UES HERBORISATIONS
On donne le nom d’herborisations aux courses faites pour rechercher les plantes.
On ne peut nier que ces excursions ne soient de la plus grande utilité pour le botaniste, puisqu’elles lui offrent l’occasion de voir les plantes dans l’endroit même où elles croissent ; qu’il les y trouve dans leur véritable port, ayant toutes leurs caractères propres, et surtout situées chacune convenablement à sa nature. Cette situation particulière qu’ont les plantes sur leur lieu natal, ne peut être connue de ceux qui né les ont vues que dans les jardins; et il est sûr, dans ce cas, que ces personnes porteraient un faux jugement, parce qu’elles n’auraient vu les plantes qu’avec les altérations ou les changements qu’amène la culture. Cet inconvénient est grave, sans compter que l’espèce peut perdre en partie ses propriétés, ou peut-être en acquérir d’autres, dans un sol qui n’est pas le sien. D’ailleurs, pour un amateur, ou un étudiant qui aime véritablement les plantes et les autres objets d’histoire naturelle, ces excursions offrent un des plaisirs les plus piquants, celui de pouvoir contempler réellement la nature, d’observer ses productions dans les lieux les plus propres à nous les montrer comme elles sont effectivement, et enfin d’acquérir des notions plus exactes des objets qui se présentent de tous cotés à nos observations.
Lorsqu’on se dispose à faire une herborisation, il est indispensable de prendre, avant de partir, certaines précautions qui peuvent favoriser le but qu’on se propose en herborisant. Ainsi il est convenable, pour le botanistë, de se munir en partant : 1° d’un livre peu volumineux, offrant soit le catalogue général des plantes connues, soit la liste particulière des végétaux naturels au climat ou à la contrée qu’il habite; 2° d’une boîte mince de fer-blanc, ou, plus rarement, de cuivre, ayant la forme demi-cylindrique, s’ouvrant dans sa longueur par un couvercle à charnière, et dont les dimensions les plus avantageuses, pour éviter l’embarras, et pour contenir cependant un certaih notnbrd de
iU
plantes qui s’y conserveront fraîches jusqu au retour de l’herborisation, sont d’avoir à peu près 40 centimeties de longueur sur environ 45 centimètres de largeur, et une profondeur de 10 à 12 centimètres; 5° d’une bonne loupe a plusieurs lentilles de differents foyers, pour les obsen étions délicates que l’on aura occasion de faire sur les diverses parties de la fructification des plantes (particulièrement surcelles de la famille des synantbérées) ; 4° d’un stylet et d’une petite lame tranchante, comme celle d’un canif, pour faire la dissection des Heurs, etc.; 5° enfin d’un fort couteau, ou d une boulette, pour enlever les racines dont on aura besoin, et une serpette qui puisse s’attacher à une canne ou une baguette, pour couper, ou attirer à soi, les rameaux fleuris ou chaigés de fruits qui seraient trop éloignés pour être saisis avec la main.
MESURES nu BOTANISTE Tirées du corps de l’homme.
Les proportions du corps humain, ou de quelques-unes de ses parties, fournissent au botaniste des mesures, non-seulement pour la tige , mais encore pour toutes les parties des plantes. Voici celles qui sont usitées en botanique.
Le cheveu est le diamètre d’un crin, où la douzième partie d’une ligne.
La ligne est la hauteur du blanc qui s’aperçoit à la racine de l’ongle, ou une ligne de l’ancienne mesure.
V ongle est une longueur de six lignes de l’ancienne mesure.
Le pouce est la longueur de la dernière phalange du doigt qui porte ce nom.
La palme est la hauteur de quatre doigts en travers (sans y comprendre le pouce); ce qui équivaut à trois pouces de l’ancienne mesure.
Le spitame est l’étendue comprise entre l’extrémité du pouce, et celle du doigt index étendus, ce qui peut faire sept pouces ou environ.
V empan est l’espace compris entre le sommet du pouce et celui du petit doigt étendus, c’est-à-dire environ huit pouces.
Le pied se mesure de la pointe du coude, et va jusqu’à l’articulation du poignet, ce qui fait un pied ou environ.
La coudée part de la pointe du coude et va jusqu’à l’extrémité des doigts, ce qui fait dix-huit à vingt pouces.
La brasse se compte depuis l’aisselle jusqu’à l’extrémité* du doigt du milieu; ce qui égale à peu près trente pouces.
La toise est\'& hauteur d’un homme de cinq pieds et demi.