DE LA COMPOSITION DE L’AIR
L’air est un composé d’oxvgène et d'azote, dans les proportions suivantes : 79 du dernier de ces gaz et 21 du premier sur 100 parties d’air. L’air forme une enveloppe <i la terre sur laquelle l’homme habite. Cette enveloppe aérienne
s’appelle l’atmosphcre. Les parties les plus basses de cette atmosphère supportant les parties supérieures, il y a pression, ce qui fait que la densité de l’air est plus grande dans les lieux bas que dans les lieux élevés. On a calculé d’une manière précise la pesanteur ou plutôt l’effort que fait supporter ce tluide au niveau de la mer, et on lui a trouvé un poids égal à celui d’une colonne de trente-deux pieds d’eau. Avec ce résultat, il était facile de calculer à quelle pression l’homme est soumis par le poids de l’air qu’il supporte sur toutes ses parties. Les calculs ont donné un résultat qui paraît impossible, et qui est cependant vrai. L’homme est comprimé par trente-deux mille livres d’air. On se fera facilement une idée de la possibilité de ce fait, si on réfléchit que, l’air pressant sur tous les points, il y a évidemment équilibre.
Les résultats hygiéniques de cette pression s’explique*t tout naturellement. Notre corps est composé de fluides et de solides. La circulation des fluides, et puis la chaleur vitale causent un mouvement d’expansion qui n’aurait pas de bornes si la compression produite par l’air ne s’y opposait. C’est par elle que les liquides humains ne s’échappent pas à travers les pores* des tissus. Le phénomène d’expansion, par défaut d’équilibre entre l’air et les liquides, se fait remarquer quand on quitte les lieux bas pour monter sur les lieux élevés. Le sang se porte à la tète, s’agite et bouillonne dans le corps , et des hémorragies plus ou moins violentes se produisent.
La conséquence qu’il y a à tirer pour cette action toute matérielle de l’air sur le corps humain, c’est qu'il ne faut vivre ni dans un air trop rare ni dans un air trop dense. Dans celui-ci, la respiration est difficile, et il y a souvent mélange d’éléments insalubres ; dans celui-là il y a pureté, mais les congestions peuvent s’y produire avec une grande facilité. 11 faut donc habiter une atmosphère qui tienne le milieu entre ces deux extrêmes. Ainsi, les collines ou les montagnes peu élevées, les villes assises sur des plateaux et non dans des bas-fonds , les appartements des étages supérieurs, voilà ce qu’il y a de mieux pour que la respiration
soit bien réglée, et que le corps ne souffre pas des inconvénients dont il vient d’être question.