‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 66 sur 104 · DE LA PEINTURE EN MINIATURE · texte numérisé non relu

DE LA PEINTURE EN MINIATURE

i^ANS rechercher si le mot miniature vieat de minium , fait de minium , ou s'il provient des mots mignard » mi gnon , etc. S je considérerai la miniature comme un genre de peinture exécutée en petit et qui est soumis aux mêmes règles de la représentation que les autres genres de peinture. L'idée d'une peinture en petit et exécatée à la gomme n'implique point l'idée d'une peinture particulière : en effet » on a produit des peintures miniatures exécutées à l'œuf, à la colle , à l'huile , etc* Cependant il serait peut-être permis de désigner notre miniature d'au-

1 Ménage, Dictionnaire étymologique de la langue fjrançaifle ; édition de ijSo, tom. ii*, pag. ao8, Migoature, de miniatura fait de miniam.

— Dictionnaire de l'Académie, édit. de 1778, au mot Miniature , subs. £6m* (on prononce ordinairement mignature), aorte de peinture dans laquelle le peintre emploie des couleurs délayées avec de l'eau ; portraits en miniature , etc.

— Court de Gébelin : Monde primitif , tom. ▼. Dictionnaire étymologique de la langue française : col. 700. Mignard, délicat, agréable. — Mignon, petit, délicat , joli. — Mignatore , peinture en petit.

— Laveaux : Dictionnaire des difficultés do la langue française 9 in-8* , 1816; au mot Miniature, substantif féminin , on prononce mignature.

Ceux qui prétendent que miniature vient de minium , croient que les peintres donnaient jadis le nom de minium au carmin ; en effet le minium, couleur peu solide, ne parait pas avoir été employé principalement dans les peintures des anciens manuscrits. Cette question étymologique est au reste peu importante , et aujourd'hui on attache généralement à ridée de miniature l'idée d'un objet très-petit et très-délicat.

PBINTURB BN MINIATURE. ^Sq

jourd'hui par le nom de miniature au lavis sur ivoire , pour la distinguer de la miniature à couleurs mates , chargées de blanc et appliquées sur le papier vélin. Les peintres en miniature de l'antiquité se croyaient soumis à toutes les lois de la peinture ^ de même que Myrmécide , sculpteur en miniature , se croyait soumis ii toutes les lois de la statuaire. Nous avons vu qu'il avait même la prétention de rivaliser avec Phidias; en un mot, il £siut être bon peintre pour faire de bonnes miniatures \

Pourquoi donc tant d'auteurs , qui ont publié des traités sur la miniature , ne commencent-ils pas par traiter des règles de la peinture ? On voit dans ces livres un étalage descriptif des petits moyens qu'acquièrent aisément tous les plus médiocres miniaturistes. On y parle au long d'une foule de couleurs , de teintes; on y expliqoe avec importance ce que doivent être les pinceaux , l'ivoire» les godets, les hachures , etc. , et on se conte(ïite de quelques réflexions presqu'inutiles sur le dessin , sur le clair-obscur et le coloris. On y dit quelques mots sur le naturel des poses ; mais on n'y apprend rien d'essentiel aux élèves , sur la perspective des lignes et des couleurs , rien sur la beauté, etc. ; et comme la plupart de ces auteurs ne sont guère que des praticiens en ce genre de peinture , ils se permettent même de mêler à tant de lieux communs des absurdités.

Le nombre des écrits sur la peinture en miniature est assez considérable. Voici les noms des auteurs dont nous avons cité les ouvrages dans notre Catalogue (vol. i*') :

1 Voyei ce qui â été dit sur lea représentations très-petites , pag. 6r)6, Yol. 4 : — Pag# 3oi ; vol. 6 , etc.

460 PEOCàDÉS MATÉRIELS.

Bachelier, Ballard \ Bosse» Bremery* Delavoye-Mignot , Fontaine» Fouquet, Mansion» Mayol, Melignan» Perrault, Yiolet. On trouvera encore dans ce même catalogue l'indication d'autres ouvrages sur la miniature, sous les D°* 11 » iS. i4» 3g, 44» 63, 65, 85, io6, etc; Dans le Manuel de M. Constant Viguier, on lit l'indication de l'ouvrage suivant , que le père Letore Albertolt , miniaturiste des livres de chœur imprimés à Bologne, publia sous le litre de Rcuuiolta di colori , etc. , et sous l'anagramme de Galiipido Talier. M"** Gastal Laëderick a publié, en 1829, un ouvrage sur la miniature, intitulé: Principes de miniature, 1 vol. in-8*. Paris, chez Audot. Enfin on peut dire qu'en Europe il parait tous les jours de nouveaux écrits sur ce sujet.

L'Italie, l'Allemagne, la France, etc. , ont eu de trèshabiles miniaturistes avant et après le xv* siècle ; mais presque toutes ces miniatures sont des peintures et non des lavis ou des teintures, c'est-à-dire, qu'on y employait le blanc dans les carnations : elles furent exécutées surtout pour des volumes en Télin ou en parchemin. Le manuscrit dit le Térence du Vatican , et celui dit le Virgile de la même bibliothèque , ne sont point des miniatures , mais des peintures à gomme : les figures ont quatre à cinq pouces de haut. A Rome, les armoires anciennes des palais, les volets, les tabernacles, les dyptiques, etc., sont revêtus de peintures délicates , qui ne sont point des miniatures proprement dites, si, par ce mot, l'on entend exclusivement des lavis extrêmement légers , tels que ceux

I On Ut dans le Manuel de miniature de M. GonsUnt Viguier, p. i5 , que Ghr. Ballard, imprimeur de Paris , était peut-ôtre l'auteur du Traité de miniature anonyme, qu'il dédia à mademoiselle Fouquet.

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