‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 106 sur 425 · CHOIX DES ARBRES A PLANTER · texte numérisé non relu

CHOIX DES ARBRES A PLANTER

U est à propos de choisir les arbres et de les marquer dans les pépinières dès la mi-septembre. Pour cela, on prend garde au terroir, à l’Age, à la forme de l’arbre, à sa grosseur, à son écorce et même à ses racines, quand il est arraché.

On ne doit faire cas que des arbres qui ont poussé vigoureusement dans l’année, qui ont la feuille et le bout du jet sains, l’ecorce luisante, sans gomme ni chancres. L’espalier souffrirait plutôt des arbres tortus que le buisson et la quenouille.

Hic» des gens croient qu’il est plus avantageux de prendre des arbres élevés dans une terre sècbe et ingrate, pour les replanter dans une meilleure, que de les choisir dans un bon fonds; ils se persuadent que ces arbres altérés, venant a rencontrer une terre nouvelle, ressentent de suite ce changement et poussent avec plus de vigueur; mais l’expérience prouve que c’est une erreur. Les arbres élevés dans une mauvaise terre, n’y trouvant que peu de nourriture, ne poussent aussi que peu de racines , c’est pourquoi ils ne peuvent jeter qu’un bois petit, jaunâtre et moussu ; et quoiqu'ils soient replantés dans un fonds excellent, attendu qu’ils n’ont que peu de racines, ils sont dans l’impuissance de ramasser abondamment la bonne nourriture qu’ils y rencontrent, indépendamment de ce que leur écorce, desséchée et altérée pour avoir manqué de sève, ne peut pas aisément recevoir une sève trop abondante. Au contraire, les arbres arrachés dans une bonne terre ont toujours beaucoup de racines, le bois vigoureux, l’écorce enflée, et reprennent vite et bien dans toutes sortes de terres, pourvu qu’elles aient des qualités propres à la végétation.

Les pêchers et les abricotiers doivent se planter un an après qu’ils ont été greffés ; si on les laisse plus longtemps, ils ne réussissent pas; mais les poiriers et les pommiers, pour être bons, doivent être pris deux ans après la greffe.

Les pêchers qui ont été greffés sur de vieux amandiers, de i 25 à 15 centimètres de circonférence, ne valent rien.

Les pruniers, les abricotiers et les poiriers sont bons de 8 à 12 centimètres; et quand ils auraient trois ans de greffe ils réussiraient encore dans de bons fonds.

Les pommiers de paradis et les cerisiers précoces sont bons de 6 à 8 centimètres de circonférence. Les arbres de tige doivent être choisis bien droits, de deux mètres de haut, dont le bas aura 15 à 18 centimètres de circonférence, et le haut 8 à 12 centimètres. Quant aux poiriers à haute tige, il faut les prendre greffés sur franc, parce qu’ils jettent alors de grosses branches, de longs rameaux, et un hou pivot qui résiste aux grands vents; tandis que les poiriers greffés sur coignassier

ne font que courir à ileur de terre et se renversent au moindre effort. Cependant on peut encore placer de ces derniers dans une terre humide et grasse, et à l’abri de quelque mur; car les arbres greffés sur franc ne donnent du fruit qu’après trois ans au moins, s’ils sont à haute tige, et bien plus tard lorsqu’ils sont à basse tige.

Pour toutes sortes d’arbres nains ou d’espaliers, il vaut mieux qu’ils soient sur coignassier, d’un seul brin et d’une seule greffe. 11 faut encore qu’ils aient de bons yeux gros, qui promettent des branches belles et dociles, surtout pour les pêchers; que la greffe en soit saine, et placée ni trop haut ni trop bas, pour l’espalier comme pour le buisson, qui ne doivent commencer l’un et l’autre qu’à 20 centimètres de terre.

Les arbres destinés à venir en plein vent, doivent avoir à la tète quelques branches qui puissent la former à peu près ronde, et non fourchue.

Quand la greffe est recouverte, c’est une marque de vigueur.

Si l’on est obligé de prendre un arbre qui ait deux greffes, on coupe la plus faible.

Si les arbres qu’on choisit sont hors des pépinières, ou déjà arrachés, on doit, outre ce qui vient d’être dit, prendre garde qu'ils ne soient pas trop vieux arrachés, qu'ils n’aient pas

I écorce ridée, le bois sec, la greffe étranglée par la filasse.

II faut surtout que les racines soient bien conditionnées : pour cet effet elles doivent être grosses en proportion de l’arbre, et l’une d’elles au moins approchera de la grosseur de la tige; car quand il n’y a que du chevelu, c’est un signe de faiblesse; elles ne seront ni pourries, ni éclatées, ni écorchées ou rongées, ni sèches et dures. On doit faire cas surtout des racines nouvellement faites ; elles viennent ordinairement près de la superficie de la terre. Les vieilles racines sont raboteuses et noirâtres aux poiriers, pommiers, pruniers, cerisiers, etc., tandis que les jeunes y sont rougeâtres et assez unies. Les bonnes racines sont blanchâtres aux amandiers et jaunâtres aux mûriers.

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