ées, former les nerfs optiques.

Après cet exposé de Tétat des manières principales proposées dans ces demien temps pour faire connaître la structure du cerveau , et que nous avons (tu néeesuire de faire, nous allons maintenant analyser le mémoire de M le docteur Fcville.

Ne s'ocrn^Mut de la moelle que pour montrer l'analogie de sa composition avec la partie centrale du cerveau, il reconnaît qu'elle est formée, pour cliaquc moitié, de trois faisceaux, un antérie.ir, un postérieur, et nu beaucouji plus gros formaut oB demi-canal dans lequel est une trainée de substance grise , et que les cordons soM rëuuis entre eux par une commissure blanche postérieure.

Parvenue à la base du crâne, celte moelle se renfle et constitue les pyramides latérieurcs où se fait un entrc-rroiiiemcnt , les corps olivaires , les coq» restiformes et les pyramides postérieures. Le restiforme se prolonge dans le cervelet, un petit faisceau qui semble faire suite aux olives lui parait aller aux tubercules quadrijnmeauxt comme l'a observé M. Tiedmann , et les deux autres faisceaux, savoir les pyramides antérieures et Irs posiéricme» con&iiuient, finivant M. Foville, le |iéduticttle cérébral. .Sous le pont de Vaiolc et ménie au del.'i, les ilcut faisrcaus sont sé|»aré» par la substance grise ou uuirélre interposée à laquelle ou a douué le noiu Ce M. SoeoH niering.

Mais le p«)iut principal du mémoire de M. Foville porte sur la manière doat le cordon se comporte au delà , en traversant les couches optiques , et ensuite les corps striés. Suivant cet anatomihie, il constitue un gros f.iisccau placé de champ, mais n peu obliquement au dehors, et qui, à peine sorti des corps striés, se partage en trois pbns superposés ; un supérieur, un moyeu et un inférieur.

Le su|>érieur, moins considérable que le moyen, mais plus que l'inférieur, te dégifc le premier, et monte presque verticalement en se recourbant de dehors en dedans, et cela dans une grande partie du la longueur de l'hémisphère cérébral qui le déborde un peu par ra face verticale interne, et finit en se réunissant ou se continuant dans la ligne médiane, au plan similaire venant de l'autre côté, de manière à constituer le cor|>s calleux. Ainsi , d'après M. Foville, cette partie du système nerveux encéphalique ne serait pas une commissure des ganglions cérébraux, comme cela était k peu près géuéralement admis depuis les travaux' de MM. Gall cl Spurxheim, îàa's une con-

REGHERCOES lUSTORlQUEg. 49

missure de la |»ariic ccnirale elle-même analogue m ce qui existe dans le prolongenient racliidien lui-même.

Le deuxième |)I.ui ou moyen, le plus con.sidcrable des trois, place immédiatement an-det^uis du premier, e«t celui des hémisplières; montant d'abord parallèlement au plan du ct>r|is calleui , auquel il est adosse d.ins la première partie de son trajet, il l'abandonne à l'endroit où celui-ci se recourbe en dedans, suit une direction à peu près verticale et va gagner le point le plus élevé des béoiisphères dans toute sa longueur, se prolongeant en dedans et en dehors, en avant et en arrière, sous la subitance corticale, qu'il doidl)le dans toutes ses circonvolutions.

Enfin le troisième plan le plus inférieur a la même étendue que le deuxième, quoiqu'il aoit moins c^Kiis; mais sa direction est tout à fait opposée. 11 descend, en effet, en debors du noyau inférieur du corps strié correspondant, se contourne inférîeuremen t et remonte jnxta-posé à celui du c6té opposé , de manière à former la cloison des ventricules ou le septum lucidnm , entre le corps calleux en dessus et la voûte à tix>ifl paliers en dessous. Toutes les fibres de ce plan u'entrent cependant pas dans la cont* position du septum, une partie se porte en arrière pour former d'une part une expansion particulière pour le lobe temporal des hémisphères, et de l'autre gagner kl corne d'Ammon et se continuer avec les corps frangés dans la voûte, comwuoiqoant de cette manière avec la cloison.

Dans cette manière d'envisager l'anatomic du cerveau, il est évident qu'en faisant une coupe verticale perpendiculaire à son axe , au niveau de la suture fronto-pariélale, on obtiendra une figure qui ressemblera beaucoup à celle que produit une pareille coope de la moelle épinière, surtout dans sa partie la plus élevée ou dans le renflejBcnt bolboïde supérieur. On peut voir, en effet, dans Tnne et dans l'autre une masse de substance grise partagée en deux par l'origine des nerfs dans la moelle , et par celle da faisceau du pédoncule qui va à l'hémisphère pour le cerveau. Ou y trouve élément une commissure blanche formée dans le cerveau par le corps calleux ; enfin Ml peut regarder comme analogue du septum lucvlum la double lame que l'on remarque au fond de l'écartement des deux cordons de la moelle.

Cette disposition anatomique est même bien plus visible , quand on emploie le système nerveux d'un enfant pour ce {^enre de recherche. En effet, les trois plans qni terminent le pédoncule ne sont pour ainsi dire alors que superposés. 11 semble qu'il y ait ane prolongation de tissu cellulaire entre eux , tant leur séparation est Êuâle.

De cette manière d'envisager la disposition anatomique du cerveau , M. Foville est conduit à confirmer ce que la pathologie a dciuoniré, savoir, que les lésions des facnltés intellectuelles sont constammcut concordantes avec ccle de la substance grise des circonvolutions ; tandis que les maladies dans lesquelles les mouvements sont lésés se trouvent en rapport avec des altérations dans les corps striés et les couches optiques, c'est-à-dire dans les parties centrales, ce qui établit une analogie réelle avec la nodle épinière.

M. Foville en conclut aussi qu'on doit regarder comme une véritable altération pathologique une disposition qu'il a rencontrée fréquemment, et qui consiste en ce que les trois plans terminaux du pédoncule du cerveau sont tellement adhérents qu'il est impossible d'en produire la séparation. 11 fait même l'observation que cette altération a pu esiÉier daoa beaucoup de cas de maladie de l'encéphale , où les médecins , k T. I. 4

59 REGHERCUES HISTORIQUES.

Pour faciliter Tintelligence de ce que je vais exposer sur la structure des hémisphères , je dirai qu'ils sont composés :

1* D'une couche étendue suivant la vallée de Sylvius , et de la substance cendrée sous-jacente à l'insula ;

2* D'une lame ou couche qui donne origine à la majeure partie des circonvolutions de la face externe ;

3° D'une couche formée des fibres du pédoncule, de laquelle naissent les processus entéroïdes de leur bord interne ;

4* D'une couche de fibres qui , des couches optiques , s'étendent par les parois des ventricules et forment le corps calleux ;

5* D'un appareil de fibres longitudinales et d'un'^autre situé transversalement sur ïé corps calleux qui forment les circon- ▼olutioDS situées à la face interne des hémisphères ;

6* De l'appareil des fibres médullaires qui constituent la Toute à trois piliers et la corne d'Ammon;

?• Des corps striés externes ;

8* Des corps striés internes.

Et à ces corps devront se joindre la commissure antérieure, la lame perforée et le fascicule du tubercule géniculé externe.

Apres cette énumération des parties constituantes des hémisphères Rolando passe à l'étude des circonvolutions, auxquelles il donne , à l'imitation de Malacarne , le nom de procès* sus entéroïdes.

Les recherches de Rolando sur les circonvolutions le portent à croire, contrairement à l'opinion généralement admise, que les processus entéroïdes peuvent se réduire à des formes et des positions déterminées. Il croit avoir réussi à établir quelles sont les parties internes avec lesquelles elles ont les relations les plus directes , et en quelle manière elles tirent leur origine de ces parties.

D regarde les observations sur le fœtus comme les plus propres à conduire à la connaissance de cette importante partie de l'organisation cérébrale.

Il décrit avec soin l'insula de Reil, située au fond de la scissure de Sylvius. Il signale ensuite, comme procédant d'un repli

des circonvolutions de l'insula, la marge droonvolutionnaire de la scissure de Sylvius, et considère que, comme Tinsula, cette marge circonvolutionnaire de la scissure de Sylvius forme un appareil distinct des autres circonvolutions. C'est, dit- il., la première qui se montre dans le fœtus. On peut assurer qu'on en découvre les vestiges dès le second mois. Elle est formée de la couche la plus externe des fibres médullaires.

De la portion transverse ou supérieure de la circonvolution marginale de la scissure de Sylvius s'élèvent quatre processus circonvolutionnaires presque verticaux. Les deux du milieu, beaucoup plus longs, ont été déjà observés, dit Rolande, par Vicq-d'Azyr.

Chacun des deux processus antérieurs , en se courbant vers la région frontale, se continue avec des processus qui, bientôt subdivisés, donnent lieu à d'autres processus qui, contournés ou doublés , occupent spécialement la région susdite.

Des deux processus verticaux postérieurs , le long et le court se continuent avec d'autres qui, dirigés en arrière, forment les circonvolutions qui vont au lobe occipital derrière la scissure de Sylvius ; tandis qu'un autre, sous-jacent à cette scissure, parcourt la fece externe du lobe médian jusqu'à son sommet.

Cet appareil de processus entéroldes , beaucoup plus étendu que le précédent, procède d'une couche de fibres médullaires qui , comme on le comprend . occupe presque toute la faoe externe des hémisphères , mais n'arrive pourtant pas jusqu'à leur sommet, ou bord interne, qui se trouve occupé par des procès* sus qui doivent leur formation aux fibres des pédoncules , lesquelles doivent être distinguées de celles qui viennent d'être mentionnées.

Deux processus entéroldes, visibles au sommet de chaque hé-« uiisphère, courent en avant et en arrière avec ceux que nous avons précédemmenf décrits dans la région frontale et danà la région occipitale.

Ces deux processus sont presque entièrement formés de fibres qui viennent des pédoncules cérébraux. Il convient de dire qiM

fi4 RECHERCHES HISTORIQUES.

Ces processus sont très-irréguliers dans la région frontale , et s'y présentent sotis diverses formes ; ce qui tient à ce que c'est dans ce lieu que s'unissent ensemble les fibres de la couche externe, oëlies du pédoncule , et d'autres qui viennent d'appareils situés à la face interne des hémisphères. Dans le lobe postérieur, les fibres, se trouvant disposées en lames très-flexueuses , donnent lieu à la formation de processus plus difficiles à suivre; d'autant p]\iB qu'à ces fibres s'adjoignent celles qui procèdent de la commissure antérieure , laquelle avec ses fibres arrive jusqu'aux processus intermédiaires du lobe moyen.

Les processus entéroïdes de la face interne des hémisphères sont plus réguliers , et c'est à Vicq-d'A«yr qu'on doit la pre* filière description de la circonvolution qui se voit au-dessus du eorps calleux; circonvolution , dit Rolande , qui ,* d'après sa figure, se peut nommer pvcesso crisiaio. Mais ni Vicq-d'Azyr, ni d'autres anatomistes n'ont pensé qu'elle pouvait tirer son origine de quelque disposition distincte de fibres médullaires.

On n'a pas fait attention non plus , et cette observation de Rolando est d'une grande importance , qu'elle commence à la racine interne du nerf olfactif , et , passant au-dessus et autour du corps calleux , vient à la face interne du lobe médian et finit dans cette région que l'illustre Vicq-d'Azyr a nommée le crochet.

Les circonvolutions supérieures au processo cristato doivait égaletfient être étudiées à part , puisqu'elles ont une origine et une disposition particulière, qu'elles sont formées de fibres transverses qui viennent des stries longitudinales de Reil , et peuvent pour cette raison être nommées circonvolutions des stries longitudinales. Ces circonvolutions s'unissent avec celles des fibres du pédoncule pour former la marge interne de l'hémisphère.

Enfin , parmi les circonvolutions les plus con^ntes doivent être comptées celles qui sont divisées par le sillon qui reçoit le nerf olfactif. Ces circonvolutions ou processus sont formés de fibres de la couche des processus verticaux . qui se perdent dans

RECHEmCHSS HISTOBIQUES. S5

la face inférieure ou région orbitaire des lobes antérieurs et dei fibres de Tarco cristato.

Passant ensuite aux sillons qui séparent les circonvolutions , Rolando signale comme méritant une attention particulière quel** ques sillons du lobe jfcstérieur, l'un externe, l'autre interne, situé un peu derrière le processo cristato. Le troisième, qui de celui-ci se dirige en arrière vers le sommet de ce lobe , se manifeste de bonne heure dans le fœtus et correspond à l'éperon qui se trouve dans la corne postérieure des ventricules latéraux.

Ces divers sillons ne sont pas seulement formés, comme 1& majeure partie des autres , par la seule élévation des processus entéroïdes, mais encore de replis dans lesquels se rendent les lames internes ; et de là vient qu'on observe en quelques lieux du lobe postérieur une disposition plus compliquée dont Genuari le premier a parlé.

La hauteur et la grosseur des processus entéroïdes ne sont pas partout les mêmes. Les plus gros sont dans les régions pariétale et temporale , les plus petits dans les régions frontale et occipitale. Une variété plus grande s'observe dans leur hauteur de quelques lignes seulement en quelques endroits , tandis qu'au voisinage de la scissure de Sylvius ils en ont quinze à seize. Ceux de Tinsula sont les moins élevés.

Il sera plus important de connaître de quelle manière se forment les circonvolutions qui manquent chez le fœtus de quatre ou cinq mois , et se trouvent toujours développées en raison de la perfection de l'organisation.

Tiedeman dit que dans le fœtus de trois à quatre mois com-^ mencent à poindre de petites pointes qui représentent une couché de velours.

D est facile , ajoute Rolando , de s'apercevoir que l'extrémité de ces petites productions est celle des fibres médullaires de diverses espèces , et forme en même temps le premier rudiment de la substance cendrée. Vers le cinquième mois elles ont acquis déjà une ligne et demie de longueur, et l'on peut voir leur comnmnication avec les fibres qui forment les lames médullaires.

Pendant que s'élèvent ces petites productions ii angle plus ou moins obtus , on observe que les fibrps i\ ce point se divisent de manière que leurs extrémités restent tout à fait bifurquées. Par suite de celte division , les circonvolutions sont toutes composées de fibres appartenant à des lames distinctes , tandis que les sillons qui les divisent correspondent au point de division ou à la bifurcation des fibres. Si Ton tente de diviser en deux les processus entéroïdes on parvient aisément à les partager en deux parties presque égales , et dans le milieu on voit courir quelque chose de vasculaire qui se ramifie entre les lames séparées. De là bien des erreurs sur le développement de ces parties.

Il résulte de cette organisation si simple , qu'on peut séparer les différentes couches des fibres cérébrales, en les prenant à leur origine ou leur partie la plus centrale, pour les suivre jusqu a la périphérie, jusqu'à la surface des circonvolutions vers laquelle elles se dirigent ; ou bien, en procédant en sens inverse, en divisant les circonvolutions suivant la direction de leur longueur pour descendre jusqu'à leur centre et à leur origine.

La bifurcation précédemment indiquée des fibres médullaires fait que si l'on veut séparer les lames en divisant les sillons ou anfractuosités , on éprouve une forte résistance , tandis que la même opération réussit aisément si elle est faite dans le sens de la direction de la ligne médiane du bord libre des circonvolutions.

Après avoir ainsi traité des circonvolutions , Rolando passe à l'examen des parties plus profondes ; parle d'abord de ce qu'il appelle l'arc olfactif et la couche fibreuse de la vallée de Sylvius, qu'il nomme externe. 11 s'étonne que des parties aussi visibles et si étendues n'aient pas été, avant lui , connues et décrites. Il attribue ce retard à cette double circonstance : qu'en pratiquant des coupes, il était impossible de les coimaître; et qu'en commençant l'étude du cerveau par le pédoncule, on regaixlait cette couche comme procédant de ce pédoncule.

Il conseille, pour voir ces parties, d'écarter le lobe antérieur du lobe moyen. On voit alors qu'ils sont unis l'un à l'autre par un tractus arrondi dont la substance diffère un peu de la grise,

RECHERCnES HISTORIQUES. 57

et sur laquelle, le plus souvent, ne s'étendent pas les circonvolutions de l'insula. En raclant avec le manche d'un scalpel , on vient à découvrir un faisceau de fibres qui , s'étendant sur le lobe antérieur et sur le lobe moyen , décrit un arc dont Textrémité très-épanouie forme les circonvolutions qui se trouvent sur la face postérieure et inférieure du lobe moyen.

Cet arc, qu'on peut, dit-il, nommer olfactif, parce qu'il concourt à former l'appareil du nerf olfactif, a deux à trois lignes de large dans son milieu ; sa grosseur est un peu moindre.

Il est appliqué sur \eifascia otiica, la lame perforée, la- commissure antérieure et le noyau du corps strié externe; très-visible dans le fœtus, même dans ses premiers mois , il est représenté, dans les quadrupèdes , par une couche assez étendue qui occupe toute )a marge inférieure des hémisphères.

Deux lames médullaires s'élèvent insensiblement de cet arc , séparées l'une de l'autre par une petite couche de substance grise. Rolando appelle l'externe de ces lames médullaires, lame de la vallée de Syh ius ; et l'interne , lame des circonvolutions verticales.

La face externe de la première de ces lames donne implantation aux fibres des circonvolutions de l'insula. La face interne est séparée de la lame des circonvolutions verticales par la couche (le substance grise précédemment indiquée, et à laquelle Rolando donne le nom de strato cinei^icio deW isola.

La couche fibreuse ou stratum des circonvolutions verticales s'élève pareillement, suivant Rolando, de Tarco olfattorio.

Les fibres de cette couche courent parallèles à celles de l'arc tant dans le lobe antérieur que dans le médian. Mais leur plus grand nombre s'étale en manière d'éventail dans une grande portion des hémisphères. De là vient que le? plus externes concourent à former la circonvolution maiginale de la scissure de Sylvius; d'autres se portent à la partie inférieure du lobe frontal , et forment en partie les circonvolutions qui reçoivent le nerf olfactif. Les fibres du milieu en s'élevant se perdent dans les processus verticaux et leurs appendices qui se prolongent antérieurement et

58 HECHERCnES HISTORIQUES.

forment les processus contournés , pendant que celles qui se dirigent en arrière se perdent dans les circonvolutions de la région occipitale.

Ces fibres, disposées en lamelles très-subtiles, couvrent toute la face externe et latérale des hémisphères : mais toutefois elles n'arrivent pas aux deux circonvolutions qui suivent leur marge interne et supérieure. Ces deux circonvolutions supérieures dépendent des fibres des pédoncules. En avant, elles ne forment qu*en partie ces circonvolutions qui , des deux verticales , se dirigent l'une vers la région frontale , et Tautre vers roccipitale. Nous avons dit que cette lame est couverte d'une autre lame plus externe et d'une couche de substance cendrée intermédiaire.

Sa face interne se trouve en rapport avec la commissure antérieure , le corps strié externe et les fibres des pédoncules, avec lesquels elles s'unissent si étroitement qu'on croirait voir une décussation. Il est pourtant certain que , tout autour du corps strié , les fibres des pédoncules se détournent de celles de la lame des processus verticaux.

Commissvre antérieure.

Il est impossible de s'avancer de l'extérieur à l'intérieur sans examiner la commissure antérieure. Quoique connue et décrite depuis long-temps, cette partie n'a pas été considérée suffisamment dans ses rapports avec les parties voisines et dans toute son étendue.

Sans rien déranger, comme dit Meckel, on peut voir la commissure antérieure en séparant les lobes cérébraux par en haut ou par en bas. Dans cette région elle se voit sous la forme d'un cordon médullaire à peu près de la grosseur du nerf optique. Elle se trouve en avant des colonnes antérieures de la voûte , et , se portant en dehors , à travers le septum lucidum, le corps strié interne , et passant sous les fibres du pédoncule , rencontre une couche de fibres médullaires qui , unie avec oUe, va au lobe antérieur. Cette couche a été depuis long -temps indiquée par moi dans les brutes comme partie constituante du nerf olfactif, mais

HECHERCHES HISTOBIQUES. 59

on n'en avait pas encore fait mention dans Thomme : elle n*est représentée dans aucune figure. De ce point la commissure anté* rieure pliée en arc se porte en dehor* à travers le corps strié externe , à l'endroit où son noyau ganglionaire s'unit à la portion cendrée plus simple. A peine couverte par cette substance, et comme en contact avec la lame perforée et avec la couche optique, elle court en arrière de l'arc olfactif et, sortant du corps strié, se dilate, s'éj>anouit avec ses fibres, et forme une lame qui s avance entre les fibres du pédoncule et celles du corps strié externe. Elle s'étend sur le lobe postérieur et sur le lobe moyen, et arrive jusqu'au processus entéroïde inférieur de celui-ci. Dans le fœtus et dans les singes , ses fibres sont visibles dans les lobes susdits; mais dans l'adulte il faut plus d'attention pour exécuter leur préparation.

Le fascicule qui de la commissure va sous les fibres du pédoncule, au milieu de la substance grise du corps strié, n'étant pas connu des anatomistes, il n'est pas étonnant qu'on n*ait pas fait attention aux nombreux filaments par le moyen desquels elle se trouve en relation avec toutes les parties voisines. De la portion antérieure qui existe entre les deux fascicules olfactifs il ne sort pas une fibre, et elle est couverte d'un névrilème qui a quelque légère adhésion avec le septum lucidum.

Dans les portions latérales on voit sortir des fibres médullaires très-subtiles, qui, passant au-dessus des racines du nerf olfactif, se perdent dans la substance grise du corps strié ; à mesure qu'elle s'avance davantage vers le noyau ganglionaire de ce corps , ces filaments deviennent plus gros et s'unissent aux lignes circulaires de substance médullaire qui divisent ce ganglion en diverses couches. Au moyen de filaments semblables, la commissure maintient d'étroites relations avec la couche fibreuse optique située au-dessous d'elle.

Corps strié externe.

Entre la lame interne du stratum superficiel et les fibres des pédoncules se trouve le corps strié externe, tout à fait distinct de

Srïx^^ 'e« rrç>?esE» i^oatoonirs , pendant qae celles qui se dirir^-Z fn irr.-èrs se perdecc dans les circonTolutioDs de la région

C«=s i :rçs. iîàî>»?« en "amelles tfès-sabtiles, couvrent toute }:i fi.^ rx:er^.-? ec 'mêrale des hémisphères : mais toutefois elles r.'i:r.'. z^.i zs.s hzjl deux drconTolctions qui suivent leur marge intcrr.r e: ^.r-êrir-^re. Ces deux circonvolutions supérieures dépeftd^r: if< £:rf* des pédoncales. En avant» elles ne forment qi'er. r.?.r.:e r^ cin^nvoluiions qui, des deux verticales, scdiri^tr.: */-r.r vers *.a région frontale, et Tautre vers Toccipitale. No-s av'-.r.s :i! q-e «etîe lame est couverte d'une autre lame plu« externe et d ur.r? • :-uche Je substance cendrée intermédiaire.

Sa face interne se trouve en rapport avec la commissure antë* rioure . !e corps >lr:ô externe et les fibres des pédoncules, avec lesquels elles s'unissent si étroitement qu'on croirait voir une dcoussation. li est pourtant certain que , tout autour du corps strié , les tîbres dts pédoncules se détournent de celles de la lanne des processus verticaux.

C om m iss ure an fé Heure .

Il est in.j>os>ibk* cîo «avancer de Textéricur à l'intérieur sans examiner la loinmissure antérieure. Quoique connue et décrite depuis lori^i-temps . cette partie n'a pas été considérée suffisamment dans ses rapports avec les parties voisines et dans toute son étendue.

Sans rien déranjier, comme dit ^leckel , on peut voir la commissure antérieure en séparant les lobes cérébraux par en haut ou par en bas. Dans cette ivgion elle se voit sous la forme d'un cordon médullaire à peu pr^s delà grosseur du nerf optique. Elle se trouve en avant des colonnes antérieures de la voûte, et. se portant en dehors , à travers le septum lucidum, le corps strié interne , et passant sous les fibres du pédoncule , rencontre une couche de fibres médullaires qui , unie avec elle, va au lol)e antérieur. Cette couche a été depuis long -temps indiquée par moi dans les brutes comme partie constituante du nerf olfactif, mais

on n'en avait pas encore fait mention dans Thomme : elle n*est représentée dans aucune figure. De ce point Ja commissure antérieure pliée en arc se porte en dehors à travers le corps strié extenie , à l'endroit où son noyau ganglionaire s'unit à la portion œndrée plus simple. A peine couverte par cette substance, et comme en contact avec la lame perforée et avec la couche optique , elle court en arrière de l'arc olfactif et, sortant du corps strié, se dilate, s*é|>anouit avec ses fibres, et forme une lame qui s'avance entre les fibres du pédoncule et celles du corps strié externe. Elle s'étend sur le lobe postérieur et sur le lobe moyen, et arrive jusqu'au processus entéroïde inférieur de celui-ci. Dans le fœtus et dans les singes , ses fibres sont visibles dans les lobes susdits; mais dans l'adulte il faut plus d'attention pour exécuter leur préparation.

Le fascicule qui de la commissure va sous les fibres du pédoncule, au milieu de la substance grise du corps strié, n'étant pas connu des anatomistes, il n'est pas étonnant qu'on n'ait pas fait attention aux nombreux filaments par le moyen desquels elle se trouve en relation avec toutes les parties voisines. De la portion antérieure qui existe entre les deux fascicules olfactifs il ne sort pas une fibre , et elle est couverte d'un névrilème qui a quelque légère adhésion avec le septum lucidum.

Dans les portions latérales on voit sortir des fibres médullaires très- subtiles, qui, passant au-dessus des racines du nerf olfactif, se perdent dans la substance grise du corps strié ; à mesure qu'elle s'avance davantage vers le noyau ganglionaire de ce corps , ces filaments deviennent plus gros et s'unissent aux lignes circulaires de substance médullaire qui divisent ce ganglion en diverses couches. Au moyen de filaments semblables, la commissure nmintient d'étroites relations avec la couche fibreuse optique située au-dessous d'elle.

Corps strié externe.

Entre la lame interne du stratum superficiel et les fibres des pédoncules se trouve le corps strié externe, tout à fait distinct de

60 RECHGRCnES HISTORIQUES.

l'interne. A nia connaissance, Meckel le premier a fait quelque attention à la différence qui existe entre la portion externe et rinteme, dont l'ensemble constitue cette portion des hémisphères que les anciens ont nommée corps strié. Les dessinateurs exacts des figures de Santorini, de Vicq-d'Azyr, deGall et Spurzheim ont aussi indiqué une différence de structure ; mais l'œil de ces anatomistes n*a pas pénétré dans cette intrication très -compliquée.

Après d'infinies recherches sur le cerveau du fœtus humain , des singes et de beaucoup de quadiiipèdes , je crois nécessaire d'établir l'existence de deux corps striés parfaitement distincts l'un de l'autre, puisque lun est situé dans la cavité des ventricules latéraux , et est séparé de l'autre par le moyen de la couche de fibres qui des thalami vont au corps calleux, et de celles qui vont des pédoncules au cerveau.

Le corps strié externe doit être distingué de l'interne par le motif que sa texture est tout à fait différente , et parce qu'il n'a rien de commun avec lui dans le fœtus humain et dans beaucoup d'animaux. C'est, en effet, un amas de substance cendrée, ovoïdal et niché dans une fosse que présentent les fibres du pédoncule au-dessus du fascia optica. Il est couvert en dehors, comme il a été dit, de la lame des processus verticaux et de l'arc olfactif. Il est à remarquer qu'il est quelquefois plus bas que le corps strié interne.

Toute sa surface est , pour ainsi dire, formée de simple substance grise, plus étendue en avant et au-dessous des fibres du pédoncule et de l'expansion antérieure de la commissure , où il se trouve en contact mutuel avec le corps strié interne. En enlevant ladite substance, qui a la grosseur de trois , quatre ou cinq lignes, on découvre dans le centre un petit noyau qui a la structure d'un ganglion , et dans lequel se voient trois strata superposés l'un il l'autre , de manière que le plus petit, qui occiipe le centre, est situé sur \o fascia opiica; il a une figure sulwvalaire, est d'une couleur plus claire , et communique avec cette lamelle notée par Vicq-d'Azyr sous le nom de lame perforée.

R£CH£]ICn£S HISTORIQUES. 61

I-res lignes blanchâtres qui divisent les différentes couches, semblent formées d'une série de ganglions desquels sortent d'innombrables filaments médullaires qui se répandent dans le stratum susposé.

Cette triple série de ganglions entretient des communications très-étroites avec la commissure antérieure, l'arc olfactif et le fascia optica. Le noyau central , qui présente une texture plus fixe, paraît contenir une plus grande quantité de substance médullaire. Antérieurement il se continue avec la lame perforée et la racine externe du nerf olfactif. Il donne des filaments aux parties voisines, et spécialement à Yarca quadrata. Puis il se serre, se plie sur ladite commissure , monte par la grande commissure qui divise les lobes antérieurs, passe derrière le bec du corps calleux, et se continue avec la lame qui forme le septura lucidum.

La lame perforée est formée d'une substance particulière ; et quoique souvent on y découvre des fibres médullaires , on ne peut dire qu'elle soit d'une nature décidément cendrée ou médullaire.

Siraium des pédoncules des hémisphères,

L*origine des faisceaux pyramidaux étant bien différente de ce qu'on a cru jusqu'ici , il n'y a rien d'étonnant si les opinions sont diverses et discordantes parmi ceux qui se sont occupés de recherches si délicates et si subtiles.

En examinant les rudiments du cerveau d'un fœtus de trois mois , on peut voir qu'une masse distincte , correspondant à la queue de la moelle allongée, se maintient éloignée et séparée des cordons antérieurs delà moelle spinale. Tiedeman semble n'avoir pas remarqué cette disposition primordiale ; on ne peut du moins en rien voir dans ses figures.

Dans cette masse donc sont contenues les pyramides antérieures, qui , un peu tournées , sont reçues entre le milieu des deux cordons antérieurs de la moelle spinale descendant des couches optiques.

62 RECnERCUES HISTORIQUES.

Par conséquent , l'origine des pyramides antérieures n'est pas telle qu'elle a été dessinée par tout le monde et par moi-même dans Tadulte; mais leurs fii)res, sous forme de lamelles un peu épanouies, parlant du centre de la moelle spinale où sont en contact les cordons postérieurs, s'avancent horizontalement jusqu'à l'endroit où existe l'apparent entre-croisement. Ensuite elles sortent au milieu des cordons antérieurs par lesquels elles sont comprimées , et , s'élevant sur la face antérieure de la moelle allongée et au milieu des corps olivaires, arrivent jusqu'à la marge inférieure de la protubérance annulaire.

Cette disposition singulière, que j'ai plusieurs fois vérifiée sur le fœtus , sur l'adulte et dans beaucoup d'animaux , explique pourquoi, en se séparant en descendant de la protubérance, les faisceaux pyramidaux des parties situées en arrière du point de l'entre-croisement supposé forment une intrication très-difficile à surmonter, parce qu'ils ne suivent pas la direction des fibres qui se replient en arrière et vers le centre de la moelle spinale.

Laissant donc la question de l'entre-croisement des fibres pyramidales, sur laquelle je reviendrai, pour mieux examiner les origines ou extrémités centrales des diverses parties qui se trouvent groupées sur ce point, je poursuivrai la description des faisceaux pyramidaux dans leur passage sous la couche médullaire qui forme la protubérance. Dans ce trajet, les fibres des pyramides s'entre-croisant de diverses manières avec les fibres de la couche susdite , et avec d'autres postérieurement situées , et un peu plus épanouies , sortent ensuite du bord supérieur de la protubérance et prennent le nom de pédoncules des hémisphères.

Beaucoup d'anatomistes ont compris sous le nom de pédoncules toute la masse qui se trouve derrière les faisceaux pyramidaux , et dans laquelle existent des portions des faisceaux antérieurs de la moelle spinale, des faisceaux de la commissure postérieure et des proéminences bijumelles; mais je prétends désigner seulement, parle nom de pédoncules, cette partie médullaire qui , sortie de la protubérance , passe devant une couche noire. Les fibres des pédoncules sont un peu divergentes et lais-

REGHmCHES HISTORIQUES. 63

sent dans leur intervalle un espace nommé antre de Malacame , dans lequel , sauf un léger straturn cendré, se voient les cordons mentionnés.

A la distance d*un pouce environ du bord supérieur de la protubérance, les pédoncules sont entourés des faisceaux optiques avec lesquels ils ont d'étroites relations par le moyen de nombreux fils qui , passant des rubans optiques aux pédoncules , s'entre-croisent d'une façon particulière. Au-dessus des faisceaux optiques , les pédoncules s'incurvent et laissent une cavité subovoïdale dans laquelle sont nichés les corps striés externes précédemment décrits. Autour de la marge du corps strié les fibres incurvées des pédoncules s'entrelacent de telle sorte avec celles de la lame de la couche externe, qu'il semble qu'une partie de ces libres vont aux processus des pédoncules et qu'une partie des fascicules de ceux-ci descendent dans les circonvolutions de cette couche externe.

Au-dessus des faisceaux optiques , les fibres des pédoncules se dilatent en formant l'éventail; il s'ensuit que les antérieures se replient sur la commissure antérieure et semblent faire corps avec son expansion olfactive. Do là ils vont former les circonvolutions qui occupent le milieu de la région frontale. Postérieurement , les fibres des pédoncules se plient fortement autour des faisceaux optiques et vont au lobe occipital et au lobe temporal se perdre dans les circonvolutions les plus postérieures qui existent dans ces régions.

Les fibres du milieu du pédoncule, apros avoir dépassé le corps strié externe, vont jusqu'au sommet de Thcmisphère et finissent dans les circonvolutions qui existent à son bord supérieur.

La lame médullaire des pédoncules , à peine sortie de la protubérance, passe au-devant de la couche de substance noire qui les sépare des cordons antérieurs de la moelle spinale. Au-dessus de cette substance, elle se trouve de nouveau en contact, pendant quelques lignes , avec les cordons susdits ; de là passe au côté des couches optiques et des fibres qui en sortent. Laissant

64 RECHERCHES HISTOBIQUES.

celles-ci à l'endroit où elles se courbent pour passer à la région du corps calleux , elle se trouve en contact avec les fibres médullaires qui viennent du rayhè. Avec ces fibres, la cooche fibreuse des pédoncules forme les circonvolutions de la mai^e interne des hémisphères.

Les fibres du pédoncule, dans le lieu où elles présentent la niche ovale qui reçoit le corps strié externe, semblent entre-croisées d'une manière particulière , et cela provient des fils nombreux qui du noyau du corps strié s'unissent avec elles.

Corpus genicuhium externum.

Tous les anatomistes ont décrit sous le nom de corps géniculé un petit tubercule qui se voit en dessus et sous Torigine du tractus optique ; on n'a cependant pas pensé à examiner quelles sont ses relations avec ce tractus et les parties voisines. Depuis long-temps, dans les quadrupèdes, le fœtus et l'homme adulte, j'ai vu que , de ce tubercule situé sur la marge postérieure des pédoncules, s'élève une couche de fibres qui passent sous le tractus optique, sur lequel elles se plient comme les fibres des pédoncules, et en même temps s'étendent dans la région inférieure et postérieure des hémisphères. Un fascicule de fibres enfin court en avant, derrière ce tractus optique, mais ne semble avoir aucune relation avec les couches optiques. Ce tubercule couvre, en outre, un fascicule qui s'élève des testes, court en dedans et se confond avec les fibres du pédoncule.

Couche du corps calleux.

Il a été dit que la face latérale des hémisphères est formée d'une couche externe bilaminée , que les fibres des pédoncules procédant de la moelle , couvertes de cette couche bilaminée , s'étendent jusqu'au sommet de l'hémisphère. Nous ajouterons qu'au milieu de ces couches droite et gauche se trouve la couche du corps calleux.

Pour bien connaître quelles étroites relations existent entre les couches optiques et le corps calleux , il convient de couper

BECnaiGHES lUSTORIQUES. 65

celui-ci suivant la ligne médiane et d'i5carter ensuite les deux hémisphères Tun de Tautre. Au moyen de cette opération, on met en vue les ventricules latéraux dans lesquels sont contenus les corps striés internes , les couches optiques couvertes de la voûte à trois piliers, et du plexus choroïde. Les couches optiques représentent deux éminences de la figure et de la grosseur d'un œuf de colombe, qui sont reçues entre l'espace triangulaire laissé par la divergence de l'extrémité postérieure des corps striés. C'est de la même manière qu'à l'angle postérieur de divergence des couches optiques s'ajoutent les éminences bi-jumelles souvent situées un peu plus bas.

Ces éminences qui, dans un cerveau placé sur une table, semblent situées horizontalement , de telle sorte que les nates sont antérieurs et les testes postérieurs, observées dans le crâne, ont ime position plus verticale, et les unes deviennent supérieures et les autres inférieures; il en part des faisceaux de fibres médullaires qui contribuent à la formation des couches optiques, et vont Aussi à la masse fibreuse des pédoncules.

La manière dont Reil a tenté de résoudre le problème qu'il s'était proposé , relativement aux rapports qui existent entre les fibres du pédoncule et celles du corps calleux , montre qu'il n'avait pu séparer d'une manière bien distincte les fibres de ces deux appareils. Les observations que j'ai eu occasion de faire sur le fœtus de quinze semaines et celles que j'ai postérieurement entreprises chez les animaux , m'ont persuadé que dans l'homme adulte on peut suivre les fibres du corps calleux depuis leur origine dans les couches optiques , et les nates jusqu'à leur nnion réciproque sur la ligne médiane ou raphé.

J'ai de plus observé qu'il existe dans les couches optiques une întrication de plusieurs parties étroitement unies, qui, pour être bien connue, demande les plus exactes recherches. En efet, on doit considérer dans les couches optiques le tœnia demi- circulaire, les pédoncules de la glande pinéale, detf fibres nombreuses qui viennent de l'intérieur de ces couches et d'autres qui viennent des nates , desquelles les inférieures se por- T. I. , 5

tent dans les couches optiques , tandis que les supérieures forment les racines des tractus optiques.

Il est facile de voir que dans le fœtus de quinze , seize et dixsept semaines, et dans beaucoup de quadrupèdes, on peut séparer un amas de substance cendrée placé sur la partie supérieure des couches ; et cela se peut souvent , mais avec plus de difficulté , exécuter dans le cerveau de Thomme adulte. En raclant cette substance cendrée de la face convexe des couches optiques , on met à découvert de nombreuses et subtiles fibres médullaires, qui s'étalent en arrivant à leur circonférence pour passer sur le corps strié interne. Dans ce point elles s'entrelacent avec les fibres du tœnia demi-circulaire , de sorte quelles viennent à se rassembler en fascicules plus distincts , plus gros en arrière, et plus divisés en avant par l'interposition de la substance grise. De ces fibres se forme une couche qui monte au milieu du stratum des pédoncules, et du corps strié interne jusqu'à la hauteur du corps calleux ; là ces fibres se plient en dedans , laissant celles du pédoncule , se dirigent horizontalement vers la ligne médiane , et passent sous le raphé pour se rencontrer avec celles du côté opposé et former le corps calleux.

Corps strié inteiifie.

Les fibres qui sortent en manière de rayons du bord externe des couches optiques, pendant qu'elles se rencontrent avec celles qui montent des pédoncules, forment une lame médullaire de quatre à cinq lignes de grosseur, qui s'élève au milieu des deux ♦ corps striés, puisque l'externe est appuyé sur les fibres d(s • pédoncules, et l'interne sur celles qui, des thalami, vont an < t5orps calleux. ^

Ce corps strié est une éminence de figure pyriforme , et ne 9§ distingue pas de Texterne seulement par cette disposition , mais aussi par sa composition. Le noyau du corps strié externe est une espèce de ganglion , un entrelacement de fibres médullaires très-compliqué; rien de semblable n'existe dans l'interne de figure pyriforme qui est composé de simple et homogène sub-

A stance grise qui s'interpose aux fibres susdites. Cette substanoa iJBie pénètre que rarement jusqu*aux fibres du pédoncule qui cou* .^rent en dehors.

Les observations faites sur leur développement montrent clairement que ces deux corps sont parfaitement distincts et ne peuvent être convenablement distingués par un seul nom. A peine cet amas de substance grise œmmence à être distinct obes le fœtus, qu'il forme une éminence allongée et courbée en arc, de telle sorte qu'il embrasse parfaitement toute la couche op* tique et les fibres qui en sortent, et ces fibres n'ont aucuni communication avec le corps strié externe.

Insensiblement , son extrémité postérieure se raccourcit et s'amincit dans le fœtus même ; d'où vient qu'elle présente enfin cette figure pyriforme décrite par tous les anatomistes dans l'adulte. Entre ce corps strié et la couche optique se trouve le tœnia demi-circulaire, dont nous parlerons en même temps que des petits cordons qui s'élèvent des éminences mamiUaires.

Faisceau Jibreux de la circonvolution qui cerna le corps calleux.

Parmi les circonvolutions les plus constantes, est facile & distinguer celle qui cerne le corps calleux et qu'à déjà signalée Vicq-d'Azyr. Je crois nécessaire de lui donner par le nom de processo a^isfafo , puisqu'il en naît un appareil singulier ou disposition de fibres médullaires non encore observée, quoiqu'il soit facile de la démontrer même dans les cerveaux les moins propres par leur mollesse à d'aussi délicatea recherches. En rasant la substance grise qui forme le côté interne de cette I cimmvolution, on découvre un faisceau de fibres médullaire! qui a une même direction. En examinant attentivement ses fibres, on peut voir qu'elles se continuent avec la racine interM dtt nerf olfactif à l'endroit où elle s'introduit dans la grande scissure , et forme l'extrémité antérieure du procesao cmtaio. De là , ledit fascicule s'élève dans le lobe antérieur et autour du bec du corps calleux : ses fibi*es s'ac<^roissent; et si dans le principe elles forment un fascicule de la grosseur d'une plume

68 RECHERCHES HISTORIQLES.

de corbeau, arrivées sur le corps calleux on peut dire quelles sont grosses comme une plume à écrire et de forme triangulaire. Conservant à peu près la même grosseur , elles s'avancent jusqu'à l'extrémité postérieure du corps calleux, sur lequel elles se courbent pour former ce processus que Vicq-d'Azyr dit contenir la corne d*Ammon; et, jointes au crochet, elles se résolvent en fibres médullaires qui vont au sommet du lobe moyen.

Ce faisceau de fibres médullaires , qui avec une très-grande facilité se sépare des parties voisines, envoie continuellement des fibres très-nombreuses qui i de son côté supérieur, s'élèvent en manière de crête tout autour du corps calleux.

Appareil fibreux des stries longitudinales de ReiL

Les fibres du faisceau qui forme le processo cristato ne sont pas tout à fait en contact avec le corps calleux ; mais entre celuici et le faisceau susdit se trouve une couche de fibres transversales très-subtiles qui , formant un petit relief aux côtés de la ligne médiane du corps calleux, produisent ces lignes longitudinales que Reil a nommées stries longitudinales latérales; et celles-ci, en laissant une dépression longitudinale médiane, donnent lieu à cette disposition qu'on a nommée raphé ou suture externe du corps calleux.

Du bord des susdites stries de Reil se dirigent en dehors des fibres médullaires qui passent entre le milieu des fibres du corps calleux qui viennent dp couches optiques et le faisceau du processo cristato. De là, priées en dessus à angle droit , elles abandonnent les fibres des couches optiques, qui descendent pendant qu'elles courent entre le milieu des fibres du processo cristato et celles du pédoncule , pour se répandre dans les circonvolutions situées au-dessus du processo cristato, et qui s'étendent jusqu'au bord supérieur des hémisphères.

S'il est très-facile de découvrir les fibres longitudinales du processo anstato et leur communication avec la racine interne du nerf olfactif dans le fœtus et les quadrupèdes , il n'est pas aussi

BECHERGHES mSTOmiQUES. 69

facile de voir les fibres transverses que je viens de décrire, et elles semblent manquer dans les cerveaux sans circonvolutions.

Septum lucidum.

Les éléments qui concourent à la formation du septum lucidum ont été si bien considérés par les anatomistes modernes , qu'on ne peut ajouter beaucoup à la description qu'en ont donnée Meckel et Tiedeman , tant chez l'adulte que le fœtus.

J'ai dit plus haut que la lame perforée tourne en dedans de la scissure qui divise les deux lobes antérieurs. Cette lame unie à une portion du tuber cinereum s'épanouit en une couche assez étendue , ajoutée en avant à la concavité du corps calleux et en arrière à la convexité des colonnes antérieures de la voûte. Le« deux couches qui viennent de droite et de gauche au contact Tune de l'autre ont une figure falciforme , dont la partie la plus aiguë est celle qui doit se prolonger entre la voûte et le corps calleux. Ces couches ou lames fibreuses sont composées de fibres médullaires intérieurement couvertes de substance grise; elles donnent passage à la commissure antérieure.

Ces deux lames n'étant pas en contact parfait l'une avec l'autre, il résulte de leur écartement une cavité toujours plus grande dans le fœtus que dans l'adulte , et on l'a nommée ventricule de Sylvius ou du septum lucidum. Ce ventricule communique au-dessus de la commissure antérieure par une ouverture triangulaire avec le troisième ventricule.

Vaàte et co7*ne d'Ammon.

Un cordon médullaire qui vient des pédoncules des hémisphères ou s'avance entre eux et les faisceaux antérieurs de là moelle spinale dirigés vers les couches optiques , peut être considéré comme Torigine de l'appareil singulier qui comprend la voûte et la corne d'Ammon.

Ce cordon , joint aux éminences mamillaires , se divise en quatre cordonnets. Le plus interne et le plus subtil s'élève de

réminence mamiilaire , et par ia marge supérieare des couches optiqaes va 8*unir aux pédoncules de la glande pinéale, plos X visible dans l'homme adulte que chez les quadrupèdes , dans quelques-uns desquels elle est épanouie en manière de pinceau. Le deuxième, plus gros, pénètre dans la substance de la couche optique couvert d'un stratum de substance grise, et s*élève jusqu'au corps genouillé antérieur. Dans ce trajet il prend un aspect de ganglion duquel sort un grand nombre de filaments très-subtils : Meckel dit qu'il s'épanouit en éventail. Le troisième cordonnet fourni par l'éminence mamiilaire , mais qui me semble souvent venir des parties voisines des pédoncules cérébraux , est celui qui , en s'élevant , se porte dans l'intervalle des corps striés internes et des couches optiques, et est connu sous le nom de tœnia demi-circulaire; celui-ci mérite une attention particulière. On ne pouvait avoir d'idée un peu exacte de l'importance de ce cordonnet sans examiner le cerveau du fœtus de deux à trois mois. A cette époque, on découvre que ce cordonnet de fibres médullaires, à mesure qu'il s'étend en arrière par le sillon mentionné , envoie des fils très -subtils ou des fibres qui s'entrelacent avec celles qui viennent des thalami et se distribuent en petits faisceaux beaucoup plus distincts que ceux des autres parties. Cet entrelacement entre les fibres du tœnia et les faisceaux du stratum de la couche optique semble s'étendre en partie aux fibres du pédoncule, raison pour laquelle ces deux strata sont étroitement unis entre eux dans cette direction.

Il a été observé par Vicq-d'Azyr, et d'autres anatomistes ensuite, que le tœnia semi-circulaire outrepasse le sillon intermédiaire aux couches optiques et aux corps striés et se perd dans le lolie médian. Ayant suivi avec beaucoup d'attention ce cordonnet , je me suis assuré qu'il tourne au dessous des ooaches optiques, et de là, parallèle au corpus fimbriatum , va jusqu'au tubercule nommé l'onglet s'unir avec les fils ou fibres qui occupent le côté opposé de celles qui viennent de la lisfereBa Pmbriaia.

UCHBECIO» HI8TOiaQUB8« 71

Enfin» des proéminenoea înamilloires 8*élëve un quatrième cordonnet , lequel se courbe en dehors et s avance jusqu'à la commissure antérieure. Celui de droite s'unit à celui du côté opposé , ce qui forme la colonne antérieure de la voûte. Dans ce trajet sont deux cordons étroitement unis avec les lames du septum lucidum.

Les deux piliers antérieurs , en devenant plus filamenteux » s'aplatissent et forment les cotés très-divergents de la voûte, et leurs fibres vont former cette partie des colonnes postérieures ou corne d'Ammon qu'on appelle corpus fimbrialum, et qui va finir au sommet du crochet, uncino. Toutes les fibres qui vien- .nent des piliers de la voûte ne se continuent pas dans cette liste-relia, bandelette médullaire; mais plusieurs s'épanouissent sur la substance cendrée cachée dans la corne d'Ammon qu'elles entourent dans leur direction oblique.

Si les côtés de la voûte sont formés de ses piliers , je crois que les parties de son milieu et celles qui l'unissent au corps calleux viennent des productions du septum lucidum.

Il a toujours été observé que dans la face inférieure de la voûte il existe des fibres transversales ; c'est pour cela qu'on a donné le nom de lyre à cette région. On a cru aussi que le bord postérieur de cette partie était formé par le retour des fibres transversales du corps calleux. Mais la disposition que j'ai obser\ée dans quelques quadrupèdes et dans le fœtus me fait croire que ces fibres sont de formation postérieure et distinctes des fibres postérieures du corps calleux. Ce faisceau de fibres transversales, bourrelet de Vicq-d'Azyr, au lieu de s'unir à celles des colonnes postérieures , s'épanouit de manière à entourer la substance grise repliée et renfermée dans la corne d'Ammôn. De plus, ces fibres contournées de cette manière présentent une couche très-subtile dans laquelle les fibres sont disposées en spirale.

La couche de fibres transverses , aussi bien que celle des colonnes postérieures , sont séparées dans le fœtus , jusqu'à une certaine époque , du bord postérieur du corps calleux et des hé-

72 EECHERCHES HISTORIQUES.

misphères; mais quand le fœtus atteint son septième mois, elles se trouvent réunies.

Au-dessous de la couche transverse susdite , et à la distance de huit à dix millimètres de la ligne médiane, poussent deux cylindres de substance cendrée qui , en se grossissant , s'étendent en dehors dans la direction des colonnes postérieures de la voûte; et couvertes des fibres susdites, savoir, des fibres des colonnes postérieures et de la couche transverse du corps calleux, forment la partie ôentrale de la corne d'Ammon. Ainsi, un bord reste découvert et privé de fibres médullaires ; on voit ainsi courir dans la direction de la bandelette , dite corpus Jimbriaium^ un petit cylindre ou strie crêpée, dentelée, de Vicq-d'Azyr.

Le mémoire de Rolando reproduit pour ainsi dire mot pour mot , tant il m*a paru difficile d'en donner une idée juste en se bornant à des extraits de ce travail , est une preuve éclatante des progrès introduits dans l'étude de ce système à la suite de la puissante influence communiquée par Reil et par Gall. A coup sûr, tout ne me paraît pas à l'abri de critique dans les déterminations du professeur de Turin; mais la direction qu'il a suivie est bonne et lumineuse , son . étude des circonvolutions est excellente quand on n'y veut voir qu'une peinture de ces organes, sans efforts pour arriver à leur étiologie physiologique.

Quant à sa manière de concevoir l'organisation du corps calleux , il est bon de faire ressortir qu'il y voit deux couches : l'une superficielle, composée de fibres transversales qui naissent de chaque côté du raphé et vont ensuite se combiner avec les circonvolutions de la face interne des hémisphères; l'autre profonde, procédant de la couche optique. Rien de tout cela ne me paraît d'une rigoureuse exactitude ; cependant, il a suffi que Rolando fît procéder en partie le corps calleux des couches optiques pour que quelques personnes , informées partiellement de la manière dont la structure du corps calleux est envisagée dans le travail sur lequel j'ai précédemment inséré le rapport de M. de Blainville , aient vu communauté de vues sur ce point entre le professeur Rolando et moi-même; il sera facile d'éviter

micnimcm» hisyomqvbs. 73

cette errear en considérant avec quelque attention les idées des deux auteurs, parfaitement distinctes, ainsi que le sont d'ailleurs leurs procédés de démonstration.

Il est vivement à regretter que Rolande , qui avait tant étudié les circonvolutions des animaux aussi bien que le reste de leur encéphale, n ait pas jugé convenable de publier le résultat de ces ol)servations, et n'ait pas insisté davantage non plus sur lanatomie du fœtus humain. Le haut mérite de son mémoire peut donner une idée de ce qu'il était capable de faire dans ces deux directions. C'est à lui que remonte , si je ne me trompe , la première étude profonde et consciencieuse des circonvolutions cérébrales.

Tiedeman aussi s'est occupé de cet important sujet. Enfin , dans ces derniers temps , un médecin français a repris l'étude des circonvolutions; M. le docteur Leuret a fait faire et publié grand nombre de planches sur cette matière ; il a cru pouvoir déduire de ses recherches que les circonvolutions ne sont pas en rapport avec le degré d'élévation de l'animal dans la partie de la série qu'il occupe, et même que l'homme , ce roi de la création , n'est pas plus favorisé par le nombre et le volume de ses circonvolutions que le sont d'autres animaux, l'éléphant par exemple.

Cette remarque sert d'arme à M. le docteur Leuret pout combattre les doctrines diverses qui considèrent les circonvolutions cérébrales comme l'organe nécessaire aux manifestations intellectuelles.

Personne n'apprécie plus que moi l'esprit, le courage, la persévérance dont M. le docteur Leuret a fait preuve dans ses recherches. Mais ce mérite ne l'a pas mis à l'abri de conclusions que je crois erronées.

On peut d'ailleurs remarquer, en suivant les travaux successifs de cet auteur, que plus il avance et plus il accorde d'importance au cerveau dans les manifestations de Tintelligence à l'état normal et à l'état morbide. Quelques progrès encore daiis cette direction, et M. le docteur Leuret ne sera plus l'an-

74 RECHSRCVES HlSTOniQUESt

tagoniste direct de plusieurs des théories centre lesquelles il s est le plus fortement prononcé dans ses premiers écrits.

II n'y a jusqu'ici de publié du travail anatoroique de M. Learet que la partie relative aux animaux. La plus importante pour notre objet , celle qui doit traiter de lencéphale humain , man* que encore ; et cette raison m'empêche de donner ici Tanalyse des parties imprimées.

On pourrait dire des circonvolutions cérébrales ce que Baglivi disait des observations en médecine : At non numerandœ, sed perpendendœ sunt , et bien pesées , bien analysées , les circonvolutions cérébrales de l'éléphant doivent être, et sont en effet, si je ne me trompe , à une distance énorme de celles de Tencéphale humain.

Dans le courant de l'année 1839, l'auteur du présent ouvrage étant arrivé à de nouveaux résultats qu'il crut assez importants pour être communiqués à l'Académie des Sciences et à l'Académie de Médecine, adressa à l'une et à l'autre de ces sociétés un mémoire contenant l'expression abrégée de quelques-unes de ses conclusions.

Les rapports faits à l'Académie des Sciences par M. dfl Blainville, et à l'Académie de Médecine par M. Blandin, exposeront les points principaux contenus dans ces mémoires, et termineront la partie historique de cet ouvrage.

Mais avant de reproduire ces rapports , il est juste que je fasse connaître un travail de M. le professeur Gerdy , antérieur au mien, et dans lequel se trouvent décrites des' dispositions fort remarquables. Dans les mémoires sur lesquels portent les rapports de MM. les professeurs de Blainville et Blandin, plusieurs des remarques qu'avait faites le professeur Gerdy se trouvent reproduites.

Le lecteur pourra juger, par quelques différences dans les parties où ils se rapprochent le plus , la direction propre à chacun des auteurs; mais je tiens d'autant plus à proclamer Tantériorité des observations de M. Gerdy, qu'à l'époque où je lus mon travail à l'Académie de Médecine, je n'ai pu rendre aux re-

cnLiire, dool la concavité lejardc eu avant; die a deux liords : un supérieur et un inférieur au milieu, uu iuicriie ei l'auirc externe s'ir les côtéM. Le sii|H'>rîeur est formé par le corps calleux, l'inférieur par les tuLcrciiles quadrijumcaux; ri-xlorne est formé par la lèvi^, qui est une circonvolution grise en dessous (17,/^. 1 4)- La lèvre est hordce par une rirtM>iivo!ution plus étroite, seinhiaide à une peiite corde ou cylindre dentelé (46. /*»/. i4), e'esi le dentelé; cl par hfratujr [^^,Jifj. i4), peliie lundelelle médullaire qui recouvre le dentelé en haut et profondément. Le l)ord intrrne est formé par le pédoncule et son renfleinent, connu sous le nom de coiiclie opiique {St^Jitj. i3; 4'» i'*-,fy' i4)« Pour plus de brièveté, j'appellerai souvent ce reoflenieui pur le nom ^itfittLOS, qui a une composition étymologique et une signification analogue.

Sur les côtés de la ligne médiane s'observe la surface inférieure des lobes latéraux, subdivisés en lobes ou lobules , et d'abord la surface du lobe antérieur, puis la scissure temporaL' et ce crible latéral percé dans unir lame jaunâtre soHS-temf)orale (17, /iy. 1 3\ qui faii suite au corps calleux et se montre à nu en dedans de la scissure tem|iorale. Cette lame se prolonge en an ière jusqu'au pédoncule. Au delà de la scissure s'observe le lobe moyen ou tem)»oral (18,^5. i3), qui présente entre autres cbuses à citer, dam M circonférence antérieare et interne, une tubérosité antérieure et une tubérositê interne arrondie.

A la surface, et dans l'épaisseur de la lame sous-tcniporale, s'observent en dedans la racine interne des olfactif* {s%fi(f- 13); en dehon» la racine externe, qui Knit par dispa» nitre dans la substance de la lame sous-tempora!e , sans se continuer jamais avec les bisceaui antérieurs des pédoncules (6, 17,^. i3). Nous démontrerons que ceux-ci •ont toujours embrassés par la portion antérieure recourbée du corps calleux, la lame sou» temporale, qui y fait suite. Il n'y a pas de scissure, il n'y a qu'une large dépresyion oblique pour distinguer le lobe postérieur d'avec le moyen.

Les lobes latéraux ont trois surfaces à l'extérieur ; ils sont convexes en haut et en dehors, irrégulièrement aplatis en bas, régulièrcuienl aplatis en dedans, côté par où ils s'appliquent l'un à l'autre comme les doux quartiers coniigus de l'Iiémispbère d'un aaf durci par la coction cl divisé d'un bout à l'autre. Toutes ces surfuccs sont d'ail- Irars couvertes d'anfractuosilés et de circonvolutions. Les circonvolutions du cerveau foot des lames épaisses cpii s'élrvent de sa substance et se portent généralement à la périphérie i chacune présente deux surfnres conligui'.s tipissées par la pie-mère, un bcird continu \ la masse centrale, un bord libre arrondi , pins épais en {;énéral et plus lotig que les lames elles-mêmes, parce cpic ce bord , lonrné à la cii conférence, peut occQper plus d'espace. \\ est généruleuioni visible à la snpnrHcle di* l'organe. Les Unes sont oudiileuses, s'embrassent réciproquement dans leurs sinuosités et dans leurs cootours. Souvent leur bord libre présente des déprcjc^ions, des écliancrures, des niions qui les coupent obliquement ou en travers et semblent en inrerrompre la contiouiié. Néinmoins leur conlinuiié s'étend souvcnl beaucoup plus loin qu'on ne le croirait en les examinant teulement à la surface du cerveau; souvent aussi elles se rabdiviseni , suivant leur épai.*>seur, en plusieurs lûmes dont quelques-unes, petites et courte», se cachent entre les autres. KnHu, les circonvolutions eu reçoivent d'autres avec lesquelles elles se continuent.

Le lobe antérieur pré«<'nte à sa surf:ice inférieure la circonvolut'on cérébrale susf^riiutiix, plus ou moius ondnieuse, qui repose sur la voikte nrbitaire en dehors et en «n-ière. En se rccouibnnt, e'ie se continue en dedans {',Jifj. i3) av.îc la circonvolu-

lion olfactive externe ; celle-ci, couslamiueni dirigée en avant , te recoarbe là en wri6re,'Cl se continue avec la circonvoluliun offactive interne (3, yf^. i3) qui lui eH parallèle {S, /itj. i3), et en est séparce par une anfractnosité f|n*ocru|»c le nerf da lolfaciiun [^^fij- i^). (-c nerf lire sa racine sti|u'riciire de la partie b plut reculée di ccuc aiifracluosiié olfactive.

Le rôle interne tics lobes lalëraiix présente une circonvolution annulaire constante, mais d'une rcgniaritc variable; ellt; commence au-devant du corps calleux ou plaf.ail du cerveau, on elle se continue a\cc la circonvolution olfactive Inierue. De 13b eWc M porte en arrière le lonj; de la surface supérieure du plafond ou mcsolobe jusqu'l mm bord'posti'-rienr [Agi/iij. i4)> <]nVIle embrasse en se recourbant en b.is, |K>ur aliène terminer vers la tubèi^tsiiè interne obtuse du lobe temporal à la partie ioférienreda cerveau. Depuis le bord postérieur dn coi ps calleux jujique vers la tubërosité du lobe temporal, elle ferme le honl on la lèvre de Ut Louche vcntriculaire {^'J,fig- »4). Am» extrémité antérieure et inférieure, cette circonvolution froncée et recourbée s'attadM en debors du nerf o[iliqne, au-dessous du pédoncule, de manière h fermer là (lo, fia. 1 3) l'ouverture venirieulaire. Cette circonvolution forme par conséquent un lunf anneau ovalaire, qui, se ponant depuis l.i tubérositc dn lobe temporal, derrière, andessus et au-devant du corps calleux, l'embrasse dans son cercle et te continue en avant, sous le lobe temporal antérieur, avec la circonvolution olfactive interne.

Voilà un prenu'er anneau qui entoure à la fois le plafond et le pédoncule; c'est U anneau lolmire, parce cpiM appartient au lobe. Cet anneau borde quasi parfont, comme une lèvre, rouvcriure de la cavité dont le lobe est creusé, et où pénètrent k corps calleux et le pédoncule. Cet anneau neA interrompu que par la partie inttnn de la scissure temporale. La circou>olutlon annulaire qu'il forme reçoit en deborf, sous le bord iuterne dn lobe temporal, plusieurs circonvolutions longitudinales, q«l viennent de la surface inférieure du lobe postérieur du cerveau, et qui la (^sslssoil considérablement. La circonvolution affnulaire s'unit cnHn au-devant du l(»be teoi' poral avec une circonvolution temporale qui suit la scissure de ce nom. De ces circonvolutions , celles de la surface inférieure du lobe postérieur se contituient ei s'éloignant de Tanneau lobaire, les unes en dedans et en arrière, les autres en delioii du lobe postérieur, et la temporale en debors du lobe moyen. Je ne donneiai pas la description des circonvolutions (*%ierncs des lobes dn cerveau. M. Leuret,qui les a'étodiécs avec beaucoup de sa(;aci(é, les fera ircs-bieii connaître. Si je les décrivais idf je courrais les ris(iucs de le faire moins bien que lui, ou de reproduire en mon nom une partie de ses observations qu'il a bien voulu me communiquer.

La cavité du lobe a son oriHce ic.scrit dans la circonvolution annulaire qui en horde partout l'entrée, excepté an point où elle est divisée par la partie interne de la sd»» sure temporale, comme je Tai déjà dit.

Ih'S commissures. — Les deux lobes cérébraux cl leurs {lédoncules sont rontigusfC réunis l'un à l'autre par leur côté voisin, au moyen de plusieurs commissures blanches» ou grises. Ce sont de haiu en bas : i" l.- corps calleux ou mésolobc, que j'appelle quel— quefuik le />/«/»>«</, parce qu'il forme en cfTel le pl.ifond des cavités du cer%'eau qiie^ je nomme ventricules supérieurs; 2'* la voûte à trois piliers, que j'appelle la noJtoctf qui est ainsi nommée parce que c'est une lame iriaugtdairc courbée en voûte aa— dessus du ventricule moyen, et qu'elle pré*>ente, en outre, trois prcdotiQrmenIs des-* cendants à cbacnii de ses an»les; bien que raniérieur fini>sc par se bifurquer; i* hm

MCHEACHES HISTOBIQUES. 79

i 9Diéneun, en forme de cordon transTertal (19, 20, fy. 6, et 31 , Jig. 16, et ao, a3>, ^. i4)» que j'appellerai quelquefois, pour abréger, le œixlon; ^'*\n conimitMire |KHtêrieare , petit cordon aplati, fort court; 5** la conimiiaure opiiqne (34, fig. 16), qui n*est qu'une adhérence entre les deux renflcineuls appelés couclies optiques; &* les faisceaux conartens (24, a6, 27, Jî^. 16), qui du conarium {2Ç),fy. 16), dont ils tirent leur nom, se portent en avani jusqu'aux luainelons; 7° la lame sus-optique (11, Jig: i4) placée au-devant et au-dessus du carré optique; S** le carré ou clitasma (10,^. t'i, ci 16, fy. i4); y* le luljcr cincrcum [iG^ Jig. i3), qui est placé derrière et donne naissance .'1 la tige pituilaire {11, fg. i3) ; 10" euHn, l'adliércucc des pédoncules cérébraux (34>y*17' i^)*

De toutes ces commissures, le corps calleux on nicsolobe en est la plus élevre; il fignre entre les lobes du cerveau une lame quadrilatère allongée qui se recourbe vers la surface inférieure de Torgane, par-devant, par-Hlcrricre, et qui, Ui, se continue pir son angle postéiieur avec la corne d'Anmion.

Mais par It s côtés il s'insinue sous la circonvolution annulaire qui borde Fouveriure de la cavité du lobe, s'attache h la surface interne de toute la circonférence de Toufertnre de b cavité, en se confondant avec la substance médullaire qui la tipii^se. Comme il embrasse le pédoncide d'avant en arrière et de baut en bas, il Jorme un éenxihne anneau dans te cerveau, que fa/tpeltc méjtohiaire.

11 présente encore sur la ligne médiane, à sa surface supérieure , un raplié f mné ie deux Blets longitudinaux, qui, suivis dans toute leur ctenilue, se montrent sous la forme de deux grands anneaux cérébraux. Ces Kleis, parvenus au bord antérieur du cor|>s calleux (8, g^ Jig. i4)* s'amincissent plus ou moins suivant les sujets, et vont l'unir aiec le carré optique {7.i,Jig, i4); ensuite ïU se prolongent chacun de leur côté en dehors et en arrière, d'une manière plus ou moins distincte d:ins la lame sons-ten • porale, en formant un ruban ou un fdet SHS-oplique, que j'ai quelquefois s»uivi jusque Rw» le pédoncule, entre le pédoncule et le nerf optique {21, Jig, i4) ; mais souvent < e filet se confond vers le nerf optique dans la lame sous-tcmporale, sans qu'on puisse W MÎvre plut loin.

Au hord postérieur du plafond (49, Jig. i4)> <^cs ^^cls du raphé se recourbent m t'écartant l'un de l'antre, pour se continuer tuntûi d'une manière évidente, t.intût (fone manière douteuse, avec la rirconxolution ctruiie, giisc et dentelée, connue •ous le nom de corps dentelé {Sfi^Jig. i\). Us forment un IwisHme anneau ; je te Hé" t'»inerai sous te nom d'anneau du inpité, bien que dans certains cas il soit impossible d'en suivre la continuité partout.

La voûte continue en apparence avec le bord postérieur du plafond {4\),Jig. i4) refilé en bas eu bourrelet, s'avance au-dessous de cette commissure supérieure jusqu'au milieu de sa longuenr environ, où elle s'en éloigne nn peu de liant en bas et en i^aat, de sorte qnc l'espace qui les sépare devient de plus en plus haut en avant. L'iBgle, ou pilier antérieur de la voûte se porte eu bas en se bifurquant ( 1 5, i^, 18, ^fig. <>), et ses faisceaux descendent dans les tubercules maniillaires (3o, 3o,Jig. i4). 8a angles latéraux et postérieurs {\SfJig- i4) *^ conliunent en bas avec la bandelctie Mtomée le corps frangé ou la frange {t\S,Jig. i4]t qui eu est récllenieut la suite; celle-ci se prolonge elle-même jusqu'à rexlréuûié antérieure de la lèvre. Cette baudelette figure les piliers latéraux de la voûte. La voûte forme ainsi an quatrième anneau autour du pédoncule; c'est Vanneau de

la voâte; et ce double anneau, comme celui du plafond, unit en même temps lesdeu lobes l'un à l'autre. ,

La bmc sui-optique (i3, 21, /ig. i4). parcourue d'avant en arrière par lesfiktt suS'optiquef, e»( si étroite qu'elle n'occupe que la ligne niécUa ne ; elle est mince aa bord aniérieur du corps calleux (11, Jig. i\) qu'elle prolonge , sous le cerveau; de devient plus épaisse en arrière; là elle s'attache d'abord au carré optique, el pwsie confond plus haut et plus profoudénicnl que le plan de sa surface iiiGérieure arec le tuber cincreum prolongé au-dessus du cbiasma; enfin elle se iixe au-dessus de k commissure autéricure, et au-devant de la bifurcation du pilier aulérienr de b vote; sur les côtes cette lame se confond avec la lame sous- temporale {t'^tfy- i3),fn s'unit au-dessus de la lame sus-opiique avec celle du côté opposé, pour coocooriri former la cloison du cerveau qu'on nomme seplum lucidum^ et dout ootu reparkmai plus bas (19, 17. /7 1,4)-

Ces commissures, le plafond en haut et en devant, la laine sou»-temporale en bu et en dehors de lu ligne médiane, l'angle antérieur de la vofile en arrière, circooicri* vent un espace triangulaire à base antérieure et arrondie; cet espace esc divisés deux par une cloison appelée sepUim lucidum^ parce qu elle est légèrement transprenie (12, ly^Juj. a et 4); lc> deux espaces lat(*raux qui résultent de cette divisiai concoureut à former la partie supérieure des ventricules latéraux, ou, pour plus 4e brièveté, les ventricules supérieurs,

La commissure postérieure est placée en arrière an-dessous de la voûte; c'est ■ petit ruban transversal. 11 tient en arrière et en bas au mésocépliale, et pair ses deu extrémités aux couches optiques; il se continue là avec le faisceau oonarien, dootji parlerai plus bas.

Sous la voûte s'observe une membrane nommée clioroïdienne, qui en tapisse la s«F> face inférieure, se prolonge latéralement jusqu'au delà de ses bords, et flotte cooMl âne draperie dans les ventricules inférieurs et supérieurs (n"* i4t i5, Jig. 5, 6, 7,9, 10; n<>« i4t i3, fig. 8, et i^tfg. 1 1^ l'-Hc y forme les plexus choroïdes qui euioorcat les pédoncules d'un cinquième anneau que j'appelle choroidien. La toile cbofoidicaae est encore en même temps une sorte de commissure membranetue, qui anit les lobes du cerveau l'un à l'autre.

La commissure antérieure on le cordon (19, 20, Jig. 6, et ao, i^tjig. i4tetil, Jig. \6) est placé en travers au-devant de la bifui cation du pilier aniérieur de la voûie» et im peu uu-dessous, de manière à circomicrire une i)ii«erture étroite avec l'aii^d* la bifurcation; c'est un petit cui-de-sac sottement appelé vulve, qui est formé tm avant par lu partie supérieure ou profonde de la luroc sus-optique : ce sera le tmt borgtw du ventricule médian.

Le tuber cincreum {iO,Jig. i3) est nue niasse de substance grise, circonscrite ettérieuremenl par rintervalle triangulaire des nerfs optiques, du carré de même ttom et (les tubercules niamillaires ou mamelous. Ce trian^'le e>t une commissiire qui MumUune multitude de parties. Il se lie en avant avec la lame sus-optique en se cliasaat. an-dessus du chiasiiia, au-dessous et au-devaut de b commissure antérieure; il te continue en dehors, au-dessus des nerfs optiques, avec les filets sus-optiques, la Imw sous-lemiK>rale, plus profondément et laiéralement encore avec la commissure opti^«e et les opiicos dans l'étendue variab'e de une à six lignes d'avant eu arrière. Il se fn» longe en arrière au-dessus des mamelons, autour des faisceaux du pilier antéricoré»

b Toiiie, da conariom et du pédicule , qui tons trois aboutÎMent de haot en has dans chaque mamelon; la substance du tubcr dnereum sViend ainsi de bas en haut jusqu'à IVlhcrcnce de« |>cdonciiles ccrcbraiix l'un à l'autre; enfin il rattache au cerveau le corps piiuitaire. L'union ou Tuccolement des pédoncules derrière les tubercules mamilbires cooiplèle les moyens de jonction des lobes du cerveau. Le tuber dDereum est très-épais le long des nerfs optiques et entre le chiasma et les mamelons. La commissure optique forme tantôt un simple cordon (34»^. 16), tantôt une sorte lie lame grise de deui à six lignes de long, d'une largeur variable, dont le bord antérieur concave embrasse làcbemeui le pilier antérieur de la voùie à sa bifurcation, dont le bord |K>siéricur est également concave, dont les bords latérdux adhèrent aux reoflemenis optiques des pédoncules {^G^fg. 16), les unissent l'on à l'antre en se contiouaoi en bas et laicraicment avec le tuber cinereuro. Sa surface inférieure, concave par suite de cette dis^position, circonscrit avec le tuber cinereum, dont la face supérieure est également concave, un tube médian longitudinal de six lignes de long en- Tiron chez ccruios sujets. Mais que cette commissure soit disposée en lame ou reuerrée ennin petit cordon, il résulte toujours de sa continuité avec les côtés du lubrr cinercum un anneau médian qui unit ensemble les deux lobes cérébraux. Nous retroovuns une disposition semblable dans le conarium et ses faisceaux. En effet, les fiJKeaux partis du conarium (21), fiy. 16), qui les nuit, se portent en dehors sur les o|Nicos (37, 24, fy. 16), et de U descendent dans les mamelons unis l'un à l'autre; ik forment donc ensemble un deuxième anneau médian, qui unit les deux pédon* coles par Tintermédiaire du conarium et d<» tubercules mamillaires.

Entre la voûte qui est en haut, le tuber cinereum et l'union des pédoncules qui se voient en bas, entre la commissure antérieure et la postérieure, se trouve par consé« queo^ un espace très-resserré latéralement par lei pédoncules et leur renflement postérieur ou optique : c'est le ventricule médian ou moyen. Lorsque la commissure optique forme une lame de cinq à six lignes de long, il est divisé en deux cavités tubn- Waies horiiontales, dirigées d'arrière en avant, séparées l'une de l'autre par la CMDDjissure optique, et communiquant l'une avec l'autre par-devant et par-derrière la coiDinissore.

Pédoncules cérébraux. — Maintenant que nous connaissons la surface extérieure et lo commissures du cerveau, voyons quelle est la disposition de ses pédoncules : ce vnA deux prolongements coniques (a3, a3,y!^. i3, et 3i, 3i , Jîg, i j), à base tournée en avant et en dehors. Nés de la protubérance ou mésocéphale , ils se portent dans U cavité de chacun des lobes pour s'y fixer; mais leur volume est si considérable, qa'ilila rédnisent à un sillon ou ventricule circulaire, à peu près comme fait le pé- •loDcoIe qui remplit le chapeau sphéroïdal d'un diampigoun. Les pédoncules présenmi uiccessivement, d'arrière en avant, à leur surface supérieure , un reuâemenC pottèieur qui est l'opticos (17, 26 , Jig. 16), et un renflement antérieur qui est le cofpitlrié (20, fig. 16); celui-ci n'est séparé du précédent que par le tœnia semicircalaris (sS, 28, fig. 16), que, pour abréger, je nommerai simplement tœnia.

L'opiicus occupe les côtés interne supérieur et postérieur ou externe du pédoncule, aforeiant un sixième anneau cérébral, continué par le nerf optique; et comme il >Acre à celui du côté opposé, les opticos forment à la fois un anneau pédonculaire et UM commissure ; il se présente à la surface inférieure des couches optiques pla- *K«ireoflemeiiU tecondaires, parmi leaqucb j'en distingue trois que je désigue-tout T. I. 6

le nom de genoaillëf : l'an occupe la partie p stérieurc et ioieme de Topticof (19, fiq. i3« et iiffig- i4)» ^'^^ '^ genouillé interne, qnc je nomme postériear, pour le distinguer def deax autres; l'autre est placé en avant du premier {i^^fig. i3, et 35, jig. i4)» c'est le geDOuilié antérieur que les auteurs ont nommé externe; le troisiène sera le genouillé esteme, il est en effet placé en dehors des deux autres (3i, Ji^. i3, et 4** y^' '4)> et *ur un plan plus intérieur que le précédent. On en distingae même parfbis nu autre plnsfietii, qu'on peut négliger, parce qu'il est trè»>inconstant.

Les deux premiers tiennent aux tubercules quadrijumeanx, chacun par un faiseets très-flsiblc, que je désignerai simplement par [e nom de sous-jumeau, et que je db« tinguerai en supérieur et interne qni va au genouillé postérieur, et en inférieur qui ▼ft an genouillé antérieur.

Le corps strié {^o,Jig. 16) est le renflement antérienr du pédoncule. Il est composa de parties si différentes que les termes reçus sont insuffisants pour les décrire; je sais donc olt>ligé d*y suppléer. Il présente à l'extérieur du pédoncule an renflement cendré qui a la forme d'une poire recourbée, dont la base {i^,fg. 16), tournée es avant et en dedans, se loge dans la courbure antérieure du plafond (10, 12, a3, 3], fig. 16); dont la qncue, tournée en arrière et en dehors, se contourne llb sous le pédoncule, pour se diriger de nouTeau en ayant dans la partie inférieure du tentricnle latéral ou infiérieur, sons la forme d'un ruban grisâtre, étroit, plus ou moiiu aplati {20, Jig, i3) : il figure ainsi un septième anneau complet autour du pédoncole. Je l'appellerai l'anneau cendré quand je parlerai de l'anneau qu'il forme. C'est plat spécialement ce cendré supérieur annulaire que les anjtomisies appellent le corpi strié. Or, ce n'est là qu'un des cléments du corps strié, qui est beaucoup plus coqsidérable.

Le tarnia commence en avant, en bas et en dedans du pédoncule, entre le corpi Strié et l'optiros (19, fy. \G), en dehors de la cloison, à laquelle il tient même m peu; de là il se dirige obliquement en haut, en dehors et en arrière dans rintenralle de l'opticos et da cendre supérieur qu'il sépare (a5, ftg. 16). ParTcnu en dehors et en arrière dn pédoncule, il le contourne de haut en bus pour se prolonger en avant et en dedans le long de la queue du cciulré supérieur {Wy fig. \i) qu'il accom|»agDe (13, fig, ta); et il finit en s'éiargissant au-dessus de l'extrémité antérieure de la lèvre (20, fig. i3), qu'il semble concourir à froncer à sa terminaison.

Le taenia forme donc un huitième anneau qui entoure le pédoncnle presque toot entier entre l'opticos et le cendré supérieur.

Cavités cérébrales. -—Varmi ces cavités, il y en a une de chaque côté, qui consisie dans no sillon intermédiaire à la circonvolution annulaire et au corps calleux. O sillon est dû à ce que le corps calleux s'avance jusqu'à une petite profondeur avant de se confondre avec la substance médullaire du lobe. Cette première cavité est en quelque sorËp extérieure comme une anfractuositc; les autres sont intérieures, mal» leur ensemble tourne autoiff de chaque pédoncule. L'une d'elles est intermédiaire S ces pédoncnfes. Les premières sont les ventricules latéraux supérieur et inférieur, }m dernière est le ventricule médian. Le ventricule supérieur forme la partie supérieur^ du sillon qui entoure le pédoncule, et commence en avant dans la courbure antérieari? du corps calleux (ta, i^,fig. 16); de là il se prolonge en dehors, en haut et en ar^ rière, borné en haut par la surface inférieure du plafond (23, fig, t6), en dehors e^ en bas par la surface du cendré supéricnr et du tcenia (ao, a5, fig, 16), en bas et ect

RECHEBCHES HISTORIQUES. 83

deddns par la fiic« snpér.'fiire de la lame sous-teinporulc (19, 17, fig. i, 4) > pins loin en arrK-re par la surfîice supérieure de la voAie el le plexus choroïde (i4, i5, yiy. 5, 7), en dedans par la cloison céri'hrale (12, 17, fig. i, a, 3, 4) t'i Irs adliércnccs loêdianes que le plafond et la voûte contractent enseuildc. Tout le long du bord latéral de la voAre, entre ce bord, le taenia et Vopiicos, rè{tne la fenie ou bouche Tentrictilaire que bouche le plexus choroïde embrassé par la mcjiibrane vcntriculaire, qui dn moins y adhère tellement qu'on ne peut les séparer.

Toute cette première portion de la cavité ventriculaire forme le ventricule supérieur.

Derrière le pédoncule, en dehors da tœnia, le ventricule sapérieur en particulier, lédait \ un canal étroit interventriculaire , te recourbe en bat et ensuite en avant au* dessous du pédoncule, de manière à décrire un demi-cercle au -dessous du pédoncnle, comme le ventricule stipérienr en décrit un au-dessus. Cependant celte sceoode cavité deroi-circnlaire, que je nomme le ventricule inférieur, ne se réunit point en avant avec la première, de manière h former une cavité complètement ctrcnlaire. Klle reste là sé]tarée du ventricule snpérieur par l'épaisseur du corps strié c'est-à-dire pur l'épaisseur de la partie antérieure ou de la b«se du pédoncule insérée an fond et en avant de la cavité cérébrale. Et comme le ventricule inférieur marche oMiqiieinent efi dehors à mesure qu'il te porte en bas et en avant, il en résulte que 1rs ventricules latérant décrivent près d'un tour de spirale.

La voAte du ventncnle inférieur présente la portion inférieure du tœnia qui suit la queue du cendré supérieur en dedans. Son plancher présente de dedans eu dehors h bandelette blanche et demi-circulaire du corps frangé, la corne qui l'embrasse dans sa courbure, et parfois un troisième relief demi-circulaire qni embrasse à son tonr la corne, comme elle fuit pour la frange. Ce renflement, que je nomme la crosse, varie an point de manquer entièrement. Il est, de même que la corne, produit par le fond d'une anfractuosité. 11 k*efface souvent en ouvrant le ventricule infèricnr par en bat, on lorsque, fouvraoc par le cAté, le cer\'eau n'est |>at soutenu latéralement. La îna^ te continue particulièrement en arrière avec le bord latéral de U voAle, at la corae avec l'angle postérieur du plafond, dont elles sont récllemeul la suite.

A l'endroit où le ventricule supérieur et le ventricule inférieur s*unissent derrière le pédoncule, ils communiquent avec un autre ventricule que Ton appelle le pioloogenieut pottérieur des ventricules latéraux, ou la cavité ancyruide.

Le ventricule médian a deux parois latérales, formées par les opticos; une paroi su-' périeurr, formée par la toile choroidienne ; une inférieure, que le tubcr cinereuro^ les Bumclons et l'adhérence des pédoncules constituent. H y a un côté antérieur où foa ourevoit le milieu de la commissure antérieure , U Infurcaiion du pilier a«ii?« ritar, le tron borgne appelé vulve çt la partie antérieure du tuber cinercum» Soa côté postérieur n'est qu'un sillon intcrpédonculaire, oit s'ouvre l'aqueduc de Sylvius, En résiuné, il résulte des ditpositious que nous veaipt de décrire que, tout le rapport de la fonne, le cerveau se réduit à deux pédoncules divergcutn qui présentent trois rrlîtfi annulaires sur leur circonférence, et qui sont Uchement entourés par cinq autres aoaeanx, dont ptnticars les unissent en même temps Tiin à Tauirc, ainsi qncles lobes qui recouvrent et eovrloppen» onfièreraent ces pédoncules à leur cxtré- ■itc cérélirale.

Ea effet, la couche optique forme avec l'origine do oerf optique un premier an-

84 RECII£RCUES lllSTORlfjLES.

neaa qni entonre chaque |iê(loiiciile eu drilau*, eu haut, en dehorc ci en Itai. Lr Uniia en forme un deuxième qui,coronienrniit eu dedans, remonte en dehors, ie|inH longe en arrière el finit en bas et eu avant. Le ceudré supérieur funne le liuisit-me, le quatrième est formé par le plexus chnroide; le cinquième, |iar le lK>rd laiérai de la voûte, son pilier antérieur et la fran(;c qui en est l.i suite. Le coq» calleux i u le plafond commence le sixième* qui est continue en arrière et en bas |»ar la rome no renflement de l'angle postérieur du corps cnlleux; le raphé constitue le sepiièwc avec le filet sut-optique et le dentelé, et la circonvolution ovalaire ou annulaire est le huitième.

Ajoutez à tout cela l'ensemble des circonvolutions de chaque lub.^ ponr couvrir 1<« pédoncules réunis au moyen de commissures, et surtout du corps c.dieus, et vont anrei l'idée la plus vraie, la plus simple et la plus générale que vous puissiet vmu former de Tensemblc des nombreuses parties du cerxeau et de leur ri»ordiuaiioa tysiéroatiqne n;^turelle. A voir se répéter la disposition ainnulaire que je vi.os de signaler, on dirait que les pédoncules sont comme le noyau ou la f(»rme priiuiiive d'un cristal générateur, et que toutes les parties du cerveau se sont »uccessivea>e«a formées autour de ces deux noyaux, qui en sont le foudenieni; à voir eusuite la foimt conique des pédonctdes, on dirait que le cerceau, réduit sur b ligne médiane à ms commissures, ne se renfle latéralement à la ligne médiane pour former ses lobes qnc parce que la partie renflée du cône pédoiiculaire ert eile-mérae tournée eu dehur».

Noos verrons que le cervelet et le mésucéphale sont formés d'après un même pria* cipe général, et que les faisceaux longitudinaux et centraux du juésocéphale y soot encore entourés par des parties annulaires qui semblent s'être primitivement dévelop» pées autour des faisceaux longitudinaux.

Il me reste à dire , avant de présenter les rapports de MM. les professeurs de Blainville et Blandin , quelques mots d'un travail fort intéressant de M. le docteur Baillarger sur la couche corticale du cerveau. Ce travail , présenté à l'Académie de médecine en 1839, a fait connaître dans la couche corticale des p trticularités de structure qui jusque-là n'avaient été qu'entrevues. Comme il sera question très en détail des recherches de M. Baillarger en parlant de la structure de la couche corticale, je me bornerai pour le moment à mentionner son mémoire , bien propre à justifier l'importance croissante qu'attachent les pathologistes à la considération de la couche corticale du cerveau.

RAPPORT SUR UN MÉMOnUl DE M. FOVILLE , lYnTULK RECHERCHES Sll LA STRUCTURE DE l'eNCÉPHALE.

Extrait des Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, séance du 1 1 mai 1 84o.

L'anatomte du cerveau de l'homme, de cette partie évidemment la plus imponanie da son ryslème nerveux , et par conséquent de toute son organisation , a fait le sigei

RE€HEBCHES HISTORIQUES. 83

dedans par la face snpér.'ciirc de la lame sotis-iemporale (19, 17, fig, i, 4), plus loin en arrit're par la surface supérieure de la voÀie cl le plexus choroïde (i4, l5, fiij. 5, 7), en dedans par la cloison cérébrale (la, 17, fig. 1,2, 3, 4) et les adhcrenrcs nëdianes que le plafond et la voûte conlracteni ensemble. Tout le long du bord biéral de la roAre, entre ce bord, le ia;nia et l'opticos, rèp,nc la fcnic ou bouche Teniricutaire que bouche le plexus choroïde embrassé par la mcjnbrane ventriculaire, qui dn moins y adhère tellement qu'on ne peut les séparer.

Toute cette première portion de la cavité ventriculaire forme le ventricule supérieur.

Derrière le pédoncule, en dehors dd tœnia, le ventricule supérieur en particulier, réduit \ un canal étroit intervetitriculaire , se recourbe en bas et ensuite en avant audessous dn pédoncule, de manière à décrire un demi-cercle au-dessous du pédonenle, comme le ventricule supérieur en décrit un au-de98us. Cependant cette sceoode cavité demi 'circulaire, que je nomme le ventricule inférieur, ne se réunit point en avant avec la première, de manière h fbrmer une cavité complètement clrenlaire. Klle reste le séjiarée du ventricule supérieur par l'épaisseur du corps strié e'esi-è-dtre par l'épaisseur de la partie antérieure ou de la base du pédoncule insérée sa fond et en avant de la cavité cérébrale. Et comme le ventricule inférieur marche oMiqtieuient en dehors à mesure quil se porte en bas et en avant, il en résulte que 1rs ventricules latéraiit décrivent près d'nn tour de spirale.

La voAie dn ventricule inférieur présente la portion inférieure du tœnia qui suit la qaene du cendré ftopérieur en dedans. Son plancher présente de dedans en dehors h Inindeietle blanche et demi-circulaire du corps fran{;é, la corne qui l'embrasse dans sa courbure, et parfois un troisième reNef demi-circulaire qni embrasse à son toar la corne, comme elle fiût pour la frange. Ce renflement, que je nomme la crasse, varie an point de manquer entièrement. Il est, de même que la corne, produit par le fond d'une anfrac tnosité. II «'efface souvent en ouvrant le ventricule inférieur par en bas, ou lorsque, l'ouvrant par le cAté, le cerveau n'est |»as soutenu latéralement. La frange se continue pariicu lié renient en arrière avec le bord latéral de la voAte, «t la eome avec l'angle postérieur du plafond, dont elles sont réelleraeui la suite.

A l'endroit oii le ventricule supérieur et le ventricule inférieur s'unissent derrière le pédoncule, ils communiquent avec nn autre ventricule que l'on appelle le ptx)loogcment postérieur des ventricules latéraux, ou la cavité ancyroïde.

Le veotriculc médian a deux parois latérales, formées par les opticos; une paroi supérieure, formée par la toile choroïdienne ; une inférieure, que le tuber cinereum. 1« mamelons et l'adhérence des pédoncules constituent. Il y a un côté antérieur oà ToB eairevoit le milieu de la commissure antérieure , U bifurcation du pilier aaierieur, le trou borgne appelé vulve çt la partie antérieure du tuber ciaercuni. Son eôté postérieur n'est qu'un sillon interpédonculaire, oi"! s'ouvre l'aqueduc de 5>/uiuj. En résumé, il résulte des dispositions que nous venins do décrire que, sous le rapport de la fi>nne, le cerveau se réduit à deux pédoncules divergents qui présentent trois relief* annulaires sur leur circonférence, et qui sont lûchcment entourés par cinq autres anneaux, dont plusieurs les unissent en même temps Tun à l'autre, ainsi t|ne les lobes qni recouvrent et enveloppen» entièrement ces pédoncules à leur extrémité cérébrale.

Eo effet, la couche optique forme avec l'origine du nerf optique un premier an-

rendre la coDceplion da loUde et de lei particolariiés de forme, de compoMiioD, de parties et raémc de structure, beaucoup plut difficile, et par suite de rendre presque inpotsible uue démonstration un peu satisfaisante.

Le troisième procédé, celui de la coupe dans la li(*ne médiane, de man'ère h faciliter notablemcnl au moins la manœuvre de la démonstration , joint à cet avantafe celui de pouvoir aisément permettre de poui suivre la genèse anatomiqne de la BOcUe allongée et dos masees cérébrales ; aussi l'on conçoit que ce soit celui le pins généralement employé par M. Foville pour Iciposition de la structure du cerrean. New croyons cependant que cette métbode offre un incouvénient qui n*est pat sans impoi^ lance, celui de rompre toutes les commissures, c'est-à-dirr toutes les parties médianes dont l'usage semble être de joindre les deux c6tés de l'cikcephale.

L*un de nous a proposé, et suit depuis long-temps dans ses démonstrations m autre procédé, qui semble avoir la pbipart des avantages désirés, la position nomalf, la conservation des connexions, l'étiologicanatomique, et qui n'offre qu'un peapkisde difficulté dans l'exécution : c'est de découvrir l'encépbale par un des cftiés delà l^« en enlevant successivement tes muscles et les os qui le recouvrent latéralement, j«qu*à la faux supérieurement et la série des trous de sortie des nerfs infértenremenl. Par ce procède , les lobes olfdclif», la glande piiuitaire, restent en place, ainsi quels moelle allongée, sou piolongemeut dans le crâne; et l'on voit avec la plus grande facilité l'origine des nerfs céphaliques et même leur sortie |uir les trous de conjugaisea des vcrii-hres de la léie, ninsi que leurs rapports avec le grand sympathique.

Au ftiit, que dans la démonstration aiuitomiquc de l'encéphale on SQil oblifé d'avoir recours à l'un ou à l'autre de ces procédés, suivant que l'on envisage telle oa telle de ses parties , c'est le dernier que nous allons suivre pour donner à l'Académie une sorte d'état de tiuvition de nos comiai»sances sur la stnioture, la disposition gêné» raie dn cerveau de l'bomme, afin de mieux faire apprécier la valeur des travani de M. Foville à ce sujet.

Des faits successivement acquis à la science par les travaux importants de WUttsi de Vieussens, de Mjlpighi, de Pourfour-Petit , de Vicq-d'Asyr, de Proscliaska,dc ReiU, de Gall et Spursheim, d'Osiander, de Rolando, etc., imur ne pas toucher aux inatonùstes vivanu , et pour ne citer que ceux qui se sont élevés à une conceptiea d'étHdogie physiologique ou analomique, snr le système nerveux en généra], et spécialement sur sa partie centrale , on peut donner le résumé soivant.

Le système nerveux central dit cérébro-spinal, parce qu'il est contenu dans le canal formé par les vertèbres céphaliques et rachidiennes, a pour buse la moelle ver* tébrale, laquelle, prise en totalité dans toute son extension, peut être considérée conuae fornue de deux portions ou c^nes opposés base à hase , ainsi que les vertèbres qui M servent de gatoe et les musdcs qu* les meuvent , Ib la fia dn bulbe rachidien , l'one Iseanconp plus longue, postérieure, rachidienne; l'autre beaucoup plus courte et pfan large, aot«rie«ive et eéphalique , mais au fond l'une et l'autre constituées de même et deux moitiés symétriques, comme tcus les organes de la vie animale, et ne dîlléraBi telleaneni , en apparence surtout, que par le développement, la forme, la disposhioa de H seconde pariie dn système nerveux céphalo-rachidien, celle pour laquelle on s pn généraliser le nom de tjatufHons,

Ijà partie centrale servant de Ken, de base, de centre, an reste dn système nerveen, •H eft effet tn e#flumnieBl«on, en conuesi<ms pins ou moins étendoes avec des Massa

ncotmciiES msroiiigims* 87

bimiret tym^triqnes, o«i ganf^lions» lei uns phu petiu, moint pulpeux , domitnt !!«(•• Mnee à d«« nerft qoi iriennenl od Yont à la |>éripliérie tensoriale ou conlraciile ; les •otret uns nerf* «fFérenU oo effërentt, génëralement plat gros et plus pulpeux, et qui, scmbbbles k dei espaces de surcroils, a'ajouieni à la partie centrale, paraÎMant ell rapport de développeaieol «ree les Cscaltës intellectuellei ou sensorialet réfléchies.

Enfin, sans parler id, parce que nous n'en avons pas besoin , de la distribution det aerft proprement diu , ras ^n(>lious avec appareil eitérieur, on les nerfs eni-némel, comaoniquent avee la partie centrale du système nenreux par des. filets radiculairet on racines de deux ordres, anatomiquement parlant : les nns fKNitérieurs ou dorsaux, les sntrcs antérieurs on siemaux; et même pbysiolof^quement, suivant la plupart dei organolojrisies actuels : les premiers sensorianx, les seconds locomoteurs ou excitants ie l'irritabilité.

De cette conception, il résalte que pour se ftiire une idée juste de reocéphalé pnf* prraiem dit, c'e«t-^-dire de la partie du sysième nenreux central contenue dans les vertèbres céphaliques constituant le crâne, il fant prendre une mesure, un point de départ dans rexameti préalable de la moelle ëpinière proprement dite, cotitcone dans le' canal racfaidten, par la double ralsoo qu elle est plut simple et plus facile à étudier, eu t'aidant surtout de ce qu'elle est dans les très-jennes sujets.

Ceb fait, il deviendra aisé de voir en quoi renccphale, dans sa partie méduHaire cm basilaire, offre de la ressemblance ou dissemblance avec la moelle ëpinière, d'abord dans le bulbe rachidien, puis successivement dans le pont de Yarole, dans les pédoncules du cerveau , dans la base du troisième veiitriciile jusqti'aux émfnences manilUires et à la masse pituitç ire , et enfin dans les lohcs olfactifs qui le terminent efi svant. Dès lors réttolo{;ie, la çenèse anatomiqne étant démontrée, il sera possible d'arriver par une comparaison matérielle à trouver la signification des différentes parties du cerveau dans la série des animaux, mais encore, ce qui est bien autrement difficile, (f atteindre, par nue comparaison physiologique expérimentale, volontaire ou pathologique, et autant que cela est possible, k un rapport proportionnel de masse et d'effet , car personne ne peut penser à concevoir celle de cause et d'effet.

M. le docteur Foville, dans le Mémoire qu'il a son m s au jugement de l'Académie, a'arant pas traité ce premier point d'encéphalotomie , dont nons savons cepmdaut qv^il s'est occupe profondément, comme il le devait, nons passerons de suite aat doix anirea points, qui doivent constituer une conception complète de Tenc^phale, savoir : des ganglions sans appareil extérieur, ou des masses cérébrales, et des nerft frre bi aux dans leur origine.

Des masses cérébrales sans appareil extérieur, et qui, dans rhonime, sont dti nombre de trois paires, le cervelet, les tnbercules qnadrijumeanx et les hémisphères de cerveau, en marchant d'arrière en avant, c'est-à-dire an nœad on collet médul-^ aire i leur terminaison en lobes olfactifs, M. Foville ne s'occupe dans son Mëraofrer que des bémispbèret du cerveau, qu'il envisage dans leurs rapports avec la moelle par le pédoncule, dans les rircunvolutions qu'ils présentent k leur surface et même dantf

enr traduction par le crAne ou Penveloppe osseuse.

Dans un premier Mémoire, soumis au jugement de l'Académie il y a déjà plus de

Bînxe ans, ce qui prouve qne M. le docteur Foville est depuis long-temps ocenpé de

*sujet difficile et presque de prédilection pour lui. il avait démontré ans anatomistet ment le hÏKna de Bbret bhucbes qui coottirae le péttonctile du cervtati le par^

88 EECHERCHES HISTORIQUES.

tagc de plui en plni» à mesure qu'il s'éloigne davantage dn pool ^eVaroIc ] trer dans rhémi8|)hère , en trois plans : l'un supérieur qui se dégage le premier em montant presque verticalement, qu'il nommait le plan du corps callenz» parce qu'es effet ses fibres , en se recourbant de dehors en dedans» forment ce corps; l'aaire moyen, plus considérable même que le supérieur, au-dessous duquel il claie placé, et qu'il désignait par le nom de plan de l'hémisphère , parce que c'était ce plan qui lai semblait se distribuer à toutes les circonvolutions. Enfin le troisième, le plus inCénear et le plus petit , de même étendue que le deuxième , et allant dans une dircctioa opposée , former la cloison des ventricules ou le septum lûcidum , en fouminaBC une expansion pour le lobe temporal. Dans son nouveau Mémoire , M. Foville scrute plos profondement encore la manière dont les fibres du pédoncule , prolongation de la moelle cpinière, se distribuent dans le cerveau, et il arrive à des résuluu luipea différents de sa première manière de voir à ce sujet.

Il commence d'abord par décrire une partie extérieure du cerveau, à laquelle oa n'avait pas porté une attention proportionnée à son im)iortancc' , quoique Vicqd'Azyr, dans sou beau travail sur le cerveau de l'homme et des quadrupèdes , l'cât décrite sous le nom ^espace perforé. M. Foville le désigne par celui de quadrilatàn perforé. C'est en effet une partie de forme à peu près quadrilatère et perforée par sa grand nombre de trous vasculaires , d'un blanc fibreux paraissant grisâtre à cause de sa superposition sous le corps strié extraventriculaire, située à l'entrée de la scisMit de Sylvius et occupant l'espace compris entre l'origine de celle-ci , la saillie eu crocbct de la circonvolution temporale, le tractus des nerfs optiques et leur chiasma , en arrière et en dedans, et le lobe antérieur ou frontal du cerveau en avant.

C'est dans cet espace que se remarquent les prétendues racines du nerf on lobe olfactif.

Après cela M. Foville expose comment, après sa division en ses deux parties priacipales , le pédoncule divergeant d'arrière en avant et de dedans en dehors est entouré comme par des anneaux successifs :

i** Par les couches optiques et leur tractus conduisant au chiasma;

2* Puis par la bandelette semi-circulaire ou cornée qui sépare ces couches opliqnes des corps striés, et qui, suivant M. Foville, née en avant et en dessus de la partie interne du quadrilatère perforé, vient, après avoir entouré le péJonculc , se terminer en dessous à la circonvolution temporale soudée \ la partie externe de ce même quadrilatère ;

3* Par les corps striés eux-mêmes, en comprenant pour constituer l'anneau aussi bien la partie extraventriculaire que la partie intiaventriculaire;

4* Par un autre cercle fibreux décrit pour la première fois par M. FoviUe , et qai cerne le corps strié eu dehors, comme la bandelette le fait en dedans, ses dcai extrémités partant également du quadrilatère perforé;

5* Par la moitié latérale de la voûte, naissant en avant vers les corps striés extra- Tenlriculaires , se continuant pur les piliers postérieurs, et descendant par les corps frangés dans la partie inférieure du ventricule latéral jusque vers la scisacure de Sylvius ;

6* Par une bande de fibres blanches, distinctes, que M. Foville désigne par le nooi nouveau d'ourlet, mais déjà indiquée et même figurée depuis long-temps par Vicqd'Axyr, et qui, de la partie aulérietire du quadrilatère perforé, te porte eu aTaal an-

devant da bord antérieur du corps calleux, la suit à sa surface supérienre, se re* courbe au bord posirrieur de la voûte, et vieul, longeant la scissure lonfptudinale de Bichat , se terminer vers la saillie iuféneure du lobe temporal, el atteindre le quadrilatère perforé ;

7* Enfin, par les denx bandelettes contiguës supérieures du corps calleux, que M. Forille montre éçakement naître et finir au même quadrilatère perfore.

Après l'exposition de cette disposition annulaire des parties que traverse le pédoncule du cerveau s*élargissant à mesure qtie l'on s'écarte de la ligne médiane, et que le pédoncule lui-même s'épanouit davantage, disposition qu'avait décrite et figurée, an moins en grande partie, il est vrji sous le seul point de vue de configuration , M. le professeur Gerdy, M. le docteur Foville étudie la manière dont les deux plans du pédoncule se comportent dans leur distribution.

I« pKin supérieur, celui qui continue les cordons postérieurs du bulbe rachidien , après être parvenu dans les couches optiques, s'y partage en deux parties : l'une supérienre, la plus considérable, qui pénètre dans les corps striés, s'en dégage k leur c6té externe, se recourbe ensuite en haut pour aller former le corps calleux ; l'autre ioférieare, qui passe en dessous du plan ou cordon inférieur, va se continuer on donner naissance d'abord au iractus optique, et ensuite au nerf olfactif, en poussant jusqu'au quadribtère perforé.

Quant an plan inférieur, celui des hémisphères provenant des pyramides, après avoir, comme le précédent, traversé les couches optiques et les corps striés, il se subdivise aussi en deux parties : l'une inférieure, qui se dirige en bas ; Vautre supérieure, qui s'étale pour ainsi dire en éventail et va se distribuer aux parties convexes et externes de Thémisphère , en s'irradiant dans tous les sens , pour atteindre les circonvolutions qu'on y remarque.

L'étnde de ces circonvolutions, dans leur origine , dans leur disposition , en un mot dans l'étiologic de leur formation et de leur complication, devrait suivre celle de la manière dont les fibres blanches du pédoncule vont se répandre dans la lame blanche qui les tapisse. On sait toute l'importance que Oall leur a attachée dans sa Physiologie du cerveau, et surtout dans sa Crâniuscopie ; il était donc néce«.iirc de les consitlcrer en elles-mêmes sans opinion préconçue : c'est ce que l'un de nous avait essayé depuis long-i^raps, et ce qu'il avait exprimé dans un assez long article sur le système Der^euz, publié en 1821 dans le Journal de Physique ^ en disant qu'il y avait nn ordre, une fixité de dévelop|)ement des circonvolutions , qui ).>crniettaii d'espérer qu'il leraii possible de le démçntrer sur presque tous les mammifères. Cela était en effet wct facile pour que, dans une suite de dessins du cerveau d'un assez grand nombre d'tipéces, il lut ail été possible de trouver la signification des principales de ces circonvolutions. Les singes ik sternum large et aplati, les dauphins, et surtout l'homme, pinissaient faire exception ; mais M. Fovillc nous semble avoir déjà levé, du moins FO grande partie, celle fournie par l'espèce humaine.

Puar mieux concevoir la manière de voir de M. Foville à ce sujet , il faut admettre, comme fun .de nous croit le pouvoir démontrer, que la moelle épiuière dans le caveau, en s'étalanl dans les deux cordons qui la constituent , donne lieu à ce que la lulfeunce grise est mise à découvert , ce qui forme les couches optiques et leurs comnittores , les cori>s striés intravenlriculaires et même extraventricnlaires qui la ter^ minent à l'entrée ou origine de la scissure de Sylvius , où se trouve aussi, mais moint

90 MCHKBCnES HISTOMQimB*

profoodéroent , la partie fondameniale de$ bëmitpbères, <plt depvia BciU •■ a nommée Vinsula.

C'etl de ce poiut , indiqué à la «urface inférieure do cerveau par fef|nee qnadff* latère perforé décrit plus haut , que M. Foville fait sorlir ou naître tottU» le» «feo#« vuluttoos principales du premier ordre, qui couronnent lot développeliMBU cérélïnnx du faisceau inférieur du pédoncule, cl dont la principale borde oU'Jettme la lûiMii' de tSylvius : celle-ci , cachant ainsi Vinsula, descend an lobe temporal, remoale iwaite en bordant toute la grande circonférence de rhcmisphère , et reticut cnfifl à Ttmènk d'où elle était partie.

Une seconde circonvolution principale, mais qui appartient h Tordre dccdktqai revêtent les prolongements du faisceau supérieur de la nooclle , est celle ^pM M. k docteur Foville nomme circonvolution de l'ourlet, parce qn'elle suit en effaC CMf bande fibreuse dont il a été parlé plus haut. Comme l'ourlet, elle natt cm dcisans dauH la région des corps striés eilraventricnlaires , fiassant à la face iatenie et plaM de Ibémiëphère, la suivant dans toute sa longueur, et se recourbant eo arrière po«r venir se terminer avec le lobe temporal vers la scissure de .Sylviiis , et par eoDséqneal à Yinsula, qui appartient en effet à ce même ordre de circonvolutions, aioti queki divisions secondaires de la face interne et plane de l'hcmisphère, autti bien ^«CiMfi de la partie suscéréhelicuse de son lohe postérieur.

Chacune de ces circonvolutions itrimaires de Tim ou l'antre ordre peut m conrbcr , se contourner , se plisser de manièri* un peu différente ; mais elle na fui ait réellement jamais de véritables circonvolutions marginales ayant leur origina à II calotte blanche consiitiiaul le centre ovale de Vieii«sens. 11 n'en »t pas de même de Tintervalle compris entre elles; il est en effet partagé en circonvolutions seeoodairtai trois antérieure», qui remplissent ou constituent le lobe antérieur du cenrcan; dans postérieures, qui sortent de b principale de l'ourlet en forme d'Y, conchë et allonfé, se prolongeant dans le lobe occipital ; et enfin les plus courtes et verticales, joigns^ les deux grandes circonvolutions marginales dans les parties latérales du ccrrean <t de ïiiuula.

Telle est l'étiologie ou Tordre de formation des circonvolutions des hémispbérei dfl cerveau de l'homme, suivant M. Foville. Vos commissaires, auxquels il Ta déuMnlrët par de belles préparations mises sous les yeux de l'Académie , ne pensent atsartf encore qu'elle soit confirmée dans tous ses détails, comme cela doit être, si elle art réelle, par Tanatomie comparée, soit de développement cbex l'espèce tramaine, toil de dégradation chez les animaux; mais ce qu'ils connaissent de Tune et da l'antre, ft surtout de celle-ci , semble y tendre asses positivement. En effet, à mesura que k* circonvolutions se simplifient, s'effacent, les corps striés deviennent plus font ft plus extérieurs , VimuUt se découvre , la scissure de Sytvins , el par conséquent la dr* convolution qui la borde, s'eoir'ouvrant ou s'étalant, et le nombre des circonvolaiial inierniédiaires diminue au point de disparaître, d'abord dans le lobe postértcnr,ci ensuite dans l'antérieur; et enfin Tencépliale n'est pins fumé que des lobes olCsctilii qui se sont accrus it mesure que les hémisphères oot diminué, an point qae cam-ci fiuisseut par être réiluils à Tinsula, qui , liti<mêroe, finit par se eonfondra avec hê curps striés , depuis long-temps regardés par l'un de nous comme une vcrttaMa cir* coavolution cérébrale, et comme la partie qni constitue le cerveau praprcBMat éit Aaa ansmaux vartébrëa ovipares.

RECHSftCHCS niSTOftlQVEa. 91

Celle manièffe de voir semble en effet éire corroborée par U diminalion du corps ealleux en proporiioa de celle du d nilire des circniivoluiiom , ei en efFel déjà fort étroit chez les lapins ri les rongeurs eu Qcitcral , mais tellement diminué ei «nioiiidri dans ie« kanguroi>s, par exemple, de l:i soiis-cl s#c des didelpbes, que l'on a pn en oitT re«i»teuce , (|n(ii»|iic ces aiiimatu en soient liicn leriaiucmeut pourviu , avec une CiiniinisNiire aniêrieiire en rapport inverse «le p,io!i5eiir.

L'q deuxième point uou umiits iuipcriiiiii du mémoire de M. lednctear Foville soumis à notre esanica, purlc sur l'origine des nerfs t ininenin eut ei exclusivement sensoriaus, olfjictifs, opt.ques et acoustiques. 11 s'agiitsail eneiïcl de démontrer que les premiers iortuut, aussi bien que les deusiènivS, Muit dai;s le cas des tioisièmes, c'est-à-dire qu'ils naissent ou s;)nl en rooncxion ai ce les faisceaux postérieurs de la moelle, et qu'ainsi, loin de coiiircdirc li théorie i!e Uell , ds en sont une puissante confirmation, puisque, dit M. FottUc avec raison, il ne peut pas y avoir de doutes sur la faculté sensoriale de ces nerf»^ Mais pour bien conipiciulre les faits idlégués par M. Fuville, il sera nëcet» laire de dire quelqiu! chu^ de ce i>oint d'anatomic cérébrale.

Aussitôt que l'un de uuus, par suite de l'impulsion donnée à l'anatomie et à la phyliulogie do cerveau et de sou enveloppe os^ieuse par le docteur Gall , eut été auieoé à la cuucepiioD vertébrale de la léle à f^sItTntn, couuiie M. Oken l'avait été de son coté et autérieurenicnt à prori, par le prmei|»c du tout répété dans la partie, il fnt aécessai renient conduit a envisager la tlispo^iiiun des nerfs cérébraux de U même manière que l'étaient ceux de U luoelie épiuière; et dès lors, atmnie il n'y a que quatre verièl»res cépbaliqoes, et par cousi'-qutni qtmtre Irons de conjugaison, il dut grouper les nerfs de la léle eu quatre paires: la premi(' re vomérieune, la deuxième spliénoidale aotrricurc, la troisième sphéuoïdale pnsitrieure, et !a quutrièiue occipitale ; et à faire observer que ces paires de nerfs, comme ceux de la moelle, sont formées de deux ordre» de Hlets, les tins uaiss<'int postérieurement , et les autres antérieuremeul, mais MHS faire allusion aux fonctions scn»oria'es ou locomotrices qu'on leur a attribuées depuis.

Ceti ce point de vue que M. Fuville a clierclié à confirmer dans le cerveau, pour deux des paires exdusiveoieui kiusoriales , celle de l'olfaciinu et celle de la vision , crUe de l'audition ne pouvant laisser le moindre dont»? à ce sujet.

Gall , dans sa thèse que tous les uertis eépliali4|ues proviennent de la moelle allon* Céc, et par conséquent pourraient être sui\i» jusque-là par leurs racines, n'avait pu b déuiouirer piiur les prétendus uerfs olfaciib dont il n'avait pu suivre les racines bbocbes ou (prises au delà du (piadrilaière perforé sous le corps strié extraventricubre, et plus ou moins loin dans la scissure de Syivius.

M. Foville va beauroup plus luiii. et parvient à mettre hors de doute le fiait entrevu pir Gall, en montrant que ce quadrilatère perforé n'est, dans la partie fibreuse blandic qui le lupissc sn^ieriiL'ielleuient, qu'une extension du G4»rdon supérieur de b ■luclle ; c'est «e que M. Fuville paraît bien démontrer en exposaut comment ce cordon, aprèi être parvenu dans les couches optiques, se pai lage luinuême en deux pUins : l'un Miprrienr, le plus considérable , qui, après av.iir traversé les corps striés et s'en étrt dégagé à leur c6ié externe, se reeourbe en haut et en dedans pour former le corps callens ; l'autre inférieur, passant en dessour du faisceau des pyramides, et allant duniier naissance aux prétendues racines des lu'rfs olfactifs, et avant cela aux nerfs optiques dans leur tractus postérieur à leur connexion intime tbuis le cbiatiBa. lui

92 RBCHERCHES HISTORIQUES.

•ortc que rori{;iiie de ces nerfs des couches optiques , des cor|>s genouillés c

des tubercules quadrijumeaux, admise pr trs uns, rejeiëe par les autres, ue serait pas

admissible.

EnKn le troisième point traite dans le Mémoire de M. Foville concerne la forw géocrale de la boîte osseuse qui contient le cerveau , et l'étiolt gie de celte forme et de ses particularités.

L'Académie se rappellera peut-être quelle importance Galt et ses partisans ont au> cbée à la forme extérieure du crâne, qu'ds supposaient avoir pour cause déieroitoaaie les saillies ou dèvetoppetneots des circonvolutions cérébrales ; d'où ils avaient oonda que si ces circonvolutions étaient le siège de facultés S|>éciales , les saillies correspoadantes sur le crànc devraient en être la traduction. Dans cette manière de voir, c'étaient donc les circonvolutions qui» s'imprimant en creux sous la table interne, pH raissaient en relief à la table externe : opinion qui était souvent et manifestement coitredite par les faits. Aussi M. Fovillc envisa(;e-t-il la chose tout autrement.

En comparant attentivement la courbure (générale et les parties les plus taittania du crâne de l'homme , c'est-à-dire les bosses frontales, pariétales, occipitales et méaic temporales, avec la cavité ventriculaire , il a trouvé un rapport constant entre le«s particularités, c'est-à-dire que la courbure sincipitalc antéro-postérteure traduit cdk du corps calleux ; que les bosses frontales correspondent à l'exirémitë antérieure éa ventricules latéraux , et leur écartemeut ù la largeur du bord antérieur du corps cal* leux ; les occipitales supérieures, à l'extrémité postérieure; les pariétales, à leur partie plus élargie , et leur écartemeut à la largeur du bord postérieur de b voAte; et eala les bosses temporales, moins marquées, mais bien évidentes, à la partie inferieaiToa temporale des ventricules, la dépression qui les précède indiquant la direction delà scissure de Sylvius. De telle sorte que ce ue seraient pas les circonvolutions cérébrales elles-mêmes qui dcierniinemieut la forme gruéraie du crâne, mais bien les tacs téreax qui se dilatent dans les ventricules.

Celte conception , qui semble être tout à fait propre à M. le docteur FoviHe.t paru h vos commissaires reposer sur une observation exacte. En effet, en faisaat passer un plan oblique dans la direction du troisième ventricule, ou ventricule nioyea, on voit .liscnieiil qu'il coupe le milieu en arrière des bosses occipitales supérteurrs rt en avant des bosses front.des. Eu sorte que s'il arrive quelquefois que les rircouvoki' tious cérébrales a|iporteut quelques uiudiHcaliuns à la forme du rnlne,ce n'est qac secondairement ; car lu forme générale est ccrtainenieul duc It celle des ventricnlcs: comme le prouve l'examen de la lêie îles liydi océpliales , chez lesquels les sailUes frontales, occipit;4les cl pariétales sont plus prononcées, quoique les circonvolutioas soient souvent pres4|ue effacées.

1^ conception anuiomique du cerveau telle que nous venons de l'exposer en partie dans la manière de voir de M. Fovillc, l'a conduit i renouveler quelques optnioas physiologiques qu'il avait émises depu s lon{;-ienq>s , et à en ajouter plusieurs autres en connexion avec la théorie de UcU : quoique vos commissaires soient toiu de Ici regarder encore comme rigoureusement accepiubles , ils ont cru devoir en fisire ear es[M}sili()n rapide à l'Aculémie , pour montrer au moins que M. le docteur FoviHe envisage son hujct sous toutes lex faces.

La subsiauce corticale du cerveau est le ;iége de la sensation et de la v«>lonie,aa la partie Jictive par exceilence.

La $at)staiire Hhreu«c nn traversant pat de masses f*nnglioiiairrs , c>t siniplcincnt coiMlnnrire : celle qui traverse des renflements («angliunairrs , de rinipression sensoriale de lorfjaae estériear au cerveau; celle qui n'eu Iravcrse pas, de la volonté du cerveau ;'i U |iariie qui doit déterminer les mouveHicnls volontaires.

I..e» les otis de la substance corticale i^oni le* plus fréquentes, de l'avis des niédedns depuis vinçt ans , cliex les aliénés.

l/airopbie des circonvoluiions et de la masse totale du cerveau, si fréquente che» les idiou, a commencé dans la iiibstance grise, et a l'ié ^ui\ie de celle de la substance bbncbe.

L'anatotnie pathologique démontre que les lésions de la substance blancbe interoiédbire à la substance corticale des circonvolutions aux pyramides déterminent une )nralysie croisée dans les organes du roouvemenu

Kile ne parle pas d'une manière aussi iiosiiive dan« le cas de lés-ons de la substance blaorlie intermédiaire & un organe dfs sens el à lu substance grise , ce que M. Foville aiiribue à ce qu'il y a des commissures entre les deux liémisplières cérébraux, cl que, par suite de cea communications, tout nerf sensurial est toujours en rapport avec les deux hémisphères du cerveau , tandis que tout nerf çiotenr n'en a qu'avec un seul béaaisphère.

Mais l'analomie comparée parait à M. Foville ériairrir ce que l'anatomie patholo« pque peut laisser d'obscur, en montrant que les parties intermédiaires aux organes des sens et au cerveau acquièrent chez les animaux un développement proportionnel i^ la force de Todorat et de la vue. Aussi a-t-il bien senti que l'anatomie comparée devenait un élément tout à fait nécessaire pour aller plus loin daus un genre de redierche aussi difficile.

Ici devrait se terminer ce que nous aurions à dire sur le travail de M. Foville, tel qull a été présenté à l'Académie : mais |>ar suite des entretiens qu'il a eus avec vos commissaires, et surtout avec l'un d'eux, qui, sur ces entrefaiies, avait, dans sou Cours d'aoatomie comparée, exposé en sa préi^euce l'état actuel de ses coniiaissauces sur rnuemble du système nerveux, el spéc!«dcment sur la partie céréhro-spiuale, M. le docteur Foville s'est trouvé conduit tout naturellement à éclairer quelques difficultés aDaioniiqaes contradictoires en apparence avec la théoiie de Bril; cl c'est LWdessus qae nous croyons nécessaire d'arrêter encore uu mouicut l'atientiou de l'Académie, araat de lui soumettre nos conclusions.

Noos avons dit plus haut comment l'uu de nous avait, depuis long-temps, admis que les nerfs cérébraux pouvaient être considérés rouune ne formant réellemuut que qoaire paires, c'est-à-dire autant qu'il y a de vertèbres céphuliques et de trous de coojogaison; et comment chacune de ces paires, sauf la première olfactive, était composée, comme les paires vencbrales, de filets d'oiiginc supérieure et d'origine inférieure, c'est-à-dire, dailt la théorie de Ucll, de nerfs sensoriaux et de nerfs loco- BMtrnrs. Mais alors l'origine attribuée au nerf pathétique et au nerf facial était évidemment en contradiction avec cette manière de voir, puisque, essentiellement locomoteurs , leur origine paraît cependant avoir lieu à la ]uirtic supérieure de la moelle. Cest sur ce ])reDiier point que portent les additions à son Mémoire remises par M. Foville à vos commissaires.

Ponr le pathétique que les anatoroisles font généralement naître sur In valvule de Vicimens, en arrière des tubercules qiiadiijumeaux, mais dont M. Grainger descen-

dait rori{*ine jiisqii'an moteur oriilnirc cnmmiin, à Iravem le pédoncule do rmrfto, M. Foville pense ipiVUe a réellement lien <l.iin la partie du fiisceau de» pyramidn qui monte obliiiuemeiit vent la paire postérieure des titbritrulcs qnadrijumeani: n sorte que les trois nerf:» moteurs oculaires auraient nue origine commune, mats dont ils divergeraient pour aller k Ictir deiitination. Quelque probable que soit cette ério* logie auaiomique, vos conunis^aircs ne pcu\ent pas dire que M. Foville la lenriii démontrée nettement.

11 a été plus heureux pour le nerf facial. Kn cTcT, quoique les névrotomistet In plus habiles et les plus récents persistent à le décrire comme naissant presqne M même point que le nerf acoustique ou portion molle de la •< ptièmc paire du mbn gris sur le corps rcstiforuie, M. Foville démontre qu'il en est tout autrement, meut chez l'homme, où le faisceau fibreux qui con.<titue cette racine t'enfonce dans r»terralle des fibres de la protubérance et se combine avec les prolongements de h pyramide que celle-ci recouvre.

Mais c'est surtout dans les mammifères que l'on peut voir aisément que ce qoe Ton considère comme l'origine du facial n'est que sa conjonction «Yec le nerf atditif au point oh celui-ci sort de son ganglion, et que son origine réelle ett inCérinreuient aux pyramides, soit en dehors seub meut d.in« le sillon d'origine des radiMi inférieures des nerfs vertébraux , comme d.ius le chien ; soit dans toute leur éptisseur^ de manière ik cacher complètement les pyramides, et à atteindre la ligne mé» diane, ccmime dans le cheval, le mouton, où le faisceau de ses fibres d'origine sinak un second pont de Varole plus étroit et nx ins saillant que le véritab'e. Ko sorte qÊt la septième paire des anciens anatomistes formerait, comme les nerfii vertébrMX à son origine, une sorte de fourche ou de demi-anneau, seulement beaucoop plut serré contre le corflon du bulbe rachidien et dont la branche inférieure locomotrice, ventât du faisceau inférieur de la moelle, monterait vers la supérieure sensoriale, coMi{al au ganglii n de celle-ci.

Deux autres points sur lesquels Tatlention de M. Fnvilte a encore été apprfre depuis l'envoi de son Mémoire à l'Académie, et que renferme la Note additionnelle remise à vos commissaires, coueerneui la manière dont les deux gaugliont céréfaraait sans appareil extérieur autre que les hémisphères, sont en connexion avec la paivie centrale ou la moelle cpiniêre.

On a vu plus haut conuncut M. le docteur Foville avait démontré qne les béai* sphères cérébraux sont eu connexion intime avec la moelle vertébro>céphaltqae par des faisceaux supérieurs et des faisceaux inférienrs qui entrent dans la com|>ositiM des pédoncules. 11 s'agissait d'étendre cette démonstration aux deux autres ganglioai sans appareil extérieur, le cervelet et les tubercules quadrijumeaux , ceux-ci coati* dérés comme une seule masse.

Pour le cervelet, M. Foville montre, en approfondissant' la stractnre du pétioneale de ce (anglion, <{ne l'on doit considérer comme racines supérieures d'abord an ftitceau vertical, médian, qu'il croit jusqu'alors inobservé par les anaiomistei; pois m airière les prolongements dits du cervelet ad mrditllam ou corps restifurmet, et m avant ceux ad testes : en faisant toutefois l'observation que cette dernière dénominttion est vicieuse; car ces faisceaux se rendent non pas aux tnl»ercules qoadrijutneans postérieurs, mais se détournent de chacun d'eux pour se joindre au pédoncoTc d« cerveau.

RECHEAGHES niSTOEIQUES. 05

Qiunt aoi racines anlërieuret du ganglion cérébelleux , M. Foville pente qnt ce loat les fibres tranirertes inférienres du pont de Varole considérées depuis Gall eomoie commissure du cenrelel, et qui en eft'et, comme dans les oiseaux, par exemple, où les lobes cérébelleux soni presque rudimentaires, ne dépassent pas le bord ex» terne des p3framidi:s, mais, le plus ordinairement, comme dans tous les mammifères, les cacbent entièrement et atteifpient ainsi U li|]|ne médiane creusée en un sillon plus ou moins prononcé. Mais ce sillon, plus simple que tout le reste de la protubérance, n'est pas, suivant M. Fouille, l'enire'croiseroent réel des fibres transvenes du pont, mais l'analogue de la commisstnre du sillon antérieur de la moelle.

M. le docteur FoviUe trouve également, pour la masse (pinglionaire que forment les tubercules «psadrijuroeaux , les deux ordres de connexions avec la moelle cérébrale, avec sa partie antérieure par deux faisceaux, l'un émanant des pyramides oà il commence à être caché par la protubérance, et montant à la partie postérieure des Uibercules; l'autre plus antérieur, sorunt du voisinage du tractus opUcus^ avec sa partie postérieure, par des fibres naissant directement du cordon de la moelle prc« longée sous l'aqueduc de Sylvius, et traversant d'un côté à l'autre, un peu comme au

Four résumer le plus brièvement )>ossible les résultats auxquels les recherches con* tenues dans le Mémoire de M. FoviUe l'ont conduit, nous pouvons dire :

La moelle Vertébrale se continue dans le créne avec les caractères essentiels qu'elle s dans le racliis, c'est-à-dire avec les trois faisceaux de fibres qui constituent chaque BMritié latérale, ta substance grise, ses commissures et les deux sillon» d'origine des nerfs.

Les ganglions sans appareil extérieur qui la couronnent dans Tencéphale, en se relevant, pour ainsi dire, et se soudant l'un à l'autre au-dessus d'elle, sont en commnnication directe avec elle par deux ordres de fibres, les unes par coiiiinnation de son faisceau postérieur, les autres par celle de l'antérieur, ce qui constitue lenr pédoncule. *

Celui du cerveau, en se subdivisant, va former, au moyen des fibres qui viennent des pyramides ou faisceaux antérieurs, tout le ctitc e&ternc et convexe des hémi* sphères; et an moyen de celles (|ni viennent des faisceaux postérieurs, le corps callenx, les circonvolutions inférieures, externes et postérieures, pour se terminer dans les lobes olfactih an quadrilatère perforé.

Mab, avant de se subdiviser, le pédoncule du cerveau est successivement entouré par six espèces d'anneaux qui ont leur origine et leur terminaison dans le quadrilatère perforé, savoir : en niarch:int de dedans en dehors, les couches optiques, la ban* deletie sensl-cirrnlaire , les coqtt striés, une bandelette nouvelle, la voùie à trois piliers, comprenant le corps firangé, et enfin l'ourlet.

Le pédoncule du cervelet est également formé de deux ordres de fibres supérienret et inférieures : les supérieures en trois faisceaux, un médian, un descendaut et un ascendant, en connexion intime avec les faisceaux |)Ostérieurs de la moelle; les inftrieiwea constituant le pont de Varole et naissant du bord externe ou de pre.triuc toute la face inférieure des pyramides.

Le pédoncule des tubercules quadrijumeaux , beaucoup plus court et pins scrrr, est formé également d'un faisceau qui monte des pyramides, et d'un autre qui vient du cordon postérieur de la moelle, le long de l'aqueduc de Sylvius.

Les nerfs cérébraux naissent «lussi par clenx ordres de racines, conune les nHfi Tertébraux et comme les ganglions crréliraux, qu'ils soient ou non séparés dans toiu leur étendue, sauf cc]iendant les nerfs ou lobes olfactifs qui ne sont qu'une praloo^tion des cordons supérieurs de la moelle.

Les nerfs optiques sensoriaux ne sont encore qu'une prolonj»ation de ces ipéniei cordons provenant du pédoncule, et les filets locomoteurs, mène les pathétiqua, viennent des pyramides. •

Les nerfs de la septième paire , dans leur partie sensoriale (portion molle), font et connexion évidente avec les corps restiformes appartenant aux Esisceanx postériean, et dans leur partie locomotrice (portion dure) avec les pyramides.

Les circonvolutions du cerveau sont dans un rapport de développement et d'ori^ avec les parties du pédoncule. Du plan supérieur naissent les circonvolations priai* tives de l'insula et de la face inférieure temporale, susfrontale, snscérébellense, et de la face interne ; et du plan inférieur naissent toutes les autres circonvolutions de k face externe , commençant au quadrilatère perforé, bordant la scissure de Sylviaii puis toute la grande circonférence de l'hémisphère, et revenant au point de départ

Ces circonvolutions, en particulier, n'ont aucun effet sur la forme de la boile oiseuse ou du crâne, mais seulement en masse et comme formant pour ainsi dire la doublure épaissie des ventricules. Aussi les bosses frontales, occipitales supérieures, pariétales et temporales sont-elles en rapport de position et de développement avec 11 circonférence et les particularités des ventricules.

L'étendue que uous avons donnée à notre rapport, afin que l'Académie pAc étaUir son jugement d'une manière plus assurée , lui aura sans doute fait preascntir nom opinion sur l'importance que nous attachons au travail de M. Foville : aussi, qooiqae nous ne puissions assurer d'une manière positive que toutes les assertions nouvdkl qu'il renferme soient déjà complètement acceptables, c'est-2i-dirc qu'elles seront looMi rigoureusement confirmées par les trois moyens d'investigation que la science di l'organisation invoque aujourd'hui pour l'établissement et ^l'acceptation d'un Int scientifique, savoir, l'anatomic comparée, l'anatomie de développement et i'analows pathologique, nous ne craignons pas d'affirmer que le plus grand nombre des Ciili découverts par M. le docteur Fovilic nous semblent hors de doute, et surtout que k marche, le mode d'investigation suivis par cet anatomiste dans ses recherches sur l'encéphale sont complètement raliouucls. Aussi souuues-nous bien convaincus qut, si les circonstances nécessaires pour le poursuivre convenablement lui sont offertei, on doit attendre de la continuation de ses travaux des résultats de la plus : portée, aussi bien pour l'anatomic que pour l'étiologie eule traitement des i mentales, et par suite pour la physiologie et la psychologie. En conséquence, non proposons à l'Académie d'inviter fortement M. le docteur Foville à continuer ses travaux, et d'insérer son Mémoire et les développements qu'il y a ajoutés dans k Becueil des Savants étrangers.

Les conclusions de ce llapport sont adoptées.

Commissaires f MM. Dltrochet, Milne-Edwards ; de Butlif ville rapporêgmr.

RECHEAGHES HISTORIQUES. 05

Quant ani racines antërieuret du ganglion cërëbellcux , M. Foville pente qne ce •ont lea fibres iransvertes infërienres du pont de Varole considérées depuis Gall comaae commissare du cervelet, et qui en eft'et, comme dans les oiseaux, par exemple, où les lobes cérébelleux sonl presque rudimeniaires, ne dépassent pas le bord e\» terne des pyramides, mais, le plus ordinairement, comme dans tous les mammifcreSy les cacbent estièremcnt et atteignent ainsi la ligne médiane creusée en un silloii plus ou moins prononcé. Mais ce sillon, plus simple que tout le reste de la protubé* rance, n'est pas, suivant M. Fouille , l'enire-croisement réel des fibres transverses t!u pont, mais l'analogue de la commissure du sillon antérieur de la moelle.

M. le docteur FoviUe trouve également , pour la masse ganglionaire que forment les tabereales «psadrijumeaux , les deux ordres de connexions avec la moelle cérébrale, avec sa partie antérieure par deux faisceaux, l'un émanant des pyramides oà il commence à être caché par la protubérance, et montant à la partie postérieure dos labercolea; l'autre plus antérieur, sortant du voisinage du tractus opUcuâ^ avec sa partie postérieure, par des fibres naissant directement du cordon de la moelle prc« longée sons l'aqueduc de Sylvius, et traversant d'un côté à l'autre, un peu comme au cervelet.

Pour résumer le plus brièvement possible les résultats auxquels les recherches con* tenues dans le Mémoire de M. Foville l'ont conduit, nous pouvons dire :

La moelle vertébrale se eontinne dans le crâne avec les caractères essentiels qu'elle a dans le rachis, c'est-à-dire avec les trois faisceaux de fibres qui constituent chaque BMMiié latérale, sa substance griae, tes commissures et les deux sillon» d'origine des

Les ganglions sans appareil extérieur qui la couronnent dans l'encéphale, en se retevant, pour ainsi dire, et se soudant l'un Jb l'autre au-dessus d'elle, sont en communication directe avec elle par deux ordres de Fibres, les unes par coniinn»tion de son faisceau postérieur , les autres par celle de l'untérieur, ce qui constitue leur pédoncule.

Celui du cerveau, en se subdivisant, va former, au moyen des fibres qui viennent des pyramides ou faisceaux antérieurs, tout le c<'»té citerne et couvcne des hémisphères; et an moyen de celles qni viennent des faisceaux postérieurs, le corps calleux , les circonvolutions inférieures , externes et postérieures , pour se terminer dans les lobes olfactifs au quadrilatère perforé.

Mais, avant de se subdiviser, le pédonctde du cerveau est successivement entouré par six espèces d'anneaux qui ont leur origine et leur terminaison dans le quadrilatère perforé , savoir : en niarch int de dedans en dehors, les couches optiques , la bandelette seni-eirculaire , les cori)s striés, une bandelette nouvelle, la voùie à trois piliers, comprenant le corpf frangé, et enfin l'ourlet.

Le pédoncule du cervelet est également formé de deux ordres de fibres supérieure* et inférieures : les supérieures en trois faisceaux, un médian, un descemlaut et un ascendant, en connexion intime avec les faisceaux postérieurs de la moelle; les in> irrieitres constituant le pont de Varole et naissant du bord externe ou de presque tonte la face inférieure des pyramides.

Le pédoncule des tubercules quadrijumcaux , br.tuconp plus court et plus scrrr, est forme égalemcni d'un faisceau qui monte des pyramides, et d'un aulrc qui vient do cordon postérieur de la moelle, le long de l'aqueduc de Sylvius.

corps ralleux; 6" que le plan supérieur suil iiiie niarclic lé(<<Teiuent o|)Uqne en hant et en dehors, el va (loiihlor l'écorce Rinsc c-c l'Iiéiiiisplièi'e; 7** que le plan wfetieurtt dirige imiiicdiateineiit en l>us, loiiiouin^ lots paities externes et iiifcricnrcs du coq* strie f puis se relève près de la li{;nc médiane, pour former le côté correspomlaot da irigoae et de la cloisun transiparenie; 8" enfin, que la disposition de la |»ariie supérieure du pédoncule, au centre même du cerveau, donne assez eaa^^teiucnl l'inage de la moelle épiuière, dont les nerfs seraient représentas par les (iitrcs du p'au de I'm et l'autre hémisphère. Sans doute , ce travail était fin gr^nd progrès pot de structure de l'encéphale; niais il restait encore à dpieriniQer la 4cstio«lioii ] de chacun des trois plans qui résultent de la remarf[uable diviviou de b partie supérieure du pédqpcule, et à fixer surtout la part que prennent k la foçnatipa de dtêcm d'eux le» fibres antérieures et pof térieurcs de la moelle épinière. Or c'est ce praUèsp ardu, sans la solutiou duquel l'histoire des conneiiions t^ la mocUe avec le ftprtm démettre nécessairement incomplète, que M. Foville s'est proposé daof le wipMn dont nous devons vous rendre compte.

Si^ivani cet auatoniistc, en sortant de U pro^ipicraoce, le« deux plans fibreai ^ constituent les pédoncules suivent des dirpctionf ^ien différentes; les fibres ffffêr midales montent obliquement en avant et en )iehof», à travers la coiiphe ppM»^ et le corps strié, se rendent vers la face conyexe de l'h^iispbère, et s'y parlipiH m deux plans, Tun supérieur^ l'autre inférieur^ pl^ \p$ deu| destinés aux circoDvolylia|| qui forment la partie externe et convexe de l'héqiisp^^e. L^s JUires tgut émunoA 4f ta partie postérieure du bulbe se séprent également en deux phins dans }p ceaire mtts$ de la couche optique, et entourent d'un aupeau complet fort remarquable It Hiaeam ascendant des fibres pyramidales. Lep/fin sapérieifr de ces fibr^, le pUia cotuiàér^Mê des deux, s'avance jusque dans le corps strié, te dégage |le U partie e^lefof «k^ corps et de la couche optique, se recourbe aussitôt en l^aui et ^ df daiif » et va i tner le corps calleux, cunmiissure du pédoncHle, et )^ plus considérais de I celles du cerveau. Le pian mfcrivur passf au conifaife au-dessous du faisceau àm fibres pyramida!es eu dedaiu et en avant (dp la partie latérale de la fente ilc Ridbal, produit le nerf optique d'abord , le nerf olfactif un peu plus loiq, ci coiatHiit a»» dessus du corps strié, eu dédains de la scissure de Sylvius, en arrière du lobak frontal , en avant et en dedans du lo()ule (cmporal, \\tk espapa bljifip, perftNné d'wM midtitude de trous vasculai^es symétriquempnt disposés, que &f . Foyilhe ap|Mlle f«edriUilère perfiirc. Suivant lui, cet espace es( çotuuie uu pentre duquel |u-ocè«le»l M vers letpiel se terminent les fibref arcifonnes^ qui constituent nq ceriaiu nombre é$ cercles fibreux , entourent la partie pyramidiflç du pédoiicti|e, el te (enniac^t cf ||f« manière spéciale dans l'hémisphère.

Sans compter l'anneau fornic dans la couche pptiqiie, autour du faiscçao dcs|i^fi| pyramidales du |)édoncule, par les fibref i)ostéricurps de celui-ci, U* Fpi ille lifliwll encore comme procédant de fespacc blanc perforé^ et par suite de la partie postéfienft du bulbe : 1* le tania semi-circulaire ; 2' une bandelette analogue à |a précédqM# qu'on n'avait pas décrite juttqu'ici, et qui entoure la partie externe du cof^ Mcié comme le taenia entoure la partie externe de lu couche opiique; 3* les dpus HMMliil de la voûte et les vaips framjés qui leur font suite en arrière; 4* les deux bandeUtltm médiane et lon/fitudinule du corps calleux ; !>* cnFm le faisceau fibreux reoMirquaUc qu'il appcllL- i'ouilct.

REGHCRCHES HISTORIQtES. 99

Suivant M. Forille, ce faisceau de l'ourlet procède de la partie antérieure du quadrilatère |M.Troré, te dirige ru avant, au-dessus de la circonvolution qui 8up|>orlc le procewos olfactif, se replie sur le genou antérieur du corps calleux, suit la face «upérienre de ce corps, se recourbe en arrière avec lui , passe en dehors de la fente de Bicbat, et vient, en formant un crochet, se terminer sur le quadrilatère perforé, en dedans de la scissure de Sylvius, dans la circonvolution la plus interne du lobule temporal. Ce remarquable faisceau forme ainsi la base d*iine circonvolution annulaire comme lai, qui contourne le corps calleux dans son trajet; circonvolution que II. Foville appelle circonvolution de f ourlet, parce qu'elle constitue le rebord on la marge de la membrane de lliémisphère.

De la sorte. Messieurs, quelque nombreuses et quelque varices que paraissent les drcoovolations dn cerveau, elles forment deux classes bien distinctes. Les unes conroDoeraient le sommet des fibres ascendaj(tcs des pyramides antérieures, et seraient doubleroeat en rapport avec la partie antérieure de la moelle et les racines antérieures des nerfs rachidiens; les autres, placées sur le trajet des fibres postérieures du balbe, seraient continuées nou-seulement avec les racines postérieures des nerfs de )a moelle, mais encore avec trois nerfs cérébraux, Volfactif, Voptitpie et l'acoustique ; aerfs sur les fonctions desquels il ne peut s'élever aucune contestation sérieuse, ainsi ({■e M. Foville le fait justement observer. En outre, suivant M. Foville, les circon- Tolations pyramidales occuperaient le centre de la partie externe et convexe des hévns|ibèrea, tandis que toutes celles qui ont pour base le faisceau fibreux de l'ourlet et les embrandiements, tout k fait excentriques, formeraient la face plane des lobes cérébraux, la partie la plus inférieure dn lobule temporal, et ce groupe remarquable qac renferme h scissure de Sylvius, et qui porte le nom d'insula.

Quoi qu'il en soit, M. Foville n'a pas seulement cherché à établir que les deux principaux ftisceaux delà moelle ont dans le cerveau des départements distincts; il aons a montré, en outre* que le corps calleux et les mitres commissures plus petites loDt des dépendances des filtres postérieures du buU)r, tandis que les communications Médianes sont entièrement étran,'«,ères aux parties qui sont pinrci's sur le trajet des fibres pyranriilales du pédoncule. Cette circonstance. Messieurs, est bien iro])ort{inte, car elle prrmet de concevoir des faits dont la loi jusqu'ici nous a>ail échappé, et qui le reproduit tous les jours dans la pratique, savoir : que les lésions de la sensibilité dans les liémiplégies sont beaucoup moins complètes que les lésions de la motilité. En effet, par suite de la réunion médiane des parties affectées aux fonctions scnsorialcs, le nerf sensitif est toujours eu rapport avec les deux côtés du cerceau , tandis ^'il en est lont autrement pour les nerfs moteurs qui émanent des régions auxquelles les commissures sont entièrement étrangères. M. Foville signale en outre une re- Daranakle analogie de structure entre les filires de deux ordres qui constituent les pédoncules, et les cordons également de deux ordres qui forment le système nerveux périphérique. Suivant lui , les fibres pédonculaires qui émanent de la partje postérieure du bulbe, semblables sons ce rapport aux nerfs que Ch. Bell considère comme affectôs anx fonctions sensoriales, présenteraient sur leur trajet des renflements griùeres, véritables ganglions, avec lesquels elles se confondraient et desquels elb's recevraient onc multitude de fibres nouvelles; tandis que les fibres pyramidales, ainsi qne les nerfs moteurs, n'offriraient rien de semblable.

Après ces comidëralions, ai nouvelles et si pleine! d'intérêt, M. Foville présente,

corps calleux; 6*^ que le plan supérieur guii uue marclic lé(;iTenient o|)iiqne en haut et en dehors, et va iloublcr i'ccorce Rrise ('c riiéniisplière; 7" que le plan iiifièritHrii dirige inimédiulcmcnt eu bus, coiiiouinf les pailies externes et inrénciires du eorpi strié, puis se relevé prés de la ViQtic médiaue, pour former le c6ié c»rres|ion<lani da trigoae et de la eloisun transparente; 8*^ enfin, que la disposition de la partie sapérieure du pédoncule, au cenlrc même du cerveau, donne ms^b^ eaajcieaicnt l'ioiage ik la moelle épinière, dont les nerfs seraient représeni|is par les libres du p'au de ï'm et l'autre hémisphère. Sans doute, ce travail était fin grand prQgrèa pour ranaionit de structure de rencépliale; mais il restait encore à dpterfniner la dcsiiiMlioB pvcoK de chacun des trois plans qui résultent de la remarquable divisiuu de la partie sapcrieure du pédqpcule, et à fiier surtout la part que prennent k U foçmatiiMi de cfaaom d'eux les fibres antérieures et poricrieurcs de la moelle épinière. Or c'eat ce proUé^p ardu, sans la solution duquel l'histoire des connexions de la moelle avec le ftrwtan demeure nécessairement incomplète, que M. Fuviile s'est proposé da^f k luéipoiif dont nous devons vous rendre compte.

Si^ivant cet auatomiste, en sortant de U proti^érance, le» deux p^ns fibreux ^/A constituent les pédoncules suivent des dirpction^ |)ieo différenies; les fkrt* flffÊt midnles montent obliquement en avant et en b^lv^^, à travers la coM^iir ppûyf et le corps strié, se rendent vers la face conyexc de l'h^isphère, et t'y panayt fV deux plans, Tun supérieur^ l'autre inférieur^ ^)l^ I^s dcu^ destinés aux circoiivolpli(N9 qui forment la partie externe et convexe de l'hépiispl^re. Les filfirs qut énumerU 4l (a partie postérieure du bulbe se séprent également en deux plans ^n* ]p ccatrc wlflip de la couche optique, et entourent d'un anneait complet fort remarquable le feiaccfi ascendaiit des fibres pyramidales. Le p/fin smpériei^r de ces fibres, le plua conaiiiértMl des deux, s'avance jusque dans le corps sirié, |e dégage ^p U partie e^^erne ile^ corps et de la couche optique, se recourbe aussitôt en l)aiit et fen d^datif , ei va tuer le corps calleux, commissure du pédouciflc , et |a plus coo«idérp|^le de celles du cerveau. Le plan mfêntur pass^ au contr^ife au-dessous du faisceau fibres pyramidales eu dedans et en avant dp la partie latérale de la feule de produit le nerf ontique d'abord, le nerf olfnctif un peu plus loii|, ci cpuaCilHe a»* dessus du corps strié, en ded.iqs de la scissure de Sylvius, en arrière du lolMli frontal, en avant et en dedans du lojaule lcuiporal| qii espa(:e M^np, perfurc d'wa multitude de trous vasculaifes symétriquempnt disposées, que Aff. Foyil|e ap|«|ie fue> drilatère perfitrc. Suivant lui, cet espace cs^ comme un pentre duquel |iroeède9l M vers lequel se terminent les fibres arciforines, qui constituent uq ccriaiu nombre é$ cercles fibreux, entourent la partie pyramid;)!^; du pédoucule| et se |eriiliiie^l d^Npt manière spéciale dans l'hémisphère.

Sans compter l'anneau formé dans la couche pptiqiie, autour du Êiiicçaa de« fàfgtlk pyramidales du pédoncule, par les fibres i>Qsténeurps de celui-ci, M* Foville «ifiltll encore comme procédant de Tcsnace blaiic perforé, et par suite de la partfe pqtlêfieBfl du bulbe : 1* le tania scmi-cirvulaire ; a* une bandelette analogue à (a prêcédepfp qu'on n'avait pas décrite jusqu'ici, et qui entoure la partie externe du cûfpi ftrif comme le larnia entoure la partie externe de la rouche opiique; ^ les dpux NMNlitff de la voCttc et les voips fraïujés qui leur fout suite en arrière; 4* les deux bandeUttm médiane et longitudinale du cor^pi calleux; S* enfin le fai»cenu fibreux reiu^irquablp qu'il appelle l'oui Ict.

SaiVant M. Forille, ce faisceau de l'ourlet procède de la partie antërieuM da qaadrilaière |Mfrforé, «e dirige m avant, au-<tessufl de la circonvointion qui supporte le proceatot olfactif, se replie lur le genon antërienr du corps calleux, suit la face 8U])érieore de ce coqit, se recourbe en arricre avec lui , passe en dehors de la fente de Birhat, et vient, en formant un crochet, se terminer sur le qaadri)ali>re perfore, en dedans de la scissure de Sylvius, dans la circonvolution la plus interne du lobule lemporal. Ce remarquable faisceau forme ainsi la hase d'une circonvolution annulaire cooime lai, qui contourne le corps calleux dans son trajet; circonvolution que M. Foville appelle cireonvoiuthn de ^ourlet, parce qu'elle constitue le rebord on la Bsrge de la membrane de l'hémisphère.

De la sorte. Messieurs, quelque nombreuses et quelque varie'es que paraissent les dreoDvotutions du cerveau, elles forment deux classes bien distinctes. Les unes courooncraient le sommet des fibres ascendajdcs des pyramides antérieures, et seraient doublement en rapport avec la partie antérieure de la moelle et les racines antérieures des nerfs rachidiens; les autres, placées sur le trajet des fibres postérieures du bulbe, seraient continuées nou-seulement avec les racines postérieures des nerfs de la moelle, mais encore avec trois nerfs cérébraux, Y olfactif y Voptique et Vacoustiffue ; aerfs sur les fonctions desquels il ne peut s'élever aueuue contestation sérieuse, ainsi qae M. Foville le fait justement observer. En outre, suivant M. Foville, les ctrconvolnlions pyramidales occuperaient le centre de la partie externe et convexe des héaiif|ifaères, tandis que toutes celles qui ont |>our base le faisceau fibreux de l'ourlet et ses enbrandiements, tout k fait excentriques, formeraient la face plane des lol>es cérébraux, la partie la plus inférieure du lobule temporal, et ce groupe remarquable (|Be renferme b scissure de Sylvius, et qui porte le nom d* insu la.

Quoi qu'il en soit, M. Foville n'a pas seulement cherché à établir que les flenx principaux faisceaux delà moelle ont dans le cerveau des d(-partcmcnt<i distincts; il nous a montré, en outre* que le corps calleux et les .nntrcs commissures plus petites loot det dépendances des fibres postérieures du buU>r, tandis que les communications flSfdiaoes sont entièrement étran;<,ères aux parties qui sont pincées sur le trajet des fibres pyranridalcs du pi-doncide. Cette circonstance, Mcssicun», est bien importutitc, car elle p«rrraet de concevoir des faits dont la loi jusqu'ici nous avait échappé, et qui le reproduit tous les jours dans la pratique, savoir : que les lésions de la sensibilité dans les l>émipléj*ies sont beaucoup moins complètes que les lésions de la motilité. En effet, par suite de la réunion médiane des parties affectées aux fonctions scnsorialct, le nerf sensiiif est toujours eu rapport avec les deux côtés du cerveau, tandis qa'il en est lont autrement pour les nerfs moteurs qui émanent des régions auxquelles 1rs commissnrcs sont entièrement étrangères. M. Foville signale en outre une renarquable analogie de structure entre les filn-es de deux ordres qui constituent les pédoncules, et les cordons également de deux ordres qui forment le système nerveux périphérique. Suivant lui , les fibres pédonculaircs qui émanent de la partje pos^érienre du bulbe, semblables sons ce rapport aux nerfs que Ch. Bell considère comme affectés ans fonctions sensoriales, présenteraient sur leur trajet des rcnflenienfs grisâtres, véritables ganglions, avec lesquels elles se confondraient et desquels tllr? recevraient une multitude de fibres nouvelles; tandis que les fibres pyramidales, ainsi qne les nerfs moteurs, n'offriraient rien de semblable.

Après ces considérations, si nouvelles et si pleines d'intérêt, M. Foville présente,

sous foimf lie corollaires, les proposiiions suivanles, que nous ne pouvons DÙetn faire ({lie de livrer aux incditalions de rAcadcmie. Toutes les parties Bbreoses ds cerveau sout simplement conductrices. Les unes, conliguës à la face interne des circonvolutions d'une pan, et aux pyramides de l'autre, sout destinées à transmetirc l'influence qui détermine les mouvements volontaires.' Les autres, inlemncdiairesaai parties postérieures de la moelle et à la circonférence des hémisphères, tmnsmeiicat au cerveau les impressions relatives anx phénomènes divers de sensibilité.

La substance corticale des circonvolutions parait être le substratum matériel psr l'intermédiaire duquel la volonté dirige les mouvements. Les lésions de cette nkstance sont celles que signalent depuis vingt ans, comme les plus fréquentes, les Médecins, assez nombreux aujourd'hui, qui croient trouver dans le cerveau drsaliéoéi des .iliéralions en rapport avec les symptômes caraciéristiquei des aHcctious oicstales. L'atrophie des circonvolutions, si fréquente dans la démence, résolie certaiaement de l'ubolitiou des fonctions de l'écorce grise de ces parties; ramoiodrissemcM de la substance blanche dans ces cas survient de la même manière que l'atrophie dcf nerfs optiques chez les aveugles.

Telle est , Messieurs, la première partie du travail dunt nons étions chargés de vov , rendre compte. Nous aurions fini sur ce point , si, quelque temps avant la lecture dk M. Foville , un de vos honorables collègues, M. le professeur Gerdy, n'avait publié sur le même sujet, dans le Journal des Connaissances médico^hiniryicalcs, un mémoire dans lequel se rencontrent des vues qui ne laissent pas que d'avoir ceriaios rappofH avec celles que nous avons précédemment analysées. Vous comprenez, dès lors,qB'il importe, dans l'intérêt de la vérité , et pour vous mettre à même de porter votre jage* ment avec une parfaite connaissance des choses, que nous vous donnions uo aponçi rapide des analogies et des différences que présentent les travaux de ces deux anafomistes. MM. Gerdy et Foville ont également reconnu, chacun de son côté, b dii|KH sition annulaire dos parties du cerveau qui couronnent la partie supérieure 4» pédoncules, et tons les deux décrivent comme formant des cercles distincu; i*li circonvolution marginale de Vhémisphire qui suit le contour du corps calleux; a* Id deux filets longitudinaux de celui-ci ; S" la t;otl(e à trois piliers et le corps franifé : 4* h couche optique; 5** ]e corps strié; 6<* enfin, le tœiiia semi-circulaire. Mais d'une part M. Gebdy compte encore parmi les cercles qu'il admet le corps calleux et la toiUchih roïdienne, que M. Foville considère comme d'une nature différente; et, d*un autre côté, ce dernier comprend parmi les cercles médullaires un tamia particulier tf»t vt mentionne pas M. Gerdy, t;enia analogue à la bandelette semi~circulaire , et placé co dehors du corps strié , à sou point de jonction avec l'hémisphère. Par conséquent, si est bien certain que M. le professeur Gerdv a sur M. Foville l'antériorité so«s le rapport de la connaissance de ce fait , que certaines parties de l'encéphale oat ne disposition annubire autour de ses pédoncules , il n'est pas moins bien établi que ces deux anatomistes ne se trouvent plus entièrement d'accord dans les détenuinacioM particulières : le premier rangeant parmi les cercles du cerveau des parties auxqueUo le second ne reconnaît pas ce caractère, et, réciproquement, celui-ci disant eaircr dans sa classification des parties que celui-là en écarte avec le plus grand soin.

Une considération qui caractérise plus nettement que nous n'avons pu le faire jai> qu'ici les travaux de MM. Gerdy et Foville, c'est que le premier s'est particidièrcneM attaché à l'étude de celte remarquable disposition annulaire que nous 8toos sinalér;

aiwlis qne le second , sans négliger celle donnée, insiste stirtonl snr ces fiils, qnc loas es cercles qu'il décrit ont une base fibreuse , que les fibres se terminenl par leurs xtrémilés opposées dans la partie posléricurc de lu moelle cl du pédoncule» cl qu'ainsi oos se trouTcnt en relation de continuttc avec ccui df s nerfs que la plupart des anaomisces considèrent aujourd'hui comme affectés aux fonctions sensoriules. D'ailleurs i description des anneanx médnllaires qui embrassent les pédoncules du cerveau ne onstitae qu'une partie du mémoire de M. Fovillc ; cet anatomiste y démontre en «tre, comme nous l'avons dit précédemment, que les commissures appartiennent au »é»e système de fibres que les cercles , c'est-à-dire h celles qni émanent de la partie NMtérieure du bulbe : et, ce qui est plus important encore, il établit que certaines irconvolii lions sont exclusivement en rapport de continuité avec les pyramides, tandis pie d'autres s<mi le point spécial de terminaison des fibres auxquelles apiiarliennent les scrdes et les commissures.

Dans b seconde partie de son travail M. Foville appelle votre atleniion siir qnel- ]iies particularités de la boite osseuse encéphalique , et surtout sur les rapports de sa brme avec celle de l'important organe qu'elle renferme. Voici d'ailleurs les résultats Boxqoels il est arrivé.

Si Ton divise transversalement les deux bosses frontales par un trait perpendiculaire ï leur siirfiice , et que l'on poursuive celte division à quelque profondeur, on ouvre fane part les ventricules latéraux à Li hauteur de leur extrémité ou corne antérieure, et fou arrive d'autre part snr le genou du rorjM calleux; celle-là répondant exacteneot ik ces )>osses, et celui-ci se trouvant en rapport avec leur intervalle. Si l'on divise de même manière les deux bosses occipitales supérieures, ou parvient à l'exuimité ou corne postérieure des ventricules.

La section perpendiculaire des deux bosses pariétales conduit directement sur la partie postérieure du corps calleux, c'est-à-dire sur la région la plus spacieuse et la plus saillante en dehors des ventricules, celle qui représente, eu quelque sorte, le confluent de» étages supérieurs et inférieurs de ces cavités.

Enfin , fi l'on traverse la portion écaillense du temporal , au niveau de la bosse oUiqne en bas et en avant qu'elle présente, on ouvre le fond de la région temporale la ventricule correspondant , tandis qu'un pénètre dans la scissure de Sylvius si l'on ^t au contraire dans la direction de la dépression )>Iacéc au-devant de la bosse [irrcédente.

De la sorte, suivant M. Foville, les ventricules impriment leurs contours snr les nrois de la boiie encéphalique , et modifient d'autant plus sûrement la forme généale de cette cavité que rien , dans le développement des parties superficidies du cerreao, n'explique les bosses constantes que présente cette boîte. La comparaison ipprofondie de la forme de ces bosses et des parties correspondantes des ventricules le lai»se aucune place an doute sous ce rapport : en effet, les bosses frontales sont oodes ou ovales comme la corne antérieure des ventricules ; les bosses occipitales , nais tartont les fosses qui leur correspondent à l'intérieur, sont un peu plus aiguës, JBsi que la partie postérieure des ventricules ; les bosses temporales sont obliques , omwe la région temporale des ventricules ; enfin, la convexité de la région sincipitale se parbitement en rapport avec la voussure de la face supérieure du corps calleux.

Da reste, cette influence des sacs venlriculaires du cerveau sur les parois du crâne, jac M. FoviUe asgoale avec un si Qnnd soin, avec une si ri§oureiise exactitude, ne

102 RECnERGHES HISTORIQUES.

l'empêche pat de reconnaître la part qu'ont les circonvolatioot des hémisphères daoïli modification de la hoîie eoceplialique ; seulement il n'allribue à cdlet-ci qu'aor ia* portance secondaire sons ce rapport.

L observation démontre, en effet, que, dans les ras où les circonvoluiiou loat très grosses, le crâne, conservant toujours la forme générale que lui imprimeai l« ventricules, se renfle dans les régions intermédiaires; de telle sorte que ses bostei restent peu prononcées, tandis que, au contraire, sur le» sujets chez lesquels b circonvolutions n'ont qu'un médiocre développement, les bosses frontales, pariétales et occipitales sont très apparentes. Dans le premier cas, pour employer les eipression caractéristiques de M. Foville , la forme du crâne est plus cérébrale que veotricabire, tandis qu'elle est plus ventriculaire que cérébrale dans le second.

Dans l'hydrocéphalie clir. nique, par exemple, dans laquelle les ventricules, agraaëii et distendus par une abondante sérosité, exercent sur les parois crâniennes ooe itflueiice incomparablement supérieure à celle des rircimvoluiious hëmispbériqaei , nidimentaires cl presque almpliiées , les bosses frontales , pariétales et occipitaki supérieures sont extrêmement prononcées, et le crâne oITre le plus haut degré pos* sible de hi forme ventriculaire.

Vous le voycx. Messieurs, le travail de M. Foville doit, sous plus d'un rapport, exciter rintérél de l'Académie. Il établit aus.si clairement que pos>il)!e le mode <kl connexions du cerveau avec la moelle épinièu?, connexions sans b déierminaiiun det* ((uellcs il est impossible de comprendre l'influence fonctionnelle réciproque d« cet deux gr.'.uds centres nerveux ; il montre que les racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens ont des départements distincts dans l'encéphale , il donne une ap|irécialiun beaucoup plus exacte qu'on ne l'avait fait jui^qu'ici des rapporta du cràoeascc le cerveau, et il s'élève contre la trop graude géiicraiisaiion de cette proposition : que kmtf taillk' ou déprcssùm extcii ure du crùne est tiè( cssairemcnl Itijulèle traduction du déve* toppeincnt des circonvnftitiutis corresponduntei du cerveau.

De tels ré^ultatx, Messieurs, martpient un progrès considérable dans l histoire aattouitque du système ner\'eux, et le travail dont ils sont la déduction est unedecff auvres {irécieuses sur lesquelles , osons le dire, l'Académie n'a que rarement occasion de porter nn jugement.

Vm conséquence , nous proposons à l'Académie de remercier hautement BJ. le docteur Foville de son importante communication, et d'urdunner l'in^ertiou de son travail dans ses Mémoires.

Commissaires, MM. BolJiLr.AUD , BotJvixR ; Blakoin raftpcrtear.

Dans cet historique, dt»jà bien long, beaucoup d'ouvrages d'un grand mërite ont été passés sous silence; j'ai cru devoir me borner à l'analyse de ceux qui contenaient les vues générales ks plus remarquables ou un grand nombre de déterminations nouvelles sur la structure des parties. Pour ceux qui n'ont pas été mentionnés justju'ici, et qui méritent de l'être par suite des données qu'ils fournissent sur quelques points im|>ortant9 d orgara-

GONMDBRATIOFISy ETC. 108

sation , ce sera en traitant des parties mêmes sar lesquelles ils ont pu répandre quelque lumière que je m'efforcerai de leur rendre justice.

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