OU MÉTHODE NATURELLE
Linné, dans son système tout artificiel , avait basé les caractères différentiels des végétaux sur les organes de la fécondation (la fleur); Bernard de Jussieu les fonde, moins ingénieusement, mais plus solidement, peut-être, sur les organes de la reproduction (le fruit).
Bernard de Jussieu n’avait rien écrit, et peut-être sa méthode naturelle eût-elle été étouffée ou défigurée au berceau, si Antoine-Laurent de Jussieu, son neveu, n’eût publié le Généra plantarum.
Dans l’origine, A. L. de Jussieu avait partagé tous les végétaux en cent familles, outre les plantes qui ne pouvaient, pour le moment, trouver place dans le cadre qu’il s’était tracé (plaulœ incerlœ sedis). Depuis, il a successivement porté le nombre de ses familles à cent soixante-quatre.
A. L. de Jussieu divise les végétaux en trois grandes tribus basées sur l’absence ou le nombre des cotylédons :
1° Â cotylédones (point de cotylédon).
2° Monocotylédones (un seul cotylédon).
o° Dicotylédones (deux cotylédons).
Ces trois tribus sont elles-mêmes subdivisées en quinze classes.
La première tribu ne se prête à aucune division ; elle renferme la classe des acotylédones, c’est-à-dire les plantes qui ne présentent ni fleurs ni fruits.
Les monocotylédones se partagent en trois classes, suivant que l’insertion des étamines est hypogyne, périgyne, épigync.
Le nombre prodigieux des dicotylédones a dû nécessairement y multiplier les coupes ; elles ont été établies sur l'absence, la présence de la corolle, et sur le nombre de ses pièces, d’où sont résultées :
Les dicotylédones apétales, formant trois classes secondaires dans lesquelles l'insertion des étamines est épigyne, périgyne, hypogyne ;
Les dicotylédones monopétales, comprenant quatre classes, suivant que la corolle staminifère est hypogyne, périgyne, épigyne à anthères soudées, épigyne à anthères libres;
Enfin les dicotylédones polypétales, dix isées en trois classes, d’après leur mode d’insertion, qui est épigyne, hypogyne ou périgyne.
La quinzième et dernière classe renferme toutes les plantes dont les fleurs sont unisexuelles et séparées sur des individus différents; elles sont appelées diclines irrégulières.