PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE
BRl'VÈRES.
La bruyère ( erica ) et surtout les espèces exotiques exigent, dans leur culture, des soins et des précautions que nous allons indiquer. On les sème en terre de bruyère sablonneuse, mais non tourbeuse ; on bassine tous les jours. Les semis d’automne doivent être abrités sous châssis pendant l’hiver ; on repique en pots au printemps, lorsque le plant est assez fort. Les semis du printemps se repiquent en automne et on les serre dans l’orangerie pendant l’hiver. Les marcottes réussissent rarement; les boutures en terrines ou en petits pots pleins de terre bien tamisée, ou de sable fin pur, et constamment humide, donnent un moyen bien plus aisé de multiplication.
Les espèces indigènes cultivées dans les jardins sont les
suivantes : erica vulgaris, — - cinerea, — ciliavis, — ce~ tralis, — herbacea, — medilert'anea, — ïiiulliflorciy Vfiul ticaulis , — scopariay etc.
Parmi les espèces exotiques nous citerons principalement : les erica lutta , — pyrolœfiora , — arborea, — marifolia , — mammosa , — versicolor , — grandiflora , — jasmini - /?ora, etc. Tous ces arbustes ont un feuillage très-fin et de charmantes fleurs blanches, carnées, roses, rouges, purpurines, écarlates, jaunes, etc. Ces espèces exigent une serre chaude ou une bâche parfaitement éclairée.
CAIiCÉOLAIRES.
La calcéouire ( calceolaria ) est un genre de plante fort eurieux, dont la culture est aujourd’hui en faveur. Dès 1850, VHortUsbritannicus en signalait quinze espèces ou variétés.
• Les espèces ligneuses grainent difficilement : c’est donc de boutures qu’il faut les propager. On peut faire cette opération depuis la mi-août, et la continuer une partie de l'hiver ; mais, comme pour toutes les plantes ainsi traitées, il faut les conserver sous châssis, en pleine terre ou en orangerie, et en pots; on verra que ces plantes sont beaucoup moins délicates qu’on ne le croit généralement.
Quelques personnes ont l’habitude de semer les calcéolaires à l’automne, pour en avoir de belles dès l’année suivante; mais la conservation de ce jeune semis pendant l’hiver présente quelques difficultés; c’est ce qui engage bien des amateurs à le différer jusqu’au printemps. 11 faut alors le faire sous châssis, dans des terrines remplies de terre légère, et un peu tourbeuse, s’il est possible. Aussitôt que les plantes ont deux feuilles, on les repique dans des pots de 5 à G centimètres de diamètre, et contenant une terre un peu plus substantielle. Dès que les racines des plantes tapissent le pot, ce qui arrive l’année suivante, on les rempote dans des vases de 12 à 15 centimètres de diamètre, où elles fleurissent bientôt et plus abondamment. Les fleurs sont généralement plus fortes, plus développées, les couleurs plus vives et plus constantes que par les semis d’automne.
Le camkllia ( camcïlia japonica) ou cameluer du japon est un bel arbrisseau à feuilles persistantes, dont on a obtenu une foule de \ariétés. Cette plante était connue anciennement sous le nom de rose du Japon. On emploie, pour le caméliia, de préférence la terre de bruyère non battue, avec toutes les petites racines qu’elle contient; on la laisse reposer avant de s’en servir, et on la môle alors avec un tiers de terre franche, légère. La terre de bruyère pourrait être remplacée, au besoin, par deux tiers de terreau de feuilles bien consommé. Le caméllia ne doit être arrosé qu’avec de l’eau puante, et, pour l’avoir telle, on met des feuilles en décomposition dans le fond des tonneaux ou réservoirs qui sont dans l’intérieur des serres, afin que l'eau qu’ils contiennent soit constamment au degré de température qui y règne.
L’expérience a démontré que les caméllias se portent mieux en caisses qu’en pots, et on les voit, chez les horticulteurs de Paris, dans des caisses proportionnées à la grandeur des plantes, mais en général très- petites. Le bois des caisses se met aisément à la température de l'air ambiant ; les pieds l’isolent du sol; l’eau des arrosements s'écoule avec facilité, et il n’y a pas d’humidité stagnante sur les planches du gradin ni sous les caisses, comme cela arrive trop souvent avec des pots.
Les caméllias demandent à être lavés souvent, tant pour les tenir dans un état de propreté agréable, que pour détruire les insectes qui se logent principalement à l’aisselle des feuilles, et qui leur font beaucoup de tort.
Pendant l’été, les caméllias doivent être totalement privés du soleil, et placés à une exposition fraîche quoique bien aérée. Le soleil d’automne seul peut leur être salutaire. Un mois avant la rentrée, ou les range sur un gradin à revers, c’est-à-dire regardant le nord. De cette manière, quoique étant au soleil, les plus grands portent ombrage aux plus petits. Depuis la mi-octobre jusqu’à la mi-mai (année commune), ces arbrisseaux demandent une orangerie bien éclai-
rée, où le thermomètre marque 7 à 8° centigrades, et où l’air puisse circuler aussi souvent que le permet le temps.
Un amateur, qui cultive une riche collection de caméllias, obtient une belle floraison par le procédé suivant, qu’il a publié. 11 donne chaque année à ses arbustes un bain copieux d’un liquide provenant d’un mélange de matières fécales et d’urine humaines, de débris de volailles et de poissons, et d’eaux grasses ou savonneuses, le tout mis en macération dans une grande cuve, pendant un an. Ce mélange a ordinairement la consistance d’une bouillie claire. S’il se trouve trop épais , on y ajoute une certaine quantité d’eau sale quelques mois avant de l’employer. L’époque la plus favorable pour cette opération est depuis le 15 avril jusqu’au 15 juin. La végétation se développe alors avec une vigueur qui se soutient jusqu’après la floraison.
Le meme amateur recommande aussi de donner aux caméllias des vases plus grands qu’on ne le fait ordinairement, et d’offenser le moins possible les racines et radicules lors des rempotages. Pour rempoter, il ne faut pas non plus attendre que les racines tapissent les parois du pot.
Un jardinier anglais a imaginé un moyen de forcer les caméllias à produire des boutons à fleurs. 11 prend les arbrisseaux aussitôt qu’ils sont défleuris ; il les rempote en enlevant un peu de vieille terre de la motte, qu’il remplace par un terreau substantiel et très-riche, et il dépose les caméllias dans une serre-chaude. Le passage subit du froid au chaud leur fait pousser promptement du jeune bois, dont l’accroissement est encore soutenu par le terreau nourricier qui entoure les racines. Lorsqu’il s’aperçoit que les boutons à fleurs commencent à poindre, il reporte les plantes au fond d’une serre tempérée; elles y restent jusqu’au mois de juillet. A cette époque, il les sort et les place à l’ombre. Ce procédé simple produit une succession de Heurs abondantes depuis novembre jusqu’en mai. Les plantes ainsi forcées une première fois, peuvent l’ètrc une seconde dans la même saison. Les cultivateurs qui en élèvent une grande quantité ne doivent pas leur faire subir cette opération tous ensemble; il est mieux de les rempoter successivement à mesure que les fleurs sont passées ;
c’est le moyen de prolonger sans lacune et sans discontinuité l’épanouissement calculé des fleurs, qui est le but de cette méthode.
On ne doit sortir les caméllias de la serre qu’à la fin de juin, afin que les jeunes pousses puissent s’aoûter , et que les boutons à fleur se consolident mieux.
On multiplie les caméllias par semis, en novembre, par boutures, sous cloche, ou par marcottes étranglées. Cette plante se greffe avec beaucoup de succès.