CHAPITRE
DES COMPAS, DES EQUERRES , etc., DE LA BOITE GRAPHIQUE.
XJES grands compas en bois sont très-nécessaires au peintre qui travaille d'après le modèle; il importe beaucoup qu'ils puissent conserver l'ouverture qu'on leur a donnée : pour cela il faut que leur tête soit munie d'une espèce d'écrou , qui puisse se resserrer aussitôt qu'il y aura relâchement; il importe beaucoup aussi que le mouvement en soit très-doux et insensible , afin qu'on puisse arriver sans secousses et sans outre-passer l'écartement , au point d'ouverture demandé. On peut allonger les branches de ce grand compas, en les enfilant dans deux autres pointes longues d'un pied, et plus, s'il le faut. Le noyer est le meilleur bois qui convient à la fabrication de ces com^pas. Aux compas ordinaires en cuivre il faut pouvoir adapter des branches d'ivoire, afin que, lorsqu'on prend les mesures sur le visage , on n'effraie pas le modèle par des branches aiguës d'acier; d'ailleurs l'extrémité de la branche est plus visible lorsqu'elle est en ivoire.
Les compas courbes sont indispensables : on en vend de grands chez les quincailliers; quant aux petits, il est facile, pour en avoir, de faire courber l'extrémité des deux branches d'un compas ordinaire.
11 est très- important d'user d'excellens compas , trèsréguliers et faciles à manier : on ne saurait se figurer com-
COMPAS, lÎQUERRES, CtC. 6ll
bien la justesse des mesures , prises au compas, soit sur la nature , soit dans les opérations graphiques , ajoute de naturel et de vie à l'image. Plus on étudie les statues grecques , plus on remarque que leur supériorité sur les antiques médiocres provient de cette extrême justesse de comparaison qui fît parvenir les artistes à une vérité indicible de représentation.
Quant aux équerres, il faut qu'elles soient très-justes , ainsi que le T dont nous avons parlé tome vi , pag. 219, et dont nous avons expliqué l'usage. Les règles pliantes , sont très-commodes pour tracer sur le tableau lorsque la toile en est souple. Les aplombs sont indispensables.
On voit, lîg. dernière, la boîte graphique du peintre; elle renferme ses principaux instrumens : nous avons cru utile de donner le modèle de cette grande boîte, qui remplace l'étui ordinaire de mathématique, et qui contient tous les outils que l'artiste a souvent besoin de transporter ensemble; ces instrumens sont d'ailleurs mieux conservés, étant ainsi renfermés , que lorsqu'ils restent étalés et épars çà et là en désordre. Quoique cette boîte et cette espèce d'appareil aient quelque chose d'inusité, on ne doit point se faire une idée exagérée de la pratique de dessin que nous basons ici sur l'art des mesures. Les nuances innombrables que disposent sur leurs palettes plusieurs peintres d'aujourd'hui , et les lignes si multipliées que nécessite la perspective telle qu'on la pratique partout , sont bien plus faites pour inquiéter et effrayer un débutant que cette réunion d'instrumens que j'indique ici , et qui , si l'on veut y faire bien attention', se réduit à une règle et à un compas.
6l2 PROCiiiDlîs MATÉRIELS.