DES MALADIES EXTERNES
.Le blanc, ou lèpre, ou meuniers est une sorte de fibrille blanche, en filets nombreux, qui attaque surtout les feuilles des pois, du chanvre, du noisetier, des citrouilles; c’est la base d’un érysiphé, sorte de petit champignon qui se propage sur les plantes, et qui en altère la végétation. On peut arrêter les ravages du blanc en supprimant les parties attaquées. Voyez Nielle.
Le blanc des rosiers (le trichoderme) est une maladie différente de la lèpre ; elle attaque le rosier et le couvre de blanc d’une manière désagréable, et fait cloquer (gonfler ou buller) toutes les feuilles. Ce n’est qu’en coupant feuilles et tiges qu’on arrête la propagation de cette dernière espèce de blanc.
La carie des blés, ou cloque , ou bosse , ou chambucle, ou blé b roué, due à l’uredo caries, rend les grains des céréales noirs, sans presque les déformer; mais en les écrasant entre
les doigts, on n’y trouve qu’une poussière brun-noir fétide, douce au toucher, sans aucune fécule. Pour empêcher la propagation désastreuse de ce parasite, il faut séparer ces graines ou les brûler, ou bien laver et chauler ( passer à l’eau de chaux) la semence qu’on emploie ; et d’ailleurs cette poussière, s’attachant au sommet velu du froment, fait du blé moucheté que les marchands déprécient beaucoup.
Le champignon . lue série de petits champignons de diverses natures occasionnent à l’agriculture et au jardinage des pertes très -notables. Les feuilles des poiriers portent souvent des taches qui sont jaunes, et apparentes des deux cotés, d’où sortent en-dessous des tubercules perforés cà leur sommet, bordés de fibrilles à leur ouverture, et laissant échapper une poussière brune qui multiplie le champignon æcidium cancellatum ou ræstelia cancellata. On verrait périr les poiriers les plus vigoureux en trois ou quatre ans, si l’on n’avait pas l’attention d’enlever toutes les feuilles tachées avant que les tubercules laissent échapper la poussière, qui est la graine ou sporule. Si l’on s’y prend trop tard, il faut alors faire brûler les feuilles; autrement les sporules se conserveront indéfiniment mêlés avec les terreaux. Voyez Jttanc ou Lèpre, Carie , Charbon, Nielle, Noir, Houille.
Le charbon des blés fait plus de mal que la carie; il réduit le grain en poussière noire et détruit l’épi; c’est encore le produit d’un champignon parasite (uredo segetum) que l’on confond souvent avec la carie, sous le nom de nielle , pourriture , noir, fouëdre, broudure, molage,machuré , etc. 11 donne une odeur fétide au blé, et produit également la moucheture , qu’un bon chaulage enlève. On ne doit pas moins prendre de précautions contre le charbon que contre la carie.
La Cloque des blés. Voyez Carie.
La cloque des arbres, ou brouissure, ou roux vents est une maladie qui atteint les boutons des arbres, et particulièrement ceux des pêchers et des abricotiers. Les feuilles cloquées ou brouies sont toutes ridées, recroquevillées, ternes et jaunâtres. Ces feuilles tombent aux premières pluies
douces; mais ou ne doit point attendre cette circonstance, et il faut les ôter, afin que celles qui leur succéderont, par la force de la sève, viennent plus vite.
L'ergot, soit du seigle qui y est plus sujet, soit des autres céréales, est une maladie dont on peut se préserver facilement en nettoyant les blés : ce n'est qu’un grain altéré par la présence d'une végétation encore peu connue, mais qui communique, à ce qu’on pense, des propriétés nuisibles aux farines dans lesquelles le grain ergoté se trouve mêlé; on lui attribue des gangrènes sèches, observées quelquefois chez les habitants des campagnes.
V étiolement est un état de maigreur pendant lequel les plantes poussent beaucoup en hauteur, peu en grosseur, et périssent ordinairement avant d’avoir produit leurs fruits. La cause de l’étiolement est due surtout à la privation de la .umière, dont l’influence est très-nécessaire à la végétation. On prévient cette maladie en procurant un courant d'air et de la transpiration aux plantes.
L 'exfoliation est un dessèchement de l’écorce et du bois. Nous ne parlons pas de l’exfoliation volontaire, car nous ne croyons pas qu’il existe un cultivateur assez ennemi de ses intérêts pour oser l’entreprend re. Nous parlons de celle qui est une suite des meurtrissures et des contusions causées par la grêle. Le remède indiqué consiste à retrancher les branches qui ont été affectées.
La grêle. Voyez, plus haut, Exfoliation .
La lèpre. Voyez Blanc.
La moucheture. Voyez Charbon.
La mousse attaque particulièrement les \ ieux arbres et ceux des pays exposés aux brouillards et aux vents de mer, de même que ceux dont les racines rencontrent le tuf. Pour guérir les arbres de la mousse, on les déchausse jusqu’aux racines, vers la tin de juillet ou au mois d’aout, on remplit le trou de genêt sauvage et on recouvre de bonne terre. Le fumier de mouton est aussi excellent contre la mousse ; il 11 y a rien de meilleur, dans les vergers qui. en sont attaqués, que d’y faire parquer les moutons.
La nielle des blés. Voyez Charbon.
Si
La nielle ou blanc des arbres est une espèce de rouille jaune ou blanche, qui n’est que passagère, car ils 11e s’en ressentent pas, ordinairement, l’année suivante.
Le noir , qui forme des raies noirâtres sur les feuilles et les chaumes des cereales, et provient du puccinia graminis, est moins a craindre que la nielle, ne se développant que lorsque les blés sont presque mûrs.
La piqûre, voyez Champignons
Les plaies par instrument tranchant sont plus faciles é gueiir que les plaies contondantes 5 c’est ce qui arrive aussi pour les êtres animés.
La rouille, ou rouge, ou safran, est une maladie des plantes, ainsi nommée parce que les feuilles du végétal qui en sont attaquées ont une tache, dont la couleur ressemble assez à celle de la rouille de fer, et même quelquefois porte une couleur safranée; plus les plantes sont tendres, plus elles sont sujettes à cette maladie. Les plantes des forêts en sont rarement attaquées. Voyez Nielle.
La rouille ou safran, dans les céréales, est le produit de deux champignons (uredo rubigo, vera uredo, de Linné), qui attaquent, sous forme de poussière jaune rougeâtre, les feuilles et le chaume du froment, de l’orge, etc., et dont on ne peut arrêter les progrès que pour les années suivantes. Lorsque la rouille domine, la paille devient mauvaise pour les animaux, et le grain des céréales n’acquiert qu’un développement imparfait et dépéri, quoiqu’on ait émis une opinion très-contraire, en disant que la rouille ne nuisait pas. On ne doit pas employer, pour fumer les céréales, les fumiers faits avec les pailles rouillées, autrement 011 augmente, on perpétue le mal, surtout si avec cela le printemps est humide.
On a vu des champs entiers rendus roux, par ce champignon parasite, et les épis comme avortés. C’est une absurdité de croire, avec quelques agronomes, que l’épine-vinette, su jette à un autre champignon parasite, du genre æcidium, produise la rouille : cette production végétale ne se développe que trop dans les 1 i < * u \ où l’on ne connaît même pas l’épine-vinette.
La rouille des fèves, des pois, des haricots, des betteraves est d'un brun noirâtre, et est due à un puccinia, autre champignon parasite, qui nuit un peu moins, mais qu’on empêche de se propager en ne remettant pas les mêmes objets en culture dans le même lieu.
La roui are est une maladie qui doit son origine à la cause qui produit la piqûre (voyez Champignons). La roulure affecte principalement les pruniers. Quelquefois aussi cette maladie est due à la présence de certains insectes dont nous parlerons en traitant de la Destruction des animaux nuisibles (voyez Horticulture).
La teigne , ou les cuscutes de diverses sortes, s’attachent aux luzernes, au lin, et les étouffent, en se multipliant avec une grande rapidité, si l’on n’a pas le soin de les enlever avant qu’elles puissent donner leurs graines.
Parmi les causes externes des maladies des végétaux , nous ne devons pas omettre les coups de soleil, les gelées, qui occasionnent une mort subite, ou au moins très-prompte, ni les ravages exercés par les chenilles et les insectes, dont nous parlerons plus tard.