MOR
ribles accidents qui, loin de suivre un cours régulier comme
les autres maladies, n’éclatent souvent que lorsque beaucoup d’années se sont écoulées depuis le fatal événement. Ce genre d’accidents a pris le nom d’hydrophobie. Pour diminuer les probabilités de l’absorption du virus, il faut agir dès l’instant ou un animal enragé ou présumé tel a fait une plaie, quelque petite qu’elle soit, ne fût-ce en apparence qu’une écorchure à peine visible. Voici donc en quoi consistent les premiers secours qui doivent se succéder avec la plus grande célérité, il faut que le malade soit dépouillé immédiatement de scs habits, qui peuvent être souillés par la bave; puis, on doit appliquer une ligature au-dessus de la plaie, à moins que la morsure n’ait été faite sur un point où cette application soit impossible. Après avoir fait saigner longtemps la plaie
à l’aide de ventouses, qui sont le moyen le plus actif et le plus prompt, il faut passer à la cautérisation. Si la plaie est irrégulière, sinueuse, il faut l’agrandir, la régulariser à l’aide d’un instrument tranchant, afin que le caustique pénètre toutes les parties imprégnées du poison hydrophobique. Celui qu’on emploiera de préférence sur tous les autres, c’est le fer rouge.
Nous faisons observer qu’il appartient au médecin seul de
pratiquer toutes ces cautérisations. 11 faudrait un isolement de tout secours médical, un cas pressé pour qu’on pût se résoudre à faire soi-même une opération aussi délicate, autant à cause de l’étendue quelle peut avoir que de la place qu’elle peut occuper. Ainsi, par exemple, si la morsure est au visage, on comprend qu’il faille pratiquer la cautérisation de manière à respecter les organes et ne pas produire de difformité. Cependant, on ne doit reculer devant aucune difficulté; car un retard plus ou moins long priverait le malade des secours qui sont si nécessaires dans une situation où la négligence la moins condamnable peut entraîner et entraîne réellement les plus graves résultats. Le virus hydrophobique est un poison qui tue, si les secours ne sont pas assez prompts et assez actifs, et quelquefois malgré leur promptitude et leur activité. Comme traitement intérieur, on a préconisé divers moyens. Mais s’ils agissent, ils ne le font qu’à la condition de la cauté-