‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 247 sur 425 · UES MOYENS PRÉSERVATEURS DES MALADIES · texte numérisé non relu

UES MOYENS PRÉSERVATEURS DES MALADIES

Pour éviter le plus possible les maladies, voici ce que prescrit l’hvgiène :

11 faut veillera ce que toutes les fonctions se fassent bien.

Si la transpiration habituelle se suspend, il faut la rétablir.

Si l’excrétion des matières fécales ou de l’urine se fait dif ficilement, il faut prendre des lavements et des tisanes rafraîchissantes pour leur donner un cours libre et régulier.

Si la digestion ne se fait pas bien, il faut l’aider par de l’eau de seltz qu’on mêlera à la boisson ordinaire. Mais si cet état s’accompagne de douleurs dans le ventre et d’ardeurs dans la bouche, il faut se mettre à la diète et se faire conseiller par un médecin.

Si la respiration est difficile, et que cela dépende d'un rhume, il faut se couvrir la poitrine de flanelle; si c’est pendant l’été que ce dérangement se produit, on prendra la même précaution, et l’on s’abstiendra de toute boisson rafraîchissante.

Si l’on éprouve des pesanteurs de tète, on y remédiera pat des bains de pieds sinapisés. On prendra ses repas régulièrement, on mangera avec modération, surtout pendant la saison chaude. On s’abstiendra de toute occupation pénible pendant le travail de la digestion, qui dure à peu près trois heures, à moins que l’on n’ait pris une nourriture très-légère.

Si les journées sont très-remplies, que par état on soit dans l’obligation de travailler longtemps, il faut que le repas le plus abondant se fasse quand la journée est finie. C’est le moyen de ne pas altérer, à la longue, les forces de l’estomac.

Il faut veiller enfin, pour éviter les maladies, à ce que les organes ne soient pas en souffrance, et que leurs fonctions se conservent dans leur intégrité. Pour obtenir ce résultat, il est nécessaire de ne fatiguer ni l’énergie physique ni l’énergie morale.

Ainsi, les émotions vives, le travail intellectuel, les passions, doivent être évitées dans ce qu’ils ont d’exagéré, ef, par conséquent, de nuisible. .Mais, pour ne pas se tromper dans l’exécution de ce précepte, il faut tenir compte des qualités des divers tempéraments.

Le tempérament nerveux ou sanguin a des conditions tout opposées au tempérament lymphatique. Si le premier exagère les passions ou les affections, le second ne les ressent pas avec assez de force. Donc, il faut précisément développer dans celui-ci ce qu’il faut calmer, affaiblir dans celui-là.

L’énergie physique se conserve, pur l’ordre dans la distribution du travail et des habitudes, et par un exercice à la fois actif et modéré. La régularité dans les heures du coucher et du lever, les promenades matinales à pied, l'ordre et la régularité dans les occupations, les repas, les heures des loisirs , importent considérablement à la conservation de la santé.

De tels préceptes paraissent trop minutieux pour être utiles. Cependant, ce n’est qu'en les sui\ant a\ec une exactitude, une fidélité qui ne se démentent pas, qu'on parvient à faire durer longuement l’existence sans qu'elle soit tourmentée par la maladie. On doit aussi, pour éviter les brèches que les influences atmosphériques font si souvent à la santé, se précautionner contre les effets ordinaires des saisons et contre les transitions brusques de la température : il ne faut pas prendre vite les habits d’été et il faut reprendre tard les vêtements d’hiver.

1)ES MOYENS l’RÉSEllVATECUS DES ÉPIDÉMIES.

Lorsqu on aura à redouter l'influence d’une épidémie reliante, il faudra suivre fidèlement les préceptes que nous

avons posés plus haut, et se soumettre, de plus, à la conduite que nous allons tracer.

C'est seulement le jour, qu’on sortira; et si Ton est obligé de sortir la nuit, on ne le fera qu’en s’entourant de précautions.

Les bains frais sont utiles en été; les bains tièdes en hiver. Les vêtements doivent être propres, les appartements •aérés.

On brûlera chez soi des substances aromatiques; on y fera des aspersions de chlore. On pourra fumer le tabac sans inconvénient : dans cette circonstance particulière, il est même avantageux, et la médec ne doit le conseiller.

Jamais ou ne restera longtemps auprès d’un malade qui sera sous l'influence de la maladie régnante. On n’avalera pas la salive en lui parlant; on ne boira pas de l’eau dans sa chambre; car les substances liquides s’imprègnent des émanations miasmatiques avec la plus grande facilité.

Si on a touché le malade, on se lavera les mains avec de l'eau acidulée par du citron ou du vinaigre, et, après l’avoir quitté, on fera une grande course pour provoquer une bonne transpiration.

Dans ce dernier état, on n’ira dans aucun lieu habité par un malade; on rentrera chez soi, et, surtout si l’affection épidémique sévit avec une grande force, on fera bien de se mettre au bain, et de remplacer par d’autres les vêtements qu’on vient de quitter : on ne remettra ces derniers qu’après les avoir exposés à un courant de chlore gazeux.

L’esprit doit aussi être traité, durant ces époques terribles où chacun tremble pour sa vie.

Il faut ne commettre aucun excès, pour noyer, comme on le faisait à Paris pendant le choléra, ses terreurs dans le vin. li est important, au contraire, d’être d’une sagesse extrême sous ce rapport, et de ne retremper le moral que dans le courage naturel à l’homme.

Pour cela il faut voir la maladie de près, se familiariser en quelque sorte avec elle; ne pas oublier que les plus exposés, les sœurs de charité et les médecins, sont ceux cependant que la mort respecte le plus; s’occuper par le travail, par la lecture; enfin, remplir son temps de telle manière que l’i-

mage de l’épidt'mieetde la mort ne soit pas a chaque instant présente à l’imagination.

On n’ignore pas que la peur est une prédisposition, môme physique, à la maladie. On sait qu’elle affaiblit, qu’elle énerve, que, poussée loin, elle donne môme lieu à des symptômes morbides, et que, par conséquent, avoir peur, c’est vouloir ôtre malade. On meurt rarement de peur; mais la peur prédispose aux maladies mortelles.

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