‹ Traité complet de l'hystérieChapitre 31 sur 46 · TROISIÈME PÉRIODE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PÉRIODE

Inflammations chroniques de divers organes , altérations organiques très-variées, plus spécialement des voies digestives, sœpissimè cum viscertcm abdoininalium desorganisationibus conjunclum {Richler, c. 3j ; puis des organes de la respiration et des organes parenchymenteux ; symptômes nombreux et graves, faciles à concevoir en raison des organes altérés dans leur tissu.

Retour à la santé presque impossible.

Tune prognosis , quemadmodiivi in viorbo ferè semper materiali organico, sœpissimè tn- /rtH,sto (Jahn, l96, liasse, ?.93).

vages , perte incomplète de connaissance , quelquefois perle entière ; face vul tueuse; cou énormément gonflé; battemens du cœur tumultueux et violens; contractions des muscles locomoteurs enlevées à la volonté ; convulsions générales effrayantes, efforts extraordinaires contenus à peine par plusieurs personnes; grands mouvemens de flexion et d'extension; expuilion fréquente; quelquefois salive un peu mousseuse, mais point d'écume à la bouche. Nequc spumat os neque intro Jleclmtttr pollices. Suffocation souvent imminente, respira tio et circulatio ferè suspendentur.

Tantôt les malades bondissent sur leurs lits, tantôt elles offrant des roidissemcnts presque tétaniques; quelquefois syncopes prolongées ou perles de sentiment et de mouvement sans pâleur de la face, ni froid des extrémités; la durée des attaques peut aller à plusieurs heures. Retour prompt à la connaissance. Post convulsionesstaiiniadseredennt œgrolœ.

Retour h la santé possible , mais rarement à une santé bien complète.

Tvnc prognosis in hyslerid quemadmodiim in morbo ferè semper adlnic immaleriali et dgnaniico , fausla (Lœwcnllial,

Angme de poitrine. — Le retour de l'angine de poitrine par accès, son caractère apyrétique, le siège des douleurs h la partie inférieure du sternum , et leur extension vers le cou ; la gêne de la respiration , parfois l'imminence de la suffocation 5 dans certains cas des syncopes, des vomissements, des éructations gazeuses à la fln de l'accès, pourraient, chez des femmes nerveuses, simuler au premier abord un accès d'hystérie. Mais ce point de départ constant de la douleur h la partie inférolatérale gauche du sternum , son extension suivant une ligne qui se dirige du sein gauche au sein droit, son irradiation presque constante au bras gauche, en suivant le nerf cubital jusqu'au coude, et quelquefois jusqu'à l'extrémité des doigts-, sa propagation aux parties latérales du cou, aux mâchoires et à l'oreille par les rameaux du plexus cervical superliciel , diffèrent trop des symptômes hystériques pour que la nature de la maladie soit longtemps indécise.

Enfin , si l'on joint a ces phénomènes la rareté de l'angine de poitrine avant l'âge de cinquante ans, sa fréquence plus grande chez l'homme que chez la femme; la marche de la douleur de l'épigastre vers l'hypogastre ; la sensibilité excessive des régions thoraciques antérieures , et surtout de la région latérale gauche ; l'extrême anxiété morale des malades , l'idée dominante d'une fin prochaine, et enfin, la terminaison presque toujours funeste après plusieurs attaques, on demeurera convaincu que les différences l'emportent trop sur les analogies pour que le diagnostic puisse offrir aucune difficulté sérieuse.

Entozoaircs. — Enfin, parmi les symptômes capables de simuler l'hystérie , nous n'omettrons pas ceux que

détermine la présence des vers dans le tube digestif, vernies maluni hystericum menlientes.

Les troubles nerveux si variés que produisent les entozoaires , les convulsions , les paralysies partielles , les syncopes même , peuvent certainement en imposer au premier abord ; mais à défaut de signes hystériques bien tranchés, la prédominance des accidents gastralgiques etentéralgiques, les nausées , les vomissements , la perversion de l'appétit , les mouvements ondulatoires de l'abdomen , la dilatation des pupilles , le prurit des narines ou des paupières , le strabisme passager et surtout l'expulsion des helminthes , éclaireront assez le diagnostic pour empêcher toute méprise.

Il se peut , au reste , qu'une affection vermineuse complique une affection hystérique -, il se peut aussi que la présence des entozoaires amène, comme toute autre cause occasionnelle , de véritables accès d'hystérie , chez des malades fortement prédisposées a cette névrose ; et, sans admettre, comme plusieurs auteurs, une hystérie vermineuse (/lys/ena verminosa, Sauvages, Deltus), l'observation montre trop chaque jour toute l'influence de ces phénomènes incidents sur les maladies nerveuses , pour qu'il soit possible de les négliger.

C'est a ces cas divers d'hystérie véritablement compliquée d'affection nerveuse ou occasionnée par les vers, mais plus souvent encore a de simples accidents hystériformes produits par les helminthes et pris pour des crises hystériques , qu'il faut rapporter les observations d'hystérie vermineuse dans lesquelles la guérison s'effectue aussitôt l'expulsion des helminthes W.

(1) Obs. IIS, 114, 115, 116, 117, US, 119.

Page 1