MOEURS, USAGES ET PRATIQUES
tas bains sont d’un vieil et bon usage, que nous avons bien fait d’adopter. Les anciens disaient in balneis salas; et nous prouvons que nous comprenons l’importance de cette maxime hygiénique.
L’eau est une substance qui agit par elle-même, comme par les matériaux qu’elle tient en dissolution. Il y a un ordre de bains dont nous ne nous occuperons pas; ce sont les bains d’eau minérale, car leur prescription ne peut être ordonnée qu’en vue d’une maladie dont il appartient au médecin seul déjuger les caractères. Les bains ordinaires, et quelques bains composés qui sont presque passés dans l’usage, voilà les
seuls dont il nous soit permis de traiter.
Les bains ordinaires agissent suivant le degré de tempéra' turc qu’on leur donne. Ceux qui sont chauds ont une température dont la limite inférieure est 50 degrés centigrades, les tièdcs sont ceux qui ont de 528 à 50 degrés; en descendant au-dessous de ce dernier chiffre, on arrive à la température du bain frais, et enfin à celle du bain froid.
Le premier de ces bains, le bain chaud, est très-utile pour ranimer la vitalité de la peau, pour activer la circulation. On l’administre, généralement, afin de presser le développement d’une affection de peau qui tarde à se montrer; la rougeur, que la température élevée du bain produit sur l’enveloppe cutanée, est bientôt suivie de l’éruption elle-même.
Les bains tièdcs sont les calmants par excellence : ils relâchent la fibre; ils calment l’irritabilité; ils enlèvent comme par enchantement ces douleurs vagues qui résultent de la fatigue d’une violente course ou d’un long voyage. Malheureusement il y a trop de personnes qui en font un abus immodéré; cette habitude les énerve, par le relâchement qu’elle imprime aux chairs et par la sensibilité qu’elle développe.
Le bain frais est un léger tonique qui ranime les forces et avive l’appétit.
Le bain froid est bon pour les personnes qui ont, en même temps, assez d’énergie naturelle pour réagir contre la première impression, et qui ne sont pas sujettes aux congestions vers la tète; il peut devenir mortel pour celles qui ont des affections de poitrine naissantes, ou qui sont prédisposées à leur développement.
Les bains de vapeur agissent sur l’enveloppe cutanée avec beaucoup de force, et on les ordonne contre certaines maladies de la peau et d’autres états morbides du corps. Il ne faut jamais les prendre de son propre mouvement. Des accidents nombreux ont été la suite de cette imprudence.
Les bains russes sont parfaits pour fouetter, pour pousser au mouvement la circulation engourdie. Ils sont usités dans les climats du nord pendant les rigueurs de l’hiver; on les administre en France contre certains états de congestion passive, pour forcer le sang à se distribuer également dans toute l’économie, ou pour activer le mouvement circulatoire quand il se fait avec trop de lenteur. Ces sortes de bains s’accompagnent de frictions, de massage, c’est-à-dire de pressions opérées sur les membres avec une force modérée. Ces manœuvres continuent et développent l’action des bains. Tout le monde ne sait pas en quoi consistent ces bains que la Russie nous a fait connaître. On est d'abord exposé à l’influence de la vapeur d'eau, qui provoque une sueur extrêmement abondante, et c’est au moment où la transpiration esta son plus haut degré, qu’on reçoit sur toutes les parties du corps des flots d’eau froide. Les frictions et le massage ont lieu après cette dernière opération. Ainsi donc, ces bains produisent un double mouvement, celui d’expansion par la vapeur, et le mouvement contraire par le froid ; le massage et les frictions recommencent un second mouvement du centre à la circonférence, ou, en d’autres termes, des profondeurs de l’organisme à la surface du corps. On comprend que ces bains ne doivent pas être pris sans quelque raison ; ils ont, dans notre climat, et sur nos tempéraments, une action plus vive que folle qu’ils déterminent sur les Russes,- il faut donc savoir
* dans quel but on les prend, et se faire éclairer par un médecin sur un désir qui, s’il était satisfait, pourrait faire commettre une grave imprudence.
Parmi les bains composés, nous devons compter en première ligne les bains de mer et les bains aromatiques. Les premiers, comme les seconds, sont excellents pour les personnes lymphatiques et faibles; ils raniment avec une grande puissance l’énergie de l’organisme. Les seconds sont donnés généralement aux enfants débiles, les premiers leur sont aussi très-utiles ; ceux-ci sont également administrés contre les flueurs blanches, cette maladie si commune des femmes qui vivent dans les grandes villes, et dont le tempérament est plus ou moins débilité.
Le luxe, l’extrême soin de soi ont créé les bains d’eau de Cologne, de lait, de lait d’amandes, etc. Les premiers sont de légers fortifiants ; les seconds adoucissent et blanchissent la peau; les derniers produisent un amendement considérable dans les irritations plus ou moins vives dont l’enveloppe cutanée est le siège. Le luxe dans cette circonstance est justifié par l’utilité.
On reste depuis 25 minutes jusqu’à trois quarts d’heure dans les bains à température ordinaire ; de 10 à 15 minutes dans les bains chauds ou de vapeur; de 8 à 10 minutes dans les bains froids. Les femmes, les adultes, les jeunes gens et les enfants doivent prendre des bains assez souvent, ne fûtce que pour entretenir la propreté et la souplesse de la peau. Les vieillards doivent s’en priver le plus possible.
Nous parlerons à peine des bains partiels. On sait qu’il ne faut prendre les bains de pieds que chauds; il ne faut pas se jeter de son propre mouvement dans un bain de siège froid : il pourrait en survenir de fâcheux effets.
Les soins de propreté ne doivent pas consister seulement à prendre des bains; il y a d’autres moyens à employer, et d’autres conditions à remplir pour le maintien de l’état convenable du corps.
Les soins de la tète conservent et assouplissent la chevelure; rien ne rend les cheveux flexibles comme l’habitude de les peigner avec un peigne fin. Les enfants ont en général la
Le bain frais est un léger tonique qui ranime les forces et avive l’appétit.
Le bain froid est bon pour les personnes qui ont, en même temps, assez d’énergie naturelle pour réagir contre la première impression, et qui ne sont pas sujettes aux congestions vers la tète; il peut devenir mortel pour celles qui ont des affections de poitrine naissantes, ou qui sont prédisposées à leur développement.
Les bains de vapeur agissent sur l’enveloppe cutanée avec beaucoup de force, et on les ordonne contre certaines maladies de la peau et d’autres états morbides du corps. Il ne faut jamais les prendre de son propre mouvement. Des accidents nombreux ont été la suite de cette imprudence.
Les bains russes sont parfaits pour fouetter, pour pousser au mouvement la circulation engourdie. Us sont usités dans les climats du nord pendant les rigueurs de l’hiver; on les administre en France contre certains états de congestion passive, pour forcer le sang à se distribuer également dans toute l’économie, ou pour activer le mouvement circulatoire quand il se fait avec trop de lenteur. Ces sortes de bains s’accompagnent de frictions, de massage, c'est-à-dire de pressions opérées sur les membres avec une force modérée. Ces manœuvres continuent et développent l’action des bains. Tout le monde ne sait pas en quoi consistent ces bains que la Russie nous a fait connaître. On est d’abord exposé à l’influence de la vapeur d eau, qui provoque une sueur extrêmement abondante, et c’est au moment où la transpiration esta son plus haut degré, qu’on reçoit sur toutes les parties du corps des flots d'eau froide. Les frictions et le massage ont lieu après cette dernière opération. Ainsi donc, ces bains produisentun double mouvement, celui d’expansion par la vapeur, et le mouvement contraire par le froid ; le massage et les frictions recommencent un second mouvement du centre à la circonfeiencc, ou, en d autres termes, des profondeurs de l'organisme à la surface du corps. On comprend que ces bains ne doivent pas être pris sans quelque raison ; ils ont, dans notre climat, et sur nos tempéraments, une action plus vive que folle qu’ils déterminent sur les Russes,- il faut donc savoir
dans quel but on les prend, et se faire éclairer par un médecin sur un désir qui, s’il était satisfait, pourrait faire commettre une grave imprudence.
Parmi les bains composés, nous devons compter en première ligne les bains de mer et les bains aromatiques. Les premiers, comme les seconds, sont excellents pour les personnes lymphatiques et faibles; ils raniment avec une grande puissance l’énergie de l’organisme. Les seconds sont donnés généralement aux enfants débiles, les premiers leur sont aussi très-utiles ; ceux-ci sont également administrés contre les flueurs blanches, cette maladie si commune des femmes qui vivent dans les grandes villes, et dont le tempérament est plus ou moins débilité.
Le luxe, l’extrême soin de soi ont créé les bains d’eau de Cologne, de lait, de lait d’amandes, etc. Les premiers sont de légers fortifiants ; les seconds adoucissent et blanchissent la peau; les derniers produisent un amendement considérable dans les irritations plus ou moins vives dont l’enveloppe cutanée est le siège. Le luxe dans cette circonstance est justifié par l’utilité.
On reste depuis 25 minutes jusqu’à trois quarts d’heure dans les bains à température ordinaire; de 10 à 15 minutes dans les bains chauds ou de vapeur; de 8 à 10 minutes dans les bains froids. Les femmes, les adultes, les jeunes gens et les enfants doivent prendre des bains assez souvent, ne futce que pour entretenir la propreté et la souplesse de la peau. Les vieillards doivent s’en priver le plus possible.
Nous parlerons à peine des bains partiels. On sait qu’il ne faut prendre les bains de pieds que chauds; il ne faut pas se jeter de son propre mouvement dans un bain de siège froid : il pourrait en survenir de fâcheux effets.
Les soins de propreté ne doivent pas consister seulement à prendre des bains; il y a d’autres moyens à employer, et d’autres conditions à remplir pour le maintien de l’état convenable du corps.
Les soins de la tête conservent et assouplissent la chevelure; rien ne rend les cheveux flexibles comme l’habitude de les peigner avec un peigne fin. Les enfants ont en général la
cètte partie du corps, en usant de pâtes d’amandes. On doit adopter, pour les soins ordinaires, l’usage de l’eau froide; l’eau légèrement tiédie provoque, ou du moins facilite, le développement des engelures.
Les gants sont destinés à conserver à la peau sa délicatesse et sa blancheur. On doit prendre l’habitude de ce complément de la toilette. Ce n’est pas seulement une marque d’élégance, c’est encore un soin d’hygiène, qui contribue puissamment à conserver et à développer un organe délicat dont nous sommes obligés de nous servir à chaque instant.
Les ongles doivent être nettoyés et taillés carrément, bien que la mode s’écarte beaucoup de ce dernier précepte. En effet, si on ne prend pas cette précaution, les bords latéraux peuvent s’engager dans les chairs, et produire des douleurs et même établir des plaies qui deviennent bientôt ulcéreuses.
Les onctions, qui étaient fort adoptées dans l’antiquité, car on n’ignore pas que les Grecs et les Romains avaient l'habitude de s’oindre d’huile, pour donner plus de souplesse à leurs membres, les onctions sont assez peu répandues maintenant. Dans tous les cas, il ne faut jamais laisser longtemps sur la peau les substances avec lesquelles on fait ces petites opérations. La chaleur de la transpiration insensible ne tarde pas à provoquer en elles un mouvement de décomposition qui les fait bientôt passer au rance. Elles agissent alors sur la peau, de manière à provoquer le développement d’éruptions plus ou moins vives. On évite ces inconvénients en se lavant, après s’etre onctionné, avec une dissolution de savon.
Les femmes ont l’habitude de faire des onctions avec une pommade anglaise, connue sous le nom de cold gream, et qui est composée de corps gras et de substances fortifiantes. C’est un moyen assez efficace d’effacer la coloration du teint, après une excitation causée par l’insomnie, la fatigue ou l’action solaire.
Les onctions ont, en quelque sorte, établi leur empire sur la chevelure; c’est la région des huiles antiques et des pommades. iSous ne dirons rien de celles qui se proclament régénératrices des cheveux tombés; mais tes unes et les autres
sont plutôt utiles pour donner du lustre a la chevelure et du collant aux cheveux, que pour les conserver ou les taire croître. Raser la tête, ou faire tailler régulièrement la coiffure naturelle qui la couvre, se laver souvent cette partie et se servir chaque jour du peigne fin, voilà les meilleurs moyens régénérateurs, et ceux que l’expérience finira toujours par faire adopter. Nous n’excluons pas cependant les pommades d’une manière absolue ; mais le principe que nous exposions tout à l’heure, à savoir, qu’il ne faut pas laisser longtemps les corps gras sur la peau, a également ici son application. On se lavera donc la tète avec de l’eau savonneuse, quand on aura l’habitude de se pommader. Ce sera le moyen d’éviter des affections du cuir chevelu, qui pourraient attaquer la racine du cheveu dans son bulbe, et produire ainsi la calvitie.
En parlant des onctions, nous avons commencé le chapitre des cosmétiques. Ce dernier mérite certainement que nous le traitions avec quelque soin, car les cosmétiques manquent souvent le but qu’on s’efforce de leur faire atteindre. Ils fanent, ils détruisent la beauté au lieu de la conserver.
Les diverses substances connues sous le nom de cosmétiques sînt destinées, les unes à continuer la beauté, à faire durer la fraîcheur du teint et la souplesse de la peau le plus longtemps possible, les autres à prolonger l’illusion quand l’àge a détruit tous les charmes de la jeunesse.
Les cosmétiques de la première classe commencent par l’eau pure et finissent par les mélanges le plus savamment aromatisés et le plus richement composés. Diane de Poitiers, cette fleur de beauté qui a duré si longtemps, et qui semblait ne devoir jamais perdre sa fraîcheur, se servait habituellement d’eau pure et simple : c’était son cosmétique d’élection, son eau de Jouvence.
Le lait, les pommades de cacao, de concombre, les prépations huileuses, les pâtes d’amandes, les eaux distillées, le 10 b de benjoin, etc., etc., ont les uns et les autres leur destination. Le lait est un calmant et un adoucissant, les pommades de concombre et de cacao agissent comme tous les corps huileux : elles imprègnent la peau et la protègent
contre l’action de l’air; elles calment l’irritation qui peut se fixer sur quelques-uns de ses points. On peut en faire usage, avec quelque durée, contre les gerçures des lèvres et des parties délicates du corps, et pour faire disparaître ces légères écailles dartreuses qui apparaissent quelquefois sur la peau du visage. Les préparations huileuses ont absolument le même but et le remplissent de la même manière. Les pûtes d’amandes attendrissent et blanchissent la peau. Les eau* distillées, les robs de benjoin jouent le rôle de l'eau ordinaire; seulement ils sont plus toniques, parce qu’ils ont des principes aromatiques en dissolution.
C’est le benjoin ou le storax en dissolution alcoolique qui forme la base du lait virginal. On appelle ainsi cette liqueur, non-seulement à cause de sa couleur blanche, mais surtout pour la réputation qu’on lui a faite de conserver le brillant, le lustre de la beauté. Nous n'avons pas besoin de dire que cette réputation est un peu illusoire, et que, même en faisant habituellement usage du lait virginal, on finit par manquer le but qu’on s'était proposé, c’est-à-dire que le brillant de la peau se ternit beaucoup plus vite. Nous donnons une recette qui doit avoir, selon nous, la préférence sur les prétendus effets merveilleux du lait virginal. On mêle 10 gouttes de baume de la Mecque avec 5 grammes de sucre dissous dans un jaune d’œuf; on bat le tout, et on ajoute 200 grammes d’eau distillée de roses. On se sert de ce cosmétique le soir en se couchant :on s’en frotte le visage, pour ne le laver à l’eau puie que le lendemain matin.
Mais, nous le répétons, quelque réputation que méritent ces spécifiques de la beauté, il ne faut pas avoir en eux une confiance aveugle. Employés de temps en temps, ils produisent quelques effets; mais continués comme habitude, loin d’agir de manière à conserver la fraîcheur du teint ou la sou plesse de la peau, ils font contracter à ce tissu une impressionnabilité telle qu'il devient malade, et que ses tons de chair s’altèrent aux moindres modifications de la température et de l’air. Les meilleurs cosmétiques sont les plus simples, comme l’eau, le lait, etc.; enfin ce sont ceux (pii donnent du ton sans irriter et qui adoucissent sans affaiblir.
1 fi 9
Il y a une autre classe (le cosmétiques qui ont pour but de réparer du temps V irréparable outrage , selon le langage du poëte. Ainsi, quand le corps a perdu sa fermeté, que les appas commencent à se flétrir, que le visage change de caractère par l’apparition de la première ride, on a recours à des moyens toniques qui puissent redonner aux tissus ce caractère de jeunesse qui s’en va à mesure des années.
Toutes les femmes ne prennent pas vaillamment leur parti, quand s’effectue cette transition de l'Age mûr à un Age plus marqué; elles éprouvent le besoin d’empêcher de toutes leurs forces la chute successive de leurs illusions; mais elles ont beau se consacrer de corps et d'Ame à cette lutte, elles sont condamnées fatalement à avoir ce désavantage, et elles finissent par succomber. Leurs armes, dans cette circonstance, consistent dans les moyens que fournit la toilette , et ceux que donnent l’art du parfumeur et les combinaisons de la chimie. A l’aide de substances aromatiques et toniques, on cherche A redonner de la force et de la fermeté aux lormes. On emploie pour cela l’eau froide, l’eau vinaigrée, certaines liqueurs spiritueuses; mais il est rare que ces moyens d’action produisent les résultats qû’on attend d’eux. Si, à leur place, on emploie des substances plus fortes, plus actives, pour arriver plus vite A un effet, pour seconder une impatience qui s'augmente probablement par l’insuccès, on fatigue, on crispe, on ride la peau, plutôt qu'on ne lui donne quelque chose de cette fermeté unie qui est l’apanage ou plutôt le caractère distinctif de la jeunesse.
Les cosmétiques qui ont pour but de composer un teint, le blanc et le rouge, connus sous le nom générique de fard, rendent la peau rude et jaune. Il n’y <ï qu’à regarder le visage des acteurs, pour se rendre compte des effets du fard. Le blanc, qui est un mélange de craie de Briançon, ou de blanc de baleine, et d’oxyde de bismuth, fatigue bien plus le (issu du visage que le rouge, qui, loin d’ètre une composition minérale, est tiré du règne végétal. Il ne faut cependant se servir ni de l’un ni de l’autre. L'illusion n'est possible pour personne, même pour ceux qui ignorent qu’on puisse se composer un teint et des couleurs factices. 11 y a toujours, eu
no
général, un défaut d’harmonie tel sur une figure ainsi préparée, qu’on soupçonne à première vue ce qui devient en quelques instants une certitude ; mais cela ne serait pas, qu’il faudrait en abandonner l’usage, car la peau en souffre, ne fût -ce que par l’oblitération des pores, ce qui est un obstacle matériel à l’accomplissement de ses fonctions.
Il y a des cosmétiques en quantité pour donner aux cheveux toutes les couleurs naturelles, et par conséquent pour faire passer au plus beau noir la couleur blanche du cheveu vieilli. L’application des substances extrêmement actives qu’on emploie pour cet usage a provoqué, dans la plupart des cas, des maux de tète si violents, et même des accidents d’une nature si grave, que nous donnons le sage conseil de ne jamais y avoir recours.
La perruque est en quelque sorte un cosmétique, si nous prenons la signification de ce mot au pied de la lettre; et il rentre dans la classe de ceux qui ont pour but de réparer ou de déguiser les injures du temps. Celles que l’on confectionne maintenant sont si légères, et fatiguent si peu la tète, que leur usage peut être adopté sans inconvénient.
Nous ne dirons pas que les fausses dents, que les râteliers factices soient d’un embarras peu considérable pour les mâchoires : ils fatiguent les gencives; mais la nourriture veut être broyée convenablement pour que la digestion en soit
plus facile; mais la parole ne peut être bien articulée qu’à la condition d’un système dentaire complet, ou à peu près complet. Il faut donc accepter la gène en vue de l’utilité.
Au nombre des habitudes qui ont poussé les plus profondes racines, on peut compter celle de fumer et de priser ce produit exotique connu sous le nom de tabac. La mode en fit d abord un objet de luxe, qui devint bientôt un besoin, lequel a fini par se métamorphoser en une sorte de passion. 11 y a des personnes, en effet, qui éprouvent une si vive jouissance en savourant la fumée narcotique du tabac, qu'elles quitteraient tout pour la satisfaire. Jusqu'à présent, cette passion n avait existe que dans la classe masculine; depuis quelques années, elle semble vouloir envahir jusqu'aux femmes; il y a longtemps qu elle a lait des progrès parmi cette petite jeu-
nesse qùr est plus près de l’enfance que de l’àge adulte. Evidemment l’habitude de fumer est contraire à l’hygiène. Elle exige d’abord un grand soin : si le fumeur ne lave pas sa bouche avec une liqueur désinfectante, enfin s’il ne prend pas les plus grandes précautions de propreté, il exhale une odeur repoussante et nauséabonde que les personnes qui ne fument pas peuvent difficilement supporter. On dit que rien ne fait digérer comme l’action de fumer : c’est une erreur. Une funiée narcotique ne peut agir de manière à influer favorablement sur les fonctions digestives : au lieu de les activer, elle doit les énerver, les paralyser. Aussi, il est à remarquer que les fumeurs de profession ne mangent pas beaucoup, quelle que soit d’ailleurs leur profession ou leur tempérament. L’habitude de fumer provoque aussi des maladies de la bouche : une irritation chronique, des aplithes de mauvais caractère peuvent s’y développer. Enfin, sous l’influence de cette cause, les gencives ne tardent pas à s’altérer, les dents se déchaussent, se colorent de jaune, et finissent par perdre de leur solidité. D'un autre côté, la fumée du tabac agit d’une manière particulière sur le cerveau; on sait qu’elle dispose à la somnolence, à cette espèce de repos qui tient à la fois de la veille et du sommeil. C’est sans doute une sensation trèsagréable, et qu’il est tout naturel que les Orientaux recherchent, puisque les jouissances de cette nature sont pour eux le suprême plaisir; mais nous, qui a\ons une vie active, qui vivons par la pensée, nous devons fuir cette somnolence particulière, cet engourdissement moral que provoque l’action de fumer; le cerveau en prendrait bientôt l’habitude, et il deviendrait inhabile à fonctionner longtemps avec une certaine énergie. Le tabac sous la forme de cigare, ou en parties fractionnées pour servir à la pipe ou à la cigarette, est donc interdit aux personnes qui s’occupent de travaux intellectuels Sans doute, si on était très-sobre dans celte habitude, on n’aurait à en craindre aucun inconvénient; mais, lorsqu’on a beaucoup d’heures de loisir, ce qui n’était qu’un goût sans importance devient un impérieux besoin qu’on songe à satisfaire à chaque instant : donc il wml mieux s’abstenir. Les seules personnes auxquelles le tabac à fumer puisse être permis, ce
sont les marins. L’action produite par la fumée, sur les muqueuses de la bouche et les gencives, s’oppose à cette dégénérescence particulière qui prend le caractère épidémique sur les vaisseaux, à la suite de l’altération des aliments, et qu’on connaît sous le nom de scorbut.
Le tabac à priser, dont l’usage, comme on sait, est presque aussi répandu que celui du tabac à fumer, produit-il des inconvénients? Il est évident que le contact multiplié d’une poudre irritante sur la muqueuse des fosses nasales doit développer une surexcitation considérable; cette surexcitation de la membrane pituitaire (c'est ainsi qu'on appelle celle qui fournit le mucus nasal) est poussée quelquefois si loin par l’usage immodéré du tabac en poudre, qu’elle contracte une inflammation chronique et que de graves altérations ne tardent pas, dans certaines circonstances, à s’y manifester. Ainsi, on a vu l'usage de cette poudre amener le développement d’ulcères dans l’intérieur des fosses nasales, qu’il est généralement assez difficile de cicatriser, surtout si on ne renonce pas complètement à l’habitude qui les a produits* On a vu (et ceci est plus grave) se former des excroissances particulières de la membrane pituitaire, connues sous le nom de polypes, dont la grosseur et le nombre finissent quelquefois par boucher le nez et l’arrière-gorge de manière à suspendre en partie les fonctions de la respiration. Dans ce cas-là, une opération est indispensable; mais il est rare qu’elle guérisse radicalement : quelque bien faite qu’elle soit, les polypes se reproduisent. Nous parlons des inconvénients les plus fâcheux, les plus graves. Mais toujours est-il que, chez la pluralité des priseurs, il existe un état d'inflammation chronique ou de surexcitation, qui se manifeste, ou par une abondance considérable de mucus nasal, ou par la sécheresse presque absolue de la membrane.
A la dose de quelques prises par jour, le tabac peut être un moyen d’éloigner un mal de tète, un léger engorgement des vaisseaux du cerveau, d’activer la paresse de la muqueuse nasale; mais, pour éviter le mal, il faut rester dans les bornes de la plus stricte modération. Chez les vieillards, dont la \italité se détruit peu à peu, et dont la sensibilité est si peu
considérable, le tabac à priser produit moins d’inconvénients que chez les personnes d’un âge moins avancé : il leur est même quelquefois très-avantageux.
La bonne distribution des jours et des nuits est une condition essentielle de santé. L’hygiène ordonne de travailler le jour et de se reposer la nuit; mais les habitudes et les mœurs s’écartent depuis longtemps de cette règle. Ce n’est guère que dans les champs qu’on se couche à la nuit pour se lever aux premiers rayons du jour, et, qu’inslinctivement, on suit cette règle d’hygiènequi prescrit de respirer l’air salubredu matin, et de se soustraire aux émanations froides et miasmatiquesdu soir. Dans les grandes villes, on fait à peu près du jour la nuit, et de la nuit le jour. Aussi, quelle différence entre la lun e et le teint vigoureux des habitants de la campagne, et la faiblesse et la pâleur de ceux qui demeurent dans les cités populeuses! Les statistiques prouvent que la différence est grande aussi entre la mortalité des premiers et celle des seconds. Malheureusement, l’hygiène ne peut que se bornera constater les effets, sans pouvoir corriger les causes. II y a des habitudes qu’on ne saurait quitter; il y a des mœurs qui se refusent à toute réforme.
Ainsi, dans les grandes villes, les soirées, les spectacles, les bals, tiennent une grande place dans l'existence. C’est le moyen de se rapprocher, de se voir, d’établir des relations, de. conserver celles qu’on a, enfin, de prendre un repos agréable ou un délassement amusant qu’interdisent les travaux ou les occupations de la journée. Mais il ne faudrait pas que ces heures de plaisir devinssent des causes de fatigue et d’énervation. C’est cependant ce qui arrive. Dans les bals, on danse jusqu'au malin; dans les soirées, où l’atmosphère est doublement viciée par la chaleur des bougies et les émanations miasmatiques des personnes qui encombrent les salons, on contracte d’autant plus facilement une mauvaise influence, qu’on s’y expose sans se donner de mouvement; enfin, dans les spectacles, cette influence est encore plus puissante, car on reste pendant plusieurs heures dans une immobilité pour ainsi dire complète, au milieu d’une population qui appartient à toutes les classes, et par conséquent à
tous les genres de propreté. Dans ces lieux de rassemblement, l’acide carbonique, ce produit de la respiration humaine, s’accumule en grande quantité. Une aération bien entendue en pousse les masses au dehors, en renouvelant l’air.
Dans les maisons où l’on reçoit, il serait important qu’on s’occupât autant de la ventilation que de la décoration des salons. L’utile devrait passer dans ce cas avant l’agréable.
Dans les salles de spectacle, les places sur lesquelles pèse le plus d’acide carbonique, sont les inférieures. Ainsi on est moins bien au parterre, à l’orchestre, aux baignoires et au balcon, que dans les loges du milieu de la hauteur de la salle. Cela s’explique très-bien, quand on saura que le gaz acide carbonique est plus pesant que l’air. Les places les plus élevées ne sont pas saines; la chaleur monte, dit-on, et on devrait ajouter que les miasmes les plus légers montent aussi aux couches supérieures d’une atmosphère. 11 faut donc ne pas s’y placer, quand on peut choisir entre ces places et d’autres.
L’usage des flacons de sels à respirer dans les lieux d'encombrement, est une bonne habitude. L’odeur vive et forte qu’ils laissent dégager, crée, autour de la personne qui s’en sert, une sorte d’atmosphère désinfectante, qui peut neutraliser jusqu'à un certain point les miasmes et les émanations. Le vinaigre anglais est le meilleur de ces liquides préservatifs. Nous n’oserions recommander les chlorures; leur odeur est trop mauvaise, les petites maîtresses les repousseraient.
Recommanderons-nous les précautions à prendre, à la sortie de ces étuves où la chaleur est si vive, la modération dans les plaisirs de la danse, la sobriété pour ces longues veilles qui commencent à la nuit pour finir au matin? C’est presque inutile ; car tout le monde sait combien à Paris, par exemple, les plaisirs de l’hiver fatiguent les hommes et épuisent les femmes.
Celles-ci ont besoin de la venue du printemps et de la saison des voyages et de la campagne, pour aller reprendre un peu de cette force qu’elles ont perdue dans les salons. Le teint plombé, transparent et pâle des femmes de Paris, est le résultat de cette vie de plaisirs, qui n'est pas en rapport avec les forces organiques, et des habitudes de mollesse qui
en sont la suite inévitable. Beaucoup de maladies nerveuses dont il est si difficile de venir à bout, et dont la population parisienne présente les exemples les plus variés et les plus bizarres, ne se rattachent pas à une autre origine.