DES ORANGÉS
Or pin orangé,
La seule matière colorante qui soit d'un véritable orangé est l'orpinj substance qui résulte de l'arsenic minéralisé par le soufre. Cinq parties de soufre sur une d'arsenic donnent la matière orangé.
Cette substance colorante est un poison subtil ; aussi estelle très-altérable. Les peintres ne l'emploient donc que rarement , et ils ne l'associent jamais à d'autres couleurs.
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Employée seule, elle se soutient toutefois assez bien. C'est ainsi que l'on voit l'imitation de tranches de melon Lien conservée, quoique résultant de l'emploi de cette matière. Les Chinois font , dit-on , un orpin orangé qui passe pour excellent.
Terre de Sienne brûlée.
Cette argile ferrugineuse donne une couleur orangée sombre , mais qu'on ne saurait ranger dans la classe des bruns. C'est une substance d'une teinte rude peu estimée. La calcination rend la terre de Sienne d'un rougeorangé et couleur de l'acajou. On la néglige depuis que l'on est parvenu à tirer du fer des nuances variées et solides pour la peinture. Nous aurons occasion, en traitant des rouges , de parler de quelques autres couleurs plus ou moins orangées. C'est ainsi que la couleur dite orangé-mars a été classée parmi les rouges-jaunâtres.
On obtient de certains végétaux des teintes-orangé plus ou moins soHdes. Le carthame ou safran bâtard ou semence de perroquet , appelé aussi par les droguistes safranum , donne une couleur qui , bouillie dans l'eau , tire sur l'orangé; on l'emploie pour teindre les parquets. Il faut le choisir haut en couleur, approchant du safran véritable. L'Alsace et la Provence nous en fournissent; mais le plus beau nous vient du Levant.
« La fleur du carthame , dit M. Pelouze, contient deux matières colorantes très- différentes l'une de l'autre. La première est facilement soluble dans l'eau froide , et ne donne que des nuances ternes et sans valeur. L'autre, qui semble résineuse, n'est pas soluble de la même manière.
COi'LEURS MATÉniELLliS. LES ROUGES. 2/<f)
et il suffit , pour les séparer , de laver le carthame sous un filet d'eau.
» Lorsque l'eau sortira totalement incolore , mettez les fleurs macérer dans une solution très-légère de sel de soude ; le bain prendra presqu'instantanément une teinte jaune-rougeâtre foncée. Après une macération suffisante, on passe la liqueur à travers un linge , puis on y verse du suc de citron, ou plutôt une solution d'acide citrique cristallisé. La matière colorante se précipite aussitôt. Recueillez-la, lavez, distribuez sur des soucoupes, et laissez sécher à l'ombre. »