‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 192 sur 425 · DANS LES APPARTEMENTS · texte numérisé non relu

DANS LES APPARTEMENTS

On choisira une vaste salle oblongue, exposée au midi, et fermée de ce côté par des châssis vitrés, aOn de donner de l’air aux plantes pendant les beaux jours. Le milieu sera occupé par une espèce de caisse en briques, et on placera le long des murs une auge également en briques. A l’extrémité extérieure, et dans la maçonnerie du mur, on praiiquera un poêle dont le tuyau, enclavé dans l’auge, régnera tout autour de la serre. On remplira de tan l’auge et la caisse du milieu, et l'on enterrera dans ce tan les plantes en pots. On aura soin d’entretenir dans la serre une chaleur de 15 degrés ou plus, suivant le genre de végétaux que l’on y cultivera.

DF.S OIGNONS A FLEURS SUR LF.S CHEMINÉES; DI BOCAL DOUBLE; DES PYRAMIDES.

On a remarqué que certains oignons de fleurs avaient la propriété de se développer dans l’eau et d’y produire une végétation aussi belle que celle qu ils auraient acquise s’ils eussent été plantés dans la terre. Les amateurs ont tiré parti de cette observation pour se procurer, l’hiver, de belles fleurs qui ornent leurs appartements.

Si l’on veut obtenir des jacinthes, des amaryllis, des narcisses, des crocus, etc., dans des vases de porcelaine ou de cristal que l’on établit ordinairement sur les cheminées, il faut, dès le mois de septembre, placer les oignons sur l’embouchurede ces vases, qu’on a préalablement remplis d’eau, dans laquelle ou a ajouté quelques grains de sel pour activer la végétation! La couronne des oignons, c’est-à-dire la surface plane qui est à leur base, et autour de laquelle sortiront les racines, doit être plongée dans l'eau à là profondeur d’un demi-travers de doigt. La chaleur de l’appariement est suffisante si 1 on y lait du feu, et l’on ajoute de l’eau à mesure qu’elle est absorbée par la plante et par l’évaporation. Les fleurs que l’on obtient ainsi, indépendamment de leui pi écocité, sont aussi colorées et aussi odorantes que si elles eussent c te cultivées en plein air. Nous devons avertir que l ama-

leur doit se résoudre à l'aire le sacrifice des oignons qui auront subi celle épreuve; car, après qu’ils ont fleuri, ils sont entièrement perdus.

Voici une autre manière, plus curieuse, de cultiver des oignons de fleurs sur les consoles ou sur les cheminées. On prend un grand bocal, en cristal ou en verre blanc, haut de cinquante centimètres, large au fond et resserré à son embouchure. On ajuste par-dessus un second bocal, en verre coloré ou opaque, haut de quinze à vingt centimètres, défoncé et resserré par le bas, et un peu plus large à son embouchure. Le grand bocal doit être rempli d’eau jusqu’au bord. Dans le petit bocal, on place au fond, et la tète en bas, un oignon de jacinthe ou de tulipe, de manière que l’œil d’où les feuilles doivent naître, sorte par l’ouverture inférieure du vase. L’oignon étant ainsi renversé, on remplit ce bocal de terre et l'on y plante à la surface un second oignon, dans sa position naturelle, comme on ferait dans un parterre. On pose alors le petit bocal sur le grand. Les oignons, ainsi disposés en sens inverse, pousent leurs racines dans la terre, où elles se confondent sans se nuire. La plante supérieure croît et s’élève dans 1 atmosphère de l’appartement, tandis que celle qui a été placée au-dessous, et dont l’œil a été reversé, se développe la tète en bas, dans l’eau dont on a rempli le vase inférieur, qui lui sert ainsi d’atmosphère. Les deux plantes fleurissent en même temps; et, ce qui étonnera peut-être, c’est que les fleurs de la plante renversée, qui n’a rien perdu de ses couleurs naturelles, offre toujours un volume plus qu’ordinaire. Les jacinthes de Hollande sont les végétaux qui réussissent le mieux de cette manière, et l’on a soin de choisir deux variétés de couleurs différentes. Il est essentiel d'arroser la terre du vase supérieur, suivant le besoin, et de tenir toujours plein d’eau le vase inférieur. — Les marchands de cristaux se chargent de faire fabriquer des vases disposés tout exprès pour ce genre de culture.

Pour former une pyramide de fleurs, on se sert d’un grand entonnoir en fer blanc, percé de trous, et peint en vert, que l’on renverse sur un plateau en bois, garni d’une cuvette en fer-blanc ou en zinc. On établit dans 1 entonnoir, en face de chaque trou, un oignon de fleur, dont 1 œil doit correspondre exactement avec le milieu du trou, de manière à être totalement mis a découvert par le dehors ; puis on remplit de mousse bien serrée l’intérieur de l’entonnoir. On arrose par le sommet de la pyramide, où l’on a pratiqué a cet effet une petite ouverture qui recevra l’eau goutte à goutte, au moyen d’un petit entonnoir qu’on y adaptera. L’eau superflue sera reçue dans la cuvette qui est placée au bas de l’appareil. La plante qui léussit le mieux en pyramide, c’est le crocus, dont on doit multiplier dans ce cas les vaiiétés autant qu’on le peut.

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