DE I.V CAISSE-PARTERRE
Il est un grand nombre de plantes qui ne se trouvent pas convenablement placées dans des pots, ce que l’on reconnaît à la pauvreté de leur végétation ;
mais toutes peuvent s’accommoder de la pleine terre, à la condition de les garantir soit des rigueurs de l’hiver, soit des chaleurs excessives de l’été. I.e moyen de cultiver des fleurs ou des arbustes comme en pleine terre, sur des fenêtres, des balcons ou des terrasses, c’est d’y établir des caissesparterres.
Ces caisses, placées sur les croisées, doivent en prendre la longueur ; placées sur des terrasses ou des balcons, on leur donne la longueur que l’on veut, si elle n’est pas limitée par l’espace ; elles doivent avoir de 40 à 50 centimètres de largeur, sur une profondeur de 35 à 40 centimètres.
A raison de la diversité des cultures, il est convenable d’avoir au moins trois caisses, l’une contenant delà terre franche, une autre de la terre légère, et la troisième de la terre de bruyère. Si l’on devait cultiver dos collections, chacune aurait sa caisse paiticulière, qui serait garnie de la terre appropriée à son espèce.
Si l’eau qui s’écoulera des caisses, à la suite des arrosements, devient incommode, on établira sous chaque caisse un plateau en zinc que l’on videra à l’aide d’une éponge.
Pour abriter facilement les plantes, on doit placer toujours les caissesparterres près d’un mur. A l’aide de crochets fixés dans ce mur, à la hauteur d’un mètre et demi, on établira une légère charpente, ou plutôt un simple châssis qui supportera une toile cirée. Ce châssis, h l’aide d’uri tourniquet, pourra s’élever ou s’abaisser à volonté. Pour préserver les plantes, en été, contre une chaleur trop vive, cette simple toile suffira, de meme que contre les brouillards et les nuits froides de l’automne et du printemps; mais, en hiver, elle serait insuffisante contre l'action pénétrante de la g<v lée, du givre cl du verglas, et l’on doit la remplacer par un paillasson.
Il faudra, en outre, en hiver, entourer les caisses d’une couche de fumier de cheval, neuf, et les couvrir en-dessus de paillisou de fumier long. Ce n’est point un excès de précautions que nous prescrivons ici : on comprend, en effet, que les caisses recevant l’action de l’air sur toutes leurs ficcs, les plantes qu’elles contiennent y sont plus exposées que si elles étaient plantées en pleine terre.
Chaque fois que la température le permettra, en hiver, on relèvera le paillasson et les paillis ; mais on les rétablira dès l’approche de la nuit.
1)E I. A SERRE-FENÈTUK.
Les plantes que l'on rentre en hiver dans les appartements y souffrent beaucoup par la privation du grand jour, elles s’étiolent, et la plupart succombent. Il serait donc avantageux de leur construire une serre qui serait supportée par une ou plusieurs fenêtres. Un balcon ou une terrasse en faciliterait la construction ; mais si l’on n’a d’autres ressources qu’une fenêtre, voici comment l’on procédera.
Après avoir enlevé la barre d’appui, on établira solidement sur la fenêtre un plancher qui s’avancera d’un mètre en dehors. Ce plancher sera construit en fortes planches de chêne et soutenu par de fortes barres de fer, semblables à celles qui supportent des balcons. On comprend bien que l’autorité s’opposerait à ces sortes de constructions si elles présentaient les moindres dangers pour les passants. I.e plancher sera encadré dans d’autres planches en chêne, également très-fortes et clouées solidement, de manière à former
une caisse. L’intérieur de cette caisse sera garni de feuilles de plomb ou de zinc, pour empêcher l’écoulement des eaux en dehors. On inclinera légèrement le plancher du côté de l’appartement, afin d’y faire écouler les eaux, au moyen d’un conduit en plomb, dans un vase qui sera disposé exprès, ou <ians une rainure d’où on l’ôtera à l’aide d’une éponge.
On fera faire un châssis vitré, qui aura la largeur de la caisse et dont la hauteur sera suffisante pour que, reposant d’un côté sur le bord extérieur de la caisse, il s’appuie, de l’autre côté, sur la fenêtre, à une hauteur qui excédera de trente centimètres les plantes les plus élevées de celles que l’on devra placer dans la serre. Ce châssis sera retenu en dehors par une forte entaille faite dans le bois, ou mieux par des crampons en fer, et du côté du mur, aussi par des crampons en fer qui seront fixés aux 'montants du chambranle de la fendre. Les deux extrémités du châssis seront fermées soigneusement soit par des carreaux de verre, soit par des panneaux en bois. Le tout sera parfaitement joint et mastiqué, pour empêcher le froid de taire invasion dans la serre. Les panneaux vitrés ne devront point avoir de traverses faisant saillie en dehors, car elles arrêteraient l’écoulement des eaux. Le châssis devra être couvert d’une treillis en fil de fer, pour préser- \cr les carreaux de la grêle ou de la chute des corps qui peuvent tomber du toit ou des fenêtres des étages supérieurs.
Us panneaux de la croisée devront être entourés de bourrelets en laine tres-épais, afin d’empêcher l’accès du froid.
On chauffera cette espèce de serre en ouvrant les panneaux de la croisée, pour donner passage a la chaleur de l’appartement, dans lequel on devra nécessairement allumer du feu. Si l’on avait besoin, pour des plantes tropicales, d une température plus élevée, on l’obtiendrait en mettant au fond de la caisse une couche de fumier chaud, de 15 centimètres d’épaisseur, que l’on couvrirait d’une couche de tannée de dix centimètres, sur laquelle on placerait les pots, puis on remplirait les intervalles avec de la tannée jusqu'au niveau des bords. ’ 4
Un pourrait ainsi réunir deux fenêtres qui seraient rapprochées, mais on devrait, dans ce cas, donner à la serre une largeur suffisante pour qu’il fût possible de communiquer de l’une à l’autre.
î>E L APPARTEMENT REMPLAÇANT I.’ORANGERIE.
La chambre dans laquelle on serrera les plantes pendant l’hiver devra être maintenue dans une température de trois à quatre degrés centigrades. On y placera un thermomètre, et l’on chauffera avec un poêle. On pourrait même chauffer avec un brasier qu’on aurait préalablement allumé a l’aij- libre, crainte d’asphyxie. S’il y a une cheminée dans la pièce, on pourra y allumer du feu, et, aussitôt que le bois sera consumé, on mettra la braise dans un vase que l’on placera au milieu de la pièce, en rebouchant la cheminée aussitôt. Si la température était plus élevée, elle produirait mie végétation étiolée, par conséquent nuisible, cl les plantes grasses privées d’un air suffisant, périraient.
L’humidité étant aussi nuisible que le froid, on prendra à cet égard toutes les précautions possibles.
La pièce devra être assez spacieuse pour que l’air y circule librement et que les plantes n’y soient pas entassées. La lumière devra y pénétrer abon-
(laminent, par une ou plusieurs croisées, dont on ne fermera les panneaux que lorsque la température extérieure le commandera.
L’appartement ne devra pas être habité, et, s’il y a des cheminées, on les bouchera exactement avec un devant de cheminée ou de toute autre manière.
L’époque à laquelle on doit rentrer les plantes ne peut être précisée avec exactitude, car elle dépend absolument de la saison. Nous renvoyons à ce que nous avons dit en traitant de Y Orangerie et de la Serre-chaude. Un amateur qui ne possède qu’un petit nombre de plantes ferait bien de les rentrer tous les soirs, aussitôt que les nuits commencent à être fraîches, et de les sortir tous les matins.
Pour l’arrangement des plantes dans la serre d’appartement, on suivra les indications que nous avons données pour l’orangerie et la serre-chaude.
Les autres soins que les plantes exigent sont également indiqués dans cet ouvrage. Nous ajouterons qu’il serait avantageux que l’on fit construire un gradin par le moyen duquel on pourrait procurer la vue du jour à un plus grand nombre de plantes.