‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 180 sur 425 · MÉTHODE DE CLASSIFICATION · texte numérisé non relu

MÉTHODE DE CLASSIFICATION

A l’I’LICABLE A TOCS LES GENRES UE 1‘l.ANTES Qll SONT NOMBREUX EN VARIÉTÉS.

Les nomenclatures publiées jusqu’à présent ne peuvent être regardées que comme de simples mémorandum , sans ordre ni principes, où les noms sont arbitrairement imaginés, selon le caprice de chaque horticulteur ou amateur, sans que rien puisse aider la mémoire quand il s'agit de se retrouver au milieu de cette confusion de noms insignifiants. L’un de nos horticulteurs les plus distingués, M. Kagonot- Godefroy, a proposé une classification nouvelle, qui aurait

pour but de mettre en Concordance tons les catalogues. Sa classification est à la fois méthodique et mnémonique. En voici un exemple.

Les œillets sont divisés en quatre groupes :

Le premier groupe comprend les rouges.

Le second groupe comprend les jaunes ; il se subdivise luimême en deux tiibus, savoir : les jaunes proprement dits et les chamois.

Le troisième groupe comprend les blancs, et se subdivise en quatre tribus, savoir : les fantaisies, les flamands, les bichons et les sablés.

Le quatrième groupe comprend les ardoisés.

Comme on le voit, c’est la couleur de la fleur qui sert ici de caractère pour déterminer les divisions.

Le nom méthodique, devant indiquer à quel groupe une variété appartient, ne peut être donné arbitrairement, et c’est là le principe de la méthode. Voici comment l’auteur propose de l’établir.

L’r Groupe. Le nom méthodique sera emprunté à l’Ancien Testament, et ce nom, par cela seul, indiquera que la couleur dominante de l’œillet est le rouge.

2e Groupe. Le nom méthodique sera emprunté à la géographie, et annoncera ainsi que le fond de l’œillet est jaune.

5e Groupe. Le nom méthodique sera emprunté à l’histoire naturelle, et indiquera que l’œillet appartient aux fonds blancs.

4e Groupe. Le nom méthodique sera emprunté à la mythologie, et indiquera que l’œillet a le fond ardoisé.

Voilà déjà un grand pas de fait, une grande difficulté aplanie ; mais, à notre avis, cela ne suffit pas, car le nom méthodique n’indique encore jusqu’ici que le groupe et non la tribu. Nous proposons donc de faire une application plus large de cette méthode.

Ainsi, par exemple, puisque le deuxième groupe, exprimé par un nom pris de la géographie, se divise en deux tribus, nous voudrions que la première fût déterminée précisément par un nom d’île et la seconde précisément par un nom de fleuve. 11 suffirait dès-lors qu’un œillet fût nommé

Ténériffe, Madère, ou Haïti, pour que l’on reconnût immédiatement, i° qu’il appartient au deuxième groupe, celui des fonds jaunes, puisqu’il porte un nom géographique, 2° qu’il est jaune proprement dit, puisqu’il porte un nom d’île. S’il est nommé Gange, Euphrate ou Tamise, on reconnaîtra de même, 1° qu’il est du groupe des jaunes, et 2° de la tribu des chamois, parce que le nom géographique qui lui est donné se trouve être précisément un nom de fleuve.

Le troisième groupe, celui des blancs, exprimé par un nom d’histoire naturelle, se divise en quatre tribus. Nous voudrions, de même, que le nom de la première tribu fût emprunté aux reptiles, le second aux coquillages, le troisième aux oiseaux, et le quatrième aux insectes. Ainsi, le boa désignerait un œillet blanc de fantaisie, l’argonaute un œillet blanc-flamand, l’ibis un œillet blanc-bichon, et le scarabée un œillet blanc sablé.

Si l’on adoptait cette méthode de classification, on éviterait la confusion qui s’attache aux noms arbitraires, car ces noms n’ont aucun sens relativement à la variété, et, en outre, ils peuvent venir à la fois dans l’esprit de plusieurs amateurs ou horticulteurs. La description présente aussi des inconvénients, car elle est longue, minutieuse, difficile; et d’ailleurs la meme description peut appartenir à la fois à deux variétés très-différentes. Mieux vaudrait, si on en était réduit là, de simples numéros d’ordre.

Mais l’usage des noms méthodiques, loin de proscrire les noms de dédicace ou de fantaisie, en permettrait au contraire l’emploi sans inconvénient, en les réunissant aux premiers. En effet, qu’un œillet s’appelle simplement le Gange, ou le Gange grand-sultan, la première dénomination suffira pour faire comprendre sans équivoque qu’il appartient au groupe des jaunes et à la tribu des chamois; qu’il s’appelle argonaute, ou argonaute princesse Hélène, ce sera toujours l’œillet blanc du troisième groupe, le flamand de la deuxième tribu; et ainsi de suite.

En attendant que cette méthode reçoive une application générale, chaque amateur pourra, pour sa commodité particulière et s’il le juge convenable, classer ses collections, de

quelque genre qu’elles soient, d’après le système que nous venons d’exposer.

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