‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 47 sur 127 · TOME IX, î · texte numérisé non relu

TOME IX, î

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brillant avec cette dissolution; mais il aura le grand avan^ tage d'être plus solide qu'avec l'alun.

j) Faites bouillir, par exemple, à petit feu, pendant une demi-heure, dans deux pintes d'eau de fontaine, une poignée de petites branches de peuplier d'Italie , coupées en petits morceaux; ajoutez ensuite à la décoction deux poignées de tiges de gaude fraîche , ou même sèche , telle que la vendent les épiciers. Laissez-la bouillir quelques instans, et joignez-y cinq ou six gros de sel de tartre en poudre , avec une petite cuillerée de sel commun : laissez un moment la décoction devant le feu , mais sans bouillir, et coulez-la dans un plat de terre , au travers d'un linge. Versez dedans goutte à goutte , et par intervalles , cinq ou six gros de dissolution d'étain. Quand l'effervescence aura cessé, faites chauffer le plat, afin qu'une grande partie de l'eau s'évapore. La chaux métaUique , versée dans la décoction , lâche son dissolvant , saisit les particules colorantes , les retient et se précipite incorporée avec elles, pendant que le dissolvant qui s'unit à l'alkali du tartre et du sel marin , nage dans la liqueur* Mais il faut le séparer du précipité ; c'est ce qu'on opère par le moyen de la fdtration. L'eau passe à travers les pores du papier gris ou lombard, entraînant avec elle tous les sels qu'elle tient dissous , et laisse le précipité qui forme une lacque jaune. Il est bon de l'arroser encore sur le filtre , et même abondamment , pour achever de le désaler.

» Ce qui n'est encore qu'une lacque , devient un véritable stil de grain , si l'on met dans la décoction de gaude un peu de craie bien broyée , avant d'y jeter la dissolution d'étain. La composition sera, par ce moyen, plus

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volumineuse; mais c'est à peu près tout ce qu'elle y {^aaiera^ si ce n'est que les substances alkalines exaltent presque toujours les jaunes.

» On peut substituer à la gaude une herbe encore plus commune , la fumeterre. On la trouve dans les jardins et chez tous les herboristes : verte ou sèche , il n'importe. Ce jaune est à peu près tel que celui de la gaude , et il n'est pas moins durable. »

Jaune de safran.

Les étamines de la fleur du safran donnent un beau jaune pur, mais qui n'estfixe que jusqu'à un certain point. Cette plante produit , au commencement de septembre , une seule fleur à peu près semblable à celle du colchique, disposée comme celle du lis , mais plus petite , divisée en six parties , de couleur tirant sur le bleu , mêlée de rouge et de purpurin, il naît en son milieu une manière de houppe partagée en trois cordons découpés d'une crête de coq, d'une belle couleur rouge , d'une odeur agréable : c'est cette houppe que nous appelons safran. On la cueille avant le soleil levé , pour la faire sécher. Quelques jours après, il envient une autre semblable sur la même plante^, que l'on cueille de même.

La racine de cette plante est un bulbe ou tubercule gros comme une petite noix , charnu , doux au goût , couvert de quelques tuniques blanchâtres , garni en dessous de beaucoup de fibres.

On faisait autrefois venir le safran du Levant; mais on le cultive aujourd'hui dans diverses provinces de France. Celui de Boîsne, et de Bois- Commun en Gâtinais , passe

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pour le meilleur; celui de Normandie est le moins bon. Si la quantité de jaunes tirés des minéraux est considérable , celle qu'on tirerait des végétaux pourrait l'être bien plus encore. Les plantes exotiques et indigènes ne manquent pas , mais il faudrait les éprouver; nous savons que le taanba , espèce de mûrier d'Asie , fournit un trèsbeau jaune. La terra mérita qu curcuma longa, appelée aussi safran des Indes , petite racine dure et cornée, ressemblant au gingembre , est employée par les teinturiers et les fleuristes : elle n'est pas plus solide que le safran. M. H. Braconnot, cbimiste de Nanci , a trouvé un jaune solide dans le datisca. On extrait aussi du jaune de la grande camomille , du genêt , du fustet des Alpes ( fusticks ) , de la grande chélidoine , de la racine de l'épine-vinette , etc. Quant aux fiels des animaux, ils produisent souvent un jaune très-durable.

— Des jaunes-rougeâtres. —

Ocre jaune.

L'ocre jaune est une argile ferrugineuse, qu'on peut appeler un mélange de tritoxide de fer hydraté et d'argile. On en trouve abondamment des mines en diverses contrées. L'ocre du Berri , en France , est une des plus renommées; cette couleur naturelle a besoin d'être lavée souvent et avec soin.

Jaunes de fer dits jaunes-mars.

Pour obtenir les jaunes de fer à un état de plus grande pureté, et d'un grain plus fin que celui des ocres naturelles , les fabricans de couleurs les préparent artificiel-

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