‹ Traité complet de la peinture (volume 3)Chapitre 87 sur 104 · CALQUES. G · texte numérisé non relu

CALQUES. G

charbon, on pourrail user de poudre résineuse noircie ou rougie » et avec le feu d'un réchaud on fonderait et on fixerait ces points sur le subjectile.

On a imaginé le moyen suivant pour dessiner ou cal* quer toutes sortes de plantes et de feuilles. Ayez deux balles et de l'encre dont sq servent Iqs imprimeurs; tenezen une de la main gauche , et mettez dessus la feuille ou la plante dont vous voudrez avoir l'empreinte ; frappezla avec l'autre balle, que vous tiendrez de la main droite, d'un ou deux coups, sans la déranger, vous ôtcrez la feuille ou la plante légèrement , et vous la placerez au milieu d'une feuille de papier pliée en deux; après quoi vous retendrez sur une table couverte d'un tapis, et avec un fouleau de bois enveloppé d'un linge uni , vous passerez une ou deux fois assez fortement dessus. Ouvrez ensuite le papier, et alors vous aurez, sur l'un et sur l'autre côté, l'empreinte exacte du dessus et du dessous de la feuille ou plante , empreinte qui , outre la parfaite ressemblance avec la nature , surpassera même les plus belles gravures , surtout quand ce procédé sera exécuté avec dextérilé.

Un botaniste anglais a fait insérer dans l'Annual Register le procédé suivant , pour contretirer dans un instant les nervures et les contours d'une feuille quelconque. Il la frolte par derrière avec un morceau d'ivoire , et l'enduit légèrement d'huile de lin avec une brosse très-douce : il met ensuite la feuille en presse entre deux feuilles de papier blanc. L'impression 'des nervures et des plus petites ramifications saillantes y reste tracée. On peut se servir de ces contours pour peindre cette image à l'huile.

Je n'oublierai pas d'indiquer, pour les grands ouvrages.

G5o PnOCÀDÉS MATÉRIELS.

Tusage de la gaze noire teodue sur châssis; on l'appliqae à plat horizontalement sur le tableau dont on veut prendre copie; et cette gaze étant ainsi appliquée • on trace h la craie tous les contours , puis on reporte ce calque sur la toile-copie» placée de même horizontalement; en sorte qu'il ne s'agit pour déposer les traits blancs que de passer le doigt sur la gaze : ce seul ébranlement fait traverser la craie sur la toile-copie et marque suffisamment. Voyez . dans VAntolôgia detC arte piltorica , ce qui est dit . pag. 9 5 , sur la gaze de Paradosi et sur le verre de Durer©.

Le 3"** moyen » c'est-à-dire, le calque réduit ou augmenté au treillis» consiste à tracer sur Toriginal un carrelage et à répéter ce même carrelage , mais diminué ou agrandi > sur la copie. Nous avons indiqué ce moyen ; mais nous avons proposé, tom. vi, pag. 920» un moyen bien plus sûr et bien plus mathématique , celai du compas et de deux croix d'écartement ou de repère : nous ne reviendrons pas sur l'excellence de ce procédé. Quant aux châssis sur lesquels sont tendus des fils en treillis, il faut avoir grand soin de les exécuter avec une scrupuleuse correction ; on fixe les fils qui composent ce treillis ou dans des trous , ou autour de petits clous d'épingle espacé» à des distances absolument égales.

Quant au 4"'* moyen, le pantographe, nous ne nous étendrons pas sur la description de cet instrument , qui est connu de tous les peintres et que l'on doit toujours choisir excellent , je n'oserais dire infaillible, car les plus rigoureux copistes se plaignent de son imperfection. Cet instrument , qu'on a aussi appelé singe, et qui ne produirait efiectivement que des singeries, s'il n'était pas manié

CALQUBS* 65 1

par uq dessinateur très- éclairé , a élé encore appelé physioDotrace, parce que certains peintres s'eq servent^ pour représenter orthographiquement» et sur une iciljre, verti^ cale » des profils de portraits tracés en grand., en suivant ortbograpbiquement les contours du modèle, profils qui se répètent en même tems en petit» C'est ce dessin en petit que Ton grave ensuite d'après le grand dessin » qui a été terminé et mis à l'efibt d'après l'individu.

On a cité les pantographes de M. Langlois : on cite aujourd'hui celui de M. Buchotte, (Voyez-en la description dans le Manuel du Dessinateur, par M. Perrot; pL T. fig, s. ) Dans les Essais de statistique de Haies on décrit aussi cet instrument . appelé rapporteur. On a cité aussi le cylindre creux de Balthasar Lancia , l'équerre de Gîgoli. le châssis d'Ignace Danti; et en 1787, on vit paraître un prospectus d'une machine polychreste et verticale • par le chevalier S**'* . au moyen de laquelle on devait pouvoir copier tous les objets possibles, tek que des dessins» des cartes gé'Ographiques . des ouvrages ei) relief, des coquillages, des minéraux dans toutes les grandeurs. L'auteur promettait de fournir des machines semblables pour huit louis.

Voyes. sur le pantographe, le Dictionnaire d'industrie; voyez l'Encyclopédie et une foule d'autres ouvrages qui traitent de la géométrie et du dessin. Les Annales des Arts, septembre 180g . rendent compte d'un instrument à dessiner en porspective. par M. Roggero; elles citent,i (même date) \e compas de Michalon, poqr i^^i^rer les^ formes. On peut cpnsulter encore le Dicliq^paire de Millin, aux mots Gontre-calquer, Gontr'épreuver. Gontre-> tirer . Graticuler.

632 PROCÉDÉS HATÊRIELS.

Voicî ce qu'on lit dans le Trailé-pratîquc de la Gravure en la vis, par Papillon » au sujet de la manière de conlreépreuver d'anciennes estampes.

< On prend du savon dé Venise qu'on coupe en petits morcean^K , une pareille quantité de cendre de bois de chêne, et autant de chaux vive; on fait bouillir le tout dans un pot. On frotte légèrement avec une plume trempée dans celte liqueur l'estampe dont on veut tirer la contr'épreuve. On aura aussi préparé une feuille de papier blanc. Lorsqu'elle est bien humectée , on l'applique sur l'estampe , et on les met sous la presse d'un imprimeur en taille-douce. Au défaut de presse , on peut appliquer sur cette estampe ainsi préparée , une feuille de papier blanc sec » et frotter bien ferme avec un lissoire, jusqu'à ce que l'estampe se calque sur la feuille de papier blanc humide. Ces contr'épreuves déchargent nécessairement un peu le noir de l'estampe , qui cependant en retient toujours assez. On peut parvenir à tirer ces contr'épreuves en employant seulement du savon liquide; mais elles ne sont point si belles ni si bien marquées. »

Quant' aux dessins, faits en crayons rouges ou noirs, ils se contr 'éprouvent en les passant , ainsi que le papier blanc, dans t'étot humide sous la presse : les traits du crayon» étant une fois mouillés, la colle du papier les y fixe à jamais.

Quelques étymologistes ont cru que le mot calque pourrait bien provenir du Teuton, kalck, qui signifie craie, parce qu'on s'est volontiers servi de craie pour calquer sur les enduits qui, le plus souvent» sont dans un Ion demi-clair.

MIROIRS , etc. 635

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