‹ Traité complet de la peinture (volume 2)Chapitre 84 sur 127 · PEINTURE AU PASTEL · texte numérisé non relu

PEINTURE AU PASTEL

promptement , h cause de la sécheresse du papier et des couleurs absorbantes : on donne ensuite une autre couche plus légère. Il faut avoir soin de rendre ces couches bien égales , de manière qu'il ne s'y fasse aucune tache : après quoi , l'on étend le papier sur une table bien unie , la peinture en dehors et le revers sur la table , pour les laisser sécher peu à peu à l'ombre; il suffit de quatre heures en été. On a ainsi un tableau fixé, sec, sans aucune altération et sans aucun pli. Quelquefois certaines couleurs ne se fixent pas assez par cette première opération , dans ce cas on appose une nouvelle couche.

Il faut ensuite que le peintre repasse avec le doigt les couleurs l'une après l'autre , chacune dans son sens , de la même façon que s'il peignait le tableau (ce qui peut être fait en trois ou quatre minutes) , pour ôter cette poussière fine qui , détachée du fond, pourrait n'être pas adhérente et fixée. Cette manière de fixer le pastel est simple , facile et sûre : l'altération qu'elle cause dans les couleurs est insensible , et sa solidité est telle qu'on peut nettoyer le tableau sans gâter la couleur. Cette colle donne de la force au papier, de manière qu'on peut l'attacher à la muraille et le coller sur toile, encore plus facilement que le papier ordinaire : le vinaigre distillé contribue à éloigner les mouches qui gâtent souvent les pastels.

On peut aussi coller le papier sur une toile avant de le peindre, pourvu qu'elle soit claire et qu'on se serve de colle d'amidon. Du reste, on fixera le pastel de la même manière , en employant seulement un pinceau qui soit un peu plus dur, et en appuyant plus fort , pour que la liqueur pénètre de l'autre côté. Il faudra plus de tems

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pour le sécher; mais l'effet sera le même quant à la fixation du pastel.

Je terminerai ces recherches, en répétant que le moyen du pastel est excellent comme procédé d'ébauche pour les tableaux mêmes à huile ou à l'encaustique. Il est excellent en ce qu'il n'oblige pas à n'employer que des cartons d'essai, dont il faut ensuite transporter tout le travail sur le tableau, et en ce que le peintre, ébauchant ainsi au pastel son tableau, peut se livrer à toutes les études, à toutes les corrections du dessin et des formes. Il peut modeler jusqu'aux finesses, et ne pas craindre les repentirs et les changemens. Un tel travail étant Lien arrêté , quelle facilité , quelle chaleur l'artiste ne trouverait-il pas pour améliorer ensuite et terminer tout son ouvrage?

La seule objection qu'on puisse faire à ce sujet se rapporte au matériel et à la difficulté d'exécuter et de fixer ce travail sur la toile ou sur le panneau , de manière que ce dessous ne soit pas défavorable au travail du dessus et à la conservation du tableau; mais cette objection s'évanouit si l'on a recours aux procédés simples et faciles que nous allons proposer.

En traitant de l'encaustique, vol. viii, nous avons indiqué, pag. 659 , le procédé du pastel pour l'ébauche. Nous ne répéterons rien à ce sujet ici , où nous supposons qu'il s'agit exclusivement de peinture à huile. Il faut donc préparer exprès ses pastels, de manière qu'ils changent le moins possible, lorsqu'ils seront atteints par l'huile. Ainsi les blancs seront composés de beau blanc de plomb , de même que le sera toute la préparation de l'enduit du subjectile. On écrasera beaucoup , avec l'estompe et le doigt , les couleurs sur le tableau , de manière qu'il y ait peu

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