LES SIJBJECTILBS. — LES PANNEAUX DE BOIS
bien collé. Mais si l'on assujettit les extrémités de ce panneau , ou même ses milieux , par des chevilles ou de fer ou de bois qui le fixent sur d'autres corps solides , et qu'il ne peut entraîner et rendre mobiles avec lui ; si on l'enclave enfin dans des traverses où on l'assujettit par des clous ou par des chevilles » alors se trouvant arrêté et retenu sur ces points , sa retraite se fait sur les points non assujettis , et il survient une désunion par la force de contraction , force qui est, comme on le sait, d'une puissance prodigieuse* Yoilà pourquoi les panneaux des portes et des armoires éclatent si facilement, quelque sec que soit le bois dont on les a construits.
Par conséquent, pour fixer les barres longitudinales qui doivent former un côté des carrés ou du grillage, il faut d'abord façonner carrément ces barres ou tringles fort étroites, et ne les coller que sur la longueur des fibres du bois du panneau. Par ce moyen, la retraite de tout le panneau pourra se faire sans résistance. Ensuite, pour croiser les autres tringles sur les premières , il faut les faire passer à travers les tringles collées et dans des ouvertures carrées pratiquées de place en place au-dessous de ces tringles , en sorte que les nouvelles tringles qui trarersent restent libres sous ces coulisses, et puissent même glisser entre le panneau et la tringle qui les retient dans une direction fixe et horizontale. Le panneau, trouvant ainsi une résistance dans tous les sens, ne peut se voiler ni en dedans ni en dehors , et il est libre seulement dans tous ses mouvemens de dilatation et de contraction , en sorte qu'il ne se fend point s'il est bien choisi.
On a encore imaginé de faire l'assemblage des planches
à l'aide des queues d'aronde; et certains tableaux italiens très-épais sont ainsi joints. Par ce moyen» la retraite est empêchée dans tous les sens , car ces queues d*aronde se contrarient par leur position , et opposent » par leur tolume croissant» de la résistance de tous les côté^; l'épaisseur du bois permet quelquefois ce moyen * et Ton voit des incrustations d'un pouce au moins dans l'épaisseur de certains panneaux pour y placer ces queues d'aronde.
Le bois dont on se servait dans l'antiquité pour les tableaux était surtout le larix-fosmina , espèce de pin qui n'est pas exposé à se fendre facilement ni a être rongé par les vers; on croyait même, par un préjugé assez difficile à justifier» qu'il résistait au feu.
Le cèdre rouge de Virginie est incorruptible » au dire de quelques naturalistes ; il possède en outre la propriété d'éloigner les vers et les insectes. C'est de ce bois qu'on se sert assez souvent pour renfermer les crayons de plombagine. Le bois de cèdre est placé , sous le rapport de la dureté» après le chêne. Les Américains l'emploient beaucoup pour meubles et constructions, et l'on cite des pieux qui se sont conservés très-sains sous la terre dans l'Amérique méridionale depuis un tems immémorial» car les Indiens et les naturels du pays n'ont nulle souvenance traditionnelle de l'époque où ces pieux ont pu être implantés. Les Italiens ont beaucoup peint sur du peuplier » et ils tenaient le panneau fort épai»» Le chêne de Hollande a été employé avec beaucoup de succès. Le sapin » débité en planches assez minces » étroites et sans nœuds » est fort bon » car un panneau composé de planches étroites » bien jointes à feuillures et bien collées» se déjette souvent moins que lorsqu'on le fait avec des