‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 14 sur 425 · DU PISTIL · texte numérisé non relu

DU PISTIL

Le pistil , ou l’organe femelle , occupe le centre de la fleur, il est composé du germe ou ovaire , du style et du stigmate.

L’ovaire est la partie inférieure du pistil , qui renferme les embryons des semences , de meme que les organes qui concourent à leur nutrition r L’ovaire est appelé simple, s’il n’y en a qu’un, comme dans le pommier; il est appelé multiple, s’il y en a deux, comme dans l’asclcpias , ou plus de deux, comme dans la renoncule. Les botanistes observent dans l'ovaire la forme, dont les différences n’ont pas besoin d’être développées ; sa surface , son insertion , c’est-à-dire s’il est sessile , comme dans le plus grand nombre des fleurs, ou s’il est porté sur un support (stipité), comme dans le câprier ; mais ils observent surtout sa position par rapport au calice. Tantôt l’ovaire est enfoncé dans le calice, de manière qu’il fait corps avec lui en tout ou en partie , comme dans la fleur du pommier ; tantôt il est élevé audessus du calice, et n’adhère nullement à cet organe, comme

dans la fleur du cerisier. Dans le premier cas, on dit que le germe est inférieur au calice, et dans le second qu’il lui est supérieur.

11 est quelques circonstances où l’on pourrait être embarrassé pour déterminer si le germe est supérieur ou inférieur, comme dans les fleurs de la rose, de l’aigremoine. Le germe, à la vérité, paraît inférieur dans ces fleurs; cependant si on l’observe avec attention, on reconnaît qu’il n’est point adhérent , mais simplement recouvert, et par conséquent supérieur.

L’observation a appris que, toutes les fois que le germe est multiple, il n’est jamais inférieur.

D’après la définition du germe supérieur et du germe inférieur, on doit conclure que le germe est réellement inférieur dans les circonstances où les botanistes l’appellent semi-inférieur. La position du germe serait plus facile à reconnaître pour ceu\ qui commencent l’étude de la botanique, si, l’expression de germe supérieur, on substituait celle de germe libre , et si , à celles de germe inférieur, germe semi-inférieur, qui annoncent également le germe engagé en tout ou en partie dans le calice, on substituait celle de germe adhérent. En adoptant ce. changement, on emploierait des expressions dont le sens serait fixe et déterminé.

Le style est ce filet plus ou moins allongé qui termine ordinairement l’ovaire, et •qui* quelquefois est latéral ou sur le côté, comme dans la fleur de la rose. On peut remarquer ici que les fleurs dont les étamines sont polyandres périgynes (icosandres, Linné), et dont le germe est multiple, ont presque toujours leurs styles latéraux. Le style est appelé simple s’il n’y en a qu’un seul, comme dans le lin ; mais s’il y en a plusieurs, on l’appelle multiple, alors on en compte le nombre; par exemple, on en trouve deux dans l’œillet, trois dans les cucubales, cinq dans le lin. Les différences que présente le style sont fournies par la proportion, les divisions, la forme, la surface, la direction et la durée; ainsi on examine s’il est plus court, aussi long, plus long que les étamines ou que la corolle; s’il est sans

division, ou s’il est bifide (à deux divisions), trifide, quatrifide, etc.; s’il est cylindrique, filiforme, capillaire, en massue, tétragone, cnsiforme, de la môme épaisseur dans toute son étendue, etc. ; s’il est glabre, pubescent, velu, etc.; s’il est droit, ouvert, arqué, penché, etc.; s’il est tombant, c’est-à-dire si sa chute a lieu immédiatement après la fécondation ; persistant, c’est-à-dire s’il subsiste après la fécondation et s’il surmonte le fruit.

Il est intéressant de remarquer que la fleur est presque toujours penchée ou même pendante , lorsque le style est ■plus long que les étamines. 11 semble que la nature a voulu obvier aux obstacles qu’aurait éprouvés la fécondation , si, dans une fleur penchée, le style eut été plus court que les étamines.

Le stigmate est la partie supérieure du pistil, et termine ordinairement le style ; mais lorsque le style n’existe pas, le stigmate repose immédiatement sur l’ovaire , comme dans la tulipe. On peut considérer les stigmates par rapport à leur nombre, leur division, leur forme, leur direction, leur proportion et leur durée. La plupart des styles ne sont surmontés que par un seul stigmate; quelques-uns néanmoins en ont deux, comme le jasmin ; trois, comme la campanule ; quatre, comme l’épilobe ; cinq, comme les géraniums, etc. Assez ordinairement le stigmate est simple, quelquefois néanmoins il est bifide, trifide, multifide. Le stigmate varie beaucoup dans sa forme; il est sphérique ou globuleux dans la primevère; acuminé, dans le marronnier; en tête, dans la clochette; obtus, dans l’andromède; en cœur, dans la rhue; tronqué, dans l’aphodèle; échancré, dans la pulmonaire; en godet, dans la violette; triangulaire, dans le lis; pelté ou en bouclier, dans le nénuphar; rayonné, dans le pavot; plumeux, dans les graminées; pubescent, dans les cucubales ; barbu, dans la gesse; pétaliforme, dans les iris, etc.

Les stigmates n’ont pas toujours la même direction. Assez ordinairement ils sont droits; quelquefois contournés, comme dans les safrans ou crocus; roulés en dehors, comme dans l’œillet.

Ou mesure la longueur du stigmate en la compaiant a celle du style.

Pour ce qui concerne la durée du stigmate, il est ou persistant, comme dans le pavot, le nénuphar, ou bien sa chute a lieu en môme temps que celle des organes qui ont concouru à la fécondation, comme dans la plupart des plantes.

On se sert en botanique de noms dérivés du grec pour désigner le nombre des pistils; ainsi on appelle monogynes (une seule femme), les fleurs qui n’ont qu un pistil ; digynes, celles qui en ont deux; trigynes, celles qui en ont trois; tétragynes, celles qui en ont quatre ; pentagynes, celles qui. en ont cinq; polygines, celles qui en ont plusieurs; mais comme ces expressions sont aussi employées pour designei deux, trois, quatre, cinq et plusieurs styles portés sur un seul ovaire, nous croyons devoir réserver les noms de monogynes, digynes, etc., pour exprimer le nombre des ovaires, et nous servir des expressions monostyles, distyles, etc., pour désigner le nombre des styles.

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