COULEURS MATIÎRIBLLBS. LES BOUG£S
mais qui malheureusement éprouve un assez prompt changement à l'air.
» Le hrésillet jaune » le morus tinctori , le quercitron , la gaude, la graine d'Avignon, et, en un mot, toutes les substances colorantes jaunes donnent des laques assez solides.
• Du bois de Gampêche, on obtient une laque violelie» dont la couleur s'avive considérablement en ajoutant du sulfate de cuivre dans le bain : celle-ci est peu durable.
> Nous ne pousserons pas plus loin cette nomenclature; mais nous ferons observer, comme un point essentiel , que, lorsqu'on se sert d'alumine en gelée , il faut que le lavage- en soit bien complet; car ce qui pourrait y rester d'alcali altérerait infailliblement la nuance des laques » principalement les couleurs rouges> qu'il virerait au violet. Il faut aussi avoir attention à no pas employer d'alcali caustique pour précipiter l'alun» mais du sel de soude, ou sous-carbonate bien pur , et en grand excès.
1 II est encore une autre classe de laques : nous voulons parler de celles que l'on obtient avec le muriate d'étain substitué à l'alun. En général , ces laques sont plus brillantes. C'est ainsi que, pour la couleur rouge, on peut mettre à profit le bain de cochenille des maroquiniers , qui n'est pas encore totalement épuisé. En y ajoutant une nouvelle quantité de sel d'étain, on en précipite une belle laqu%, fort employée par les fabricans de papiers pointa.
> Nous terminerons cet article sur les laques , en rappelant à tous ceux qui voudront s'en occuper , des préceptes généraux applicables à presque tous les cas, et qui ont été tracés par un théoricien , non moins habile dans
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la pratique des arts chimiques. M. Robiquet recommande :
1 1^ De n'agir que sur des teintures ou solutions parfaitement clarifiées » soit par la filtration , soit par tout autre moyen;
» s* De n'employer que de l'alumine bien layée et provenant d'alun très-pur y parce que la plupart des couleurs changent de ton par les substances étrangères, et surtout par le fer que contient quelquefois ce sel. Il faut donc» pour les laques , donner la préférence aux aluns qui ne manifestent pas de bleu par le prussiate de potasse;
» 5"* De laver, avec tout le soin possible et les précautions indiquées, la pâte colorée, une fois qu'elle a été préparée , et souvent ne pas se contenter de lavages à froid. Il faut aussi employer à ces lavages de l'eau très-pure, i
Voici maintenant ce qu'observe M. Pelouze sur les laques de garance :
Procédé. — « Faites infuser la poudre de garance pendant yingt-quatre heures dans l'eau froide. L'eau de cette infusion peut être rejetée ; elle ne contient rien , ou presque rien de la couleur rouge de la garance. Soumettez ensuite le marc à une forte décoction dans l'eau. Filtrez cette seconde liqueur , puis ajoutez-y une petite quantité d'acide sulfurique , assez seulement pour qu'il soit sensible au goût. Il se précipitera abondamment une matière orangée. Le liquide s'éclaircira complètement et n'offrira plus qu'une couleur fauve. Toute la matière colorante utile existe dans le précipité orangé. Recueillez ce précipité sur un filtre, et lavez-le dans quelques gouttes d'eau acidulée par l'acide sulfurique. Après l'avoir laissé complètement égoutter , traitez-le par de l'alcohol à 4o* *
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qui le dissoudra presqu'en entier. Cette teinture sera d'un jaune orangé foncé. Ajoutez dans cette nouvelle solution alcoholique , assez de carbonate de potasse saturé (bi-carbonate) en poudre» sec et très-fin» poar neutraliser toutJ'acide. La liqueur deviendra alors du plus beau rouge et très-foncée en couleur. Abandonnez-la à une évaporation spontanée. Il se formera à la surface du liquide et contre les parois de la capsule, de petites couches cristallisées , et toute la liqueur étant évaporée ; vous aurez une masse confuse de cristaux.
» Ces cristaux 9 macérés à chaud avec de l'alun , et précipités par le sel de soude » vous fourniront une belle laque rouge.
• Voici un autre procédé qui fournit aussi de belles laques :
• D'abord on fait éprouver à la garance en poudre de très-nombreux lavages à l'eau froide pure , ou très-légèrement alcalisée par le sous-carbonate de soude » pour lui enlever toute la couleur fauve. A mesure que la garance se dépouille de celle-ci , elle prend une teinte violâtre. On iait alors macérer à cinquante degrés avec l'alun dans cinq à six parties d'eau ; on filtre et on précipite par le sel de soude » pour obtenir la laque.
> Dans un beau travail sur la garance , publié par l'habile chimiste M. Robiquet» il a fait connaître un nouveau procédé qui lui a parfaitement réussi pour obtenir isolée la matière colorante rouge de la garance , avec laquelle il a ensuite préparé une laque superfine. Ce moyen consiste à traiter la poudre de garance par l'acide sulfurique concentré. Jusqu'à une certaine température, cet acide n'attaque pas la matière colorante rouge , et brûle tous
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les autres ingrédiens de la garance. Il en résulte une masse charbonnée qu'on débarrasse de tout Tacide par des lavages réitérés. Ce résidu noirâtre contient la matière colorante disséminée dans le charbon. On Ten extrait facilement par la macération à chaud avec Talun dissous dans Teau , et d'où l'on précipite ensuite la laque au moyen du sel de soudé. »
Voici comment s'exprime M. Robiquet sur le mode d'opérer :
a Ce procédé exige plus d'habitude et de soin que les autres , parce qu'il y a une juste proportion d'acide qu'il faut nécessairement atteindre pour bien réussir , et qu'on ne saurait, pour ainsi dire, prescrire d'avance. On conçoit en effet qu'elle doit nécessairement varier suivant les qualités de la garance, suivant la masse sur laquelle on agit, et suivant aussi le tems employé à faire le mélange; car le succès de l'opération repose entièrement sur le mode de réaction de l'acide , qui doit atteindre et ne pas dépasser certaines limites. Or cette réaction dépend en grande partie de la chaleur qui se dégage pendant le mélange; mais cette chaleur varie singulièrement selon les masses et suivant la quantité qu'on en ajoute dans un tems donné. Ordinairement, en agissant sur deux à trois kilogrammes de garance, nous mettons trois quarts de partie d'acide concentré , et nous faisons le mélange de manière que toutes les parties se trouvent uniformément imprégnées. Si l'on s'aperçoit que la chaleur s'élève trop, il faut immédiatement transvaser le mélange dans une terrine froide , et l'étaler sur les bords. On reconnaît que l'opération a été bien conduite, lorsque les premières eaux de lavage passent presqu'incolores, ou à peine teintes
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d*une couleur légèrement paillée. Le résidu layé et sec conserre une couleur noire assez prononcée; il pèse un peu moins de moitié du poids de la garance employée : si , au contraire » l'acide n'a pas eu toute l'action qu'il doit avoir , les eaux de lavage sont d'une couleur bistréefoncée ; elles filtrent lentement , et le résidu est d'un brun-rougeâtre.
• Pour la préparation de la laque» il y a moins d'inconvénient à brûler un peu trop la garance qu'à ne pas la brûler assez, parce que, dans ce dernier cas, elle retient encore beaucoup de matière huileuse, qui communique une teinte fa«ve à la laque, et on a beaucoup de peine à l'enlever par les lavages, tandis que, si l'action de l'acide a été poussée un peu trop loin , tout ce qui en peut résulter de fâcheux, c'est la perte d'une partie de la substance colorante; mais alors, en traitant par l'alun, on obtient une teinture moins riche, à la vérité, mais bien plus franche de ton. M. Merrimée , l'un de nos meilleurs juges en cette matière, a bien voulu répéter ce procédé , et il s'est assuré que la laque qu'on obtient ainsi est d'un rose plus pur.
* Voici les doses qui m'ont le mieux réussi :
i Un kilogramme charbon sulfurique; (C'est ainsi que iM. Robiquet appelle le résidu de la garance traité comme il a été dit ci-dessus par l'acide sulfurique.)
» Trois kilogrammes alun pur; (deux kilogrammes seulement si la garance a été trop brûlée. )
» Vingt-cinq kilogrammes d'eau.
» On fait bouillir le tout pendant une demi-heure de pleine ébullition; on filtre bien bouillant, puis on ajoute la solution chaude et filtrée d'un kilogramme, cinq cents
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de borax dissous (moitié de l'aluo employé) daDS qaali^ kilogrammes d'eau bouillanle.
» On brasse le tout^ et si la solution alunée est suffisamment chargée de matière colorante , il se dépose immédiatement un précipité y bien que la liqueur rougisse encore le tournesol ; on laisse en repos un tems suffisant , puis on tire à clair ; on lare avec de l'eau de rivière filtrée, et l'on continue les lavages jusqu'à ce que l'eau n'entraîne plus aucune partie colorante ou saline. Arrivé à ce terme , on donne un dernier lavage à l'eau bouillante , puis on jette sur une toile , et l'on trochisque. »
Dans les séances de l'Académie des Sciences, du 19 février au ig mars 1827 , MM. Thenard et Ghevreul ont fait un rapport sur un Mémoire de MM. Colin et Robiquet y ayant pour titre : Nouvelles recherches sur ta tna^ itère colorante de la garance. Pour obtenir cette matière, les auteurs ont fait macérer un kilogramme de garance dans trois kilogrammes d'eau; ils ont jeté la matière sur une toile serrée, et ont pressé graduellement le marc. Le liquide résultant s'est pris en gelée, dans un lieu frais; cette gelée a été réduite en une pâte très-solide. Us ont ensuite traité la gelée par l'alcohol bouillant , et ont concentré les lavages alcoholiques, filtrés par distillation , au cinquième de leur volume; puis ils ont ajouté de l'acide sulfurique et de l'eau. Us ont recueilli et bien lavé un précipité d'un jaune-fauve , lequel , séché et chauffé avec précaution, a donné un sublimé cristallisé, que ces auteurs appellent alizarine. Cette substance remarquable est en cristaux , dont l'aspect est celui du plomb rouge de Sibérie; elle se volatilise sans résidu; elle se dissout en petite quantité dans l'eau bouillante : sa solution est