‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 46 sur 104 · COVLEURS MATERIELLES. LES ROUGES · texte numérisé non relu

COVLEURS MATERIELLES. LES ROUGES

d'un beau rose , et n'a point d'action sur les réactifs colorés ; elle est très-soluble dans l'alcohol , et surtout dans Téther. La première solution est d'un rouge-orangé; la seconde d'un jaune légèrement orangé. La potasse, la soude, l'ammoniac forment avec elle des combinaisons bleues ou violettes.

Le Mémoire de MM. Colin et Robiquet se termine par une heureuse application de leurs recherches à la préparation des laques carminées. Voici leur procédé.

On délaie un kilogramme de garance dans quatre litres d'eau. Après une macération de dix minutes , on soumet deux fon le tout à une pression ménagée; après quoi , le marc a une belle couleur rosée. On le délaie alors dans cinq ou six parties d'eau avec une demi-partie d'alun concassé. On fait chauffer au bain-marie pendant deux ou trois heures , on agite et on coule sur une toile serrée : la liqueur doit être filtrée au papier, puis précipitée par une solution de sous-carbonate de soude. Si l'on divise en trois parties la quantité de sel nécessaire pour précipiter tout l'alun employé , et que l'on précipite successivement la liqueur avec ces trois parties , on obtient trois Zaques, dont la beauté va en décroissant de la première à la dernière : les précipités doivent être lavés par décantation , jusqu'à ce que l'eau de lavage soit sans couleur. On trouve dans les lavages de la garance la matière gélatineuse, qui donne elle-même une fort belle laque; par conséquent, on ne perd aucune partie de la matière colorante. Quelques heures suiGsent pour exécuter toutes ces manipulations qui ont , sous le rapport de l'économie da tems et de la main-d'œuvre, un grand avantage sur toutes celles que l'on a connues jusqu'à présent.

^7^ PROCÉDÉS MAT&BIfiLS.

Rouge de cochenille.

Si l'on n'a obtenu que récemment une couleur opaque et peu aluminée de la garance, on en a obtenu une semblable 9 de la cochenille, il y a très-long-tems; et on en a , par conséquent , obtenu une laque.

La cochenille est un insecte que l'on recueille sur le nopal , plante du Mexique y et que l'on a dik recueillir aussi ailleurs que dans l'Amérique, si , comme on le croit, il existe un rouge de cochenille sur quelques peintures antiques.

Voici le procédé indiqué par M. Pelouze pour faire le carmin de cochenille.

c Prenez une livre de belle cochenille en poudre^ quatre gros de potasse perlasse , neuf gros d'alun en poudre, quatre gros de colle de poisson.

» Faites bouillir la cochenille avec la potasse dans une bassine de cuivre contenant cinq seaux d'eau. U se fera une grande effervescence, que vous apaiserez chaque fois avec un peu d'eau froide.

» U suffit que cette ébuUition dure quelques minutes. On jette dans la bassine , que l'on a enlevée du feu , l'alun en poudre , et la couleur s'avive à l'instant même.

i Au bout de quinze minutes, le dépôt est fait et la liqueur surnageante est devenue très-claire; c'est dans cette liqueur qu'est contenu le carmin.

» Décantez-la dans une autre bassine, que vous placerez sur le feu , en y ajoutant la colle de poisson dissoute dans beaucoup d'eau.

% Aussitôt que la liqueur est entrée en ébullition» on voit le carmin monter à la surface du bain.

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