‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 249 sur 425 · ABE · texte numérisé non relu

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d’aucun os, on peut le soigner soi-même, pounu qu il ait une étendue très-bornée. Ainsi, on applique des cataplasmes émollients, et, pour hâter la suppuration, des cataplasmes faits avec de l’oseille cuite et du saindoux; mais une main exercée est toujours indispensable pour faire l’ouverture de ces tumeurs, quelque circonscrites qu’elles soient.

11 y a des tumeurs qui se manifestent sans cause appréciable. Une saillie se forme; elle fait des progrès lents; aucune inflammation ne se manifeste; cependant on dirait qu’elle contient un liquide, et qu’il n’y a rien de mieux que de l’ouvrir ou de hâter son ouverture par des applications appropriées , car il semble évident qu'on a affaire à un abcès; mais, en appliquant la main à sa surface, on éprouve l'impression soit d’un bruissement, soit, d’une pulsation régulière. Dans liun ou l’autre cas, il faut vite s’éclairer des conseils d’un médecin; car il s’agit alors ou d’une tumeur scrofuleuse ou d’un anévrisme.

Des abcès se forment quelquefois dans l’épaisseur des membres; on peut en reconnaître jusqu’à un certain point l’existence, au volume que prennent les parties, aux inégalités dures et douloureuses qu’on y remarque, enfin aux pulsations que le malade ne cesse pas de ressentir dans les tissus. Mais, dans beaucoup de circonstances, et suivant la manière dont les abcès sont développés, leurs symptômes sont plus ou moins obscurs, même aux yeux d’un homme exercé. Ce que nous disons est bien plus vrai encore pour ces abcès qui se forment dans les organes contenus dans la tète, la poitrine ou l'abdomen. Le malade en a très-rarement le sentiment, et le médecin est loin d’en découvrir toujours l’existence. Aussi, quand une personne éprouve une souffrance sourde, lente, pulsative, avec sensation de pesanteur et de mobilité, à la suited’une inflammation, d'unechute, etc., soit dans l’épaisseur d'un membre, soit au fond d’une des grandes cavités du corps, il faut qu’elle appelle un médecin pour dissiper son mal, si les moyens que l'art emploie donnent la possibilité d’obtenir un tel résultat. Voyez le mot Tumeur.

Abeilles (Piqûre d' abeilles). Voyez Piqûre d insectes vc~ nimeux.

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Accès. Les accès sont des indispositions plus ou moins graves, qui se manifestent d’une manière régulière ou irrégulière, et qui sont loin de tenir à la môme cause. Les maladies nerveuses surtout sont sujettes à des accès. L’épilepsie, par- exemple, ne se manifeste que de cette manière. On vit quelquefois des années avec un épileptique sans se douter de son mal. Au bout de ce temps, et sous l’influence d’une cause quelconque, un accès a lieu, qui dévoile le caractère de cette affection incurable. 11 y a des maux de tête, des maux de nerfs, d’autres maladies, comme la goutte, le rhumatisme, enfin les fièvres intermittentes, qui procèdent dans leur marche par des accès,

Les accès sont réguliers dans ces dernières maladies; ils sont irréguliers dans les autres. Il y a cependant des maux de tête dont l’invasion se fait, chez certaines personnes, avec une régularité parfaite. Les causes des accès varient comme les maladies auxquelles ils se rapportent. Pour faire disparaître les premières, il faut guérir les secondes. Nous renvoyons donc aux mots suivants : Fièvres, Maladies nerveuses, Goulle , Epilepsie, etc.

Accidents. On appelle accidents les événements imprévus auxquels l’homme est exposé dans les différentes circonstances de la vie, et qui ont pour résultat la suspension de l’exercice de la pensée, ou la lésion plus ou moins grave de certaines parties du corps. Ce sont les précautions qui empêchent les accidents; c’est-à-dire, que les personnes nerveuses doivent fuir les émotions pour ne pas éprouver de syncopes ; et celles qui ont trop de confiance dans leur force ne doivent pas faire des actes de témérité ou des manœuvres pénibles, pour ne pas s’exposera se casser une jambe ou un bras. Mais, comme il est rare qu'on songe aux précautions avant d’avoir été mis à l’épreuve par une leçon un peu forte, nous devons dire comment il faut se secourir soi-même, et comment les autres doivent secourir celui qui est victime d’un accident.

Quelque accident qu’on éprouve, il faut conserver son sangfroid, si c’est possible. Avec le courage, on prévoit un danger plus grand que celui qu’on vient d’essuyer, et on peut se garantir d’une complication.

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Si c’est une hémorragie violente qu’on éprouve, il ne faut pas se mouvoir, s’agiter; il faut se calmer, au contraire. Si elle est interne, c’est-à-dire si elle vient du nez. de la bouche, il faut se placer sur un lit, le buste élevé et soutenu par des coussins : des boissons froides doivent en ce moment être employées jusqu’au moment de l’arrivée du médecin.

Si c’est une chute, qui produise une entorse, une. fracture, il faut essayer de marcher dans le premier cas, et placer, dans le second cas, le membre fracturé sur un point d’appui fixe, en attendant les secours ultérieurs.

Si des blessures ont donné lieu à l’ouverture d’un vaisseau, ce qui peut se juger immédiatement par l’abondance de sang que donne la plaie, il faudra prendre, le plus vite possible, les précautions suivantes. Si le sang est rouge et le jet violent, c’est qu’il est produit par la lésion d’une artère; il faudra alors opérer, si c’est possible, avec les mains, une compression forte au-dessus de la plaie (entre la plaie et le cœur). Si le sang est noir et le jet peu violent, c'est, qu’il coule d'une veine; il faudra, dans ce cas, comprimer au contraire au-dessous de la plaie (entre la plaie et les extrémités) : c’est le moyen de suspendre plus ou moins l’hémorragie, et, par conséquent, un accident grave qui peut entraîner la mort.

Les personnes qui seront témoins d'un accident, ou qui viendront secourir celles qui en auront été les victimes, n’oublieront pas que, pour un accident quelconque, la première condition à remplir, c’est de donner de l'air aux malades.

Donc, si quelqu'un tombe en syncope, on le placera devant une croisée ouverte. Si cette syncope résulte d'une odeur particulière au lieu où elle s’est produite, on n'v laissera pas le malade : on le transportera ailleurs.

Lorsque l’ébranlement causé par l'accident a disparu, n faut que les assistants ne découragent pas celui qui revient à la vie, par des marques de crainte et de terreur : des paroles d espérance diminuent le plus souvent les dangers. Les personnes fortes doivent donc prendre dans ce moment la responsabilité des secours : les faibles, les timides doivent être écartées.

Quand l’accideut laisse des

incertitudes sur sa nature.

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faut faire expliquer le malade : cela est souvent nécessaire pour se diriger; c’est toujours une excellente diversion pour celui qui souflre. On comprend combien il est nécessaire, par exemple, de demander à une personne qui a fait une chute quelle est la partie meurtrie, broyée ou fracturée; car, sans cette précaution, on risquerait fort de commettre quelque maladresse en la relevant de terre, ou en la transportant d’un endroit dans un autre.

Les blessures de toute nature peuvent être le résultat d’un crime. 11 faut se garder, dans ce cas, de toucher au cadavre

dont la justice doit constater l’état; mais il serait criminel de ne pas donner immédiatement de prompts secours à une personne victime d’un attentat.

11 en est de même pour les pendus. Un préjugé veut qu’on oublie ce qu’on doit à celui qui se meurt pour aller chercher un agent de l’autorité : c’est une erreur déplorable. Il faut

immédiatement faire cesser la strangulation. On s’y prendra comme nous allons l’indiquer. La première chose qu’il y ait à taire, c’est de soulever le corps, pour que la pesanteur n'augmente pas la constriction du lien qui enserre le col; puis on coupe la corde. S’il y a deux personnes autour de la victime, les deux opérations précédentes peuvent se faire simultanément : pendant que l’une tient le corps soulevé, l’autre le détache; mais lorsqu’il n’y en a qu’une, et que des secours plus complets peuvent se faire attendre plus ou moins longtemps, il faut qu’elle se borne à tâcher de relâcher le lien, (>n soulevant le corps le plus haut possible. Voyez Asphyxie] Syncope, Chute , Culor.se, Fractures , etc.

Accouchement. I/accouchement s’annonce par des symptômes auxquels se trompent rarement les femmes qui ont été déjà mères. Les autres, celles qui accouchent pour la première fois, sont éclairées par celles qui les ont précédées dans la fonction de la maternité. Ainsi donc, les signes de l'accouchement sont rarement méconnus; mais, quelquefois ils se présentent d’une manière si vague ou si inattendue, que l'accouchement a lieu immédiatement. On connaît l’histoire v raie de cette femme de campagne qui, portant un fagot à la ville, iut obligée de s arrêter au milieu du chemin pour ae-

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coucher. Que de fois des accidents d’accouchement spontané se sont passés à Paris! 1! n’y a pas longtemps qu’une femme accoucha dans un omnibus. Pour éviter ces accidents, qui pourraient avoir de la gravité, ne fut-ce que par la terreur qu’ils doivent produire sur certaines femmes, il faut prendre la précaution de ne pas s’éloigner de chez soi, de n’entreprendre aucune course un peu prolongée, quand on présume que vient le terme de grossesse.

Il est rare que l’accoucheur ou la sage-femme ne soient pas avertis à temps pour veiller sur l’accouchement et pour remplir leur office; mais, comme il n'est pas toujours sûr qu’ils se trouvent au moment précis auprès de la personne qui a réclamé leurs secours, voici l’énumération des soins à donner et des précautions qu’il faut prendre.

D’abord, on doit recommander à la femme qui commence à sentir les douleurs vives, les épreintes douloureuses qui précèdent l’accouchement, de prendre la précaution de v.der ses intestins par un lavement, et d’uriner. Cette recommandation a pour but d’isoler la matrice d’un embarras matériel qui pourrait compliquer ou retarder le travail.

A mesure que les douleurs augmentent de force et de fréquence, l’ouverture de la matrice tend à s’agrandir; c’est à travers cette ouverture, qui n’est pas visible au dehors, car elle est au fond du vagin, qu’on voit se présenter une membrane tendue et élastique. Cette membrane fait partie du sac dans lequel l’enlant est enveloppé; plus cette membrane saillit, plus elle forme poche. On l’appelle la poche des eaux, parce que tout le liquide qui est renfermé dans ce sac, où est logé l’enfant, se rend, par l’action de la pesanteur, dans la portion du sac qui saillit hors de la matrice. C’est lorsque la poche se rompt que les eaux s’écoulent, et qu’alors l’enfant descend dans le canal pour se présenter à l’ouverture extérieure. Mais, avant de dire comment il faut se conduire à partir de ce moment-Jà, nous avons quelques recommandations préliminaires à faire.

11 est important de ne pas être pris au dépourvu. Quand les douleurs commencent, que le moment de l’événement approche, il faut tout préparer pour la mère et pour l’enfant.

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Il faut, pour la première, un drap, une grande serviette, des éponges et de l'eau tiède, du linge de corps, et un lit appelé lit de misère, sur lequel se fait l’accouchement. Le drap, plié en plusieurs doubles, est disposé sous le bassin de la femme, quand elle prend place sur le lit; la grande serviette sert à entourer et à contenir le ventre lorsque l’accouchement a eu lieu; le linge de corps, les éponges et l’eau sont nécessaires pour les soins de propreté qu’exige la situation; enfin, le lit est une couche plus comtnode que le lit ordinaire, pour subvenir aux nécessités du moment. Ce lit ne doit être appuyé que par la tète, contre l’une des parois de l'appartement; il doit être isolé par les ruelles, afin qu’on puisse se placer indifféremment à gauche ou à droite, pour les manœuvres et pour le service. Si le lit est trop long, or» doublera un matelas sur le milieu , pour que la femme ait la faculté de se tenir presque sur son séant, et d’avoir derrière elle un point d’appui. La partie antérieure du lit devra former un plan incliné, et son extrémité du même côté devra présenter un rebord saillant où les pieds puissent s’appuyer. Il n’est pas besoin d’ajouter qu’une fois sur le lit, Ja femme devra se placer les cuisses écartées, les genoux élevés , pour faciliter la fonction dont le travail s’opère. Cette situation est d’ailleurs dictée par l’instinct. On la prend sans qu’on ait besoin de la recommander.

Il faut, pour l’enfant, des ciseaux, du fil ciré, une compresse un peu large et percée d’un trou, dans son milieu, grand comme une pièce de vingt sous, une bande, une serviette douce, et ce qu’il faut pour nettoyer et habiller l’enfant. Les ciseaux, le fil, la compresse, la bande, serviront à faire la section et la ligature du cordon ombilical, et à le maintenir sur le devant des parois abdominales. Passons maintenant aux événements successifs de l’accouchement.

Avant de se placer sur le lit, la femme doit marcher pour faire descendre l’enfant, pour presser le moment de la délivrance. Les femmes qui sont à leur premier accouchement doivent surtout agir ainsi : elles ont besoin , cela se comprend facilement, de s'aider plus que les autres.

C’est le toucher qui guide, pour savoir quand la femme

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doit se placer sur le lit pour ne plus le quitter : lorsque la poche des eau k est rompue, c’est ce que la femme a de mieux a faire. Cependant, si le corps de l’enfant ne se présente pas, malgré la dilatation qui s’est opérée, la marche peut être encore utile. Dans tous les cas, on ne tarde pas, quand l’accouchement se fait sans dilliculte, à sentir la partie de 1 en-

fant qui doit passer la première. Le toucher se pratique en réunissant les deux doigts index et médius (indicateur et moyen) de la main. C’est avec une grande précaution qu'il faut exercer cette manœuvre, afin de ne pas blesser les parties. 11 faut avoir soin de s'oindre les doigts avec de 1 huile ou tout autre liquide analogue, toutes les fois qu il sera nécessaire de recourir au toucher, qu il faut opérer d ailleurs

le plus rarement possible.

Une fois que la tète, ou une partie quelconque du corps, est engagée dans le tube au travers duquel l’enfant doit passer, on doit redoubler de surveillance et de soins. On ne doit plus s’éloigner de la mère. Une main sera placée sous la vulve, à l’endroit connu sous le nom de périnée. C’est la main droite qui remplira cet office. Elle doit soutenir les parties pendant tout le temps de l’accouchement, afin que la distension qui s’opère ne produise pas de déchirure. Elle seia placée de manière à ce que l’ouverture formée par 1 ecaitement du gros doigt et de l’indicateur embrasse la partie inférieure de la vulve. L’autre main, la main gauche, scia appliquée à plat sur le bas-ventre, et aidera à 1 accouchement, soit en distendant les parties supérieures des organes génitaux, soit en comprimant légèrement le bas-ventre pour aider, pour ranimer les contractions de la matrice, telle est la position que doit garder la personne que les cii constances

obligent à surveiller un accouchement. C est en conservant ses mains, quoi qu’il arrive, l’une dans la région de l’anus , l’autre sur le bas-ventre, et en secondant de son mieux, de cette manière, ia fonction qui se poursuit, que cette fonction se terminera le mieux possible. Nous insistons d’autant plus là-dessus, que les manœuvres faites par des personnes qui ne connaissent ni la disposition des parties, ni les lois de l'accouchement, ne peuvent que troubler le travail, que lui nuire

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dans sa régularité. Sans doute, le travail peut être difficile, peut môme paraître absolument suspendu, et exiger impérieusement une manœuvre. Mais, en supposant l’opération nécessaire, elle est trop délicate pour qu’une main non exercée ne produise pas de graves désordres, et peut-être la mort de l’enfant. D’autre part, si l’accouchement paraît interrompu par la présentation vicieuse du corps, enfin par une cause quelconque, il faut qu’on sache qu’avec du temps et de la patience, les conditions, de mauvaises qu’elles étaient, peuvent devenir bonnes, et que le travail finit, près que toujours, par se terminer sans autre accident. Lorsqu’on est isolé de tout secours, et qu’on est forcé de recevoir un enfant, il convient donc de se garder de faire aucune manœuvre. Il faut savoir attendre, et il est rare que les événements en fassent repentir.

Après la sortie de l’enfant, l’accouchement n’est par terminé ; il y a encore à recevoir l’arrière-faix, c’est-à-dire les enveloppes. Cette masse est ordinairement chassée par une dernière contraction ; mais, si plus d'un quart d’heure se passe sans que cette dernière partie de l’accouchement s’opère, il faut en presser la venue, soif en pratiquant quelques frictions sur le bas-ventre, a\ec la paume de la main, soit en faisant de légères tractions sur le cordon ombilical, qui s’étend , comme on le sait, de l’arrière-faix à l’enfant luimème. Il arrive, quelquefois, que la délivrance des enveloppes se fait presque aussitôt que la délivrance de l’enfant. Mais, dans la plupart des cas, il s’écoule un intervalle assez considérable (de quelques minutes à un quart d’heure) avant cette seconde partie de l’accouchement. C’est pendant cet intervalle qu’on détache l’enfant de la mère, par la section du cordon ombilical. Voici comment on s'y prend.

Lorsque l’enfant est sorti, on le place sur les cuisses de la mère, le visage tourné vers les pieds : c’est le moyen d’empècher que le sang qui s’écoule des parties génitales ne rejaillisse sur sa figure. Le cordon qui tient, comme on le sait, au nombril, doit être coupé avec des ciseaux, de préférence à tout autre instrument tranchant. La section sera faite à quatre ou cinq travers de doigts de distance du nombril. Si l’enfant

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est rouge, d’une figure apoplectique, on laissera écouler deux ou trois cuillerées de sang par le bout du cordon; s’il ne présente pas cet état, on s'empressera de poser la ligature de fil ciré. On fait ordinairement deux tours et un double nœud; cela suffit pour empêcher toute hémorragie. Après cette dernière opération, on passe le bout du cordon dans l’ouverture de la compresse; on l’applique à plat sur cette double ou triple épaisseur de linge fin, et on le fixe par la bande que l’on passe deux ou trois fois autour du corps de l’enfant. Nous dirons dans un article spécial quels sont les autres soins que réclame le nouveau-né.

Lorsque la sortie des enveloppés est terminée, la mère doit être essuyée, changée et portée sur son lit. Ici nous placerons une observation importante : il peut arriver que quelques fragments du délivre restent dans la matrice, ce qui occasionne des coliques, et, dans certains cas, des perles de sang. Pour que l’accoucheur ou la sage-femme soient suffisamment édifiés sur cette circonstance, si elle a lieu, il faut toujours conserver l’arrière-faix et le leur montrer; c’est le moyen de les fixer sur la cause de certains accidents qui peuvent prendre, s’ils sont abandonnés à eux-mêmes, un caractère de gravité. Quand la femme est sur son lit, qu'on aura garni de linges, on lui mettra en ceinture, pour soutenir le ventre, une serviette pliée en trois ou quatre doubles. Si les douleurs ont été considérables pendant l’accouchement, si la femme a une sensibilité vive, on placera sur le ventre un cataplasme de farine de graine de lin arrosé d'une cuillerée à café de laudanum de Sydenham. 11 y a des préjugés concernant les tisanes qu’il faut administrer à l’accouchée, et contre lesquels on doit se mettre en garde. Ainsi, beaucoup de personnes croient encore que l’épuisement des forces de la mère exige des toniques ou des cordiaux, et s'imaginent faire beaucoup de bien en administrant, dans cette circonstance, des rôties au vin sucré; mais il faut s’interdire une pratique qui est en dehors de tous les principes de l’art. La seule boisson qu’on doive donner, c’est une boisson adoucissante. Si la situation exceptionnelle de l’accouchée exigeait une boisson d’une autre nature, le médecin seul devrait l’ordonner.

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Divers accidents peuvent mettre en péril la vie de la mère et de l’enfant; voici en quoi ils consistent, et ce qu’il faut faire en attendant des secours plus actifs et mieux entendus ;

La mère peut s’évanouir, avoir des hémorragies, des convulsions.

Les évanouissements ne sont pas inquiétants quand ils n’ont pour cause qu’un excès de douleur. Ils cessent bientôt par l’aspiration d’odeurs un peu fortes, comme l’ammoniaque, etc. Mais, lorsqu’ils sont le résultat d’une hémorragie violente, le danger est grand. Les hémorragies ne sont pas, malheureusement, toujours visibles. Le sang peut s'accumuler dans l’intérieur de la matrice, et ne s’écouler en dehors qu’en quantité trop petite pour éveiller des inquiétudes. On saura qu’une hémorragie interne a lieu, si le volume de la matrice augmente, et si la femme, dont le pouls sera éteint, la pâleur considérable, et qui présentera tous les signes d’un évanouissement imminent, déclare éprouver un sentiment de chaleur dans la région du bas-ventre. Si ces signes sont réunis, on pourra agir avec confiance ; car il n’y a plus de doute sur l’existence de l’hémorragie interne. Nous devons faire observer que, dans les hémorragies externes, le sang ne s’écoule pas toujours par petites quantités, et qu’il y a des circonstances où un retard de quelques minutes peut entraîner la perte de l’accouchée.

Les moyens qu'il y a à employer pour combattre les hémorragies utérines, c’est d’abord l’application de l’eau froide vinaigrée sur le bas-ventre, l’administration fréquente, et à petite dose, d’eau sucrée froide et vinaigrée. Ces moyens ne sont, il est vrai, que des remèdes peu énergiques, de faibles palliatifs; mais, en les répétant souvent, et en continuant ainsi pendant quelque temps, on diminuera du moins la violence de l’hémorragie, si on ne l’arrête pas. Cependant, si on s’aperçoit que ces moyens 11e produisent pas de résultat, on peut en augmenter l’énergie en faisant dans le vagin des injections répétées d’eau froide vinaigrée, et en donnant des lavements d’eau froide. Si on peut se procurer de la glace, son application sur le bas-ventre peut amener à elle seule la suspension de l’hémorragie. Il

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convient donc de ne pas négliger ce moyen, puisque, dans la plupart des cas, son efficacité n’est pas douteuse.

Les convulsions ont de la gravité; elles peuvent avoir lieu avant et après la sortie de l’enfant. Dans ces deux cas, les soins à donner sont les mêmes; ils ne diffèrent que sous le rapport de la cause. Ainsi, lorsqu’elles viennent à la suite d’une violente hémorragie, c’est-à-dire par faiblesse, il faut administrer des toniques, des cordiaux, comme le vin de Malaga ou d’Alicante coupé d’un peu d’eau, ou une potion, composée de deux cuillerées d’eau sucrée et d’eau de fleur d’oranger et de vingt à trente gouttes de liqueur d'Hoffman. 11 est bien entendu que la potion et le vin ne doivent être administrés qu’à petites doses et dans les intervalles de calme des convulsions. Quand cet étal de surexcitation nerveuse parait résulterd’une sorte de mouvement de sang vers la tête, que le visage est rouge, la peau chaude, et que les vaisseaux sont pleins et apparents, il est urgent de tirer quelques onces de sang, si quelqu’un peut prendre sur soi d’ouvrir la veine. S’il n’est pas possible de pratiquer cette opération, on posera aux pieds des sinapismes très-actifs, et on placera des compresses d’eau froide vinaigrée sur la tète. On n’oubliera pas d’aérer l’appartement dès que les convulsions se montreront.

n’importe la cause, qu’elle tienne à un excès de faiblesse ou à un excès de force.

Les accidents qui se rapportent à l’enfant se réduisent à ceux-ci : le cordon peut être placé de manière, autour du cou, qu’il en résulte une compression assez forte pour produire l’asphyxie; puis, l’enfant ne sortant pas toujours du sein de sa mère par la tête, il peut arriver que la difficulté et la durée d’un accouchement laborieux compromettent son existence. Il y a peu de chose à faire dans le second cas, si ce n'est de baptiser l’enfant sur les parties qui sont au dehors de l’orifice vaginal de la mère, en prononçant les paroles sacramentelles, au moment où, avec un doigt mouillé d’eau, on trace sur ces parties le signe de la croix. Quelquefois cette précaution devient inutile par 1 heureuse terminaison de l’accouchement. Mais, comme on ne peut presser la lin de la délivrance, parce (tu on n a ni la science ni 1 habitude nécessaires pour

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mener à bien une telle opération, il faut se borner à mettre à couvert sa responsabilité morale. Nous n’avons pas d’autre conseil à donner, et ceux à qui nous nous adressons n’ont pas d’autre devoir à remplir.

Il n’en est pas de môme pour les cas d’enroulement du cordon ombilical soit autour de la tète, soit autour du col, soit autour de toute autre partie du corps. Évidemment cet enroulement diminue la longueur du cordon, ce qui détermine de fortes tractions ou sur l’enfant lui-mème ou sur l’arrièrefaix qui est encore dans la matrice. Pour obvier à cet inconvénient, il faut trancher le cordon en glissant un doigt entre cet assemblage de vaisseaux et la peau, et en faisant porter sur le doigt l’instrument qui doit opérer la section. Quand le cordon est enroulé autour du col, il faut procédera l’opération d’autant plus vite que cette constriction peut déterminer l’asphyxie.

Pour compléter tout ce qui regarde la mère et le nouveauné, voyez Allaitement , Dentition , Grossesse , Sevrage , Maladies du prem ier âge.

Acreté des humeurs , du sang. Voyez Acrimonie.

Acrimonie. On appelle acrimonie, cet état des humeurs du corps qui se manifeste par des éruptions à la peau, lesquelles finissent par s’établir à demeure sur la surface cutanée. Comme cette manière d’ètre correspond à des maladies très-différentes les unes des autres, suivant le tempérament des individus et suivant la physionomie qu’elles prennent, nous renvoyons pour les détails aux diverses maladies de la peau (voyez ce mot).

Age critique. On appelle Age critique l’époquê où la menstruation cesse chez la femme, où celle-ci perd son droit naturel à la maternité. C’est l’époque orageuse de son existence ; mais il est probable, il est même constaté qu’on s’en est exagéré les dangers. Lorsque la femme sait accepter les conditions de son Age, quelle comprend que les jours de la santé robuste et la brillante jeunesse sont passés pour elle, enfin qu’elle sait se mettre en harmonie avec les exigences de cette nouvelle situation, la révolution qui se produit dans son organisation se fait sans trop de secousses; la transition s’o-

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père, pour ainsi dire, par nuances, et la femme parvient à la vieillesse sans que l’âge critique ait été traversé par de graves accidents.

Néanmoins, il y a des époques de retour qui sont trèsorageuses. Elles se manifestent par les signes dont nous allons parler.

Le sang, loin de couler d’une manière régulière aux époques de la menstruation, se montre tantôt goutte à goutte, et tantôt par hémorragies extrêmement abondantes. Pendant que l’écoulement se produit, ou par excès ou autrement, la femme se plaint d’étouffements, de lourdeurs dans la région du bas-ventre, de palpitations de cœur, de congestions vers la tète, de bouffées de chaleur qui semblent partir de la matrice et inondent de sueur la face ou toute la peau du corps. Le visage change de caractère, les yeux deviennent brillants, le teint s’altère et prend toutes les teintes, depuis la pâleur livide jusqu’au rouge ardent. 11 est rare que des boutons, des taches plus ou moins colorées ne rendent pas cette altération permanente. Alors la femme devient en quelque sorte méconnaissable; elle n’a plus les mêmes traits, la même physionomie de l’âge qui précède la période critique. On comprend que puisque la matrice est la cause de tous ces désordres, qu’elle est le centre d’où rayonnent tous les accidents qui altèrent les forces comme les formes du corps, elle doit être, par conséquent, le siège de profondes modifications ; en quoi consistent-elles? Elles se manifestent, comme on le sait, par la suspension d’une de ses fonctions les plus importantes, c’est-à-dire le llux menstruel. Mais cela ne dit pas quelles sont les altérations qui se produisent dans l’étoffe de l’organe: nous n’avons pas besoin de le savoir. 11 nous suffit de dire que l’époque où la menstruation se modifie, pour diminuer peu à peu, et enfin pour disparaître entièrement, est celle où les maladies de matrice se montrent sous les formes et avec les complications les plus dangereuses. On ne sauraitdonc prendre trop de précautions pour éviter de si fâcheux résultats.

Au moral, les modifications sont également très-considérables. Ainsi, pendant l’époque ordinaire des menstrues, soit qu’elles coulent avec difficulté, soit qu’elles se manifestent par

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de violentes hémorragies, le caractère devient triste, irascible et même méchant ; tout inquiète, tout irrite. Les femmes qui sont dans cette situation se croient entourées de dangers; un mot dit sans intention mauvaise leur paraît dirigé contre elles. Cela explique pourquoi, loin de rechercher le monde, elles le fuient, se condamnant à la retraite, s’enfermant dans leur appartement où elles pleurent et sanglotent, sans pouvoir même, le plus souvent, se rendre compte de la cause de leur violent chagrin.

Chez d’autres femmes, celles qui ont passé une existence remplie de plaisirs, les accidents sont encore plus dangereux sous ce rapport. Ces femmes s’efforcent, en quelque sorte, à faire de la vieillesse qui commence une autre jeunesse, et elles s’abandonnent à une fougue de passions qui, lorsqu’elle ne se modifie pas dans un temps limité, finit bientôt par déterminer l’aliénation mentale.

C’est après quarante ans que l’âge critique commence. Le flux menstruel s’écoule encore régulièrement pendant quelques années; mais c’est vers cette époque qu’il se modifie soit dans sa quantité, soit dans les influences physiques ou morales qu’il produit. C’est, alors que la femme doit se mettre eu rapport, par son existence, avec la situation nouvelle dans laquelle elle vient d’entrer. Ainsi elle s’attachera à se donner des habitudes calmes et paisibles. Loin d’appeler des sensations qui excitent son imagination et ses passions, elle les fuira. îl faudra que son régime alimentaire soit d’accord avec son traitement moral. Pour établir cette harmonie nécessaire, elle évitera toute sorte d’excès de table, elle s’abstiendra presque complètement de l'usage du café, du thé et des liqueurs alcooliques. L’eau est, pour les femmes qui sont dans la période de l’àge critique, un médicament d’une certaine efficacité ; nous leur conseillerons donc d’en boire beaucoup. On a des exemples nombreux des bons effets de l’eau, dans les cas d’excitation produite par les infiuences particulières dont nous parlons. Nous ordonnerons aussi, comme remède, l’infusion d’une substance qui produit les plus heureux effets, surtout chez les femmes qui présentent le tempérament nerveux : c’est tout simplement la feuille de vigne blanche. Nous con-

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