ARTICULATIONS DU CRANE
Les os du cnine s'articulent entre eux ; ils s'articulent avec la mâchoire supérieure ^ avec Tinférieure, enfin avec la colonne vertébrale.
Il n'entre pas dans mon sujet de reproduire ce qu'on peut lire dans les ouvrages qui traitent de ces diverses articulations envisagées dans leur mécanisme ; mais des considérations d'un autre ordre relatives aux rapports du crfine avec la face et la colonne vertébrale, trouveront ici leur place.
Toutes les pièces essentielles de la charpente osseuse de la mâchoire supérieure s'articulent d'une manière immobile avec la base du crâne.
Les rapports des surfaces articulaires correspondantes, delà base du crâne et des os de la iace ne sont pas à beaucoup près identiques chez tous les individus de l'espèce humaine. Les différences principales résultent du niveau variable de ces articulations , et par suite de la projection marquée du front au-devant de la tace, ou bien , au contraire, de la projection de la face audevant du front jJans les extrêmes les plus opposés.
Si l'on passe de la vue de profil à celle de face , on constate des différences analogues aux précédentes, on voit des têtes dans lesquelles le front déborde latéralement , les plans verticaux qui limitent les côtés de la face en touchant l'os de la pommette ; dans d'autres têtes, les plans verticaux qui limitent les côtés de la face correspondent en îiiènie (emp:^ aux cotés du fmnt. Enfin .
ARTICULATION Dll CRAMR AVKC Lfe RACIIIS. 643
les exemples dans lesquels l'c^cartement des plans liléraux. verticaux, de la face, surpasse de beaucoup les plans c Trespondants du front , sont tr(*s-nombreux.
ARTICrLATION DU CRANE AVEC LE RACIIIS.
Daubenton observe que, l'homme ayant le corps et le cou dirigés verticalement, sa tête doit être placée en équilibre sur la colonne vertébrale , pour rendre tous ses mouvements plus faciles, et pour ia maintenir sur la colonne osseuse, <\\û est le point d'appui que lui donne l'attitude naturelle du corps humain : aussi le grand trou occipital de l'homnje est placé à peu près au centre de la base du crâne.
Ce trou n'est guère plus éloigné de l'extrémité des mâchoires que du fond de l'occiput. La tête est si bien placée pour son équilibre que, si l'on prolongeait la ligne verticale que suivent le corps et le cou , elle passerait par le sommet de la tête. Ce trou diffère aussi beaucoup de celui des animaux, il suit une ligne presque horizontale chez l'homme , dans la plupart des animaux ce trou est placé à la partie postérieure de la tête dans un plan quelquefois tout à fait vertical. Daubenton conclut de ces remarques : 1** que parmi les animaux ceux dont Tattitude et l'allure naturelle sont de marcher à l'aide de quatre pieds ont la tête articulée avec le cou par la partie postérieure ; 2^ que cette articulation est au milieu de la base du crâne chez l'homme» parce que son corps a une direction verticale , et qu'il est porté sur les deux pieds seulement ; 3<> que les animaux dont l'articulation de la tête avec le cou est placée entre la partie moyenne et la partie postérieure du crâne sont disposés par leur conformation à prendre l'attitude et l'allure des autres animaux et celle de l'homme (voy. Alimoires de F Académie dfs sciences, an 1764).
La situation du trou occipilal , son plan , la forme de s«s condyles et la disposition des surfaces voisines varient lieiiueoup
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d'un hoiTime à un autre. Tantôt le trou occipital est plus antérieur, son plan plus horizontal, ses condyles plus allongés, il ressort moins de l'enceinte osseuse au centre de laquelle il est creusé ; dans d'autres cas, il est porté plus en arrière , et en même temps plus distant de l'extrémité antérieure de la mâchoire supérieure, et sensiblement aussi de la partie la plus reculée de la voûte palatine ; alors , aussi , le plan du trou occipital est plus oblique, ses condyles plus courts et plus larges, et enfin ce trou proémine davantage au centre de la surface osseuse qui l'entoure : il en résulte une plus grande obliquité, et une distance sensiblement plus grande entre le plan horizontal qui passe par les condyles de ce trou et celui qui passe par l'épine externe de l'occipital.
On voit dans quelques crânes, à la partie antérieure du trou occipital , une facette articulaire correspondant à Tapophyse odontoïde de la vertèbre axis.
Lorsque le trou occipital est fort en avant et que son plan est à peu près horizontal , la partie postérieure de la zone médiane du crâne ne déborde pas ou déborde très^pcu la protubérance externe, qui est le point le plus reculé et le plus haut de la grande surface osseuse, située en arrière de ce trou occipital; au contraire, dans la situation la plus reculée du trou occipital , et lorsque son plan est oblique en arrière , la région postérieure de la voûte du crâne déborde considérablement la même ligne courbe supérieure de Poccipital. Ces résultats sont analogues a ceux que fournit en avant l'examen du niveau plus ou moins reculé de l'articulation de la face avec la région correspondante de la base du crâne.
L'articulation de la face étant plus en arrière , la base du front déborde la face; celle-ci déborde, au contraire, le front quand elle s'articule plus en avant. Nous voyons donc ici des variations et des rapports concordants entre l'articulation de la face et celle de la colonne vertébrale avec la base du crâne.
Plus la face est articulée antérieurement, plus le rachis Test en arrière , et en même temps , pour que l'équilibre de la tête ne souffre pas de cette variation dans l'articulation du crâne avec le
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rachis , la voûte du crâne se trouve d'autant plus reculée en arrière de sa base que le trou d'articulation du rachis avec cttte base est lui-même plus reculé et plus oblique.
Disons maintenant quelques mots de l'articulation de la n.âchoire inférieure avec la base du crâne. Examinée, par rapport à son niveau, d'avant en arrière , cette articulation me semble, avec le conduit auditif et l'apophyse mastoïde , former la région la moins variable de la base du crâne.
On ne la voit pas avancer quand le trou occipital avance ; la ligne transversale qui passe au-devant de ce trou déborde alors la partie postérieure de la cavité articulaire de la base du crâne avec le condyle de la mâchoire inférieure.
Au contraire , quand le trou occipital recule, la ligne transversale qui passe au contact de la partie la plus reculée de la cavité glénoïde déborde l'extrémité antérieure du tmu occipital.
La même remarque est applicable aux rapports de position de la cavité glénoïde avec la charpente osseuse de la face. Quand celle-ci est plus avancée, la dislance d? la cavité glénoïde à sa partie la plus reculée est plus grande ; elle diminue, au contraire, quand la charpente osseuse de la face s'articule plus en arrière de la base du crâne.
Il résulte de ces circonstances que la forme et les longueurs de la mâchoire inférieure ont une importante valeur dans la détermination des niveaux variables de situation du trou occipital et de la mâchoire supérieure.
Les mâchoires inférieures les plus grandes , et dans lesciuelles en même temps l'angle formé par leur corps et leurs branches est d'ordinaire le plus ouvert, correspondent aux têtes dans lesquelles l'articulation de la face a\ec le crâne est le plus antérieure, le trou occipital le plus en arrière.
Les mâchoires inférieures les plus courtes et les plus fortement coudées appartiennent aux têtes dans lesquelles l'articulation de la face et celle du rachis avec le crâne sont le plus rapprochées, la face étant fort en arrière et le trou occipital fort en avant.
La grandeur de la mâchoire inférieure et la projection très-
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proiH)ncée de la fncc en avant , sonrt les ciFOonstanoes les plus fa* Yorables a l'agrandissement de la bouche. Les ciroonstances opposées coïncident avec les plus petites dimensions de la même partie ; et il n est pas sans intérêt d'observer que les plus grandes bouches appartiennent aux races qui ont le plus petit crâne, et les plus petites bouches à celles qui ont le crâne le plus grand : de sorte que ces rapports nous éclairent de plus en plus sur les harmonies existant entre les diverses parties du crâne et de la face.
La situation du trou occipital , la direction du plan de ce troa influent sur la direction de la partie cervicale du rachis.
La direction de la partie cervicale du rachis influe sur la direction des autres régions de la colonne vertébrale.
Quand le trou occipital est dans un plan horizontal , la partie du rachis qui s'articule avec ce trou est trè&-rapprochée de la di* rection verticale. Quand le plan du trou occipital est sensiblanent oblique en arrière , la sommité du rachis qui vient a*adapter à ce trou s'incline en avant.
C'est, en effet, ce qu'on peut constater en étudiant direct^nent les faits relatifs à cette question : ils démontrent que , chez les individus dont le trou occipital est fort en avant et dans un plan horizontal, la région cervicale du rachis est verticale» tandis que chez ceux qui ont le trou occipital fort en arrière et en même temps oblique dans cette direction, la région cervicale du rachis est oblique en avant.
La direction de la partie cervicale du rachis influe sur la direction des autres régions de la colonne vertébrale.
Tout le monde sait , en effet , que les différentes courbures du rachis sont loin d'être prononcées au même degré chez les différents sujets considérés dans l'état normal. Les études des orthopédistes sur les courbures anormales de la même partie du squelette ont démontré qu'une courbure latérale de cette colonne entraîne inévitablement la formation de courbures inverses nécessaires pour rétablir l'équilibre de la charpente humaine, qu'une seule courbure anormale tend à rompre. Il en est de même exac-
tenit'iit dans l'étui normal : les mces ou les individus (1) qui présentent, par suite de l'obliquité et de la situation en arrière du trou occipital, une forte inclinaison en avant de la région cervicale du rachis. int par suite une courbure inverse très-prononcée dans la région dorsale » et une troisième courbure également très*pro« noncée dans la région lombaire.
Les nègres ont le trou occipital plus en arrière et plus obliqué que les blancs ; aussi tous ceux qui les ont olnscrvés ont-ils constaté que les courbures successives de leur tronc sont beaucoup plus accusées que dans la race blanche. L'on sait que la grande courbure lombaire des négresses et, par suite, la saillie plus prononcée des parties postérieures du lias&in, est considérée comme un des caractères de la beauté particulière aux femmes de cette race.
Nous terminerons ces généralités par une dernière remarque.
Le caractère essentiel de la tète de l'homme est d'avoir le rachis el la face articulés à la partie inférieure du crâne le plus près possible l'un de Tautre. Il en résulte que l'intervalle qui sépare l'articulation du rachis de celle de la face, l'apophyse l)asilaire de l'occipital, est, par rapport à la circonférence entière du crâne, dans le degré de réduclitm le plus extrême qu'il puisse atteindre.
Dès que de l'homme on passe au premier singe, le rapport a subi un changement considérai -le.
Nous voyons ici. dans le sin»ple examen de l'enveloppe osseuse, un résultat qui se rapproche de celui de la proportion de l'espace perforé avec la circonférence antéro-postérieure du cerveau .
C'est toujours le rapport des surfac^^s grises des ganglions cérébraux ou des surfaces osseuses (jui les revêtent avec une partie blanchâtre qu'occupent des nerfs quand il s'agit de l'espace perforé, avec une partie de l'axe nerveux à surface franchement blanche quand il s'agit de l'apophyse basilaire de l'occipital.
(1) Tout ict indivitliis à t«^tc prulonp/e ru arriiTC par suite ilo la tlrformalion .irtiKcii*lic c|ue uoM» mvoim Uccrite out tes courbures <io la culuiinc vertébrale trèsaccusées.