‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 26 sur 127 · TOME IX. C · texte numérisé non relu

TOME IX. C

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était absorbée; il a frotté sur-le-champ son bois avec de rhuile de noix un peu tiède, et Fa remis dans la cendre, qui s'est chargée de l'huile superflue : ce bois ainsi préparé prend une belle couleur, devient plus flexible, et n'est point sujet aux attaques des insectes destructeurs. Ce procédé peut très-bien s'appliquer aux modèles de petites machines.

« On a publié , dans les Annonces de Leipsick , un moyen d'empêcher le bois d'être attaqué par les vers : ce procédé est , dit-on , appuyé sur vingt ans d'expérience. L'on recommande de choisir, pour la coupe des arbres de construction , le tems où la sève est moins abondante , c'est-à-dire , depuis la mi-janvier jusqu'à la mi-février. Aussitôt que le sapin , le chêne, le pin et autres bois semblables sont coupés , il faut se hâter de les mettre en œuvre; plus tôt on les emploie, plus ils sont propres à la construction , moins ils sont sujets à éprouver les ravages des vers , et plus ils durent et se conservent dans les édifices , ainsi que dans les ouvrages de menuiserie. L'érable a beaucoup de pores, dans lesquels la sève séjourne après qu'il a été coupé, même pendant l'hiver; on doit donc éviter de l'employer tout de suite. Si l'on désire que les vers ne l'entament point, il faut, avant d'en faire usage pour la construction des édifices , le garder , et ne pas le dépouiller de son écorce jusqu'au mois d'avril , c'est-àdire , six ou sept semaines après qu'il est coupé. Les premières chaleurs du printems font fermenter la sève de ce bois , et lui donnent un goût d'aigreur qui en éloigne les vers , et les empêche d'y pondre. Les planches , il est vrai , qu'on en fait ensuite, perdent quelque chose de leur lustre, et sont moins dures et moins blanches; mais les

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ouvrages fabriqués avec ce bois n'en durent pas moins pour cela : on présume même qu'ils peuvent se maintenir pendant plusieurs siècles , sans que les vers s'y mettent. Le bois de chêne est , ainsi que l'érable , très-sujet à être endommagé par les vers; mais, pour les écarter, il suffit, après qu'on a coupé ce bois dans le tems le plus favorable, de le nettoyer et de le bien faire sécher, et surtout de dépouiller de toute leur humidité les parties intérieures de l'écorce , qui touchen-t le bois immédiatement. »

Il conviendrait peut-être de recouvrir d'une toile les panneaux du peintre; je crois que, dans certains cas, ce moyen serait fort bon. L'exemple des anciens nous y autorise ; car on voit beaucoup de panneaux des x*' et XI® siècles qui sont ainsi garantis , et sur la toile desquels on a étendu une couche assez épaisse d'enduit blanc et analogue au stuc. Il importe beaucoup que la colle employée pour fixer ainsi la toile sur le bois , ne soit pas trop grossière , afin que, dans les froids, elle ne se contracte pas et ne fasse pas voiler le tableau ; au reste, en collant une autre toile par derrière , on éviterait cet inconvénient : on couvrirait aussi cette toile de derrière d'un enduit. Les Chinois qui exécutent en vieux laque des panneaux d'une très-grande dimension, les recouvrent de toile, et l'on ne s'en aperçoit presque jamais à travers la préparation ou l'enduit à colle qui recouvre ces panneaux , enduit très-uni sur lequel ils déposent ce vernis noir et si brillant , ainsi que ces dorures si riches , qui font de ces panneaux un objet de luxe fort recherché.

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