‹ Traité complet de l'anatomie, de la physiologie et de la pathologie du système nerveux cérébro-spinal, 1. ptie., Anatomie (volume 3)Chapitre 98 sur 127 · ANGLE FACIAL DE CAMPER · texte numérisé non relu

ANGLE FACIAL DE CAMPER

De tous les vertébrés, l'homme est celui dont le crâne et la face, quelque variété de l'espèce qu'on examine, se rapprochent le plus également des plans verticaux qu'on peut faire passer au

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contact des parties antérieures et des parties latérales les plus saillantes de la tête.

La mesure si connue sous le nom d^angle facial de Camper avait pour but de fixer le degré de saillie relative du crâne et de la face en avant, tant dans Thomme que dans les animaux.

Formé par Tintersection au niveau de Tépine nasale de deux lignes tirées, Tune de la partie médiane la plus saillante du front au milieu des dents incisives supérieures , lautre du conduit auditif à l'épine nasale, Tangle facial de Camper ofire nécessairement plus d ouverture quand le front est plus avancé , et devient plus aigu quand la mâchoire supérieure proémine davantage.

Cette mesure, quand on ne veut pas forcer sa valeur, n'indique autre chose que le rapport des parties médianes du front avec la mâchoire supérieure; mais le développement relatif du crâne et de la face peut varier sans que Tangle facial change. Camper l'a parfaitement compris , aussi a-t-il voulu ajouter à son angle facial une autre mesure qui pût indiquer les rapports latéraux du crâne et de la face.

Cette seconde mesure est donnée par deux lignes qui , Tune à droite et l'autre à gauche, touchent les extrémités latérales du front et celles des pommettes 1 1 viennent s'unir à une troisième ligne transversale comprise, comme un mors, entre les deux mâchoires.

Si les deux lignes latérales rencontrent la ligne horizontale suivant un angle droit , elles indiquent une égalité parfaite de largeur entre le front et les pommettes.

Si cet angle est aigu , il indique l'excès de largeur des pommettes sur le front ; enfin , s'il est obtus , l'excès de largeur du front relativement aux pommettes.

Mais la plus simple réflexion démontre encore Tinsuffisance de cette seconde mesure ajoutée à celle de l'angle facial.

On n'apprécie, par leur secours, que les proportions léciproques de la face et des parties antérieures de la tête , elles ne disent rien des quatre cinquièmes postérieurs du crâne.

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Camper n avait pas attaché ù ces mesures le genre d'importance que quelques personnes ont voulu leur trouver, il les a données comme caractères différentiels de quelques races humaines : illes a poursuivies dans la série animale , il est vrai ; mais plutôt , si j'ai bien compris son travail , avec des idées d'artiste , qu'avec l'espérance d'en tirer des lumières d'un autre genre.

Frappé de l'insuffisance de l'angle facial de Camper, Cuvier a proposé une mesure plus rigoureuse sans aucun doute.

La comparaison de l'aire de la (ace à l'aire intérieure du crâne.

Il faut , pour prendre cette mesure , conforméinpnt aux données de Cuvier diviser par une section verticale et longitudinale à la fois , le crâne et la face , et ensuite comparer leurs aires.

On peut voir, de cette manière , la grandeur relative de la face et du crâne dans le plan médian , rien de plus , et certainement ce n'est pas assez pour donner une idée des variations sans nombre que le crâne et la face présentent dans le développement de leurs parties latérales. D'ailleurs , cette mesure n'est applicable que sur le squelette; et encore exige-t-elle, comme préalable indispensable, une section verticale de la tête dans toute sa hauteur.

Quand il s'agit de mesurer chez l'homme, comparativement, la grandeur du crâne et de la face , on en peut savoir davantage en regardant avec attention le profil extérieur de la tête qui montre la Youssure latérale de la voûte, la saillie des pommettes, qu'en regardant isolément les aires de la face et du crâne dans une section médiane. Il n'en est pas de même chez quelques animaux , où le crâne , enfoncé pour ainsi dire dans la f ce , masqué par des apophyses et des crêtes osseuses , ne laisse pas mesurer sa capacité par le seul examen extérieur.

640 RAPPORTS ENTRE LA FORME GÉNÉRALE OB LA TilB

RAPPORTS ENTRE LA FORME GENERALE DE LA TÊTE ET CELLE DE L*0REILLE EXTERNE.

La considération de Poreille externe montre entre cette partie et la tête tout entière de curieux rapports.

Depuis long temps, M. de Blainville avait exprimé la pensée que l'oreille ex'crnede l'homme n'est pas calculée exclusivement pour les phénomènes auditifs. Sans doute, elle présente bien une petite conque ; mais les formes si travaillées , si particulières de plusieurs parties de son pavillon ne semblent pas avoir de rapports appréciables avec l'audition. A quoi peut servir pour ce sens le lobule qui n'appartient absolument qu'à l'espèce humaine t

M. de Blainville trouvait donc dans l'oreille de l'homme un caractère symbolique , essentiellement différent dans son but des cornets acoustiques donnés à beaucoup d'animaux.

Si l'on fait passer , de la bosse nasale aux racines temporales de l'arcade zygomatique, une ligne A B prolongée jusqu'à la limite postérieure'de l'oreille externe , et que du point où cette ligne atteint la circonférence de l'oreille [voy. pi. 23 , fig. 5) on tire une autre ligne droite B C jusqu'aux dents incisives supérieures , voici ce que l'on peut reconnaître.

Les deux lignes A B, B C ont divisé la tête entière et loreille externe en trois régions.

Dans la tête comme dans l'oreille, c'est la région supérieure qui est la plus grande. Cette région n" 1 de la tête est le crâne , dont le profil donne une grande ligne excentrique parallèle à celle qui limite la région supérieure de l'oreille.

La deuxième région dans la tête est celle de la mâchoire supérieure. Dans l'oreille c'est im enfoncement, sa conque, proprement dite , à la partie s jpérieure de laquelle le relief de l'origine de l'hélix traduit le relief de l'arcade zygomatique.

Cette arcade zygomatique se continue avec le bord externe de l'os de la pommette et par suite avec l'arête osseuse qui dessine la fosse temporale.

IT CELLE DE l'oREILLE EXTERNE. ' 641

Le bord libre du relief, qui se continue dans l'hélix, se prolonge aussi dans le bord libre de Tourlet de Toreille ; ce bord de l'ourlet décrit dans l'oreille une courbe parallèle à celle de la ligne qui cerne la fosse temporale : et il est remarquable que les oreilles qui n'ont pas d'ourlet appartiennent aux crânes dont la zone médiane, retrécie , abolit en quelque sorte la fosse temporale ; tandis que les crânes dont la voûte élargie surplombe notablement les fosses temporales offrent ordinairement des oreilles largement ourlées.

Quant à la seconde région de l'oreille, elle est ordinairement proportionnelle à la seconde région de la tête, c'est-à-dire à la mâchoire supérieure.

La troisième région de l'oreille, son lobule, représente le profil de la mâchoire inférieure. Et s'il est vrai , comme le signale M. de Blainville, que l'homme seul possède ce lobule, il ne l'est pas moins que l'homme seul possède un menton anguleux.

Si de l'homme on passe au premier des animaux , Torangoutang , du niême coup l'on voit supprimés le lobule de l'oreille et le menton.

L'on voit aussi la partie supérieure et postérieure de l'ourlet de l'oreille disparaître en même temps que la partie supérieure et postérieure de l'arête de la fosse temporale, qui, prolongée jusqu'à la ligne médiane du crâne , confond ses limites excentriques avec celles du crâne lui-même vu de profil.

Ces rapports de l'oreille externe avec l'ensemble de la tête augmentent d'importance quaud on poursuit leur examen comparatif dans les vertébrés. Nous sortirions de notre plan en reproduisant les conséquences que M. de Blainville tire de ce pa* rallèle.

Les connexions qui rapprochent la forme générale de la tête de la forme générale de l'oreille externe , sont tellement étroites que jamais on ne trouve deux oreilles semblables quand les deux moitiés de la tête ne le sont pas. Le défaut de symétrie du crâne entraîne nécessairement le défaut de symétrie des oreilles.

T. 1. Ui

64 î AliTiriiL\TlO!«S !>r cr\nc.

Lq proposition invorse n'est pas <»gn]e:nont vraie : on pput trouver deux oreilles disseniblable-î. une d'elles atrophiée, par exemple , appartenant à une tête symétrique.

Si les rapports que je signale sont vrais , les mêmes raisons qui peuvent exister pour chercher à bien connaître les formes de la tête , invitent à observer avec la même attention celles de Yoreille externe.

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