F 0 R M K S PHARMACEUTIQUES USUELLES
DESTINÉES A i/CSACE INTERNE.
Les Alcoolats s’obtiennent par la distillation de l’alcool sur une substance médicamenteuse. On les désignait, dans l’ancienne pharmacie, sous le nom d’esprits. Les alcoolats renferment la partie active, essentielle, de la substance soumise à la distillation.
Les Apozèmes sont des boissons médicinales obtenues ou par décoction, ou par infusion, ou par macération, ou par digestion, et plus chargées de principes médicamenteux que les tisanes.
Les Bols sont des pilules d’une consistance un peu molle, et d’un volume qui est porté souvent jusqu’à celui d’une noisette.
Les Bouillons s’obtiennent en prolongeant plus ou moins longtemps la décoction de la chair de certains animaux dans l’eau. La base du bouillon est une matière animale qui agit comme aliment, et non pas comme médicament.
Les Conserves sont des substances végétales qu’on fait cuire avec du sucre, et qu’on met à l'abri, par ce mélange, du travail de la fermentation. La conserve de cynorrhodon ou fruit de l’églantier est un astringent très-utile en médecine. Celle d’angélique est un stomachique très-agréable, dont nous allons donner le mode de préparation. On choisit des tiges d’angélique bien tendres ; on enlève soigneusement leur épiderme, et on les coupe par petits fragments de 7 à 8 cent, de long. Après les avoir fait blanchir à grande eau, pointeur enlever le goût Acre qui est commun aux tiges vertes, on les laisse égoutter sur un tamis de soie ; puis, il n’y a qu'à plonger les tiges dans un sirop de sucre. Après un quart d’heure d’immersion, on les retire avec une écumoire, et on les place à l’étuve, sur de petites claies de bois, jusqu’à ce qu’elles soient devenues dures et cassantes.
Les Décoctions se pratiquent en soumettant les bois ou les feuilles des végétaux, ou les substances animales, à l'ébullition dans un liquide quelconque.
La Digestion s’obtient en immergeant une substance, dans un liquide, et en l’exposant à l’action d’une douce chaleur, comme celle du soleil, de l’étuve à basse température, ou d’un bain de sable.
U Eau distillée. La distillation des substances médicamenteuses se fait en enfermant celles-ci dans un alambic, après les avoir mélangées d’eau, et en élevant la masse à la température de l’ébullition. Par ce procédé, toute la partie odorante, spiritueuse, s’élève dans le chapiteau de l’alambic, et se transforme en un liquide qui va se rendre par un tube dans un flacon disposé pour le recueillir. Voici les eaux distillées dont on fait l’usage le plus fréquent.
Eau distillée d’amandes amèr.
— d’anis,
— de bourrache,
— de cannelle,
— d’éqorce d’oranges,
— de fleurs d’oranger,
— d’hysope,
— de laitue,
— de laurier cerise,
— de lavande.
Eau distillée de mélisse,
— de menthe,
— de menthe poivrée
— de pariétaire,
— de plantain,
— de pourpier,
— de sauge,
— de tanaisie,
— de tilleul.
On doit user des deux dernières avec la plus grande précaution; on ne doit jamais les mêler «à des potions qu’à petites doses, par 40 ou 45 grammes environ ; car elles contiennent de l’acide prussique. Les autres, aucontraire, peuvent être mélangées sans inconvénient à la dose de 60 à 90 et même 420 grammes.
Les È le c luaires ou Op iats. On donne ce nom à des médicaments de consistance molle et d’une composition assez compliquée, puisqu’ils comprennent des poudres, des extraits réunis par des sirops ou du miel. Ils sont presque entièrement abandonnés en médecine.
Les Elixirs ne sont que des alcoolats ; seulement ceux-ci n’admettent qu’une substance en dissolution dans l’alcool, tandis que les élixirs en admettent plusieurs.
Les Emulsions sont des préparations laiteuses dans les-
quelles un corps huileux est tenu en suspension au moyen du sucre ou d’un mucilage quelconque. Les émulsions ne sont généralement que des véhicules. On y mêle des substances médicamenteuses plus ou moins actives, pourvu qu’elle ne soient ni alcooliques ni acides. Les amandes, qui contiennent de l’huile douce, comme on le sait, servent ordinairement aux émulsions.
Les Espèces végétales. Voyez Herboristerie,
Les Extraits sont des médicaments de consistance variable, qu’on parvient à obtenir, en réduisant à un petit volume, par la chaleur et d’autres moyens pharmaceutiques, les substances végétales et animales. Ainsi, le suc épaissi des végétaux est un extrait végétal ; le jus concentré de la viande est un extrait de viande.
Les Gelées. On appelle ainsi des matières molles, tremblantes que l’on obtient en agissant, par des manipulations assez compliquées, sur les substances animales etvégétales. Pour exemple de gelées animales, voici comment on prépare la gelée de corne-de-cerf. On fait cuire 2o0 grammes de corne-decerf râpée dans 1 ,000 grammes d’eau ; on passe avec expression, et on ajoute 120 grammes de sucre blanc. Après clarification avec du blanc d’œuf, on laisse évaporer, à une douce chaleur, jusqu’à consistance de gelée. On aromatise avec les eaux distillées. — Comme gelée végétale, nous allons donner aussi la formule de la gelée pectorale de lichen d Islande. On fait bouillir 120 grammes de lichen dans oOO grammes d’eau ; après dix minutes, on jette cette première eau, et on soumet la substance à une nouvelle ébullition, pendant une heure, et avec la môme quantité de liquide; et puis on agit comme pour la gelée animale. Cette gelée est excellente contre les affections de poitrine chroniques; on la prend par cuillerées.
V Infusion se fait en versant de l’eau bouillante sur les substances médicamenteuses. La manière dont on prépare le thé donne une idée parfaite du mode de préparation des infusions.
Les Julcps sont des médicaments très-agréables au goût, dans lesquels le sirop entre pour une dose considérable. Ils
ne contiennent jamais ni poudres ni corps oléagineux, ce qui les fait différer des potions ou des loochs.
La Limonade se prépare en versant un litre d’eau bouillante sur une masse de tranches de citron, et en ajoutant une suffisante quantité de sucre pour édulcorer. On peut la préparer aussi en exprimant le jus de citron dans un verre d’eau et de sucre. Les limonades sont excellentes contre les affections aiguës des voies digestives.
Les Loochs ne different des émulsions et des juleps que parce qu’ils sont plus consistants que les premières, et qu’ils admettent des corps huileux ou résineux dans leur composition, contrairement aux seconds. Ils servent d’ailleurs, comme ces préparations, à dissoudre des substances médicamenteuses plus ou moins actives, et à déguiser au goût la saveur désagréable de certains médicaments.
La d/i aceration se produit en laissant séjourner, pendant un temps plus ou moins long, un corps dans l’eau froide. Ce bain prolongé suffit pour faire contracter au liquide des propriétés médicamenteuses assez actives.
Les Mixtures sont des médicaments d’une composition trèsvariable, mais d’une grande activité. Elles sont à l’état liquide, et on ne les ordonne qu’à la dose de quelques gouttes.
Les Pâtes sont des médicaments qui devraient plutôt s’appeler des bonbons; car elles semblent faites, de préférence, pour flatter le goût que pour agir sur des organes malades.
Nous allons donner la formule d’une de ces pâtes, celle de jujubes. On dissout, dans une forte décoction de jujubes, de la gomme arabique et du sucre, et l’on fait cuire jusqu’à consistance de sirop; on clarifie avec des blancs d’œufs, puis on verse dans des moules et on fait sécher à l’étuve. Lorsque la pâte est à l’état de sirop, pour les pâtes de guimauve, de dattes, de réglisse, on se comporte de la même manière.
Le Petit-lait se prépare en faisant bouillir du lait ordinaire, et en opérant la séparation de la matière caséeuse d’avec la partie séreuse en jetant dans la masse , pendant l’ébullition, une petite quantité de vinaigre. Lorsque la séparation est produite, il faut passer le tout dans un filtre et recueillir
le petit-lait dans un verre. Ce liquide animal est un excellent rafraîchissant.
Les Pilules sont des substances médicamenteuses de moyenne consistance et préparées en petites boules. La médecine administre certains médicaments sous cette forme, lorsqu’elle emploie des substances actives et celles d’un goût ou d’une odeur désagréables.
Les Potions consistent dans des mélanges d’eaux distillées, de décoctions, d’extraits, d’infusions, dont on modifie le goût par un sirop approprié. On prend ordinairement ce genre de médicaments par cuillerées et d’heure en heure.
Les Poudres. Ce nom dit assez en quoi consiste cette espèce de préparation pharmaceutique. Les poudres sont simples ou composées. Les premières ne sont formées que d’une seule substance ; les autres en comprennent plusieurs. Nous allons en faire connaître quelques-unes.
1° Quinquina en poudre. ... 4 grammes.
Magnésie blanche 60 centigrammes.
Mêlez et divisez en six paquets. On en prend un avant chaque repas quand l’estomac est indolent ou inerte.
2° Sel de nitre 4 grammes.
Poudre de réglisse 4 grammes.
Cette poudre est un diurétique assez actif. On divise la masse en douze paquets, qu’on prend au nombre de deux ou trois par jour.
5° Magnésie pure 4 grammes.
Sucre en poudre 4 grammes.
On partage la masse en deux prises, qu’on prend à une heure d’intervalle. Cette poudre est excellente pour neutraliser les acides qui se développent dans l’estomac.
Les poudres se prennent dans des pains à chanter. Elles s’altèrent si on ne les conserve dans des flacons bien secs et bien fermés.
Les Pulpes sont des médicaments qui résultent de la préparation des parties charnues des végétaux ; cette préparation consiste dans leur réduction en une pâte homogène, par
l'intermédiaire du pilage ou du passage au tamis. Les pulpes de pruneaux, de tamarins, de casse, se préparent par le tamisage.
Les Sirops et Mellites. Les sirops sont des médicaments liquides, formés soit avec le sucre et l’eau simple, cuits ensemble, soit avec la même substance cuite avec des décoctions ou des macérations, ou des sucs végétaux. Les principes animaux entrent aussi quelquefois dans la composition des sirops. Quand les sirops se font avec du miel, au lieu de sucre, ils se nomment mellites.
Voici le mode de préparation du sirop simple ou sirop de sucre. Mettez, dans une bassine de cuivre rouge, 200 grammes de sucre blanc et 100 grammes d’eau bien clarifiée. Commencez la dissolution avec un feu doux. Poussez la chaleur quand le sucre est bien fondu. Enfin clarifiez avec le blanc d'œuf, jusqu’à ce qu’aucune trace d’écume ne se montre à la surface du mélange. Il est bien entendu qu’on enlève à mesure, avec une écumoire, le blanc d’œuf qui se condense à la surface du liquide par l’effet de la chaleur. On retirera, pour passer à la chausse de laine, lorsque le sirop marquera 35° à l’aréomètre de Beaumé. Pour faire cette expérience, on mettra un peu de sirop dans un tube en fer-blanc et on y plongera l’aréomètre.
Ce que nous venons de dire pour le sirop simple s’applique à tous les sirops. Seulement, l’eau est remplacée par la décoction ou le suc du végétal qui doit donner son nom au mélange.
Les Solutions consistent dans le mélange d’une substance médicamenteuse végétale ou minérale avec de l’eau distillée. La médecine emploie quelques médicaments de cette manière, pour rendre leur absorption plus facile, pour obtenir plus vite et avec plus de précision un effet puissant.
Les Sucs ou jus d'herbes. On les obtient en pilant dans un mortier en bois ou en marbre des plantes vertes et fraîches, en exprimant la masse, et en clarifiant par la simple filtration.
Les Teintures alcooliques et élhérées. Les teintures alcooliques consistent dans la solution de certains principes végétaux dans 1 acool ; les teintures éthérées diffèrent des premières, en ce qu’à la place de l’acool on emploie de l’éther. Les médicaments ordonnés en teintures sont assez nombreux.
Les Tisanes. On appelle de ce nom les boissons aqueuses les moins chargées de principes médicamenteux parmi celles qui sont usitées en médecine. On les obtient par décoction, infusion, macération ou digestion. Les tisanes se font généralement avec les espèces végétales. On peut les édulcorer avec un sirop approprié ; ainsi, on édulcorera avec un sirop tonique les tisanes toniques, avec un sirop acide les tisanes rafraîchissantes, etc.
Les Vins médicinaux et Bières médicinales. Les vins médicinaux sont des préparations qui consistent dans la présence de substances médicamenteuses dans le vin. Les bières médicinales consistent également dans la présence de substances plus ou moins actives dans la bière. Le pharmacien seul peut les composer ; et il n’appartient qu’au médecin d’en prescrire l’emploi.
Les Vinaigres médicinaux peuvent être, comme la bière ou le vin, l’excipient d’une ou de plusieurs substances médicinales. C’est parmi ces vinaigres qu’on compte le vinaigre anglais et celui connu sous le nom de vinaigre des quatre voleurs.