TOME IX
La céruse brûlée, — ou massicot, ou sandaraque pâle. L'ocre jaune , — ou sil de l'Attique.
L'auripigmentum , ■— orpiment , ou sulfure d'arsenic jaune.
Le purpurissimum , — laque tirée de la pourpre. L'arcane , — rouge d'ocre brûlée.
La sandix , — couleur pesante : rouge-jaunâtre composé d'ocre et de sandaraque.
La sandaraque , — sulfure d'arsenic rouge.
La sinopis ponlique , — rouge-orangé.
Le syricum , — ou mélange de sinopis et de sandix.
Le minium; — (ils donnaient ce nom à notre cinabre.)
La céruse pourprée , — ou céruse d'Asie.
L'Indicum purpurissimum.
L'arménium , — bleu-clair.
L'indicum. — (Pline n'en connaissait pas la composition : c'était probablement notre indigo. )
Les arenae , — sables bleus de Scythie , d'Egypte et d'autres pays.
La chrysokole , — couleur verte.
Le vert appien ; — il imitait la chrysokole. ( Pline ne cite pas le vert-de-gris comme couleur employée dans la peinture; mais Vitruve en fait mention sous ce rapport. )
La terre brune d'Ampélos , — terre bitumineuse. Le cicerculum, — ocre brune d'Afrique.
L'asphalte.
Le noir d'ivoire.
Le noir de marc de raisin , — appelé tryginon.
COULEURS MATERIELLES. — CONCLUSION. ?)Hy
L'atrament indien.
Le noir de la sèche, polype de mer; — on l'emploie aujourd'hui sous le nom de seppia.
Le noir indicum , — provenant probablement de l'indigo.
Les artistes désireront peut-être ^ qu'après avoir parlé assez au long des couleurs matérielles qui peuvent servir à la peinture en général , nous exposions ici un tableau des couleurs solides et fixes reconnues Litiles à la peinture à huile , et que nous les distinguions de celles dont l'usage serait trompeur. Voici, à ce sujet, l'opinion le plus généralement accréditée.
L'oxide blanc de plomb est une bonne couleur : tous les ocres et oxides de fer sont solides. L'ocre de ru , qui est une ocre naturelle, est souvent impure; il faut s'en méfier dans les carnations. En général ^ les oxides artificiels, dits jaune-mars , orangé-mars, rouge-mars, violetmars , sont excellons. Le jaune de Naples n'est pas une mauvaise couleur; le fer de l'amassète le verdit : il faut ne le remuer qu'avec june amassèteen corne ou en ivoire. Le jaune d'antimoine est aussi solide que le jaune de Naples; il verdit aussi sous la lame d'acier. Le massicot est une très-mauvaise couleur , ainsi que l'orpin jaune ou rouge , qui sont des poisons pour l'art comme pour l'artiste; le jaune indien semble très-solide : les jaunes de gaude, de gutte , le stil de grain, sont d'une fixité douteuse. Le jaune de chrome est à redouterj bien que, dans certains cas, c'est-à-dire, dans certains mélanges, il change peu. La garance est une couleur très -fixe; les laques et les carmins qu'elle produit ne changent point. Le cinabre
en aiguille est assez bon; mais on doit craindre tous les vermillons embellis. Le carmin de cochenille ne vaut rien employé à huile. Le minium est un poison. L'outremer est la couleur par excellence. Le bleu de Prusse est bon ; mais souvent il verdit et ne se combine pas heureusement avec les carnations qui sont un composé d'oxide de plomb ^ de rouge et de jaune. Le bleu de cobalt est assez solide; mais il pousse au bleu et laisse une teinte fausse. Tous les bleus , provenant du cuivre , sont dangereux, à raison de l'huile et de l'oxide de plomb. Ainsi les cendres bleues , les azurs , etc. , doivent être exclus de la peinture à huile. Le vert de cobalt est excellent. Le vert de schéeîe semble assez bon; cependant il provient du cuivre : il vaut mieux n'en pas faire usage dans les carnations. La terre verte est dangereuse. Le brun de Prusse ou de fer est excellent. La terre de Cassel est solide; la terre de Cologne est fugace; la terre d'ombre pousse au noir. Le bitume est d'une grande ressource; mais il faut le choisir et l'éprouver , parce qu'il est quelquefois fugace. La momie est au moins inutile. Le stil de grain brun n'est point solide. Tous les noirs de charbon sont solides; on doit rejeter le noir de fumée.
Je crois devoir teraiiner tout ce sujet des couleurs par un exposé des termes propres à désigner toutes les teintes et tous les tons sensibles des objets , soit dans la nature, soit dans l'art : ce vocabulaire tout nouveau est fort important. On remarquera que la découverte si utile du principe de l'achromatisme nécessite , dans nos dictionnaires, l'adoption des mots orangeâtre, violâtre et verdâtre. (Voyez sur cette question en général le chapitre 44? y vol. 7 du coloris. )