DES BLANCS PURS OU INCOLORES
Blancs des anciens.
Il paraît que les anciens qui savaient fabriquer comme nous, et à l'aide du vinaigre, le blanc de plomb , l'employaient peu pour la peinture; au moins Pline, qui nous apprend que celui de Rhodes était le plus célèbre, et que l'on faisait avec le blanc de plomb un blanc particulier que les dames employaient pour augmenter la blancheur de la peau, ne nous dit point que ce blanc servît pour les tableaux. Cependant ils l'employaient lorsqu'il était modifié au feu, soit en état jaune, soit en état orangé.
Comme les anciens peignaient à la cire , aux résines , à la gomme ou à la colle , ils pouvaient user de matières crétacées ou alumineuses, dont la couleur est inaltérable. Il paraît que le blanc usité chez les anciens était le blanc de mélos , qui probablement était une espèce de marne ou de craie. Quant à nous qui peignons à huile, nous semblons avoir pitié des anciens, parce qu'ils n'usaient point de blanc de plomb ; et , fiers de nos découvertes , nous déclarons que le sulfate de baryte, par exemple, offre un blanc supérieur en qualité à tous ceux que possédaient les Grecs et les Romains. Cependant ces mêmes anciens avaient" raison . de se contenter de leurs blancs , puisqu'ils n'avaient point à redouter les ravages de l'huile, et puisque la cire garantissait leurs peintures de l'influence de l'atmosphère.
COULEURS MATÉRIELLES. LES BLANCS. 1 QtJ
Des blancs de plomb.
Le blanc de plomb (oxide de plomb ou sous -carbonate de plomb), appelé cerussa par les Romains et pslmmythion i^SiV les Grecs, se fabriquait, dans l'antiquité, au moyen de procédés semblables à peu près à ceux qui ont été employés par les modernes jusqu'à ce jour, c'est-àdire , à l'aide du vinaigre, dans lequel on tenait plongées pepdant quelque tems des lames de plomb.
Les modernes donnent divers noms au blanc de plomb, selon les modifications qu'ils lui font subir; ils l'appellent blanc d'argent, lorsqu'il est très-purifié , très-raffiné; blanc de plomb , lorsqu'il n'a pas subi ces purifications; ils l'appellent blanc de céruse, lorsqu'il est mélangé avec de la craie (carbonate calcaire). Il serait à désirer que l'on adoptât des termes plus significatifs et mieux appropriés. Le blanc qui se fabrique à Crems , en Autriche , ville qu'il ne faut pas confondre avec Gremnitz , ville de la Basse-Hongrie , est connu à Paris sous le nom de blanc de Crems. D'autres fabriques ont imité celle de Grems; on cite celle de Clagenfurt, située près des mines de Bleiberg. Si , outre ces noms , on voulait donner celui de chaque fabrique, la nomenclature relative à cette matière deviendrait infinie.
Il serait , ce me semble , assez simple de désigner par numéros les degrés de pureté du blanc de plomb employé pour la peinture. Le blanc d'argent s'appellerait blanc de plomb, n** i^''; le blanc de plomb ordinaire, n^ 2; la céruse, n° d; et la céruse plus commune, c'est-à-dire mêlée de plus de craie encore , n° 4«
Voici quelques désignations différentes relatives aux
200 PROCÉDAS MATÉRIELS.
fabriques de blanc de plomb; mais ces désignations, intéressantes pour les fabricans, importent peu au peintre qui n'a besoin que de distinguer les degrés de beauté. Après le blanc de Crems, qui est le blanc de première qualité, on distingue la seconde s«rte , qui est formée d'un mélange , par parties égales , de carbonate de plomb et de sulfate de baryte ; on l'appelle blanc de Venise. On a soin, pour faire ce mélange, de choisir du sulfate de baryte bien blanc , et de le pulvériser très-fin. Le blanc de Hambourg forme la troisième qualité ; il est composé d'une partie de carbonate de plomb et de deux de sulfate de baryte. Enfin, la dernière qualité est un mélange de trois parties de sulfate de baryte et d'une de carbonate de plomb ; on la désigne sous le nom de blanc de Hollande. H arrive souvent, cependant, que la quantité proportionnelle de carbonate de plomb est encore plus faible, ce qui semblerait devoir établir une dernière variété.
Du blanc de plomba n° i , appelé blanc d'argent ou blanc de Crems.
Malgré la pureté et la blancheur de ce blanc de plomb préparé à Crems et ailleurs, il paraît qu'on peut le rendre plus blanc et plus pur encore , en ^lui faisant subir une dernière préparation. Voici celle qu'indique M. Bouvier. Après avoir recommandé de choisir, dans cette espèce de blanc ( qui , dans le commerce , se vend en petits pains carrés de deux à trois pouces cubes ) , celui qui est pesant , incolore , dur , d'une cassure franche, et pouvant happer la langue, il ajoute : « Prenez, je suppose , une livre, plus ou moins , de beau blanc de Crems,
{f^ites-Iui subir , en petites parties, une première broyée à l'eau , sans vous attacher à ce qu'il soit très-fin; vous le relevez de dessus la pierre en bouillie de l'épaisseur d'une forte crème, et vous aurez soin que les premières broyées ne se sèchent point , mais qu'elles se conservent un peu liquides. Pour cela, vous mettez chaque relevée de couleur dans un pot neuf bien vernissé, ou dans un bol de faïence ou de terre de pipe.
» Quand tout votre blanc est broyé, et qu'il est en bouillie assez épaisse, versez par-dessus cette bouillie la valeur d'un gobelet à boire, de très-bon vinaigre blanc distillé,* vous remuerez et brouillerez le tout toutes les heures , et cela durant une journée :, vous prendrez , pour le remuer, un tuyau de pipe neuf, que l'acide du vinaigre n'attaquera pas. Si votre vinaigre est bon et bien distillé , il nettoiera toutes les petites particules étrangères qui peuvent se trouver dans le blanc ^ en sorte qu'il ne restera plus rien qui puisse ternir votre couleur. Cette couleur ainsi préparée donne un blanc très-parfait; mais il faut avoir soin d'en extraire tout le vinaigre par des lavages récidives, et jusqu'à ce que l'eau qui surnage sur le blanc (quand on l'a laissé reposer) n'ait plus aucune saveur d'acidité en la portant sur la langue. Ce blanc ainsi rebroyé à l'eau pure , au moins trois fois , est d'une qualité supérieure; employé aussi à l'eau de gomme pour peindre la gouache, il est léger, très-subtil , et ne reluit point sur le papier, comme il arrive au blanc de Crems, qui n'a pas subi cette opération.
» Pour l'usage de le peinture à l'eau , il ne faut prendre que l'écume et la crème qui se forment dessus, après qu'on les a bien fouettées avec un petit balai de bois blanc pelé
et sans écorce , comme pour battre les œufs à la neige. Ce blanc est encore excellent pour peindre la miniature; mais, pour ce dernier genre de peinture, ou y mêle moitié d'alumine ou terre d'alun, ce qui le rend très- léger. »
Voici quelques observations sur la fabrication du blanc de plomb ou sous-carbonate de plomb , fabrication qui , aujourd'hui , n'est plus concentrée dans quelques pays de l'Europe seulement , mais qui s'est propagée en France, en Belgique, etc.
Jusqu'à présent l'industrie avait suivi, pour la fabHcation du blanc de plomb, les antiques procédés indiqués dans Pline , Vitruve , Théophraste , etc. ; mais la chimie moderne , ayant jeté de nouvelles lumières sur ce point comme sur tant d'autres , on a simplifié les opérations.
Selon Watin, l'ancien procédé usité dans toute l'Europe
consiste à « couper le plomb en lames fort minces, que
l'on pose sur des petits ais en bois mis en travers dans
un vase^ au fond. duquel on a mis d'abord quelques doigts
de fort vinaigre. On lute le vase , on le met sur un feu
modéré , ou bien , comme l'ppération est fort longue ,
dans du fumier, pendant quarante jours environ. Après
ce tems , l'on découvre le pot , et l'on trouve le plomb
converti en écailles blanches. Quelquefois , au milieu de
ces écailles , il reste de petites feuilles de plonib qui ne
se trouvent point oxidées; on les sépare avec soin du
blanc qu'elles altéreraient. Quelquefois aussi elles sont
couvertes d'une matière grasse et jaune qu'il faut ratisser
avant de les broyer , ce qui provient de ce que les lames
de plomb n'étaient pas suffisamment bien décapées avant
de les enfermer dans le pot. »
Donnons maintenant la description de ce procédé, tel
COULEURS MATÉRIELLES. LES BLANCS. 2o3
qu'on le trouve dans Tingry : « On met du vinaigre, dit-il, dans des cruches jusqu'à la moitié de leur capacité. On suspend au-dessus de la surface de l'acide des lames de plomlj; on couvre ensuite les cruches, et on les place siu:^ un bqin de sable chaud, ou dans du fumier chaud. On les y laisse pendant un mois environ. Pour obtenir le blanc de plomb , on laisse oxider toute l'épaisseur de la lame, qui est assez mince, jusqu'à ce qu'il ne reste plus de trace métallique, ce qui se voit en la rompant. On pourrait aussi gratter l'oxide à mesure qu'il se forme ; mais le mélange du métal pourrait avoir lieu; ce procédé n'est usité que dans les fabriques de blanc de céruse, qui emploient des lames de plomb plus épaisses. »
MM. Brechoz , Leseur et Roard ont introduit, depuis quelques années, un procédé de fabrication tout différent de celui qu'on employait en Allemagne et ailleurs. Le fond de la méthode ancienne consiste à oxider lentement le JDlomb, et à combiner cet oxide, à mesure qu'il se produit, avec de l'acide carbonique. Le procédé nouveau est plus savant et plus ingénieux, il est en outre plus prompt et plus économique. Il consiste à former d'abord un sousacétate de plomb , par la combinaison de l'acide acétique ou vinaigre de bois, avec la litharge, qui est un oxide de plomb. La dissolution saline qu'on obtient par ce moyen étant clarifiée et décantée , on fait passer à travers cette dissolution un courant d'acide carbonique qui, se combinant avec une portion de la base de l'acétate , détermine la formation du sous-carbonate de plomb. Ce sel, étant insoluble, se précipite au fond du vase ou de la cuve; on le recueille, on le lave, et on le met en pains sous la forme désirée dans le commerce.
Du blanc de plomb rf 2 , appelé blanc de plomb.
Beaucoup de peintres , ayant remarqué que le blanc de plomb n* 1 (blanc d'argent) élait léger, transparent, et ne convenait pas toujours, ont cru qu'il était parfois nécessaire de faire aussi usage du blanc n° 2 (blanc de plomb proprement dit) , lequel couvre beaucoup plus que le premier, et est d'ailleurs moins coûteux. Ils ont donc usé de ce blanc moins léger; mais ils ont exigé qu'il fût d'une grande blancheur, c'est-à-dire, le plus lumineux possible.
Pour obtenir cette beauté du blanc de plomb , il faut le broyer souvent à l'eau claire, et le laisser chaque fois bien sécher en pastilles : plus le blanc de plomb est broyé, plus il est beau. Si on juge à propos de le broyer avec du vinaigre , il faut que cette liqueur ait été distillée et décolorée. Bien que les marchands vendent quelquefois du fort beau blanc de plomb , le peintre agira sagement en préparant lui-même celui dont il doit se servir. Ainsi, en se procurant du beau blanc de plomb en écailles , en les grattant bien , en les purgeant des particules non oxidées ainsi que des salissures , il parviendra aisément , à force de lavages et en le broyant fréquemment , à en obtenir un qui soit excellent.
Du blanc de plomb n° 5 , appelé blanc de céruse.
Le blanc de céruse n'est autre chose que l'oxide de plomb mélangé avec de l'argile blanche , soit la terre de pipe , soit le blanc d'Espagne : on le vend en petits pains coniques.
COULEURS MATÉRIELLES. LES BLANCS. 2o5
La sophislicatioii du blanc de céruse est fréquente : certains manufacturiers ne font pas le mélange avec des argiles choisies, mais avec des craies lavées et sans corps , ou avec le blanc de Troyes; ils en outrent même la quantité. Certains marchands font ensuite un second mélange avec la craie : on se garantit aisément de cette dernière, en n'achetant que l'oxide de céruse en pains et non en poussière. Quant à la première sophistication de fabrique, voici deux manières de la reconnaître: i** Lorsqu'on verse sur la céruse mêlée de craie un acide tel que le vinaigre, il se fait une effervescence; ce qui n'a pas lieu lorsque le mélange est fait avec l'argile,* 2° la plus pesante de deux céruses à volume égal est la préférable , la craie étant plus légère que l'argile. On peut encore se régler, à ce sujet, sur le prix plus bas de la céruse fabriquée , le blanc de plomb en plaques ayant une valeur numéraire triple de celle de l'oxide-céruse.
Voici encore un procédé qu'on peut employer pour distinguer la céruse d'avec la craie. Creusez avec un couteau un charbon neuf; allumez-le,* jetez dans le creux un peu de céruse broyée entre deux doigts; soufflez sur le charbon pour animer le feu : la céruse jaunira , et , après quelques minutes , il paraîtra des globules métalliques et brillans; c'est le plomb révivifié par le charbon. Cet effet n'arrivera pas , en exposant la craie à la même épreuve, parce qu'elle est une terre calcinable, produite par les débris des substances animales , testacées ou crétacées, qui ne contient aucune chaux métallique.
Cette observation est tirée d'un mémoire de MM. Pinard et le Chandelier , nommés par l'Académie royale des sciences de Rouen, pour examiner les observations
de M. de Saint-Martin , sur les efîets de la céruse dans îe cidre.
« î.a cérase, dit Watin (édition revue par M. G. Bourgeois) , est ce même blanc de plomb broyé avec de la craie ou marne, par moitié, ou dans la portion de dix à seize; c'est-à-dire que , sur six onces de blanc de plomb, on y incorpore dix onces de marne : celle qui, avant l'établissement de Glichy , nous venait de Hollande , était la seule en usage dans la peinture d'impression. Nous avons dit, dans nos précédentes éditions , que les marnes ou craies de France étaient trop légères , trop friables , pour se mélanger avec la céruse, et que celles des Hollandais avaient plus de densité : nous avons appris depuis que ce peuple industrieux venait extraire ces^ marnes dans les montagnes de Canteleu , près Rouen , qu'il en lestait ses navires , et qu'il nous les revendait façonnées , avec nos plombs et nos vinaigres : ainsi , il ne nous donne que sa main-d'œuvre , qu'il fait payer très-cher. Nous nous sommes procuré de cette craie, qui nous a paru avoir beaucoup de corps , et se rapprocher beaucoup de nos ocres.
« On vend quelquefois , dans le commerce , de la céruse qui vient de Ptome, belle, lourde, fort blanche, mais fort chère : j'en ai peu vu, et ne suis pas en état de dire ce que c'est , ne l'ayant point observée. »
Nous ne dirons rien du blanc de plomb, n° 4» ou de la céruse la plus commune, qui. n'est, répétons-le, qu'un mélange de craie, de blanc de gyps, de marne peu choisie , de terre de pipe , etc. , avec le blanc de céruse ordinaire.
Plusieul^s chimistes , peu préoccupés de l'influence de
i'huile sur les tableaux, ont été persuadés que leur altération provenait surtout de la combinaison de l'oxide de plomb avec le gaz hydrogène sulfuré; et ils ont conseillé de recourir à d'autres blancs. Tingry propose , par exemple , de substituer au blanc de plomb le blanc de zinc. Cependant , nous l'avons déjà fait observer , dans la plupart des tableaux ce sont les blancs qui sont les parties les mieux conservées. ,
Blanc de zinc.
Si l'usage du blanc de zinc, dit Tingry, n'est pas encore généralisé , c'est que dés préjugés s'y opposent, ce blanc étant plus solide que tous les autres qui sont connus.
« Pour obtenir , selon cet auteur , l'oxide sublimé de » zinc, on fait fondre le métal dans un cylindre de terre, )) faisant l'office de creuset , et on le place obliquem'ent » dans un fourneau de réverbère; alors le métal ne tarde » pas à s'enflammer. Il s'en élève une fumée blanche , » épaisse, qui se convertit en flocons lanugineux et très- »• blancs si le zinc est très-pur. Ce sont ces flocons qui , « s'attachant aux parois du cylindre, portent le nom d'o- )) xide sublimé de zinc (fleurs de zinc). Si le zinc con- » tient du fer, cet oxide est jaune , orangé , etc. On pu- » rifie le ndétal en y jetant , lorsqu'il est en fusion , quel- » ques pincées de fleurs de soufre. On peut ajouter un » huitième de craie de Briançon, lavée au vinaigre distillé, » ou, au lieu de craie, et pour en éviter la purification , » un huitième de blanc de moudon. »
Blanc d'élain.
Tingry prétend que la dissolution rapide de l'étain avec i'acide nitrique (eau forte pure) donne un oxide blanc , qui résiste plus que l'oxide de plomb à l'impression de la lumière ; mais ce blanc , difficile à broyer , foisonne et couvre peu.
M. de Morveau propose de mélanger le blanc de chaux d'étain ou de fleurs de zinc avec de la terre d'alun ou avec une terre crétacée blanche qui se trouve aux environs de Dijon.
Blanc de régule d'aniimolne,
« Il existe, dit Fauteur du Traité de la Peinture en pastel, une chaux métallique toute préparée , et qu'on peut employer à l'huile , sans aucun des inconvéniens attachés aux préparations du plomb. C'est la neige ou fleurs argentines du régule d'antimoine , c'est-à-dire la chaux de ce demi-mélal subhmé par le feu. Cette neige, lorsqu'elle est recueiUie avec soin , fournit un blanc superbe. Elle a tout le corps nécessaire à l'huile, et n'est point susceptible d'altéralion , quoique beaucoup d'autres chaux produites par ce demi-métal soient très-sujettes à noircir , telles que le bésoard minéral , le précipité rouge , la matière perlée , et plusieurs autres. En général , les chaux métalliques, obtenues par voie de sublimation , ne dégénèrent point. On trouve de cette neige à Paris chez presque tous ceux dont la profession a quelque rapport à la chimie , tels que les maîtres en pharmacie. Mais il faut choisir ; car elle n'est pas très-blanche ni très-pure chez
COULEURS MATÉRIELLES. LES BLANCS. '20(j
quelques-uns. Supposez qu'on ne fût pas à portée de s'en procurer , voici comment on pourrait la faire.
« Mettez du régule d'antimoine, par exemple, une livre, » dans un creuset dont l'ouverture soit un peu large. Que » cette ouverture soit séparée du foyer par quelque corps » intermédiaire , afin que la poussière du charbon ne » puisse pénétrer dans le creuset. Assujettissez-le, pour » cet effet, avec des tuileaux dans une situation inclinée; » enfin, couvrez-le d'un autre creuset semblable, et faites » rougir à blanc celui qui contient le régule. En très-peu » de tems , le couvercle se remplira de très-petites pail- » lettes blanches et brillantes qu'on peut ramasser en met- » tant un autre couvercle à la place du premier. C'est la » neige dont il s'agit. Il faut continuer le feu, jusqu'à ce » que tout le régule se soit converti de la sorte en flocons » de neige ou de suie blanche. On doit prendre garde » qu'il ne s'agit pas d'antimoine cru, mais de régule d'an- » timoine. »
Blanc[de bismuth.
Le blanc fait avec le bismuth, oxidé par l'acide nitreux ou autrement, n'est point préférable à celui qui a le plomb pour base. Il s'altère, dit Tingry , plus facilement à l'impression de la lumière et à celle des vapeurs.
Remarquons enfin que l'acétate de plomb , décomposé au moyen de l'acide muriatique affaibli, ne perd que trèspeu de sa blancheur , lorsqu'il est mis en contact avec le gaz hydrogène sulfuré.