DES TAUREAUX
Le taureau ne doit être envisagé ici que sous le rapport de la génération. Quanta ce qui concerne l’âge, la nourriture, l’entretien, etc., tout ce qui a été dit précédemment lui est commun avec le bœuf et la vache, et également applicable.
Un bon taureau doit être gras, gros et bien fait, avoir l’œil noir et vif, le front large, la tête courte, les cornes courtes, grosses et noires, les oreilles longues, le mufle grand, le nez court, le cou gros et charnu, le poitrail large, les épaules fortes, les reins fermes, le dos droit, les jambes grosses et charnues, la queue longue et velue, l’allure ferme et le poil rouge.
L’âge auquel le taureau est le plus propre pour la génération est de trois à neuf ans au plus. On ne doit pas lui donner plus de quinze vaches. Pour le mettre en rut il faut lui donner de temps en temps de l’orge ou de la vesce ; on y ajoutera une mesure d'avoine les jours où il devra saillir. On excitera son ardeur en lui frottant le mufle avec une éponge ou un torchon ; on en fera autant aux parties génitales de la ‘vache.
On ne devra pas laisser saillir les génisses qu’elles n’aient au moins deux ans et demi; avant cet âge, elles ne donne-
raient que îles produits avortés, et leur tempérament serait altéré par cette fécondité prématurée.
Les vaches portent neuf mois; elles peuvent vêler, si on le veut, tous les ans. L’époque de l’année la plus convenable pour les faire couvrir est de mai en juillet. Cette règle est cependant loin d’être absolue. Il est des pays, particulièrement les pays chauds, où on les fait saillir de préférence en février et mars, afin de les faire vêler et allaiter pendant qu'elles se nourrissent de fourrages, et de les avoir libres quand les herbes renaissent. Tout cela est, comme on le voit, assez arbitraire et subordonné aux conditions du climat et des localités ; on peut faire couvrir les vaches à toute époque de l’année ; le plus sage est de profiter des moments de rut.
J>ES VEAl’.V.
Veaux nouveau-nés. Pendant les cinq ou six premiers jours, le veau nouveau-né doit rester auprès de sa mère et ou le laisse tettcr à discrétion. Au bout de ce temps, on commence à l’attacher à l'écart et à ne le ramener auprès de sa mère que lorsqu’on veut qu’il tette ; à partir du huitième ou dixième jour, il suffit de le faire tetter deux fois par jour. Si la vache vient à manquer de lait, ou bien qu’on veuille la ménager, tout en ayant l'intention de conserver le veau, on ne le laissera tetter que très-peu, et on lui donnera, pour supplément de nourriture, deux fois par jour, une demi-douzaine d’œufs frais crus, ou on le nourrira avec de petites pelotes de pâte de farine d’orge ou de seigle, ou bien encore avec de la vesce trempée en grain dans de l'eau tiédie au feu.
Veaux et (jcnisses que Von conserve. On ne laisse tetter que pendant trente ou quarante jours les veaux et génisses destinés à être vendus au bouclier ; mais ceux ([lie l’on se propose d’élever doivent tetter au moins deux mois. On choisira de préférence, pour les élever, ceux qui sont nés entre le mois de mars et le mois de juin, et, bien entendu, les plus forts et de meilleure race. Quelque temps avant de les sevrer, on leur donnera un peu d'herbes ou de foin, pour les y accoutumer peu à peu ; puis on les mènera paître en été, de-
puis le matin jusqu'au soir, loin de leur mère; et la nuit on les enfermera dans des étables à part, afin qu’ils n’aillent point chercher à tetter. Ces jeunes animaux, étant très-sensibles au froid, exigent beaucoup de ménagements en hiver. Aussi les tiendra-t-on dans une étable bien fermée, et l’on renouvellera souvent leur litière. Outre le fourrage ordinaire, on leur donnera de temps en temps du foin et de la luzerne. Au retour des champs, il faudra les bien frotter avec de la paille. Trois mois de pâturages suffisent ordinairement pour engraisser les génisses ainsi élevées. Quant aux veaux, si on les destine à la charrue, on les châtre à deux ans, à moins qu'on ne veuille les élever entiers, auquel cas on choisit les plus forts.