‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 29 sur 104 · DES COLLES · texte numérisé non relu

DES COLLES

J; ABMi les agglutinatifs on a distingué les colles qui , en général» sont le résultat de Fart, d*avec les gommes qui sont des sucs végétaux produits naturellement. Nous traiterons des colles dans ce chapitre p et dans le suivant» nous nous occuperons des gommes \

On distingue les colles animales et les colles végétales. L'industrie est parvenue à extraire de certains corps d'animaux des colles qui chacune ont des caractères particuliers* Les intestins de quelques poissons en ont fourni qui sont diaphanes , incolores , plus ou moins lentes à se dissoudre dans Teau. Les tendons , les oreilles , les parties génitales des taureaux , en ont fourni de très-tenaces , de très-fortes : les Romains appelaient cette dernière taurocolla* L'industrie a eu besoin aussi de colles plus souples ; elle en a obtenu. La peau du lapin en a fourni de trèssouples et de très-fines. On extrait du parchemin, ou peau de mouton préparée pour l'écriture , une colle fine et assez forte pour certains usages. Le même Théophile

I Pline distÎDgae U gomme do gluten. Omoe aotem «tramentam aole perficitor , Librariam gummi , tectoriam glatino admixto. L. 35 , C. 6. ; et plofl haut : Glutinum anri cam inducitar ligne. (Je ferai remarqoer, en passant, qae Poinsinet de Sirry traduit ieetorium gluiino atùnixto^ par ces mots, eoUô à huiU, Ces mots sont fort impropres , pnis<|ii*it n'est point question d'Iiuite dans ce passage de Pline. )

lys PflOG^Dàs MATÉRIELS.

nous apprend » dans son Manuscrit du x* siècle » que l'on employait» pour l'enduit des tableaux, de la colle de cuir et de la colle de corne de cerf bouillies ensemble. Enfin Tœuf y le lait ^ les limaçons fournissent à notre industrie des colles utiles en bien des cas.

Quant aux colles végétales , on les trouve dans toutes les substances farineuses ; et elles sont contenues en état liquide dans certaines plantes , dans les branches de certains arbres : c'est ainsi que la tithymale et les jeunes branches de figuier nous offrent une liqueur ou un lait agglutinatif, dont l'art sait profiter.

On a remarqué que, du mélange de la colle animale et de la colle végétale, résultait une adhérence plus grande que celle de l'une ou de l'autre colle employée séparément. L'addition d'une résine agglntinative est encore assez favorable à l'adhérence de ces colles, et elle repousse l'humidité : l'huile peut aussi leur être associée à cet effet.

La colle animale se distingue naturellement en trois espèces ; la colle forte, la colle deuii-forte ou moyenne , et la colle faible.

De la colle forte animale. — La colle forte animale est une préparation des cartilages, des nerfs, des pieds et des oreilles des taureaux, des bœufs âgés, des grands poissons et des peaux de veau. On fait macérer et bouillir ensuite à un feu doux ces matières dans de l'eau , jusqu'à leur dissolution presqu'entière. Après cela , on coule la liqueur avec expression, et on la fait épaissir ou réduire sur le feu ; on la jette à la fin sur des pierres plates et polies , ou dans des moules où on la laisse se sécher et durcir.

Cette colle tout affaiblie qu'elle serait, si on l'atténuait

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