‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 275 sur 425 · ELA · texte numérisé non relu

ELA

on en ressent les symptômes. Dans tous les cas, la diète, des lavements avec la décoction amidonnée de tètes de pavots, et des tisanes d’eau de laitue sont d’excellents moyens d’action contre la maladie.

Ébullition de la peau. Voyez Èchauboulures.

Ecchymose. Voyez Blessures, Contusion.

Écharde. Voyez Épine.

Èchauboulures. Les èchauboulures sont de petites élevures rouges qui se développent sur la peau pendant les grandes chaleursde l’été, ou sous l’influence de fautes ou d’écarts plus ou moins graves dans le régime. Elles sont légèrement douloureuses, et on les connaît généralement sous le nom de boutons d’échauffement ou de chaleur. Pour les faire disparaître, il n’y a qu’à lotionner les parties affectées avec de l’eau fraîche (eau de fontaine ou de source), faire usage de boissons acidulées, et se soumettre, pour peu que les échauboulures ne s’effacent pas assez vite, à un régime doux, végétal et lacté.

Echauffement du corps. Voyez Inflammation, Fièvre.

Écorchure. Voyez Blessures.

Écoulement de sang. Voyez hémorragie, Perte.

Ecoulement continu des larmes. Voyez Larmoiement.

Écoulement blanc. Voyez Flueurs blanches.

Écoulement. Voyez Blennorrhagie.

Écrouelles. Voyez Scrofules.

Effervescence du sang. Elle se manifeste par des éruptions à la peau. Voyez Echauboulures.

Efforts. Voyez hernie.

Élancements. Les élancements sont un symptôme commun à plusieurs maladies différentes. Le nom qu’ils portent désigne d’ailleurs parfaitement la sensation qu’ils font éprouver : la douleur qui en résulte est semblable à celle de coups de lance qu’on recevrait dans les chairs. Les maladies nerveuses, les maladies inflammatoires causent des élancements.

EM P

Il est des affections bien plus graves, les tumeurs cancéreuses, qui se dessinent quelquefois par ce symptôme unique. Ainsi, une tumeur indolente du sein, qui est traversée par des élancements, est par cela seul reconnue de nature cancéreuse. Les élancements n’étant qu’un signe quelquefois sans importance et sans gravité, comme ceux du panaris, par exemple, on comprend que c’est de la maladie ou de la cause qu’il faut s’occuper.

Embonpoint excessif. Voyez Obésité.

Empoisonnement. Les signes généraux de l’empoisonnement sont les suivants : Le malade accusera une odeur infecte ou nauséabonde, ou un goût acide, amer, âcre, et laissant un sentiment de brûlure dans la bouche et dans la gorge. La bouche sera rouge et sèche ; elle sera quelquefois écumeuse. L’haleine aura de la fétidité, la gorge sera resserrée par une constriction spasmodique. La langue et les gencives varieront, comme couleur, du rouge > if au jaune citron, au livide et au noir. Le tube digestif et l’estomac seront le siège d’une douleur plus ou moins considérable. II y aura des rapports, des nausées, de violents vomissements. La matière rejetée présentera des couleurs extrêmement variées. Si elle entre en ébullition au moment de son contact avec le carreau, on pourra en inférer que le poison est acide. Les déjections alvines, avec ou sans efforts, peuvent accompagner ou suivre les vomissements. La respiration sera difficile, le pouls sera serré, irrégulier dans la plupart des cas, les membres seront glacés ou en feu, les sueurs abondantes, mais gluantes et froides. Enfin la physionomie présentera des altérations extrêmement variées. Dans certains cas, il y aura même abolition de la faculté de voir.

Passons maintenant aux moyens les plus simples pour combattre, dans leur première période, les empoisonnements de diverses natures.

1° Empoisonnement par les acides. L’acide sulfurique et l’acide nitrique étant les acides les plus répandus et les plus connus, c’est par eux qu’ont lieu la plupart des empoisonnements de cette classe.

Les contre-poisons sont de la magnésie calcinée délayée

EM P

dans de l’eau, de la tisane épaisse de graine de lin ou de guimauve. On continuera ce traitement jusqu’à l’arrivée du médecin, et on ne manquera pas surtout d’essayer de faire vomir en titillant la gorge avec les barbes d’une plume.

2° Empoisonnement par les alcalis concentres. La soude, la potasse, l’ammoniaque sont des alcalis concentrés. Sans doute, ces substances ne sont guère qu’entre les mains des gens de l’art; mais tant d’accidents se produisent, d’une manière inattendue, que nous ne devons rien omettre pour qu’on puisse être en garde contre tous les événements.

Les contre-poisons des alcalis sont le vinaigre, ou le suc de citron, étendus d’eau. La dose doit être de deux cuillerées à café pour un verre d’eau. On ne doit jamais manquer de provoquer les vomissements.

5° Empoisonnement par les préparations mercurielles. Le sublimé-corrosif, le calomel, etc. forment les préparations les plus connues qui ont le mercure pour base. On n’ignore pas en effet que l’un et l'autre sont très-employés.

Les contre-poisons sont de l’eau albumineuse, qu’on compose en délayant quatre ou six blancs d’œufs dans un verre d’eau, du lait coupé, enfin de la farine délayée dans une certaine quantité d’eau.

4° Empoisonnement par l'arsenic et les préparations arsenicales. L’oxyde d’arsenic est la substance avec laquelle le crime est le plus familiarisé.

Les contre-poisons sont, en première ligne, le tritoxyde de fer hydraté, qui agit avec beaucoup d’efficacité. On en fait prendre douze ou quinze fois le poids supposé du poison, mêlé à de l’eau sucrée, et à petites doses. A défaut de cette substance, qui ne se trouve pas toujours sous la main, on emploiera l’eau sucrée coupée avec un tiers d’eau de chaux, de l’albumine pure (blancs d’œufs) ou mélangée avec de l’eau, enfin de la poudre de charbon également en dissolution aqueuse.

5° Empoisonnement par le cuivre et les préparations cuivreuses. Agir comme pour l'empoisonnement par les préparations mercurielles, dont il vient d’être question ci-dessus.

0° Empoisonnement par la pierre infernale (nitrate

EMI»

d'argent). Cet accident peut arriver d’une manière tout involontaire. En cautérisant, par exemple, un aphthe, ou tout autre ulcération de la bouche, le crayon de nitrate d’argent peut tomber dans la gorge et descendre dans l’estomac.

Le contre-poison consiste dans la solution suivante. Faites fondre une cuillerée à café de sel de cuisine dans trois ou quatre pintes d’eau, et donnez par petites gorgées. On doit attendre, pour le traitement ultérieur, la présence du médecin.

7° Empoisonnement par l’eau de javelle. Cette eau est entre les mains de tout le monde, et peut servir à l’empoisonnement ; elle est très-active, surtout quand elle a un degré suffisant de concentration.

Le contre-poison est le même que celui qu’on administre contre les acides. Avec de l’eau magnésienne, on s’oppose aux effets corrosifs de l’eau de javelle; mais, avant d’administrer ce contre-poison, il faut provoquer le vomissement; et si ce vomissement ne se produit pas avec assez de facilité, faire prendre de l’eau dans laquelle on aura délayé quelques blancs d’œufs (eau albumineuse).

8° Empoisonnement par les cantharides et leurs préparations. Cette sorte d’empoisonnement produit des accidents très-graves dans la région du bas-ventre (organes génito-urinaires), sans parler d’une inflammation très-vive de l’estomac; mais il n’est pas nécessaire que les cantharides soient avalées pour donner lieu aux accidents qui se développent dans le bas-ventre. Il suffît d'une application sur la peau dénudée, comme dans le vésicatoire, par exemple, pour que ces phénomènes se développent. Dans ce cas, on agira comme on l’aurait fait dans l’autre; car, sauf la complication de l’inflammation de l’estomac, les autres accidents sont absolument les mêmes.

Le contre-poison , c’est le camphre. Si les cantharides ont été avalées, il faut faire vomir; cette indication remplie, on pratiquera des frictions d’huile camphrée sur les cuisses et le bas-ventre; on administrera de quart d’heure en quart d’heure des demi-lavements d’eau mucilagineuse avec addition de deux grandes cuillerées d’huile camphrée. Il serait

25 i KM P

utile aussi d’administrer une potion camphrée ; mais le médecin seul doit en formuler la composition.

9° Empoisonnement par Je plomb et ses préparations. Le plomb étant très-employé dans les arts, il peut se trouver facilement dans les mains du crime. D’autre part, les ouvriers qui travaillent aux préparations de plomb sont exposés à contracter, par absorption, une maladie très-connue sous le nom de colique de plomb.

Les contre-poisons sont l’eau de puits, le sulfate de magnésie en solution dans une certaine quantité d’eau (60 ou 80 grammes par litre de liquide), et le sulfate de soude préparé de la même manière.

Les bains tièdes, les lavements adoucissants, les boissons calmantes sont d’excellents moyens à employer pour affaiblir la violence des douleurs produites par la colique de plomb. Mais un traitement complet et efficace ne peut être indiqué et dirigé que par un médecin.

10° Empoisonnement par les végétaux irritants ou leurs produits. Nous allons nommer les principaux, qui sont :

L’anémone des bois,

La bryone,

La coloquinte,

La clématite,

Le concombre sauvage,

La chélidoine (grande éclair), La créosote,

L’euphorbe,

La graliole (herbe à pauvre homme),

La gomme sut te ,

Le garou,

Le jalap (belle de nuit),

Le mancenillier,

Le narcisse des prés ,

Le rhus radicans,

Le rhus toxicodendrum ,

Le ricin (palma-Christi),

La renoncule des prés (bouton d’or),

La sabine,

La staphysaigre.

Le contre-poison est le même que celui des acides minéraux. On donne avec avantage des bains tièdes, et on retire toujours de bons effets de l’application de linges imbibés d’une eau émolliente sur la région du ventre. Si, quelque temps après l’empoisonnement par une des substances dont nous venons de faire l’énumération, il y avait obtusion dans les idées, et abattement plus ou moins considérable des forces,

EM P

on y remédierait par l’administration de quelques grandes cuillerées d'infusion de café noir.

\\° Empoisonnement pa r les végétaux narcotiques ou leurs produits. L’opium et ses préparations, comme les laudanums, etc., ont, comme on le sait, une assez grande activité.

Les contre poisons qu’on doit diriger contre ces substances vénéneuses sont la décoction de noix de galle et le café à l’eau. Comme la noix de galle préparée ne sera pas sous la main, on se bornera à faire vomir, à l’aide de 2 ou 5 décigrammes d’émétique qu’on mettra dans une demi-carafe d'eau ; et puis on administrera le café en infusion, par petites doses qu’on répétera de dix minutes en dix minutes.

La jusquiame, la belladone, la mandragore, la morelle et la laitue vireuse doivent être rangées dans cette classe.

Le contre-poison de ces substances vénéneuses consiste dans l’administration de boissons acidulées, comme de l’eau vinaigrée, de l’eau préparée au jus de citron, après avoir préalablement provoqué et produit le \omissement. Si le narcotisme se développe malgré ce traitement préliminaire, il faudra recourir au café, comme nous l'a\ons déjà dit à propos de l’opium.

L’acide prussique ou hydro-cyanique , qui fait partie également des poisons narcotiques , doit être combattu dans ses effets par les moyens suivants. Tout en produisant les vomissements, on fait des aspersions d’eau chlorurée, ou d’eau ammoniacale, à défaut de la précédente, tout autour du malade; et on place de l’eau glacée sur la tête, sur la nuque et dans la direction de la colonne vertébrale. Des frictions sur les tempes avec l’ammoniaque, et des sinapismes aux pieds peuvent amener de bons effets, lorsque la tête paraît être le siège d'une congestion considérable.

12° Empoisonnement par les végétaux narcolico-âcres. Les champignons comptent en première ligne dans cette nombreuse classe. Voyez ce mot.

Les autres substances qui forment le groupe sont :

1" La noix vomique, La strychnine,

La fève de Saint-Ignace, La coque du levant,

La fausse augusture, Le camphre,

La brucine, L’upas tieuté, etc.

On détruit les effets toxiques de ces substances en produisant les vomissements, et puis en se comportant comme pour les cas d’asphyxie (voyez ce mot). Dans tous ces accidents, l’administration d’une potion composée d’eau, de sucre et d’éther doit faire partie du traitement.

2° Le tabac ,

La belladone,

La ciguë (grande et petite),

Les ellébores,

Le stra moine ( pommeépineuse),

Le laurier-rose,

L’ivraie,

Le colchique (tue-chien) La digitale,

La rue,

L’aconit,

La scille,

La vératrine,

Les amandes amères, Le seigle ergoté.

Pour loutôs ces substances, le traitement consiste dans l’administration de boissons acidulées par le vinaigre ou le jus de citron, après avoir pris la précaution indispensable de provoquer et de produire les vomissements. C’est au médecin à diriger le traitement pour faire disparaître les symptômes ultérieurs.

15° Empoisonnement par certains animaux. Les animaux qui sont senis sur nos tables, et dont on devrait par précaution s’interdire absolument l’usage, sont: la dorade ou le dauphin, le congre ou scombre, le tassart et les moules.

On traite ce genre d’empoisonnement en provoquant les vomissements ainsi que les selles, et en administrant au malade une potion éthérée composée comme ci-dessus.

Enchifrènement. Voyez llliume de cerveau.

Enfant. Voyez Accouchement , Allaitement , Dentition , Sevrage , Maladies des enfants du premier âge.

Enflure. Ou c’est *un symptôme fort peu inquiétant, une tumeur partielle qui disparaît dans peu de temps, ou l’enflure se lie à l’existence d’une maladie grave. Nous en parlerons à l’occasion des maladies qui en déterminent le développement.

Page 1