‹ Traité complet de l'horticulture pour les grands et les petits jardins, précédé de la botanique simplifiéeChapitre 412 sur 425 · ABEILLES · texte numérisé non relu

ABEILLES

nt l’organisation oes abeilles.

Les abeilles, comme tout le monde le sait, vivent en commun dans une ruche, sous la direction de l une d’entre elles, qu'a cause de cela on nomme la reine. On distingue, dans toute ruche, trois sortes d’abeilles ou mouches a miel, les abeilles proprement dites, les bourdons et la reine.

La reine. Elle est la mère de tous les habitants de la ruche : abeilles et bourdons, car tous proviennent d’elle. Elle est moins grosse que les bourdons, mais plus grosse et plus longue que les abeilles Ses ailes sont remarquables par leur petitesse, son aiguillon est grand et recourbé. Jeune, elle est d’une couleur brune; mai', à mesure qu’elle avance en âge, elle prend la couleur rougeâtre qui est commune à toutes.

Elle ne va point aux champs comme les autres abeilles, elle reste constamment dans la ruche où sa présence semble toujours nécessaire pour surveiller, dit-on, et diriger les travaux qui s’y font, mais surtout pour renouveler la ruche et donner de nouveaux essaims.

Les bourdons sont les mâles ; ce sont eux qui peuplent la ruche on s’accouplant avec la reine et en fécondant ses oeufs. Ils n’ont ni aiguillon, ni palettes ou cuiller aux pattes, comme les abeilles. Ils ne travaillent pas et vivent du miel de la ruche.

Les abeilles composent la presque totalité de la population d’un essaim ; elles sont quelquefois au nombre de 12 ou 15.000, et plus, dans une ruche. Ce sont elles qui font tout l’ouvrage. Elles sont plus petites que les bourdons et

«lue la reine. Elles sont pourvues de deux serres ou pinces et d'une trompe qui leur sert à recueillir le suc des Heurs; leurs pattes, au nombre de six, sont velues et armées à leur extrémité de deux pinces entre lesquelles on aperçoit une quantité de petits poils. Les pattes de derrière, beaucoup plus couvertes de poils que les autres, sont terminées en forme de cuiller ou de spatule dentelée. C’est avec ces pattes qu’elles recueillent, dans les corolles des fleurs, les matériaux qui sont destinés à la composition du miel. Elles leur servent aussi à se brosser le corps, pour en faire tomber la poussière dont elles se sont chargées en se roulant dans les fleurs. Les abeilles ont en outre, à l’extrémité du ventre, un aiguillon composé de deux dards accolés, qui lancent une liqueur venimeuse dans la piqûre qu’ils ont faite; c’est leur arme défensive.

Les abeilles se nourrissent d’une partie du miel qu’elles font et de la matière à cire qu’elles ont ramassée sur les fleurs.

Génération. Les abeilles naissent toutes d’œufs que la reine dépose dans les alvéoles. Les bourdons commencent à éclore vers la fin d’avril, dans des alvéoles plus grands que ceux où sont déposés les œufs des abeilles. La reine jouit seule du privilège de la génération ; elle engendre à elle seule les 12 à J5 mille mouches dont un essaim est composé, et elle donne deux ou trois essaims par an. il y a souvent, dans une ruche, jusqu’à mille bourdons ou mâles pour une seule reine. Les abeilles n’ont pas de sexe.

Couvain. On donne ce nom au produit de la reine-abeille, qu’il soit indistinctement à l’état d’œuf, ou de ver, ou de nymphe. Le temps qu’il met à éclore varie suivant les saisons. Le couvain formé en automne se conserve, faute de chaleur, pendant tout l’hiver, pour donner les premiers essaims en mai. Les autres essaims viennent successivement dans tout le cours de l’été.

Deux ou trois jours après que l’œuf a été collé par la reine dans l’un des angles de l’alvéole, il en sort un petit ver blanc, allongé et sans pattes, qui reste couvert pendant quinze jours, plus ou moins, sous une enveloppe artificielle que lui font les abeilles, avec de la cire. C’est là que se fait la transformation du ver en nymphe. Au bout de quinze jours, en été, un peu plus par les temps moins chauds, 1 embryon quitte la lormc de nymphe, et perce lui-même sa prison pour en sortir a 1 état rie mouche.

Police des abeilles. L’activité, le zèle, l’ordre qui régnent parmi les abeilles sont trop proverbialement connus pour y insister longuement ici. J1 nous suffira de rappeler quelques-unes des principales dispositions de celte merveilleuse police, qui fait d une ruche le modèle d un petit état. Aux approches du printemps, les abeilles commencent à nettoyer leurs ruches, elles emportent les couvains avortés et les mouches mortes ; elles nettoient les gâteaux de leur pourriture qu’elles transportent hors de la ruche ; elles réparent le dégâts qui peuvent y être survenus, bouchent les crevasses et remettent tout en élat. L’amour du travail est si grand chez elles que toutes sont occupées; les valides ne se reposent que la nuit et pendant le mauvais temps; celles dont les forces sont épuisées par l'âge se retirent et vont mourir hors de la ruche. Les unes vont aux champs, pour réparer les pertes de l’hiver; les autres sont occupées a attacher les rayons, à goudronner la ruche D’autres ont pour tâche de repousser les guêpes, les frelons et les insectes nuisibles ; quelques-unes n’ont d’autre occupation que d’accompagner la reine pour lui prodiguer leurs soins et leurs caresses. En un mot, toutes travaillent , toutes se rendent utiles à la communauté, et la plus grande union règne constamment parmi elles.

Récolte Le» abeilicsont leurs règles pour aller aux champs, comme poui lout ce qui se fait dans l’intérieur de la ruche. Ordinairement, pendant le» fraîcheurs du printemps et de l’automne, elles ne sortent pas avant le lever du soleil, et elles rentrent avant son coucher. En tout temps, avant d’aller aux champs, les trois ou quatre premières mouches qui sortent semblent consulter le temps avant d’appeler leurs compagnes à les suivre. Si le temps est mauvais, elles rentrent, et la journée est consacrée pour toutes au travail intérieur.

Quand les abeilles ne trouvent point de fleurs auprès de leur ruche, elles vont en chercher souvent très-loin, à plusieurs lieues de distance. On les voit courir de Peurs en fleurs, parce qu’elles ne trouvent pas dans une seule la quantité suffisante de suc pour faire leur provision. Elles recueillent également le miel et la cire sur les fleurs, mais avec des organes différents; elles lapent le miel avec leurs trompes, l'avaient et le tiennent en dépôt dans une sorte de poche ou d’estomac destiné à cet usage. Quant à la matière à cire, elles la recueillent dans le calice des fleurs en se roulant dedans et pénétrant leur duvet de la poussière des étamines qui constitue la matière première de la cire.

Elles proportionnent leur charge à la distance et au temps. Elles mettent en général une demi-heure ou une heure a chaque charge; elles peuvent,

par conséquent, rapporter cinq ou six fois le jour.

Travail de la ruche. Nous avons déjà à peu près indiqué les différents genres de travaux auxquels se livrent les abeilles dans la ruche ; il nous suivra d’entrer ici dans quelques détails sur la manière dont elles font leurs

rayons de cire et de miel. ,

La matière à cire que les abeilles ont avalée, après avoir été élaborée dans leur estomac, est rendue sous forme d’écume; c’est avec cette matière, ainsi modifiée par la digestion, qu’elles font leurs rayons. Chaque abeille, attachée sur un trou, à l’extrémité du rayon, y jette son écume, la pétrit, et lui donne la forme sous laquelle on la recueille. On bon essaim remplit la moitié de la ruche en huit ou dix jours ; un jour lui surfil quelquefois pour développer un rayon de 30 centim de long, qui contient trois mille alvéoles.

La confection du miel exige beaucoup moins de travail ; les abeilles le recueillent presque tout fait sur les fleurs. Lorsqu’elles ont pris ce qu'il en faut pour leur subsistance, elles viennent l’une après l’autre en dégorger l’excédant dans les alvéoles de leur ruche, après l’avoir élaboré dans leur estomac. Afin d’empêcher le miel de couler des alvéoles à mesure qu’elles les remplissent, elles en mettent une couche épaisse qui recouvre le tout, et elles bouchent l’orifice de l’alvéole avec de la cire, avant de quitter l’ouvrage.

Mortalité. Il meurt tous les ans une grande quantité d’abeilles. L’époque de la plus grande mortalité est l’automne. On évalue à la moitié ou au tiers au moins environ la mortalité d’une ruche en une année, d’où l’on doit conclure, malgré l’assertion de plusieurs auteurs, que la durée moyenne de la vie des abeilles ne dépasse pas deux ans au plus.

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