CHAPITRE PREMIER
ÉTYIMOLOGIE. — SYNONYMIE.
Le mot hypochondrie est composé de deux racines, utco, sous , yov^ooç , cartilage. Cette dénomination a été créée par les anciens, parce qu'ils plaçaient le siège de la maladie sous les cartilages costaux , dans les hypochondres.
Quoique cette dénomination eût été le plus généralement adoptée jusqu'à nos jours , elle n'est pas la seule. L'hypochondrie a encore reçu les dénominations suivantes : morbns flatuo-
346 TRAITÉ DE L'hYPOCHONDRIE.
SUS , de Dioclès et iïltius , et morbus ructuosus , de quelques autres , à cause des vents qui se développent dans l'estomac ; morbus mirachialis , des Arabes , de mirach , ventre , péritoine , parce que c'est dans cette partie qu'ils en plaçaient le siège ; morbus resicatorius , à cause de la maigreur qu'elle occasionne le plus souvent ; morbus corruptorum , parce que le corps se corrompt et se détruit ; morbus niger , à cause du teint rembruni qu'elle donne au malade , et surtout à cause du caractère sombre et noir qu'elle détermine ; vapeurs et maladies vaporeuses , du siècle dernier ; cérébropathie , de Georget, parce qu'il en faisait une affection du cerveau ; encéphalopathie, de M. Falret, par la même raison ; nécrophobomanie , de M. Michéa , à cause de la crainte de la mort qu'ont les malades.
Cette tendance des esprits à chercher sans cesse de nouvelles dénominations , à multiplier les synonymies , prouve que celles qui ont été créées ne satisfont pas complètement. Ainsi nous ne pouvons qu'applaudir aux efforts qu'on a faits pour trouver une dénomination qui pût exprimer d'une manière bien exacte et sans confusion ce qu'on entend par la maladie hypochondriaque. Malheureusement tous les efforts tentés jusqu'à ce jour ont été infructueux ; aucun n'a satisfait : et tout en reconnaissant la nécessité d'un langage plus pur, surtout dans l'étude des sciences , nous nous voyons encore obligés , faute de mieux , de conserver la vieille expression hypochondrie. Elle est reçue et comprise partout.
IXous croyons devoir nous dispenser de donner les noms qu'elle porte chez les différents peuples : nous n'écrivons qu'en français.