‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 179 sur 425 · ROSIERS · texte numérisé non relu

ROSIERS

Les variétés de roses sont déjà devenues si nombreuses, que l’on n’est même pas d’accord sur la détermination des espèces. La classification en est par conséquent très-difficile. Ouoiqu'iien soit, nous allons indiquer celles que l’on regarde comme les types des tribus adoptées jusqu'ici ; mais nous nous abstiendrons de faire la nomenclature des espèces, et encore moins celle des variétés, car un volume y suffirait à peine.

lr,! classe ou tribu : rosier a fleurs simples (rosa hiberidifolia). — 2" classe : rosier féroce (r. hamtschatica ), — 5e classe : rosier bractéolé (r. bracleata). — 4° classe : rosier cannelle (r. cinnaniomea) . — 5e classe : rosier pimprenelle (r. pimpinella). — Gc classe: rosier a cent feuilles (r. centifolia). Cette classe comprend les roses remontantes, c’est-à-dire celles qui fleurissent plus d’une fois par an. En tête de ces espèces, on trouve le rosier des quatre saisons (r. damascena ) et le rosier de Provins (r. gallica). — 7e classe : rosier velu (r. hirsuta). — 8e classe : rosier rouillé (r. eglanleria). — 9° classe : rosier cynorrhodon (r. indica). Parmi les espèces de cette classe on trouve la rosenoisette (r. noisœtana) et la rose du Bengale (r. bcngaJen sis ou semperf! orens . — 10e classe : rosier mulfiflore (r. midli/Iora). — i lü classe : rosier banksien ( r . banksia).

On appelle rosarium l’espace qui est spécialement consacré à la culture des roses. Le terrain est ordinairement divisé en plates-bandes larges d’un mètre 50 centimètres; elles sont bordées de planches épaisses peintes en vert. Ces planches sont préférables au buis, dont les racines absorbent la

nourriture des rosiers. Les sentiers qui séparent les platesbandes doivent avoir la meme largeur qu’elles..

Les rosiers à tige se plantent à 1 mètre 50 centimètres les uns des autres, et l’on place, entre deux, un individu franc de pied, de la même espèce que son voisin greffe sur tige. Ce procédé donne le moyen de comparer les produits selon les deux méthodes. De chaque côté de cette ligne de rosiers, on place une autre rangée francs de pied, ce qui fait trois lignes par plate-bande. On peut établir, dans une plantation de rosiers ainsi disposés, tout l’ordre désirable, et étudier les roses, ou en jouir, de la manière la plus complète et la plus agréable.

On taille les rosiers en février. On coupe les rameaux à deux ou trois yeux au-dessus de la naissance de chaque branche à conserver; on supprime celles qui sont trop rapprochées, qui se croisent ou qui font confusion. Un rosier doit toujours former un joli buisson ou une tète bien arrondie ; on excepte de cette réglé les pimprenelles, qui ne donnent de fleurs qu’à l’extrémité des branches.

I oui favoriser le développement des fleurs qui succèdent aux premières, on doit couper soigneusement toutes celles qui passent . cela donne en même temps aux plantes une plus grande apparence de propreté.

Loin obtenir une floraison précoce, on chauffe les rosiers en pleine terre, ou sous châssis, dès le mois de janvier ; on les enterre très-serrés, dans une couche que l’on entretient par des réchauds.

Les rosiers se multiplient de boutures étouffées, de marcottes et de rejetons, et par la greffe en écusson, faite au mois de juillet sur le rosa canina ou le rosa rubiginosa. Les variétés s’obtiennent par le semis.

Les semis de rosiers se font au printemps, sur couche et sous châssis. On commence à repiquer, en juillet, les plants qu. ont seulement deux ou trois feuilles, et dans un terrain bien ameubli. Il faut abriter ces jeunes plants pour les garantir de l’air et du soleil.

Tous les rosiers exigent une terre légère, franche, substan-

tielle, meuble, mélangée de terreau consommé, un peu fraîche, et une exposition aérée.

TII.IPES.

La tulipe des fleuristes ( tulipa gesneriana ) est une belle et riche plante, originaire du Levant; elle offre un nombre infini de variétés. Les amateurs qui se livrent exclusivement à sa culture et en font une affaire essentielle, portent la recherche et la sévérité des conditions qui constituent la beauté d’une tulipe jusqu’à des détails minutieux. 11 suffira de savoir qu’une belle tulipe doit avoir la tige ferme et proportionnée à sa fleur ; que les pétales doivent être arrondis et non pointus, sa forme tant soit peu évasée par le haut, sans se recourber soit en dedans soit en dehors; enfin que les couleurs doivent avoir au moins trois nuances bien distinctes et tranchantes : les fonds blancs purs sont les plus estimés.

La tulipe réussit dans tous les terrains et résiste à tous nos hivers. Elle se plaît dans une terre franche, bien ameublie et mêlée de terreau végétal, plutôt sèche qu’humide ; ses couleurs sont plus belles à une exposition demi-ombragée. On plante les oignons en octobre, à 7 ou 8 centimètres de profondeur, et on les relève en juin, lorsque la fane est jaunie; on en détache les caïeux et on les fait sécher à l’ombre et à Pair, pour les renfermer ensuite dans des casiers jusqu’au moment de les replanter.

Si l’on veut multiplier les tulipes par la graine, pour obtenir des variétés nouvelles et nombreuses, on sème au mois de mars, en bruyère, à l’ombre, en caisses enterrées; on recouvre la graine, d’un centimètre au plus, a^c le crible. On repique, la troisième année, au soleil ; l’oignon ne fleurit que la septième. Ce terme ne doit pas rebuter : en faisant régulièrement, chaque printemps, un petit semis, sur un espace d’un mètre carré, on finit par jouir sans interruption de variétés nouvelles, qui plaisent d’autant plus qu’on les a créées.

Tulipe odorante ( tulipa suaveolens ). D’Orient. Petites

fleurs rouges, bordées de jaune et légèrement odorantes. Culture en pots enterrés et en terre de bruyère qu'on renouvelle chaque année. Exposition méridionale et abritée. Cette plante dégénère dans nos jardins : il faut la renouveler par des achats.

Tulipe monstrueuse (f. monslrosa). Fleurs très-grandes, entièrement ouvertes et déformées; couleur du rouge le plus éclatant, mêlé d’or et de vert, ou du jaune le plus brillant, mêlé de feu et de vert. Terre franche et légère; au soleil.

Tulipe oeil ou soleil ( t . oculus soli.s). Indigène. Fleurs en avril, grandes, d’un rouge de feu; onglets noirs bordés de jaune. Terre légère et meuble.

Tulipe bossuelle ( t . campsopetala). Fleurs en avril, renflées dans le bas, évasées dans le haut, de couleur jaune ou blanche rayée de rouge. Terre de bruyère à demi ombragée.

Tulipe oe l’écluse ( t . clusiana). Originaire de la Perse. Oignon petit, fleurs en avril, de moyenne grandeur, d’un blanc pur en dedans, rouge en dehors; onglets bruns. Cette jolie fleur est aussi connue sous le nom de tulipe de perse. Culture en terre de bruyère et en pots enterrés au soleil ; on change la terre tous les trois ans.

Tulipe de celse (t. celsiana). Indigène. Oignon petit ; fleurs en mai, les plus petites du genre, et d’un jaune foncé. Même culture que la précédente.

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