DES PRODUITS DES ABEILLES
Taille des ruches. Tailler ou châtrer les ruches, c’est leur ôter une partie du miel et de la cire qu’elles contiennent. On taille les ruches vers la mi-mars et au mois de septembre; on choisit pour cela une belle journée. Cette opération se fait avec des couteaux recourbés. Voici les règles à observer dans cette pratique. On ne doit châtrer les ruches que lorsqu’elles sont pleines ou à peu près. On coupe d’abord proprement toute la vieille cire, ayant bien soin de ne pas prendre le couvain pour le miel. Il ne faut jamais ôter plus do la moitié du miel à la fois; on dégarnira de préférence le
derrière de la ruche. On taille très-haut les vieux paniers que l’on veut conserver, et on en ôte seulement les vieux gâteaux. Quant aux rayons des ruches qui n’ont pas beaucoup de miel, on ne fait que les rafraîchir.
La taille faite, on remet la ruche en place, et l’on expose au soleil le côté où l’on a le plus retranché- Deux jours après, on nettoie le tout et on enduit proprement le tablier.
Récolte du miel et de ladre. La récolte du miel et de la cire se fait deux fois l’an, en mai et en octobre, plus tôt ou plus tard, suivant les climats. On peut la faire de quatre manières : en faisant périr les mouches; en les changeant de panier; en taillant les rayons, comme on vient de le dire, oubien en ôtant les hausses.
La récolte par la destruction des mouches n’est en usage que parmi les marchands, qui ne tiennent pas à conserver les essaims. 'Quant aux trois autres manières, elles ont déjà été exposées ci-dessus ; par conséquent, nous n’y reviendrons pas.
Préparation du miel. On retire le miel des gâteaux par trois procédés différents, qui donnent autant de qualités différentes de miel.
Le miel vierge, qui est le miel de première qualité, est celui qui coule de lui-même, sans expression et à froid, des gâteaux nouvellement tirés et posés sur une claie au-dessous de laquelle on met un récipient pour le recueillir.
Le second miel se tire par la presse, sans feu. Le procédé pour l’extraire consiste à prendre les gâteaux tout chauds et bien épluchés, à en remplir des petits sacs de toile claire que l’on met dans une presse ; le miel est recueilli dans des pots placés au-dessous. Ces pots , déposés dans un lieu propre et sec, seront laissés à découvert pendant quelque temps, jusqu’à ce que le miel ait fermenté. Quand la fermentation aura eu lieu, on enlèvera l’écume et on couvrira les pots.
La troisième manière d’extraire le miel consiste à ramasser tous les gâteaux, vieux ou nouveaux, après en avoir retiré le miel vierge; à jeter le tout dans une chaudière, avec un peu d’eau, qu’on fait tiédir sur le feu en remuant sans cesse. Quand ces gâteaux sont lièdes, on les met sous le pressoir comme il vient d’être dit. Ce miel est le moins estimé.
Préparation de la cire. Le miel extiait, il reste dans les sacs le marc|et la cire; pour obtenir celle-ci, il n’y a plus qu’à la séparer du marc. Pour cela, on met le tout dans un chaudron avec suffisante quantité d’eau claire, qu’on fait bouillir à petit feu, en remuant avec un bâton. Lorsque le mélange est chaud, on le met dans des sacs sous le pressoir. Toute la cire qui a coulé dans les vases est rassemblée et replacée de nouveau dans un chaudron avec de l’eau ; on la fait bouillir, on l'écume et on la jette dans un autre vase, avec un peu d’eau, pour qu’elle ne s’attache pas aux parois. Quand elle est refroidie, on jette l’eau et on nettoie. La dernière coulée se fait dans des pots d’une forme déterminée, de manière à avoir la cire en pains.