CHAPITRE
DES GHteVALETS , ÉCHELLES , ÊCHAFPAUDS ROULANS.
Lixs chevalets les plus commodes pour les tableaux de moyenne dimension sont les chevalets à crémaillère, parce que la planchette, sur laquelle pose le bas du tableau, peut aisément dans ces sortes de chevalets s'élever et s'abaisser selon le besoin. M. Bouvier , dans son Manuel , est entré dans tous les détails relatift & la construction de ces chevalets : il éét inipossible qu'un menuisier n'en construise pas un qui seit excellent, en suivatit le$ descriptions , qu'il a pris la peine de détaHler dans ce livre.
Il y a aujourd'hui tant de personnes qui peignent des tableaux, que de tous côtés on trouve des modèles de
6o8 PR0GÈDB8 MATiiRIBLS.
chevaleto; mais il en est une espèce qui est moins connue hors des capitales , et qui est pour ainsi dire indispensable pour les tableaux de huit ou dix pieds : c'est le grand chevalet roulant ; il est d'une si grande commodité que j'ai cru nécessaire d'en produire une représentation. (Voyez fig. 5a5. )
Les peintres ont encore besoin , pour peindre contre des murs plus ou moins élevés » ou pour copier et étudier des peintures élevées elles-mêmes , d'avoir à leur disposition des échafauds roulans et des échelles roulantes; mais je n'ai point cru devoir en donner ici la description , car un ouvrier ingénieux en pourra aisément construire selon le besoin et les indications du peintre, ainai que toutes sortes de plates-formes transportables et appropriées aux lieux où il doit les adapter.
Voici ce qu'on lit dans le Dictionnaire d'industrie » à l'article Chevalet. cM. Pingeron, dans sa Collection de machines » nous apprend qu'il a vu , dans le royaume de Naples , des peintres se servir d'un chevalet composé de deux longs morceaux de bois arrondis comme deux baguettes , et percés de plusieurs trous » pour y placer des chevilles servant à retenir le tableau. Ces deux pièces de bois , ayant neuf lignes de diamètre , se terminaient chacune par un arrondissement qui entrait dans une petite pièce de bois d'environ trois pouces de long» dont les bouts étaient fendus pour recevoir les arrondisaemens, dont on vient de parler» comme une tête de compas. Un second morceau de bois, ayant environ deux pouces de long , et même moins , terminé par une vis , entrait dans un écrou pratiqué au milieu de la pièce qui réunissait les deux longues jambes du chevalet : cette seconde pièce se
CHRVALET5 > éCHELLfeS , étC. 6ô^
terminait encore par un arrondissement fendu en deux pour recevoir la troisième jambe du cheyalet » qui avait pareillement neuf lignes de diamètre. Tel était ce chevalet. D'après une construction aussi simple, il est aisé de voir qu*en dévissant la pièce qui réuuit la troisième jambe , et rapprochant celles qui sont percées de trous » un grand chevalet ainsi construit n'occupe que l'espace de trois grosses baguettes ; on peut même laisser les trois parties qui le composent toujoui^s réunies. On ne prétend pas qu'un pareil chevalet sôit aussi solide qde ceux dont se servent les peintres dans leurs ateliers : mais on ne saurait nier que celui que l'on vient de décrire ne soit très-coDûtmode pour peindre d'après nature en rase campagne > ou pour un artiste qui voyage; d'ailleurs ce chevalet coûte très-peu. »
Au surplus > notre industrie n'est pas en retard pour tous ces expédions; et nos marchands de Londres et de Paris sont très-bien fournis de tous ces ustensiles / dans lesquels on a su réuiïir l'élégance et la commodité.
Il parait qu'on vient de découvrir , dans line peinture antique soumise à l'examen de nos savans en Egypte , l'image d'un chevalet de peintre. Julius Pollux , né en Egypte, et écrivain sous l'empereur Commode, parle entr'autres ustensiles des chevalets qu'il appelle tripôdes tabularum , palpita , etc. , c'est-à-dire trépieds pour tableaux^ pupitres, etc. (Lib. lo, cap. 37.) Jusqu'à présent on n'a point connu précisément la forme des chevalets dont se sont servis les peintres qui ont illustré la Grèce; mais la vue de ces sortes d'ustensiles est moins à regretter que les tableaux nrême sortis des mains de ces artistes savansr