‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 18 sur 104 · LES 8VIUEGTILE8. — LES PANNEAUX DE BOIS. IS · texte numérisé non relu

LES 8VIUEGTILE8. — LES PANNEAUX DE BOIS. IS

planches larges. Quel'{ues tableaux sur chêne de Hollande ne se sont point voilés, quoique minces et sans grillage. On trouvera des indications utiles» relativement au choix, au débit des bois et à l'assemblage des planches , etc. , dans l'ouvrage intitulé : h* Art du Menuisier en meubles et de C Ébéniste, par M. Mellet. Paris, i8a8.

Quant à la qualité d'incorruptibilité du bois , s'il est difficile de l'obtenir pour des meubles qui offrent beaucoup de superficie , il est facile de l'obtenir pour les pan* neaux des tableaux , et cela sans préparer le bois antérieurement à son débit. Ne peut-on pas en effet enduire le derrière des tableaux , soit de cire , soit de résine, soit de quelque substance indestructible , qui éloignerait les vers et l'humidité pour toujours ? Au reste , voici ce qu'on lit à ce sujet dans le Dictionnaire d'Industrie^ au mot Bois.

«Pour rendre le bois incorruptible, on a proposé de le faire sécher dans des fours (Construits exprès , ayant une double enveloppe, de manière que la pièce ne puisse point brûler. Lorsqu'on échauffe le four pour la faire sécher, on plonge cette pièce toute chaude dans du suif fondu , et ensuite dans du goudron. Les pores ouverls par la chaleur se pénètrent de ces substances : les bois ne sont plus sujets alors à être altérés par les variations de la chaleur, du froid, de l'humidité. Des pièces de bois ainsi préparées dureraient six fois plus long^tems.

1 Quant au moyen de garantir le bois de la piqûre des vers, voici celui qu'a pratiqué M. Pingeron. Il a essayé avec succès de prendre des petits morceaux de bois de noyer et de les mettre dans de la cendre de sarment : au bout de trois ou quatre jours, toute l'humidité du bois

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était absorbée; il a frotté sur-le-champ son bois avec de Thuile de noix un peu tiède, et l'a remis dans la cendre, qui s'est chargée de l'huile superflue r^ce bois ainsi préparé prend une belle couleur, devient plus flexible, et n'est point sujet aux attaques des insectes destructeurs. Ce procédé peut très-bien s'appliquer aux modèles de petites maohines.

cOn a publié, dans les Annonces de Leipsick, un moyen d'empôcher le bois d'être attaqué par les vers : ce procédé est , dit-on , appuyé sur vingt ans d'expérience. L'on recommande de choisir, pour la coupe des arbres de construction , le tems où la sève est moins abondante , c'esl-à-dire , depuis la mi-janvier jusqu'à la mi-février. Aussitôt que le sapin , le chêne, le pin et autres bois semblables sont coupés , il faut se hâter de les mettre en œuvre ; plus tôt on les emploie, plus ils sont propres à la construction , moins ils sont sujets à éprouver les ravages des vers , et plus ils durent et se conservent dans les édifices , ainsi que dans les ouvrages de menuiserie. L'érable a beaucoup de pores, dans lesquels la sève séjourne après qu'il a été coupé, même pendant l'hiver; on doit donc éviter de l'employer tout de suilc. Si l'on désire que les vers ne l'entament point, il faut, avant d'en faire usage pour la construction des édifices , le garder , et ne pas le dépouiller de son écorce jusqu'au mois d'avril, c'est-àdire , six ou sept semaines après qu'il est coupé. Les premières chaleurs du printems font fermenter la sève de ce bois , et lui donnent un goût d'aigreur qui en éloigne les vers , et les empêche d'y pondre. Les planches , il est vrai , qu'on en fait ensuite, perdent quelque chose de leur lustre, et sont moins dures et moins blanches; mais les

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ouvrages fabriqués avec ce boîs n^en durent pas moins pour cela : on présume même qu'ils peuvent se maintenir pendant plusieurs siècles , sans que les vers s'y mettent* Le bois de chêne est , ainsi que l'érable , très-sujet à être endommagé par les vers; mais, pour les écarter» il suffit» après qu'on a coupé ce bois dans le tems le plus favorable, de le nettoyer et de le bien faire sécher» et sur^ tout de dépouiller de toute leur humidité les parties intérieures de Técorce » qui touchent le bois immédiate-" ment. >

Il conviendrait peut-être de recouvrir d'une toile les panneaux du peintre; je crois que» dans certains cas, ce moyen serait fort bon. L'exemple des anciens nous y autorise; car on voit beaucoup de panneaux des x* et XI* siècles qui sont ainsi garantis » et sur la toile desquels on a étendu une couche assez épaisse d'eâdult blanc et analogue au stuc. Il importe beaucoup que la colle employée pour fixer ainsi la toile sur le bois» ne soit pas trop grossière » afin que» dans les froids» elle ne se contracte pas et ne fasse pas voiler le tableau ; au reste, encollant une autre toile par derrière» on éviterait cet inconvénient : on couvrirait aussi cette toile de derrière d'un enduit. Les Chinois qui exécutent en vieux laque des panneaux d'une très-grande dimension» les recouvrent de toile » et l'on ne s'en aperçoit presque jamais à travers la préparation ou l'enduit à colle qui recouvre ces panneaux » enduit très-uni sur lequel ils déposent ce vernis noir et si brillant , ainsi que ces dorures si riches , qui font de ces panneaux un objet de luxe fort recherché.

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