DESTINÉES A L’USAGE EXTERNE D’UN ORGANE EN PARTICULIER
Les Collutoires. On comprend sous le nom de collutoires les préparations pharmaceutiques d’une consistance à demi liquide, que l’on applique sur certaines parties excoriées ou délicates , à l’aide d’un fragment de linge ou d’un pinceau. Les pharmaciens seuls peuvent les composer.
Les Collyres sont des médicaments solides, liquides ou en poudre, destinés au traitement des maladies des yeux. En voici de très-simples qu’on peut composer soi-même, et dont on se servira avec avantage.
4° Collyre émollient contre les inflammations aiguës des yeux. On fait bouillir une poignée de feuilles de mauve dans deux verres d’eau , et on passe. On se baigne les yeux avec le produit de cette décoction.
2° Collyre calmant contre- les affections douloureuses de l’organe de la vue. Faites bouillir deux tètes de pavots blancs dans deux verres d’eau; passez à travers un linge très-fin, et baignez les yeux avec le liquide.
Les Gargarismes sont des bains locaux destinés à la bouche et à l’arrière-bouche, et qui sont employés contre les affections de ces parties. Ici , nous devons faire une observation importante. Beaucoup de personnes croient que, pour se bien gargariser la bouche, il faut que le liquide y soit entretenu dans un mouvement permanent. C’est une erreur. Le gargarisme fait d’autant plus de bien que ce bain local est pris comme un bain ordinaire, c’est-à-dire que le liquide reste en contact avec les parties auxquelles il est destiné. Les maladies variées de la bouche exigent une certaine variété dans la composition des gargarismes. Voici ceux qu’on peut préparer soimême sans l’ordonnance du médecin.
i° Gargarisme émollient. On fait bouillir une pincée de racine de guimauve, pendant une demi-heure, dans une chopine d’eau; on passe, et on ajoute deux cuillerées de sirop de guimauve ou de gomme. — Ou bien encore on môle, par portions égales, du lait de vache et de l’infusion de fleur de mauve, et on édulcore avec une cuillerée ordinaire de miel ou de sirop.
2° Gargarisme calmant. On fait bouillir deux tôtes de pavots blancs dans 120 grammes d’eau ; on passe, et on ajoute du miel ou du sirop diacode;
. 5° Gargarisme astringent qu’on peut employer contre les aphtbes. On fait bouillir deux grandes cuillerées de riz dans une chopine d’eau ; on passe, et on ajoute 60 grammes de miel rosat.
4° Gargarisme antiscorbutique, contre les gonflements indolores et les saignements répétés des gencives. On ajoute, à 100 grammes d’infusion de beccabunga ou toute autre plante antiscorbutique, comme le cresson, 15 grammes d’extrait de cochléaria et 15 grammes de miel rosat.
Les Injections consistent dans l’emploi de liquides médicamenteux qu’on porte, au moyen d’instruments, dans les cavités naturelles ou accidentelles. Elles doivent être ordonnées par le médecin et préparées par le pharmacien. Néanmoins, voici des formules qu’on peut exécuter facilement et dont on peut se servir sans ordonnance.
lu Injection émolliente contre les irritations légères de l’oreille. Faites bouillir, dans 250 grammes d’eau, 50 grammes de graines de lin bien fraîches.
2° Injection contre les flueurs blanches. Faites bouillir 50 grammes de roses de Provins dans 250 grammes d’eau, jusqu'à réduction d’un quart de la masse; passez, laissez refroidir, et ajoutez 15 grammes d’extrait de Saturne.
Les Lavements sont les injections des intestins. Il y a des lavements de plusieurs sortes; nous allons faire connaître la composition de ceux qu’on peut s’administrer sans ordonnance du médecin.
4° Lavement émollient. Faites bouillir une poignée de
uilles et de fleurs de mauve dans la quantité d’eau voulue
pour un lavement, ou bien mêlez, à parties égales, du lait chaud avec une décoction émolliente quelconque.
2° Lavement rafraîchissant. Dans une pinte de petit-lait , faites bouillir 60 ou 80 grammes de pulpe de melon frais.
3° Lavement calmant. Deux têtes de pavots blancs en décoction dans une suffisante quantité d’eau. Pour le rendre plus actif, on ajoute 2 grammes de safran qu’on laisse infuser pendant dix à douze minutes dans le liquide; on passe, et le lavement est préparé.
4° Lavement vermifuge. Décoction de 15 grammes d’écorce de racine de grenadier dans 250 grammes d’eau.
5° Lavement laxatif. On fait bouillir 60 grammes de pulpe de casse dans la quantité d’eau qu’exige un lavement complet, et on passe. — Ou bien on peut faire un lavement laxatif avec de l’eau légèrement savonneuse. — Ou encore, on en prépare un autre en faisant fondre une cuillerée à bouche de sel ordinaire dans un lavement simple.
6° Lavement purgatif. On fait infuser 4 grammes de follicules de séné dans la quantité d’eau nécessaire pour un lavement, et on ajoute de 15 à 20 grammes de miel mercuriel.
7" Lavement nourrissant. On l’administre dans le but de nourrir les personnes épuisées par des maladies chroniques, ou que des altérations plus ou moins profondes des organes de l’alimentation empêchent ou d’avaler ou de digérer. Le bouillon non salé, la gélatine ou le lait pur entrent dans sa composition.
Les Suppositoires sont des substances médicamenteuses à l’état solide, qu’on place dans les ouvertures naturelles pour remplir des indications très-variées. Ainsi, pour en donner un exemple, on met dans l'anus des enfants des fragments de savon taillés en cône, quand on suppose que des vers ascarides sont logés dans les replis du rectum. Le savon, par son effet permanent, puisque lorsqu’un suppositoire est fondu on le remplace par un autre, agit dans cette circonstance avec beaucoup d’efficacité.