PRÉPARATION DES ARBRES AVANT DE LES PLANTER
Le sort d’un arbre que l’on plante dépend souvent de la manière dont il a été habillé ou préparé avant la plantation.
Le difficile surtout est de bien babiller les racines. Pour cela, il ne faut pas couper tout le chevelu; car ce sont ces petites racines qui reprennent les premières et qui commencent à nourrir l’arbre; on doit seulement en ôter le superflu, les éplucher et les rafraîchir, lorsque c’est un arbre qu’on replante dans l’instant même qu’on l’arrache; mais lorsque l’arbre est vieux arraché, le chevelu, de blanc qu’il était, se noircit, se sèche, meurt et carie le reste des racines; il convient alors de le supprimer tout à fait.
Le chevelu étant épluché, les grosses racines se découvrent. On retranche celles qui sont rompues ou écorchées, pourries ou sèches, à moins que ce ne soient des racines qui auront été simplement altérées par la sécheresse, et qu’on pourra encore faire revenir en les faisant tremper dans l’eau pendant sept ou huit heures. On retranche aussi les fausses racines, c’est-à-dire celles qui sont mal placées, ou venues contre l’ordre naturel.
Lorsqu’il y a abondance de racines, on en supprime une partie et l’on conserve de préférence les plus jeunes, c’est-àdire celles qui sont presque à fleur de terre, pourvu toutefois qu’elles soient assez fortes pour nourrir l’arbre.
Les racines étant taillées doivent, autant qu’on le peut, représenter la disposition des doigts de la main quand on les écarte pour prendre une boule, parce que les racines, ainsi épatées, courent à la surface du sol et y trouvent plus de nourriture. Il faut surtout couper impitoyablement le pivot qui vient d’ordinaire aux arbres élevés de semence, car il ne fait que diminuer la nourriture des autres racines.
Des racines que l’on conserve , les grosses doivent être tenues de 25 à 28 centimètres de long pour les arbres de basse tige, et de 50 à 55 centimètres pour ceux de haute tige; on ne laisse aux faibles que de 6 à 12 centimètres de
longueur. Les racines de mûrier et d’amandier demandent un peu plus d’étendue, parce que les unes étant très-molles et les autres très-sèches et dures, elles courent risque de périr si on les taille courtes.
Un seul étage de racines suffit, et deux ou trois bonnes bien placées valent mieux que vingt médiocres qui ne feraient que s’affamer les unes par les autres.
Il est bon que les racines des arbres qu’on destine pour venir en buissons, en quenouilles ou en plein veut soient préparées de manière que les arbres , sans être plantés, puissent se tenir droits comme autant de quilles ; mais , pour l’espalier, on doit toujours tenir les racines un peu couchées, et retrancher celles qui tourneraient du côté du mur.
Quand les racines sont ainsi préparées, on décharge la tète de l’arbre pour qu’il souffre moins par la transplantation. Il y en a qui, dans la crainte de la gelée, diffèrent jusqu’au mois de mars pour couper la tige d’un arbre qu’ils ont planté en automne; mais il vaut mieux faire cette opération en plantant l’arbre, parce qu’autremcnt on retarde la pousse du printemps et on ébranle les racines.
On raccourcit la tige suivant l’usage auquel on la destine : la tige des espaliers, buissons et quenouilles doit être coupée à 50 ou 55 centimètres au-dessus de la greffe; on donne deux mètres de tige, en toutes sortes de terres, aux arbres à plein vent.
On étête donc tous les arbres de basse tige, avant de les planter; et, s’ils ont plusieurs brins, on ne laisse que le plus beau. A l’égard des arbres de haute tige, on peut leur conserver les branches qui servent à former la tête de l’arbre, et on les raccourcit dans ce cas à 45 centimètres.