‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 101 sur 104 · NETTOIEMENT ET RÈPABATION DE5 PEINTURES · texte numérisé non relu

NETTOIEMENT ET RÈPABATION DE5 PEINTURES

mais tous les cas» toutes les combinaisons, il deyiendrait nécessairement Texposé le plus ennuyeux et le plas fatiguant qu'on pût jamais parvenir à lire* Il 6at donc absolument laisser les gens agir k leur façon ^ une fois qu'ils connaissent les moyens et les expédiens. Le reste est une affaire d'expérience , de prudence et d'adresse.

Il est impossible» par exemple» de prescrire l'emploi de lel ou tel moyen ou agent » non plus que la durée du contaét de ce dissolvant; on ne peut pas non plus prescrire les cas où le grattoir seul doit enlever les parties dures qui constituent la saleté qu'il s'agit de détruire. Sur cer-t laines parties très-tenaces on appose parfois de l'eapritde-vin contenu dans un Unge : on enferme ce linge sous une glace ou sous une plaque de métal : d'autres fois même on emploie l'étber rendu permanent de cette même façon; puis» quand le» coirp^ étrangers' sont amollis» qn les enlève au grattoir.

On réussit quelquefois en maintenant plus ou moins long-tems' une serviette mouillée et pliée sur la surface du tableau; cela attendrit les saletés et en facilite la dissolution et renlèvement. Ce moyen est souvent employé avec succès contre les salissures des mouches. On sait qu'on pourrait préserver de ces insectes les tableaux » si on lavait de tems en tems ceux-ci avec de l'eau » dskos laquelle on aurait fait tremper des poireaux.

Enfin , si l'on frotte à l'aide d'une brosse h pemdlre Tes places du tableau Qn. employant de l'eau de sayon. plus ou moins forte» ou bien de l'eau-seconde '» on décrassera

* On connatt dan» hs commerce 5 sovs le nom de potatse » one i nb»tance qui t'obtient pw l'éf aporatioo A siccité de la hukve préalableluent filtrée de cenilref d*une quantité suQisante de boM» Ce résida

yi6 PHOCiDÊS MltÉRfÈLS.

certainement le taMeau , mais ce moyen est comparable h celui du poison, qui sauvera un malade soigné par un médecin habile , et qui tuera le malheureux dont le sort est entre les mains d'un docteur ignorant. Disons donc qu'on ne doit pas épargner Teau, puisqu'elle arrête les effeU de la lessive, ni l'huile, puisqu'elle paralyse ceux de l'espritde-yin et des huiles volatiles , parmi lesquelles celle du citron est fort à redouter.

Presque toujours les nettoyeurs attaquent fortement la» partis empâtées, et n'osent décrasser les parties l^ères^ et glacées avec les teintes fines de la palette ; il résulte une grande discordance de ces prétendus ménagemens; et les places nettoyées deviennent à leur tour des taches qui font paraître plus sale encore tout le reste.

Pour nettoyer un tableau, il faut donc beaucoup de patience , beaucoup de tems , et on ne doit faire qu'à plusieurs reprises ce qu'on voudrait faire d'un seul coup.

calciné est ordioairemeDt mêlé de plusieun totres substances ; et , daiu cet état , il constitue la potasse impure on brute : il nous en Tient beaucoup de l'Amérique septentrionale , de Danttîck, et aurtout de RoMie. La cendre provenant de la combustion de la Ue de vin , convenablement desséchée , forme un alkali connu dans le commerce sons le nom de cendres gravelées. On estime les cendres gravelées de Lyon et celles de Bourgogne. Il faut les garder dans des vaisseaux bien clos et dans un endroit sec , car elles sont susceptibles d'attirer l'humidilé de l'air, qui les pénètre facilement et les réduit en liqueur. En faisant tremper dans un vase trois livres de potasse et une livre de cendres gravclées , et en faisant subir 4 ce mélange quelques bouillons sur le feu, dans une marmite de fonte , on a une liqnenr très-forte et très-mordante , que les peintres appellent ordinairement êau-meomU, et qu'ils ne confondent pas avec l'eau seconde dont on &ît usage dans les arts y et qui consiste dans le mélange d'une partie d'eau-forte (acide nitrique du commerce ] «i de deux parties d'eau.

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Mastiquôr tes interstiees et Us creux. *— Nous croyons devoir a£Ebrmer que le mastic à huile est très-^préjudidable aux repeints qui doiyent le recouvrir. 11 est long*-teins à sécher» et» commd il finit par changer de teinte et de ion» il décompose U couleur des repeints. De la colle de parchemin , du blanc et de Tocre sali ou modifié selon les alentours de la place mastiquée» suffisent pour composer un mastic solide , et qu'on peut rendre plus liant en y ajoutant un peu de miel. Le jaune d'œuf est encore un excellent gluten pour mêler avec les couleurs qui composeront le mastic. Mais la terre glaise , la terre d'ombre et l'huile de lin sont une fort mauvaise composition pour mastiquer des tableaux» bien qu'on indique cette recette dans plusieurs livres » et bien qu'elle soit bonne peut-être pour tout autre objet qu'un tableau*

Repeindre Uê endroits mastiqués. — Je nie qu'il faille repeindre dans un ton plus clair ou plus beau» par la raison que l'huile abaissera plus tard l'éclat de ces repeints. Je dis qu'il faut préparer les couleurs des repeints» ou avec deux tiers d'huile seulement» selon la méthode qu'on trouve indiquée dans ce neuvième volume » page 4o8 » ou qu'il faut les préparer à l'encaustique.

Quant au talent de coloriste » il doit être possédé par le réparateur qui se charge de peindre les endroits altérés ou mis à nu. La teinte » le ton et la touche doivent sembler l'ouvrage du maître; et le goût» les idées» la manière du réparateur ne doivent apparaître aucunement.

Nettoiement des dessins et des estampes* — Les artistes ne trouveront point superflue ici l'indication du moyen qu'il convient d'employer pour, nettoyer et blanchir le papier de leurs dessins ou des estampes qu'ils conservent

7l8 PROGÉBés MATERIELS*

pour l^rs études* On doit à la chimie moderne des procédés beaucoup plus simples» plus faciles que les anciens, qui ne se pratiquaient guère sans l'assistance du soleil et sans humecter très-^équemment le papier.

On se procurera donc une dissolution de chlorure de potasse ou de chaux , dans laquelle on introduira les gra> Tures , qu'on aura soin d'établir horizontalement entre deux filets bien tendus. L'appareil consiste en une petite caisse de plomb ou de bois» enduite d'un mastic résineux; après qu'on y aura placé une gravure » on y fera couler le liquide par un tube adapté h l'un des câtés. Quand la grsTure en sera suffisamment recouverte » on Tabandonnera h l'action du chlorure tout le tems suffisant; ei ensuite^ après avoir retiré le liquide» on la lavera avec de l'eau pure qu'on renouvellera pluaieuts fois de suite. Les gravures , pour être séchées ^ doivent être exposées à l'air sur dés toiles que l'on tient étendues et dans une position un peu inclinée. On conçoit qu'il est possible de b\aBc\ûr plusieurs pièces à la fois dans le^ même vase , pourvu qu'on ait soin d'empêcher qu'elles n'adhèrent entr'elles , et pourvu qu'on les expose bien également dans toutes leurs parties à l'action du chlorure en dissolution.

Voici un autre procédé. Faites tremper la gravure pendant vingt^^uatre heures dans l'eau pure : quand elle est h moitié sèche » coucfae2«la sur un papier brouillard bien propre» étendu sur un plan horisdntal; prenez un gros pinceau. rempli de peroxide d'oxigène» ou eau oxigénée, et lavez avec cette eau toute la gravure» qui» en se séchant » redeviendra d\in blanc de neige.

Parmi les auteurs qui ont écrit sur le nettoiement et la r^aratîon des ^b)eaux » on peut citer Grespi » Dagly »

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Domenici, Uamburgisches, Miilin ^ au mot Restauration ; voyez aussi le Magiasiu encyclopédique, tom. xiv, p. aoS, les Mémoires de Trévoux, 1770; FEDcyciopédie , etc.

Je viens d'mdiquer les moyens de nettoyer et de conserver les taLleàux, mais, en vérité, il eût été peut-être utile aussi d'indiquer les moyens de Jes détruire : car il est évident que TEurope en est comme infestée , et qu^en en laissant subsister seulement les deux tiers , il en resterait encore trop. Tout ce qu'on m'objecterait à cet égard ne me persuaderait pas; car on ne doit point être la dupe de ces mille et mille assentimens académiques, qui perpétuent la célébrité de tant de fausses productions , et qui sanctionnent les erreurs du maniérisme et les laideurs mensongères et dangereuses du pinceau. Les livres fourmillent de préceptes erronés , parce que nos galeries foui^millent de mauvais tableaux. Les louangeurs si souvent peu sincères de ces tableaux ont causé la perte de la peinture , et ils prolongent aujourd'hui la barbarie dans les beaux arts. On peut même dire qu'il y a lutte en Europe entre le sens conunun et cette admiration factice des amateurs. Le public ne trouve intéressans que trèspeu de tableaux. Cependant aujourd'hui comme dans l'antiquité, il aimerait la peinture si on ne lui offrait que des tableaux utiles: aussi jette-t^il Volontiers du ridicule sur cette manie qu'affectent tant de soi-disant admirateurs de ces singeries, de ces niaiseries du pinceau. L'amateur, de son côté , lient bon dans son extase factice, et il s'obstine dans sa prétention au titre de connaisseur. La perspicacité , la sensibilité sont des avantages auxquels il ne renoncera jamais , et il s'uiiit de cœur aux écrivains prôneurs des plus misérables lazzis.

720 PBOCiDis MATéaUBLS. — NBTTOIBIIBIIT , elC

Finissons par une citation qui vient assez bien h Fappui de ce que nous osons avancer ici« Ce passage est pris parmi beaucoup d'autres du même genre qui se trouvent dans le Traité de Dandré Bardon^ professeur de l'Académie royale de peinture et de sculpture , en 1 760. Nous y joindrons l'approbation de M. le directeur*

Tous ces ouvrages (Dandré Bardon veut parler des ta» bleaux de Jouvenet) sont pleins de nouveautés ^ et de ces bizarreries ingénieuses gui équivalent aux grâces de la noble simplicité,

(Approbation de M. le directeur.) — - • (7e Traité de » Peinture , que M* Dandré Bardon nous a comnutniqud rdans ses Conférences , me parait auui utile aux ar^ I tistes qvL intéressant pour Us amateurs» Je v!j ai trouvé I que de bons principes , conformes aux tableaux des 9 grands n^aitreSy aux chep-d^œuvre de Cantique et aux 9 vérités de la nature. 1 — Paris» le 39 octobre 1764*

» Garle Vahloo. >

FIN DU NlîVVlklfB BT BBRNIBB VOLVMB.

TABLE

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